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Si
l'on voulait synthétiser par deux monuments la vie religieuse et
la vie communale de Paris, c'est dans le IVe
arrondissement qu'il faudrait les chercher : Notre-Dame
de Paris et l'Hôtel de Ville.
Notre-Dame ne représente pas seulement le Paris du Moyen âge
avec ses grandes fêtes si solennelles et magnifiques, avec son élan
de dévotion; c'est sur son emplacement que s'élevait, en
l'honneur des divinités romaines, l'autel construit par les bateliers
de Lutèce, les nautes; là est donc en quelque sorte
le berceau même de Paris.
A peu de distance
de la cathédrale se dresse l'autre
colosse, plus jeune : l'Hôtel de Ville; ses pierres sont neuves il
est vrai, mais leur assemblage même rappelle un édifice
antérieur, déjà ancien, qui lui-même remplaçait
une maison de ville où se développèrent les libertés
municipales. Depuis le XIVe siècle,
elles ont eu leur asile : sur cette place, se développant sans cesse,
permettant à la cité de prendre un essor auquel la royauté
et le pouvoir central se montrèrent toujours hostiles.
La superficie
du IVe arrondissement, dit de l'Hôtel
de Ville, est de 156 hectares 50 ares; c'est une faible étendue
de territoire, que seuls n'atteignent pas les IIe
et le IIIe arrondissements.
Quartier Saint-Merri.
Le quartier Saint-Merri est un des plus
populeux, c'est celui qui possède l'Hôtel
de Ville. Avec la
place de l'Hôtel-de-Ville,
dite autrefois de Grève, qui vit tant d'exécutions et de
révolutions, l'église
de Saint-Merri, et le square de la Tour-Saint-Jacques
doivent y être mentionnés. On y trouve des maisons des XIVe,
XVe et XVIe
siècles, rues du Renard, Taillepain, Brisemiche, de Venise, Pierre-au-Lard
et des Etuves; d'autres vieux logis subsistent, assez nombreux, rue
de la Verrerie et rue Saint-Merri. Au n° 34 de la rue
Quincampoix est l'hôtel de La Reynie (XVIIe
s.) et au n° 60 l'hôtel de Sémonville (XVIIIe
s.). La maison, dite des Goths, à cause de son curieux bas-relief,
est le n° 116 de la rue Saint-Martin.
Quartier Saint-Gervais.
Dans le quartier Saint-Gervais, très
populeux également, après Saint-Gervais et son charnier,
puis les églises de Notre-Dame
des Blancs-Manteaux et de Saint-Paul-Saint-Louis,
le Mont-de-Piété (Crédit municipal) et le lycée
Charlemagne, il faut citer : le joli cloître
du XVe siècle de la rue
des Archives (n° 24); l'hôtel des ducs de Vendôme,
rue Bourg-Tibourg (n° 33); l'hôtel Amelot
de Bisseuil, rue Vieille-du-Temple
(n° 47); l'ancien hôtel d'Havès, rue Aubriot (n° 10);
les maisons nos 4 et 10 de la rue des Blancs-Manteaux:
l'ancien hôtel de Quincy (nos 7 et
9) et l'hôtel Carnavalet
(n°23) dans la rue de Sévigné;
l'hôtel Lamoignon (de la
fin du XVIe siècle), rue
Pavée (n° 24); les maisons de la rue
Geoffroy-Lasnier, âgées presques toutes de plusieurs siècles
(n° 26, particulièrement, hôtel de Châlons-Luxembourg);
les constructions anciennes de la rue François-Miron, surtout le
magnifique hôtel de Beauvais (n° 68), la maison à pignon
du n° 13 et l'hôtel Hénault (n° 82); la maison du
XVe siècle, sise rue
Saint-Antoine, n° 126, et celle du 104, de la même rue; l'ancien
hôtel d'Aumont,
rue de Jouy, n°
7 ; les maisons du XVIIe siècle
de la rue Eginhart; l'ancien hôtel de Graville (commencement du XVIe
siècle), qui a gardé le surnom d'hôtel des prévôts,
passage Charlemagne; l'ancien hôtel des archevêques de Sens
(du XVe siècle), ou habita Marguerite
de Valois, à l'angle des rues
du Figuier et de l'Hôtel-de-Ville; une maison du XVIIe
siècle avec son escalier très
curieux ainsi que sa grille, quai de l'Hôtel-de-Ville, n° 34.
Ce quartier est donc particulièrement riche en anciens hôtels.
Quartier de l'Arsenal.
Du quartier de l'Arsenal (ainsi dénommé
à cause de l'arsenal que possédait la ville), il faut savoir
surtout qu'il occupe l'emplacement de deux séjours royaux, l'hôtel
des Tournelles et l'hôtel
Saint-Paul et le sol d'une île, l'île Louviers, qui fut
presque jusqu'au milieu du XIXe siècle
un grand chantier de bois. La place
des Vosges (ancienne place Royale du temps de Louis
XIII), avec ses 35 pavillons, la bibliothèque de l'Arsenal et
les Archives de la Seine y sont à mentionner. Les hôtels de
la place des Vosges, du commencement du XVIIe
siècle, ont gardé leur aspect primitif. Rue
des Tournelles (n° 28) et boulevard Beaumarchais (nos
21 et 23), se trouve un bel hôtel, dit hôtel de Ninon
de Lenclos et construit par J.-H. Mansart
pour lui-même. Rue Saint-Antoine
sont deux hôtels dessinés par les Ducerceau, aux n°s 143
(hôtel Sully) et 212 (hôtel d'Ormesson); quai des Célestins
(n° 2), l'ancien hôtel Fieubet, dit de La Valette, édifié
par J.-H. Mansart. Rue des Lions, des constructions anciennes sont à
noter aussi.
Quartier Notre-Dame.
Le quartier Notre-Dame, qui comprend les
deux-tiers orientaiux de l'île de la Cité et toute l'île
Saint-Louis, renferme avec la cathédrale
Notre-Dame le Tribunal de commerce, l'Hôtel-Dieu,
l'église de Saint-Louis, puis les marchés aux Fleurs et aux
Oiseaux. Ses quais ont conservé un assez grand nombre de vieux hôtels
: ceux du quai d'Orléans, ceux du quai de Bourbon (particulièrement
les n°s 29 et 31); quai de Béthune, les hôtels des n°s
20 et 24; quai d'Anjou, à l'angle formé par la rue Poultier
(n° 20), l'ancien hôtel de Tessé, mais surtout, au n°
17, l'hôtel de Lauzun ou de Pimodan, de 1657 (acquis par la Ville),
et, à l'angle de ce quai et de la rue Saint-Louis, l'hôtel
Lambert. Rue Saint-Louis (n° 51), on remarque la façade de l'hôtel
Cheniseau (XVIIIe siècle). On peut
noter aussi l'arcade de la rue de Bretonvilliers (XVIIe
siècle). Dans la cour du n° 18 de la rue Chanoinesse, il y a
encore une haute tour carrée, sans doute du XVe
siècle, et rue des Ursins, n° 19, des restes d'une chapelle
du XIIe siècle. (F.
B.). |
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