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Dictionnaire
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Le Mont Saint-Michel.
- Commune du département de la Manche, sur un rocher isolé,
dans la baie du Mont Saint-Michel, à 2 kilomètres et demi
des polders du rivage, à 5 kilomètres du cap nommé
le Bec d'Andaine, relié aujourd'hui à la terre ferme par
une digue insubmersible, longue de 2 kilomètres, construite en 1880,
qui va de la partie Sud de l'île (Porte du roi) à l'embouchure
du Couesnon.
Depuis plus d'un siècle, cette digue-route, qui a facilité l'accès au site (aujourd'hui le plus visité de France, avec 3 millions de touristes par an) a aussi joué un rôle néfaste sur l'environnement par son rôle dans l'ensablement de la baie. Il a été décidé en 2003 de grands travaux d'aménagement (parmi lesquels figurent la construction d'un barrage et la suppression partielle de la digue) destinés à permettre de nouveau l'action des maréesHistoire. Selon la légende, l'évêque d'Avranches Grâce à cette organisation,
l'abbaye échappa à l'occupation anglaise durant la guerre
de Cent ans. En 1417, en 1423, en 1434, les Anglais assiégèrent
vainement la place. Cette préservation, considérée
comme miraculeuse et attribuée à la protection de l'archange,
contribua à développer la dévotion particulière
à saint Michel qui fut considéré comme le protecteur
du royaume, et accrut dans une large mesure la renommée de l'abbaye.
Aussi, après le départ définitif des Anglais en 1450,
une nouvelle ère de prospérité succéda pour
elle à la détresse qui durait depuis le commencement des
hostilités. Le bourg, grâce à l'affluence considérable
des pèlerins, se développa si rapidement qu'il fallut démolir
une partie de l'enceinte pour la
La période des guerres religieuses
( Monuments.
Les remparts. - La Porte du roi, à laquelle aboutit la digue est une construction du XVe siècle ainsi que sa barbacane et toute la partie orientale de l'enceinte, sauf quelques reprises et additions des XVIe et XVIIIe siècles. Le front Nord, qui commence par une grosse tour cylindrique et se continue par des remparts flanqués de tours, est le plus remarquable et le plus ancien : il appartient à la seconde moitié du XIIIe siècle. Le Châtelet de la Fontaine, formé de deux tours très rapprochées, protège un escalier descendant entre deux parapets à la fontaine Saint-Aubert, source d'eau douce qui jaillit dans une belle tour ronde du XIIIe, siècle. Au Nord-Ouest, l'enceinte remonte vers l'église, laissant à l'extérieur des remparts un promontoire où s'élève la chapelle Saint-Aubert, petite construction de la fin du XIIIe ou du commencement du XIVe siècle. Le front occidental redescend au bord de la mer; il a été construit au XVe et au XVIe siècle, et est également flanqué de tours dont la plus grosse, la tour Gabriel, a été construite en 1534 par le gouverneur Gabriel Dupuy. On l'a surmontée en 1627 d'une tourelle destinée à l'usage de moulin à vent et qui servira par la suite de phare. Le bourg. - Le bourg s'étend
au Sud et à l'Est; il est percé de rues étroites,
tortueuses, montantes, coupées d'escaliers et d'ouvrages de fortifications.
Il est en grande partie composé de maisons de bois à pignon,
des XVe et XVIe
siècles. Tout en haut de la Grand-rue se voit la maison construite
en 1366 par Du Guesclin pour sa femme Tiphaine
Raguenel. L'église paroissiale, des XVe
et XVIe siècles, sans grand caractère,
est devenue depuis la désaffectation de l'église
abbatiale le centre du pèlerinage L'abbaye. - L'abbaye,
dont les constructions s'élèvent sur d'énormes soubassements
et sont revêtues, par place, de créneaux et de mâchicoulis,
est bordée au Sud de jardins en terrasse. On accède dans
l'enceinte conventuelle à l'Est par une porte fortifiée :
le Châtelet, construction carrée,
flanquée de deux tourelles élevées en encorbellement
sur de puissants contreforts. Le Châtelet
donne accès lui-même à la salle des gardes, du XIIIe
siècle, fortifié à l'Est par une tour carrée
de la même époque, la tour Perrine. Tout cet ensemble de bâtiments
constitue ce que l'on nomme la belle chaise.
Le cloître de l'abbaye du Mont Saint-Michel.© S. Jodra. Les édifices conventuels dont les dates de construction sont comprises entre l'abbatiat d'Hildebert II (1017-23) et, celui de Richard Toustain (1236-64) s'étagent sur le rocher et enveloppent presque complètement l'église qui les domine. Il serait impossible, sans allonger démesurément cet article, d'en donner ici une description complète, mais il est indispensable de dire quelques mots du plus important de tous, celui que l'on a appelé la Merveille. Il se compose de deux bâtiments juxtaposés, orientés de l'Ouest-Nord-Ouest à l'Est-Sud-Est, et comprenait les logements et les divers services des religieux. Commencé en 1203, il fut terminé peu après 1264. Chacun de ces deux bâtiments est divisé en trois étages. Celui qui est situé vers l'Ouest comprend : au rez-de-chaussée, le cellier, salle de trois nefs voûtées d'arêtes séparées par des piliers carrés; au premier étage, la salle des chevaliers (ancienne salle capitulaire) à quatre nefs voûtées d'ogives et séparées par des colonnes; au deuxième étage, à ciel ouvert, le cloître, bordé d'élégantes arcades doubles, disposées en herse, auprès duquel s'ouvre une petite pièce voûtée qui fut le chartrier. Le bâtiment oriental se compose : au rez-de-chaussée, de l'aumônerie, salle à deux nefs voûtées d'arêtes; au premier étage, du réfectoire, à deux nefs voûtées d'ogives, ouvert au Nord par de larges fenêtres à meneaux, avec une magnifique cheminée à chacune des deux extrémités : au deuxième étage, du dortoir, recouvert d'un toit à charpente apparente. L'église. - L'église, élevée au sommet du rocher et dominant toutes les autres constructions, date de deux époques. La nef et le transept constituent un édifice roman de la première moitié du XIIe siècle, à trois nefs avec triforium sur la nef centrale. La nef se composait originairement de sept travées dont trois ont été démolies au XVIIIe siècle. Des voûtes modernes en plâtre ont remplacé une ancienne charpente apparente. La façade de l'Ouest, fort médiocre, a été construite sous le règne de Louis XV. Au Sud s'ouvre une porte percée au XIIIe siècle. Le choeur, construit de 1450 à 1521, se compose d'un rond-point avec déambulatoire, d'une abside avec chapelles rayonnantes. Le carré du transept avait été couronné vers la même époque par un clocher central surmonté d'une haute flèche sur le sommet de laquelle se dressait la statue en plomb de l'archange saint Michel. Détruit par la foudre au XVIIIe siècle, ce clocher a été longtemps remplacé par un tambour qui a fait place depuis peu de temps à un amortissement sur lequel s'élève une nouvelle statue dorée de saint Michel due à P. Dubois. Tous ces édifices en granit gris d'un grain très fin, sobre de sculpture, mais admirablement taillé et appareillé, qui s'étagent en amphithéâtre de la base au sommet de la colline, forment un ensemble unique de l'aspect le plus grandiose. (A19). |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.