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Dessin,
représentation, à l'aide de traits ou de lignes, des objets
que la vue peut saisir. C'est un art presque aussi ancien que le genre
humain. Les premiers hommes y recoururent naturellement pour exprimer leurs
pensées, et offrirent aux yeux la figure des objets dont ils voulaient
parler. Le charbon et la craie leur auront fourni les moyens de dessiner
sur le bois, sur la pierre; puis, ils auront songé à marquer
les contours des ombres que projettent les différents corps. Les
Grecs attribuaient la découverte de ces dessins, dits à la
silhouette, à Dibutade de Sicyone .
On dessine, soit à la plume, soit au crayon (sanguine, pierre noire
d'Italie, mine de plomb), soit au pastel (avec des crayons diversement
colorés). Un dessin au trait est celui qui ne donne que le tracé
des contours; le dessin est ombré, si les ombres y sont exprimées,
soit à l'aide de l'estompe (dessin estompé), soit avec des
points (dessin grené), soit par des hachures (dessin haché),
soit par des teintes plus ou moins foncées (lavis ou dessin lavé).
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En
bibliothèque - Blumenstein,
les Vrais principes du dessin, Breslau, 1890, 5 vol., trad. en français
par Leclerc; Bosio, Eléments de dessin, Paris, 1804, in-8°;
A. Boniface, Cours élémentaire et pratique de dessin,
Paris, 1818, in-8°; L. Vallée, la Science du dessin,
2e édit., 1838; Ch. Normand, Parallèle des diverses méthodes
de dessin, 1833; Ravaisson, Rapport
sur l'enseignement da dessin, 1853. |
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Arts du Dessin, nom
sous lequel on comprend la peinture, la sculpture,
la gravure, et l'architecture, parce que le
dessin est la base, la partie essentielle de ces arts. L'architecte, pour
tracer sur le papier les plans, la coupe et l'élévation d'un
édifice quelconque, se sert de l'équerre et du compas : la
ligne droite et le cercle sont les bases de son travail. La connaissance
des styles doit le guider dans le choix des formes. Mais lorsque les membres
principaux du monument sont établis, ce n'est encore qu'un canevas
sur lequel il faut broder les ornements; les corniches et les chapiteaux
s'ornent de fleurons et de perles ;
dans les niches et sur les entablements
viennent se placer les statues; les tentures et les décors complètent
les intérieurs, et il faut en indiquer le goût, le genre et
les couleurs.
L'architecte doit donc posséder
une assez grande habileté de main et une certaine entente de la
couleur, pour rendre complètement sa pensée et la traduire
d'une manière claire et précise aux ouvriers et aux artistes
qu'il emploie. Il doit particulièrement connaître le
dessin au trait et au crayon, le lavis à l'encre de Chine, les dessins
à plusieurs teintes, et l'aquarelle.
La statuaire a aussi le dessin. pour élément;
c'est par lui qu'on arrête la composition, et qu'on dirige le marteau.
Un peintre, avec tout le talent de la composition,
avec tout le prestige de la couleur, ne peut manquer, s'il dessine mal,
de représenter infidèlement ce qui existe; sans une reproduction
exacte des formes, il n'y a point de tableau possible.
Or, la condition première de cette
partie de l'art est la vérité. Pour que le dessin soit vrai,
il faut ne rien exécuter de convention; il ne suffit même
pas de dessiner d'après les tableaux des maîtres ou les statues
antiques, bien qu'une pareille étude ait son importance : c'est
la nature même, animée ou inanimée, que l'artiste doit
avoir devant les yeux.
L'étude trop suivie de la statuaire
ne serait pas sans inconvénient : le dessinateur y contracterait,
à la longue, une sorte de sécheresse; son style pourrait
ne pas pécher contre les règles, mais il aurait de la raideur.
On en a fait le reproche à certaines oeuvres de David, de Gérard,
de Girodet, de Guérin, lesquelles, par l'effet d'une longue et forte
étude de l'antique, semblaient être plutôt des bas-reliefs
que des tableaux, parce que la vie, avec sa flexibilité et son mouvement,
n'y avait pas assoupli la pureté et la correction du trait. Si l'antique
a ses périls, à plus forte raison est-il pernicieux de dessiner
d'après le mannequin, le plus imparfait de tous les modèles
: l'antique, au moins, est presque toujours fidèle à la nature.
Ce fut au grand art du dessin que Raphaël,
Léonard
de Vinci, Albrecht Dürer, Holbein,
etc., durent ce qu'il y a de vivant et d'expressif dans leurs peintures;
Paul Véronèse, Titien, Rubens,
Van
Dyck, laissent assez apercevoir qu'ils ont essayé de faire valoir
par le dessin leur brillant coloris.
L'expression qu'on obtient par le dessin
a un attrait, une puissance irrésistible; il prolonge plus longtemps
que la couleur la durée de l'idée et de la sensation; il
exprime bien davantage, puisque les enfants comprennent aisément
ce que représentent les estampes sans coloris. La valeur du coloris
dépend beaucoup du matériel plus ou moins parfait de la peinture,
mais le dessin atteint son but sans de pareils obstacles. Le dessin est
la partie la plus durable de la peinture; il subsiste autant que la matière
qui l'a reçu; tandis que la couleur peut s'altérer et se
perdre. (A19). |