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Jean-Léon
Gérôme
est un peintre et sculpteur
français né à Vesoul
(Haute-Saône) le 11 mai 1824, mort en 1904. Fils d'un orfèvre,
il montra dès le collège une vocation pour la peinture que
son père encouragea : très jeune encore, il fut envoyé
à Paris dans l'atelier de Paul Delaroche.
Après trois ans d'études, il fit avec son maître un
voyage à Rome. Au retour, il concourut
pour le prix de Rome avec Cabanel et Lenepveu, et il échoua.
Sans perdre courage, il se remit au travail
et enfin il envoya au Salon de 1847 le Combat de coqs qui valut
au jeune artiste les éloges précieux de Théophile
Gautier. Quand il eut encore donné en 1848 Anacréon
avec Bacchus et l'Amour (musée de Toulouse),
Gérôme devint pour un moment le chef incontesté de
ces artistes délicats et raffinés qu'on appelait les néo-grecs
et les pompéiens, Hamon, Picou, Damery. Cependant l'oeuvre qui suivit,
dans la même note fine et légère, fut moins bien accueillie
: c'était Bacchus et l'Amour ivres (1850, musée de
Bordeaux)
; en 1851, le Gynécée ou l'Intérieur grec,
par la hardiesse du sujet, fit presque scandale.
Pour prendre sa revanche, l'artiste prépara
pour l'Exposition universelle de 1855 une composition austère et
solennelle, l'Apothéose d'Auguste. Avant de la terminer,
il se laissa entraîner par un ami dans un voyage à Moscou;
en route la déclaration de guerre à la Russie
l'obligea de se détourner vers Constantinople;
il ne vit qu'un bivouac russe et c'en fut assez pour qu'il rapportât
une étude spirituelle et profonde : les Musiciens russes.
Cette petite toile eut en 1857 bien plus de succès que la grande
allégorie historique. Gérôme fut alors chargé
de peindre pour l'église
Saint-Séverin la Communion de saint Jérôme et
la Peste de Marseille; l'essai fut assez malheureux et prouva au peintre
qu'il était peu fait pour les grandes scènes.
D'ailleurs l'Orient qu'il avait entrevu
l'attirait; il repartit pour l'Egypte ,
d'où il revint en 1857 avec plusieurs tableaux d'une observation
très curieuse et d'une touche alerte et précise, lesRecrues
égyptiennes traversant le désert, la Prière chez un
chef Arnaute, Sésostris et Memnon, la Plaine de Thèbes.
Mais à la même exposition, auprès de ces scènes
orientales, une autre oeuvre d'une inspiration toute différente
et d'une facture aussi brillante, fit plus encore pour la popularité
de l'artiste : c'était le Duel à la sortie du bal masqué,
tant de fois reproduit.
Par la suite, Gérôme a pris
à la fois ses sujets dans l'Antiquité ,
dans l'Orient et dans la société et l'histoire moderne. Voici
les tableaux les plus remarqués :
Sujets antiques : Ave
Caesar, morituri te salutant (1859); le Roi Candaule, Phryné
devant l'Aréopage; Socrate venant chercher Alcibiade chez
Aspasie; les Deux Augures (1861); Cléopâtre et César
(1866); Mort de César (1867); Pollice verso ;
les Chrétiens aux lions (1883); Marché d'esclaves
à Rome (1884); l'Amour vainqueur (1889).
Sujets orientaux : le Hache-paille
égyptien (1861); le Prisonnier (1863, musée de
Nantes); Jeune Boucher turc à Jérusalem (1863);
la Danse de l'Almée (1864); la Prière (1865);
le
Marché d'esclaves et le Marchand d'habits (1867); la Promenade
du harem (1869); la Grande Piscine de Brousse (1885); la
Poursuite (1890); Lions aux aguets (1891).
Sujets modernes : Rembrandt gravant
à l'eau-forte (1861); Louis XIV et Condé (coll.
Vanderbilt, New York); Réception des ambassadeurs siamois à
Fontainebleau par Napoléon III (1865); Sept Décembre
1815, neuf heures du matin (mort du maréchal Ney) (1868);
l'Eminence grise (1874); Rex Tibicen (Frédéric
II de Prusse) (1876); Molière à la table de Louis XIV;
le Poète (1888).
Après avoir pris comme peintre une
des premières places parmi ses contemporains, Gérôme
s'est fait connaître, surtout dans ses dernières années,
comme sculpteur. Déjà, lors de l'Exposition universelle de
1855, il avait modelé les figures des Nations qui entouraient
le grand phare; à l'Exposition universelle de 1878; il exposa deux
groupes, Rétiaire et Mirmillon et Anacréon, Bacchus
et l'Amour; en 1887, il exposa son Omphale qui eut un grand
succès. Enfin l'artiste, apportant dans le domaine de la sculpture
cette recherche des curiosités archéologiques qui lui avait
si bien réussi dans la peinture, exposa en 1890 Tanagra,
statue
en marbre légèrement polychromé, et en 1892 une Bellone,
qui imitait la statuaire chryséléphantine.
Gérôme a été
membre de l'Institut à partir
de 1865 et professeur à l'Ecole
des beaux-arts; chacune des Expositions universelles lui a valu de
nouvelles distinctions. (E. Bertaux). |
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