 |
Louis XV,
arrière-petit-fils de Louis XIV, fils
du duc de Bourgogne
et de Marie-Adélaïde de Savoie, né en 1710, fut déclaré
roi en 1715, sous la régence¨de Philippe, duc d'Orléans ,
et eut pour précepteur Fleury, évêque de Fréjus,
par la suite cardinal. Devenu majeur en 1723, il conserva le régent
pour premier ministre et reçut de lui pendant quelques mois d'utiles
conseils. Philippe étant mort à la fin de 1723, le duc de
Bourbon lui succéda au pouvoir : ce prince négocia le mariage
du jeune roi avec Marie Leczinska, fille de Stanislas, roi de Pologne.
Le cardinal de Fleury, appelé aux affaires en 1726, parvint un instant,
par une sage économie, à rétablir l'ordre dans les
finances. Stanislas ayant été en 1735 forcé, malgré
le secours de la France, d'abandonner son trône de Pologne, Fleury
fit céder à ce prince par l'Autriche le duché de Lorraine,
en stipulant qu'à sa mort cette province reviendrait à la
France.
Après la mort de l'empereur Charles
VI (1740), la succession de ce souverain fut vivement disputée
: Louis XV se déclara pour Charles Albert, électeur de Bavière,
contre la fille de l'empereur, Marie-Thérèse, et parvint
même à le faire nommer empereur sous le nom de Charles
VII; mais en 1742 les soldats français se virent contraints
d'évacuer Prague ,
et peu après, la perte de la bataille de Dettingen détruisit
toutes les espérances du protecteur et du protégé
(1743). Cependant, Louis, animé, dit-on, par les conseils de la
duchesse de Châteauroux, sa maîtresse,
va attaquer en personne les possessions autrichiennes dans les Pays-Bas,
prend plusieurs places fortes, et court en Alsace s'opposer au duc Charles
de Lorraine; mais il tombe gravement malade à Metz
(1744). Cette maladie excita quelques alarmes, et lorsque le roi eut été
sauvé, il reçut des flatteurs le beau nom de Bien-Aimé.
-
Louis
XV, par Rigaud (1730, détail).
Les batailles de Fontenoy
(1745), de Raucoux
(1746), gagnées en Flandre sur les Impériaux que leurs alliés
par le maréchal Maurice de Saxe, ajoutèrent à la supériorité
de nos armes; mais dans le même temps les affaires françaises
étaient dans le plus mauvais état en Italie : la bataille
de Plaisance, perdue par Maillebois (1746), força les Français
à repasser les AIpes. Alors fut signée la deuxième
paix d'Aix-la-Chapelle
(1748), par laquelle la France rendit les conquêtes qu'elle venait
de faire en Savoie et dans les Pays-Bas .
En 1756 commença la guerre de Sept ans, dans laquelle la France ,
devenue l'alliée de l'Autriche ,
eut à combattre l'Angleterre
et la Prusse ,
guerre désastreuse, signalée par la défaite de Rosbach
en 1767, et par la perte de la marine et des colonies de la France. Elle
fut terminée en 1763 par le traité de Paris ,
qui abandonnait à l'Angleterre le Canada ,
la Nouvelle-Écosse et presque toutes les possessions de la France
en Inde .
Le reste du règne de Louis XV ne fut signalé que par le bannissement
des jésuites
(1762), l'héritage de la Lorraine
(1766), l'acquisition de la Corse
(1768), et l'abolition des parlements, que provoqua le chancelier Maupeou
(1771).
Louis XV mourut en 1774 de la petite vérole.
En 1757, il avait été frappé par un assassin, Damiens;
mais la blessure n'avait eu aucune gravité). Paris
doit à ce prince l'Ecole militaire (de Paris), l'église
Ste-Geneviève
(Panthéon ),
ainsi que la belle place qui porta d'abord son nom et qui est aujourd'hui
la Place de la Concorde .
Louis XV eût pu être un grand roi : il ne fut qu'un prince
faible, débauché, insouciant; il amassa les orages qui éclatèrent
sur son successeur. Ses principaux ministres, après Fleury, furent
le duc de Choiseul, qui s'efforça en
vain de relever la France, l'abbé Terray, qui ne songea qu'à
pressurer le pays, Maupeou qui, en détruisant les parlements, renversa
la seule barrière opposée à l'abus du pouvoir; le
duc d'Aiguillon, qui laissa démembrer la Pologne
(1772). Deux femmes surtout firent le malheur de ce règne: la marquise
de Pompadour et Mme Dubarry : elles exercèrent
sur le roi un pouvoir absolu. |
|