|
|
|
|
Dictionnaire
|
|
Le Mont Saint-Michel
est
une commune du département de la Manche, sur un rocher isolé,
dans la baie du Mont Saint-Michel, à 2 kilomètres et demi
des polders du rivage, à 5 kilomètres du cap nommé
le Bec d'Andaine, relié aujourd'hui à la terre ferme par
une digue insubmersible, longue de 2 kilomètres, construite en 1880,
qui va de la partie Sud de l'île (Porte du roi) à l'embouchure
du Couesnon.
Depuis plus d'un siècle, cette digue-route, qui a facilité l'accès au site (aujourd'hui le plus visité de France, avec 3 millions de touristes par an) a aussi joué un rôle néfaste sur l'environnement par son rôle dans l'ensablement de la baie. Il a été décidé en 2003 de grands travaux d'aménagement (parmi lesquels figurent la construction d'un barrage et la suppression partielle de la digue) destinés à permettre de nouveau l'action des maréesHistoire. Selon la légende, l'évêque d'Avranches En 1203, la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste fut l'occasion d'un nouveau désastre. Gui de Thouars, qui assiégeait la place et en avait tenté vainement l'escalade, réussit à y allumer un incendie, qui la lui livra, mais en ruines. Philippe-Auguste, vainqueur, dédommagea royalement l'abbaye des pertes qu'il lui avait causées et les moines, grâce aux libéralités du roi, purent en refaire et en développer largement les constructions. Peu après fut entreprise l'édification d'un ensemble complètement nouveau de fortifications, adaptées aux modes nouvelles et qui devaient longtemps rendre la place imprenable. Des largesses considérables dues à saint Louis lors d'une visite qu'il fit à l'abbaye en 1254 pourvurent à ces travaux. Depuis cette époque, le Mont devint une place forte, où le roi de France établit un gouverneur, subordonné cependant à l'abbé, pour commander une garnison entretenue à frais communs par le roi et par l'abbaye. Grâce à cette organisation,
l'abbaye échappa à l'occupation anglaise durant la guerre
de Cent ans. En 1417, en 1423, en 1434, les Anglais assiégèrent
vainement la place. Cette préservation, considérée
comme miraculeuse et attribuée à la protection de l'archange,
contribua à développer la dévotion particulière
à saint Michel qui fut considéré comme le protecteur
du royaume, et accrut dans une large mesure la renommée de l'abbaye.
Aussi, après le départ définitif des Anglais
en 1450, une nouvelle ère de prospérité succéda
pour elle à la détresse qui durait depuis le commencement
des hostilités. Le bourg, grâce à l'affluence considérable
des pèlerins, se développa si rapidement qu'il fallut démolir
une partie de l'enceinte pour la reporter au Sud et au Sud-Ouest jusqu'à
la côte.
Le Mont Saint-Michel. La période des guerres religieuses
( Au XVIIIe siècle, elle devint une prison d'État. Supprimée en tant qu'abbaye en 1790, elle redevint lieu de détention après la Révolution et le demeura jusqu'en 1863. Heureusement que, malgré quelques déplorables mutilations, les bâtiments furent conservés par l'État qui les a classés parmi les monuments historiques. En 1838 eut lieu la reconstruction de l'ancienne église par les prisonniers à la suite d'un incendie; d'autres travaux suivirent en 1863. Mais la véritable restauration commença en 1878, sous l'égide de l'architecte en chef des Monuments Historiques Édouard Corroyer. Ses travaux, fort contestés dès son époque et fortement influencées par les théories d'Eugène Viollet-le-Duc n'en restent pas moins l'impulsion primordiales des campagnes successives menées par Victor Petitgrand et Paul Gout jusqu'en 1923. Yves-Marie Froidevaux achèvera pour ainsi dire ce grand projet de 1957 à 1983. Monuments.
Les
remparts.
Le
bourg.
L'abbaye.
Le cloître de l'abbaye du Mont Saint-Michel. Les édifices conventuels dont les
dates de construction sont comprises entre l'abbatiat d'Hildebert II (1017-23)
et celui de Richard Turstin (1236-1264) s'étagent sur le rocher
et enveloppent presque complètement l'église
qui les domine. Il serait impossible, sans allonger démesurément
cet article, d'en donner ici une description complète, mais il est
indispensable de dire quelques mots du plus important de tous, celui que
l'on a appelé la Merveille. Il se compose de deux bâtiments
juxtaposés, orientés de l'Ouest-Nord-Ouest à l'Est-Sud-Est,
commencés entre 1203 et 1212, et terminés en 1228. En témoignait
une inscription aujourd'hui disparue dans le cloître.
Chacun de ces deux bâtiments est divisé en trois étages.
Celui qui est situé vers l'Ouest comprend : au rez-de-chaussée,
le cellier, salle de trois
nefs voûtées
d'arêtes séparées par des piliers carrés; au
premier étage, la salle des Chevaliers, peut-être une ancienne
salle de lecture, à quatre nefs voûtées
d'ogives et séparées par des
colonnes
(son nom lui vient d'un panneau en l'honneur des 119 chevaliers ayant tenu
le siège pendant la Guerre de Cent Ans);
au deuxième étage, à ciel ouvert, le
cloître,
bordé d'élégantes
arcades
doubles, disposées en herse, auprès duquel s'ouvre une petite
pièce voûtée qui fut le chartrier.
La salle des Chevaliers. (Photos © Serge Jodra). Le bâtiment oriental se compose : au rez-de-chaussée, de l'aumônerie, salle à deux nefs voûtées d'arêtes; au premier étage, de la Salle des Hôtes, à deux nefs voûtées d'ogives, ouverte par de larges fenêtres à meneaux, avec de magnifiques cheminées dans le mur occidental, au deuxième étage, du réfectoire, recouvert d'un toit à charpente apparente. L'église.
Tous ces édifices en granit gris
d'un grain très fin, sobre de sculpture Un grand merci à Thomas Evariste, conférencier à l'abbaye du Mont Saint-Michel, pour les nombreuses corrections et précisions qu'il a apportées à cet article. |
|
© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.