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Paris : IVe arrondissement
L'Hôtel-de-Ville
Rues, places, ponts

Quai d'Anjou
Rue des Archives
Rue d'Arcole
Rue de l'Ave-Maria
Rue des Barres
Place de la Bastille
Rue des Blancs-Manteaux
Rue de la Cité
Pont-au-Change
Pont de l'Archevêché
Rue Chanoinesse
Rue du Cloître Notre-Dame
Rue des Coquilles
Quai de la Corse
Rue du Figuier
Quai aux Fleurs
Rue François-Miron
Rue des Francs-Bourgeois
Impasse Guéménée
Rue Geoffroy-L'Asnier
Place de l'Hôtel-de-Ville
Rue de Jouy
Rue Lesdiguières
Rue de Lutèce
Place du Marché Ste-Catherine
Place du Marché-Saint-Jean
Parvis Notre-Dame
Pont Notre-Dame
Pont de la Tournelle
Rue Beaubourg

Pont Saint-Michel
Quai d'Orléans
Boulevard du Palais
Rue de Paradis-au-Marais
Rue Pavée
Rue du Petit-Musc
Petit-Pont
Rue Quincampoix
Rue de Rivoli
Rue du Roi de Sicile
Rue des Rosiers
Rue Saint-Antoine
Rue Saint-Louis-en-l'Île
Rue Saint-Martin
Rue Saint-Paul
Rue de Sévigné
Rue de Sully
Rue du Temple
Rue de la Tixeranderie
Rue des Tournelles
Rue de Turenne
Rue de Venise
Rue de la Verrerie
Rue Vieille-du-Temple
Place des Vosges
Pont Marie
Quai des Célestins

Hôtels, édifices divers

Bibliothèque de l'Arsenal
Hôtel Bretonvilliers

Hôtel de Brienne
Hôtel-Dieu
Hôtel Lamoignon
Hôtel Lambert
Fontaine Notre-Dame
Marché Sainte-Catherine
Tour Saint-Jacques
Hôtel Saint-Paul
Hôtel de Savoisy
Hôtel des Tournelles
Hôtel de Ville-
Prison de la Force
Marché des Blancs-Manteaux

Lieux de culte

Temple des Billettes
Cathédrale Notre-Dame de Paris
Couvent du Petit-St-Antoine
Eglise des Blancs-Manteaux
Couvent Sainte-Catherine
Eglise Ste-Geneviève-des Ard.
Eglise St-Gervais et St-Protais
Eglise Saint-Jean-le-Rond
Eglise St-Jacques de la B.
Eglise de Saint-Louis en l'île
Temple Sainte-Marie
Eglise Saint-Merri
Eglise Saint-Paul-Saint-Louis

Si l'on voulait synthétiser par deux monuments la vie religieuse et la vie communale de Paris, c'est dans le IVe arrondissement qu'il faudrait les chercher : Notre-Dame de Paris et l'Hôtel de Ville. Notre-Dame ne représente pas seulement le Paris du Moyen âge avec ses grandes fêtes si solennelles et magnifiques, avec son élan de dévotion; c'est sur son emplacement que s'élevait, en l'honneur des divinités romaines, l'autel (Hésus) construit par les bateliers de Lutèce, les nautes; là est donc en quelque sorte le berceau même de Paris.

A peu de distance de la cathédrale Notre-Dame se dresse l'autre colosse, plus jeune : l'Hôtel de Ville; ses pierres sont neuves il est vrai, mais leur assemblage même  rappelle un édifice antérieur, déjà ancien, qui lui-même remplaçait une maison de ville où se développèrent les libertés municipales. Depuis le XIVe siècle, elles ont eu leur asile : sur cette place, se développant sans cesse, permettant à la cité de prendre un essor auquel la royauté et le pouvoir central se montrèrent toujours hostiles.

La  superficie du IVe arrondissement, dit de l'Hôtel de Ville, est de 156 hectares 50 ares; c'est une faible étendue de territoire, que seuls n'atteignent pas les IIeet le IIIe arrondissements.

Quartier Saint-Merri.
Le quartier Saint-Merri, qui s'étend du Centre Georges-Pompidou (Centre Beaubourg) à l'Hôtel de Ville, présente des secteurs d'aspect si hétéroclite, qu'on a peine à s'expliquer que, si voisins, ils se ressemblent si peu. Entre la rue de Rivoli et la Seine, de l'air, de l'espace, de grandes voies, de belles maisons, de beaux monuments; au contraire, entre la rue de Rivoli et de la rue de Rambuteau, un dédale de ruelles sombres, où des rues plus larges et très animées, telles que Ia rue Saint-Martin, la rue du Temple et celle des Archives font mieux encore ressortir l'étroitesse des premières. C'est là aussi que se trouve la quartier moderne de Beaubourg, ajoutant encore au contraste.
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Centre Georges Pompidou, à Paris (4e arrondissement).
Le Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou (Beaubourg), à Paris.

Les amateurs de pittoresque, cependant, feront une excursion à travers les rues du Renard, de Venise (qui arrivait autrefois jusqu'à la rue Beaubourg), des Juges-Consuls, Pierre-au-Lard, ou jetteront un oeil dans l'impasse (anc. cul-de-sac) du Boeuf, fermé par une grille et qui a conservé quelque chose de très médiéval (dépotoir compris); d'autres vieux logis subsistent, assez nombreux, rue de la Verrerie et rue Saint-Merri. Ils auront parcouru la plus ancienne région du Paris de la rive droite. C'est là, en effet, que, peu après l'an mil, vinrent s'installer les Parisiens, trop à l'étroit autour de Notre-Dame; ils y constituèrent une agglomération assez dense pour qu'il fut besoin de la protéger par une enceinte contre les dangers du dehors; on n'a là-dessus que des données assez vagues, mais il est certain que cette clôture existait au milieu du XIIe siècle; partant du Châtelet, elle suivait à peu près le tracé des rues Saint-Merri et Sainte-Croix de la Bretonnerie, pour se terminer à la Seine vers la place Baudoyer.
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Rue de Rivoli, à Paris.
La rue de Rivoli, dans le IVe arrondissement. 

Au surplus, beaucoup de ces rues ont conservé leurs noms d'alors. La rue Simon-le-Franc porte évidemment un nom d'homme; il est regrettable que l'administration ait, depuis 1890, absorbé sous cette dénomination la partie de la rue comprise entre les rues Saint-Martin et Brisemiche, nommée avant rue de Maubuée, ou de la Fontaine-Maubuée, nom expressif signifiant mauvaise lessive. La rue Pierre-Aulard, à l'instar de la rue Simon-le-Franc, porte le nom d'une vieille famille parisienne; elles sont nommées dans la nomenclature rimée de Guillot, qui vivait au commencement du XIVe siècle. 

Dans le même poème figurent aussi les rues Saint-Bon (il y avait autrefois une chapelle sous ce vocable), et des Lombards (des usuriers italiens y avaient leur résidence), et Geoffroy-l'Angevin - encore un nom d'homme - et du Cloître Saint-Merri. La rue des Juges-Consuls, en dépit de sa dénomination archaïque, n'est, depuis 1844, qu'un démembrement de la précédente, où avait été fondé sous Charles IX le tribunal des Juges Consuls, origine de l'actuel tribunal de commerce.

Dans le nom du passage Pecquay, on aurait sans doute quelque peine à trouver une analogie avec le village du Plessis-Piquet, au delà de Sceaux. Tous deux cependant ont pour parrain un certain Jean de La Haye, dit Piquet, possesseur sous Charles VI d'une maison ici, de la seigneurie là-bas, et qui, bien que fort mal en cour auprès du dauphin Charles VII, n'en fut pas moins dépossédé de ses biens par le roi d'Angleterre Henri VI.

Le percement du boulevard de Sébastopol au XIXe siècle, puis le réaménagement et la la rénovation, entre 1939 et 1968, du plateau Beaubourg, ont fait disparaître ou raccourci bon nombre des rues entre la rue Saint-Martin et la rue Saint-Denis, puis entre la rue Saint-Martin et la rue Beaubourg; il en existe encore quelques-unes cependant, et qui sont fort anciennes telles la rue Aubry-le-Boucher, connue de Guillot, ainsi que la rue Trousse-Vache qui a, hélas, changé son nom contre celui de rue de La Reynie, lieutenant général de police; enfin, la plus connue et celle qui a le plus gardé son cachet ancien, la rue Quincampoix, fameuse par la banque de Law, où tant de gens se ruinèrent sous la Régence. Au n° 34 de cette rue était l'hôtel de La Reynie (XVIIe s.), dont on n'a conservé que le portail et au n° 60 l'hôtel de Sémonville (XVIIIe s.). 

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Quai de Gesvres, à Paris (4e arrondissement).
Rue Pierre-au-Lard, à Paris (4e arrondissement).
A gauche, le quai de Gesvres; à côté, la rue Pierre-au-Lard; 
ci-dessous la fontaine Stravinski et l'église Saint-Merri.
Place Stravinski, à Paris (4e arrondissement).

L'église de Saint-Merri, qui donne son nom au quartier, est un joyau d'architecture enchâssé dans ce triste écrin, qu'heureusement aère la place Stravinski, avec sa fontaine ornée des sculptures de Niki de Saint-Phalle (colorées) et de Tinguely (noires). Dès le VIIe siècle, une chapelle existait au bord de l'ancienne voie romaine; le saint qui lui donna son nom en fit un oratoire, et lorsqu'il mourut, vers l'an 700, il y fut inhumé. Deux églisesfurent successivement construites sur l'emplacement de ce modeste oratoire, puis disparurent; celle que nous avons sous les yeux en est une troisième; elle date du XVe siècle, c'est-à-dire de la dernière époque brillante de l'architecture religieuse médiévale

Au Sud de la rue de Rivoli, le premier monument que l'on rencontre est la Tour-Saint-Jacques. Il n'est peut-être pas, dans toute la ville, d'endroit où l'ancien Paris et le Paris moderne se rapprochent dans un plus heureux alliage. La Tour Saint-Jacques est le seul vestige conservé d'une église de Saint-Jacques-la-Boucherie datant de l'époque carolingienne, plusieurs fois reconstruite, et en dernier lieu tout à la fin du XVe siècle. La tour fut sauvée en 1790, lorsque l'église à laquelle elle attenait fut démolie, et même plus tard, puisque, achetée comme bien national, elle n'était sauvegardée par aucune clause conservatoire. La Ville de Paris eut la bonne idée de l'acquérir en 1830.

Derrière la Tour, se trouve l'avenue Victoria, ainsi nommée en souvenir de la visite faite par la reine d'Angleterre à l'Hôtel de ville, le 23 août 1555. C'est une jolie voie, bien bâtie, bordée d'arbres, mais qui, malheureusement, se termine en impasse, ou à peu près. A l'angle qu'elle forme avec la place du Châtelet (Ier'arrondissement) a été construit, en 1862, par l'architecte Davioud, pour le compte de la Ville, le Théâtre Sarah-Bernhardt (ou Théâtre de la Ville), qui a eu des fortunes bien diverses, parmi lesquelles l'honneur d'avoir fourni aux grandes oeuvres de Charles Gounod leur scène de début. Il périclitait quelque peu, sous le nom de théâtre des Nations, quand l'incendie de l'Opéra-Comique lui valut le nouvel honneur d'être, pendant onze ans, de 1887 à 1898, le second théâtre de musique de Paris. 
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Hôtel de Ville de Paris (4e arrondissement).
L'Hôtel-de-Ville de Paris, côté quai.

L'avenue Victoria débouche, à l'Est sur la la place de l'Hôtel-de-Ville, dite autrefois de Grève, qui vit tant d'exécutions et de révolutions, et que borde l'Hôtel de ville. Après avoir eu son siège dans différents quartiers de la ville, à la vallée de Misère, sur la montagne Sainte-Geneviève, près du grand Châtelet, le "Parloir aux bourgeois" vint se fixer, en 1357, dans la Maison aux Piliers de la place de Grève, dont Charles V avait hérité des derniers dauphins de Viennois, et que Étienne Marcel, prévôt des marchands, lui acheta, un peu malgré lui, pour la Ville, au prix de 2800 livres parisis. Cette maison fut agrandie au XVe siècle, puis remplacée par un édifice de style Renaissance sous François Ier. Celui-ci fut complètement détruit par un incendie, le 24 mai 1871, au moment des troubles de la Commune. Au lendemain de ce désastre, les pouvoirs publics décidèrent qu'il serait réparé. Un arrêt préfectoral du 23 juillet 1872 fixa le programme du concours et son dernier délai au 31 janvier de l'année suivante. Parmi les soixante-six projets soumis au jury, celui de Ballu et Deperthes fut agréé. Dix années (1873-1883) ont été nécessaires pour son exécution.

Quartier Saint-Gervais.
la rue de Rivoli coupe en deux parties égales, Nord et Sud, le quartier Saint-Gervais, que limitent latéralement à l'Ouest les rues Lobau et des Archives, à l'Est les rues de Turenne et Saint-Paul. L'église Saint-Gervais-Saint-Protais, a le privilège d'être la paroisse la plus anciennement créée sur la rive droite de la Seine; elle existait en 560; dans son état actuel, c'est un bel édilice du XVesiècle, remanié à la fin du XVIe siècle, auquel Salomon de Brosse (et non Jacques comme on l'a si longtemps cru) ajouta le portail vermiculé dont Louis Xll avait posé la première pierre, le 24 juillet 1616 et qui fut terminé en cinq ans. Aux XVIIe et XVIIIe siècles on admirait fort cette façade qui nous laisse aujourd'hui assez froids. Jaillot s'écrie :

« C'est un chef-oeuvre d'architecture, auquel, pour me servir des termes d'un auteur célèbre (Voltaire), il ne manque qu'une place et des admirateurs ». 
La place a été créée, un peu de travers, il est vrai, mais les admirateurs ne semblent pas y être à l'étroit. Ce qui manque, en revanche, c'est ce vieil orme Saint-Gervais «-qui offusque le portail et gêne la voie publique » (toujours d'après Jaillot), sous lequel au Moyen âge se rendait la justice locale. On souhaiterait l'y voir encore verdoyant, vénérable témoin des temps passés.

Ce n'est qu'au tout début du XXe siècle que la rue des Archives a été soumise à l'alignement dans le IVe arrondissement. Avant, elle se composait d'une série de rues étroites et tortueuses. Au XIIIe siècle, trois couvents d'hommes furent fondés dans ce canton : celui de Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, circonscrit entre la rue de ce nom et celle du Plâtre; il n'en reste plus trace aujourd'hui; celui des Carmes Billettes, dont a subsisté (n° 24) un charmant petit cloître du XVe siècle et une église datant de 1756, devenue temple protestant (Temple des Billettes); enfin, celui des Blancs-Manteaux. 

Ces derniers s'y installèrent en 1258, sous le nom de serfs de la Vierge. Les Blancs-Manteaux disparurent peu après. Dans leur maison déserte vint se fixer, au siècle suivant, la communauté des Guillemites installés jusque-là à Montrouge. Ces religieux avaient des manteaux noirs, mais le premier surnom prévalut. Vers 1618, la règle bénédictine leur fut appliquée, et vers la fin de l'ancien régime, quelques-uns d'entre eux illustrèrent le monastère par leur érudition. Leur église (Notre-Dame des Blancs-Manteaux), reconstruite peu après cette réforme, est restée paroissiale. Quant aux bâtiments conventuels aliénés en l'an V, ils furent démolis et sur leur emplacement s'éleva le Mont-de-piété (auj. Crédit Municipal), institution de prêts sur gages ou sur titres. 

Quant au marché des Blancs-Manteaux, qui s'ouvre sur la rue Vieille-du-Temple, il est bien mal nommé; il devrait s'appeler marché saint-Anastase ou des Filles -Saint- Gervais, puisqu'il a été construit (en 1813) sur l'emplacement d'un hôpital fondé au XIIe siècle sous ce double vocable. A proximité on peut encore voir : au n° 47 de la rue Vieille-du-Temple,  l'hôtel Amelot de Bisseuil, avec son très beau portail; l'ancien hôtel d'Havès, rue Aubriot (n° 10); les maisons nos 4 et 10 de la rue des Blancs-Manteaux.

Comme son nom l'indique, la rue du Bourg-Tibourg (hôtel des ducs de Vendôme, au n° 33) traversait jadis un bourg, lire : groupe de maisons, appartenant à un nommé Thibaud, « burgus Thibaudi »; c'est un très vieux quartier, qui a son débouché sur la place Baudoyer, plus ancienne encore. L'enceinte attribuée à Louis VII s'ouvrait là par une porte que des textes contemporains appellent « porte Baudaier ». Certains rattachent ce nom au camp des Bagaudes, sur I'emplacement duquel l'abbaye de Saint-Maur passe pour avoir été construite (notez que c'était là le chemin du Saint-Maur), d'autres historiens invoquent un personnage, Baldecharius, cité comme defensor de Paris en 700.
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Hôtel Amelot-Bisseuil, à Paris (4e arrondissement).
Tour de Philippe-Auguste, à Paris (4e arrondissement).
Rue du Grenier-Sur-l'Eau, à Paris (4e arrondissement).

En haut, le portail de l'Hôtel Amelot de Bisseuil, rue Vieille-du-Temple; au-dessous, une maison à colombages, rue du Grenier-sur-l'Eau; à droite, la Tour de Philippe-Auguste,
enclavée entre les immeubles (à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois, et de la rue des Archives).

Depuis la construction, en 1861, de la caserne Napoléon et de la mairie du IVe arrondissement (Bailly, architecte), la place Baudoyer a bien perdu de son aspect d'antan; seul le fond reste pittoresque, avec les maisons anciennes de la rue François-Miron; certaines datent du XVIIIe siècle, tandis que d'autres remontent au Moyen âge. Le magnifique Hôtel de Beauvais  (n° 68), qui abrite aujourd'hui la Cour administrative d'appel, est du XVIIe siècle. A noter aussi  dans cette rue la maison à pignon du n° 13 et l'hôtel Hénault (n° 82). Entre la rue François-Miron et le quai de l'Hôtel-de-Ville est la rue Geoffroy-Lasnier, avec ses maisons âgées presques toutes de plusieurs siècles (n° 26, particulièrement, hôtel de Châlons-Luxembourg), et aussi le Mémorial du Martyr juif inconnu (Mémorial de la Shoah). 

La rue de Jouy existait au XIIIe siècle. Elle doit son nom à l'hôtel qu'y avaient alors les abbés de Jouy;  l'ancien hôtel d'Aumont, se trouvait au  n° 7. Une surprise - mieux que cela - une merveille nous attend à l'angle de rue de l'hôtel-de-Ville et de la rue du Figuier : l'ancien hôtel des archevêques de Sens (du XVe siècle), où habita notamment Marguerite de Valois. Si l'on ajoute une maison du XVIIe siècle avec son escalier très curieux ainsi que sa grille, quai de l'Hôtel-de-Ville, n° 34,  les maisons du XVIIe siècle de la rue Eginhart; l'ancien hôtel de Graville (commencement du XVIe siècle), qui a gardé le surnom d'hôtel des Prévôts, passage Charlemagne, on peut conclure que quartier est  particulièrement riche en anciens hôtels.
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Hôtel de Sens, à Paris (4e arrondissement).
Hôtel de Sens, à Paris (4e arrondissement).
L'Hôtel des archevêques de Sens.

L'église de Saint-Paul-Saint-Louis, fut construite de 1627 à 1641 sur les plans du P. Martellange, architecte des Jésuites, dont la maison professe se trouvait dans les bâtiments occupés aujourd'hui par le Lycée Charlemagne. L'édifice, à l'intérieur, ne manque pas de majesté, mais sa façade porte le cachet de ce style dit jésuite que nous ne pouvons nous résigner à trouver beau.  C'est en 1802 que le service paroissial fut transféré dans l'ancienne église des Jésuites, pour remplacer l'église Saint-Paul, dont nous parlons plus bas. Quant à la maison professe, dès 1768, elle était devenue le siège du prieuré de Sainte-Catherine du Val des Ecoliers, situé de l'autre côté de la rue Saint-Antoine.

Il ne reste plus rien, que le souvenir, de ce prieuré d'hommes, fondé en 1229 par les sergents d'armes de Philippe-Auguste. Dès le XVIe siècle, le prieuré avait aliéné une partie des terrains de son riche enclos, la culture Sainte-Catherine dont la rue de Sévigné a si longtemps porté le nom; au siècle suivant, il vendit le reste, lorsque la mode et le bel air se fixèrent au Marais. A leur tour, les bâtiments monastiques furent achetés par le roi en 1767 pour l'établissement d'un marché qui ne lut achevé qu'en 1783. C'est le petit marché Sainte-Catherine.

De l'autre côté de la rue de Sévigné, la caserne des sapeurs-pompiers occupe une partie de l'emplacement d'une prison, la Force, établie dans l'hôtel des ducs de la Force en 1780. Le nom s'appliquait bien à la destination. Pendant la Terreur, la Force reçut un grand nombre de prisonniers, parmi lesquels la malheureuse princesse de Lamballe. Une ordonnance royale de 1840 décida la translation de cette sinistre geôle dans un bâtiment que l'on devait construire en bordure du boulevard Mazas.

La rue Malher a été ouverte sur l'étroite rue des Ballets où était l'entrée de la prison, et des maisons de rapport s'y sont promptement bâties. Un mur de la Force est encore debout, cependant. Sa hauteur fait frémir; elle n'empêcha pas, néanmoins, un prisonnier de reconquérir la liberté en 1840; Victor Hugo a dramatisé cette évasion dans un des plus beaux chapitres des Misérables. Le mur de Philippe-Auguste séparait jadis l'ancien Hôtel de La Force de celui que l'on nomme aujourd'hui Hôtel Lamoignon. A ses vastes jardins ont succédé des maisons de rapport, mais il en reste une très belle facade (à l'angle de la rue Pavée  (n° 24) et de la rue des Francs-Bourgeois). Il avait été construit pour Diane de France, au commencement du XVIIe siècle. Plus tard, il appartint à la famille Lamoignon, dont il a gardé le nom.

Presque rien à dire du pâté de maisons circonscrit par la rues Pavé à l'Est, la rue Vieille-du-Temple l'Ouest. Il était bâti dès le XIIIe siècle, ainsi que l'attestent les mentions que l'on trouve à cette époque de la plupart de ses rues : la rue du Roi-de-Sicile doit son nom à l'Hôtel de Charles d'Anjou, frère de saint Louis, précisément l'hôtel qui passa aux ducs de la Force; la rue des Ecouffes existait en 1233; son nom signifie sans doute étoffes; la rue Ferdinand Duval était naguère appelée rue des Juifs, nom lui-même relativement récent, mais une tradition très ancienne en faisait une résidence plus spécialement affectée aux Juifs; la rue des Rosiers, moins jolie que son nom est aussi contemporaine de saint Louis.
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Mur de l'enceinte de Philippe-Auguste, à Paris (4e arrondissement).
Portion du mur de l'enceinte de Philippe-Auguste, rue des Jardins-Saint-Paul.

Quartier de l'Arsenal.
Les rues Saint-Paul et de Turenne forment la limite Ouest du quartier de l'Arsenal (ainsi dénommé à cause de l'arsenal qu'y possédait la ville), qui constitue la partie la plus orientale du IVe arrondissement. De ce quartier, il faut savoir surtout qu'il occupe l'emplacement de deux séjours royaux, l'hôtel des Tournelles et l'hôtel Saint-Paul et le sol d'une île, l'île Louviers, qui fut presque jusqu'au milieu du XIXe siècle un grand chantier de bois. 

La rue Saint-Antoine le sépare inégalement en deux régions, dont celle du Sud s'étendant jusqu'à la Seine est la plus vaste. Occupons-nous-en tout d'abord. Il s'y trouvait, dès le XIIe siècle, une agglomération constituée en paroisse sous le vocable de saint Paul; l'enceinte de Philippe-Auguste ne l'engloba pas dans Paris; son territoire, plus vaste qu'habité, s'étendait au loin dans la campagne jusqu'à mi-côte de Charonne, car ce n'est que beaucoup plus tard que fut fondée la paroisse de Sainte-Marguerite. A droite de la rue Saint-Paul, du côté de l'Est, s'étaient construits au milieu du XIVe siècle plusieurs hôtels ou logis entourés de grands jardins, ceux du comte d'Étampes, de l'abbé de Saint-Maur, d'autres encore. De 1364 à 1368, Charles V les acheta tous pour en faire ce qu'il appela lui-même « l'ostel de Saint-Pol, hostel solennel et de granz esbatemens ». Le Palais de la Cité ne lui plaisait plus, depuis les troubles qui y avaient fait couler le sang quelques années auparavant; le Louvre n'était pas encore en état. Charles V habita le plus souvent son manoir de Saint-Paul, pour lequel il fit de grands frais : ménagerie, jardins, fontaines

Après lui, Charles VI y cacha sa triste folie : c'est à Saint-Paul qu'eut lieu cette fameuse mascarade où plusieurs seigneurs brûlèrent tout vifs dans les étoupes dont était fait leur déguisement; là aussi que le roi lui-même mourut le 21 octobre 1422. Les rois qui suivirent fréquentèrent de moins en moins l'hôtel, dont Francois Ier consomma la ruine en le lotissant, comme on dirait aujourd'hui; seuls, des noms de rues bien caractéristiques rappellent les esbatemens de Charles V : rue de la Cerisaie, rue des Lions-Saint-Paul (qui conserve quelques constructions anciennes); rue Beautreillis. Quant à l'église Saint-Paul, le départ de ses royaux paroissiens ne l'empêcha pas de gagner à chaque siècle en importance, et, à la veille de la Révolution, elle comptait parmi les principales de Paris; mais sa caducité était extrême et on préféra la démolir; nous avons vu qu'elle fut remplacée, comme paroisse, par Saint-Paul-Saint-Louis.
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Rue saint-Antoine, à Paris (4e arrondissement).
Ci-dessus, la rue saint-Antoine. Ci-dessous, la caserne de la Garde républicaine, boulevard Henri IV et, à droite, la porte de l'Hôtel Raoul, rue Beautreillis.
Caserne de la Garde républicaine, à Paris (4e arrondissement).
Hôtel Raoul, à Paris (4e arrondissement).

La rue du Petit-Musc relie le quai des Célestins à la rue Saint-Antoine. L'emplacement en était jadis occupé par une voirie et un champ à plâtre. A son origine, elle ne fut pas comprise dans l'enceinte de Philippe-Auguste. Tout près de la rue du Petit-Musc, Charles V fonda le monastère des Célestins, sur l'emplacement d'un ancien couvent des Carmes, les Carmes barrés, qui datait de saint Louis. Tous les anciens guides de Paris célèbrent avec raison les richesses de ce monastère, la beauté de son cloître, de ses chapelles, des sépultures qu'elles renfermaient. Après la Révolution, on en fit une caserne de gendarmerie; mais le percement du boulevard Henri IV, en 1877, en a coupé l'enclos en deux; d'une caserne on en a fait deux; celle qui s'élève à droite du boulevard est toute neuve et peut passer pour modèle du genre massif ; la pierre n'y a pas été ménagée.

Quelle différence avec ce qui reste de la jolie façade de l'hôtel Fieubet (dit de La Valette, et édifié par Mansart en 1680, ), à l'autre angle de la rue du Petit-Musc! C'est un des meilleurs spécimens de l'architecture de la Renaissance à son déclin. Des restaurations plutôt maladroites l'ont malheureusement réduit à une simple façade qu'écrasent les pavillons en avant-corps. Ne quittons pas le quai des Célestins sans signaler en aval, au n° 32, l'inscription constatant qu'en ce lieu s'élevait « le jeu de paume de la Croix-Noire, où Molière et la troupe de l'Illustre Théâtre jouèrent en 1645 », et, au n° 28, à l'angle de la rue des Jardins, celle qui affirme que Rabelais est mort dans une maison de cette rue, le 9 avril 1553.

Sur le terre-plein qui précède le pont Sully, ont été restaurées en 1899 les assises de la tour de la Liberté, l'une de celles de la Bastille que les travaux du Métro ont permis de mettre au jour rue Saint-Antoine, devant la statue de Beaumarchais. En aval, de l'autre côté du boulevard Henri IV, la physionomie du quartier est toute spéciale; c'est, à proprement parler, l'ancien Arsenal, créé par Francois Ier et dont les incendies de 1871 n'ont rien laissé, non plus que du Grenier d'abondance, son voisin. Seul l'Hôtel des grands maîtres de l'artillerie, construit au commencement du XVIIe siècle pour Sully, augmenté cent ans après par Boffrand d'une façade sur la Seine, est resté debout; il est occupé par la bibliothèque de l'Arsenal. Jusqu'en 1844, l'espace compris entre le boulevard Morland et le quai Henri IV était une île, l'île Louvier, occupée par des chantiers de bois, et que l'on réunit à la terre ferme à celle époque en comblant le bras qui la séparait, de la rive droite.

Les boulevards Morland et Bourdon portent les noms d'officiers supérieurs qui furent tués à Austerlitz. La place de la Bastille appartient pour une partie  seulement au IVe arrondissement. On notera le tracé modérément tortueux de la rue Saint-Antoine. Ce tracé était bien plus accentué autrefois. Il avait été malicieusement prévu pour éviter que le canon de la Bastille pût la balayer. A droite en descendant, voici la jolie statue de Beaumarchais, oeuvre du sculpteur Clausade, dressée là en 1895 sur un élégant piédestal. Un peu plus bas, à gauche, le temple Sainte-Marie, église protestante, construite par Mansart, pour le couvent qu'avaient fondé, vers 1630, les religieuses de la Visitation Sainte-Marie. De l'autre côté (no 62), la grandiose façade de l'Hôtel de Sully, dessiné par les Ducerceau, dont l'entrée postérieure se trouve place des Vosges.
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Place des Vosges, à Paris (4e arrondissement).
La place des Vosges, côté Sud
Au centre, le Pavillon du roi; à droite la maison natale de Mme de Sévigné.

Cette place, qui portait jusqu'en 1870 le nom de place Royale, date de Henri IV, mais ses racines sont plus anciennes encore. L'Hôtel Saint-Paul ayant été a peu près abandonné, comme nous l'avons dit, après la mort de Charles VI, ses successeurs lui préférèrent une résidence toute voisine, située de l'autre côté de la rue Saint-Antoine, l'hôtel des Tournelles. Louis XII y mourut, Henri Il y fut blessé à mort dans son célèbre tournoi avec Montgomery . Dès lors, les Tournelles furent délaissées. C'était un grand terrain vague et désert, servant parfois aux duels (témoin la fameuse rencontre qui y eut lieu des mignons de Henri III) quand Henri IV conçut le dessein d'y construire une place quadragulaire à galeries, bordée de maisons monumentales. Ce fut la place Royale, que Marie de Médicis inaugura solennellement en 1612 - la Place, comme disaient alors les beaux esprits. Telle elle était alors, au moins en son ordonnance générale, telle nous la voyons aujourd'hui, et c'est bien, avec ses 35 pavillons, le plus important, le plus précieux souvenir que Paris ait conservé du temps de Henri IV.

Dans la rue de Birague, qui par le « pavillon du Roi » relie la place à la rue Saint-Antoine, se voit, au n° 10, la maison mortuaire de Lakanal. Rue des Tournelles, nous signalerons la belle synagogue achevée en 1875 - et, dans un tout autre ordre d'idées, au n° 28, l'emplacement de la maison qu'habita Ninon de Lenclos, qui a une autre entrée  boulevard Beaumarchais (nos 21 et 23), et qui avait été construit par J.-H. Mansart pour lui-même.

Quartier Notre-Dame.
Le quartier Notre-Dame, qui comprend les deux-tiers orientaux de l'île de la Cité et toute l'île Saint-Louis (Les îles de la Seine, à Paris), renferme avec la cathédrale Notre-Dame le Tribunal de commerce, l'Hôtel-Dieu, l'église de Saint-Louis, l'hôtel Lambert, puis les marchés aux Fleurs et aux Oiseaux.

L'île de la Cité.
Là est le berceau de Paris. Il est constant, en effet, que c'est dans cette île que vécurent les plus anciens habitants de Lutèce, cette tribu des Parisii qui, avec Camulogène à sa tête, résista si vaillamment, dans les plaines voisines, aux troupes romaines commandées par Labiénus. Elle succomba sous le nombre, subit la conquête et dut s'accommoder avec le vainqueur. Peu après, adonnés à la navigation, sous le nom de nautes, les Parisiens élevaient à Jupiter, à Mars, à Vulcain, un autel, dont on retrouva heureusement les fragments en 1711, lors d'une fouille faite sous le choeur de Notre-Dame. L'inscription constatant cet hommage aux divinités païennes précise qu'il fut fait sous le règne de Tibère. D'autre part, des fouilles, faites, les premières en 1847, les secondes à la fin de l'année 1897, amenèrent la découverte d'une muraille d'enceinte datant de l'époque gallo-romaine, et construite - fait bien curieux aussi - avec des pierres provenant des arènes de la rue Monge (Ve arrondissement). Ces vestiges de fortifications ont été retrouvés à la pointe orientale de la Cité; il n'est pas douteux que l'enceinte était continue.

Au cours des siècles, l'île se peupla chaque jour davantage. Alors que Paris commençait à déborder sur les deux rives au point d'y former bientôt deux véritables villes, la Cité, semble-t-il, aurait dû voir diminuer le nombre de ses habitants; ce fut le contraire : on ne sait quel fanatisme poussait les gens à s'y entasser dans les maisons malsaines de rues sombres et sans air ; il est prodigieux qu'à la veille de la Révolution on y comptât onze paroisses, alors qu'il n'y en avait que seize sur la rive droite et sept sur la rive gauche. 
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Rue des Chantres, île de la Cité, à Paris (4e arrondissement). Rue des Ursins, île de la Cité, à Paris (4e arrondissement).
Société historique et littéraire polonaise, île Saint-Louis, à Paris (4e arrondissement).
A gauche, la rue des Chantres; en haut, à droite, une façade médiévale, rue des Ursins; au-dessous, la Bibliothèque polonaise, quai d'Orléans.

Sauf en ce qui concerne ce nombre invraisemblable d'églises, qui disparurent presque toutes avec l'Ancien régime, rien ne fut changé à l'aspect de la Cité pendant la première moitié du XIXe siècle; elle conservait toujours son dédale de rues tortueuses bordées de vieilles masures; Haussmann y porta le premier coup de pioche en faisant la large trouée du boulevard du Palais, supprimant la rue de la Barillerie qui reliait en serpentant le pont Saint-Michel au pont au Change; peu après fut ordonné le percement de la rue de la Cité, absorbant les vieilles rues du Marché-Palu, de la Juiverie et de la Vieille-Lanterne; puis, celui de la rue de Lutèce (d'abord rue de Constantine), reliant les deux voies.

Là où l'air avait manqué durant tant du siècles, il y en avait pour ainsi dire trop, tout a coup; dans ces vastes espaces se construisirent des édifices d'un ton très moderne : le Tribunal de Commerce, lourde bâtisse qu'écrase un dôme insolite; la Caserne de la Cité, devenue Préfecture de police; l'Hôtel-Dieu, qui est une autre ancienne caserne. On se prend à regretter l'ancienne Cité, à penser qu'il en reste trop peu déjà, entre Notre-Dame et le grand bras de la Seine, à s'indigner presque en voyant que dans ce peu qui restait, dans les rues du Cloître, Chanoinesse, des Ursins, les grandes bâtisses à sept étages succèdent aux vieux logis et font à la cathédrale un encadrement parfois disparate. Cependant, dans la cour du n° 18 de la rue Chanoinesse, il y a encore une haute tour carrée, sans doute du XVe siècle, et rue des Ursins, n° 19, on peut voir des restes d'une chapelle du XIIe siècle.

La cathédrale Notre-Dame, à tous ces rajeunissements de l'île, aura gagné cependant d'apparaître mieux en lumière, et c'est ce qui les excuse. Paris a peu de monuments aussi beaux. De quelque côté qu'on l'admire, devant la façade, ou de la rive gauche, ou à la pointe de l'île, ou le long de l'aile Nord, dans la rue du Cloître, il est difficile de trouver plus de pureté et plus de noblesse dans le style. Au chevet de Notre-Dame, se trouvait autrefois la Morgue, construite en 1864, et qui a cédé la place à un jardin, le square de l'Île de France,  où l'on a édifié en 1966, à l'extrême pointe de l'île de la Cité, le Mémorial des martyrs de la déportation. Ses murs portent des citations de plusieurs auteurs (Vercors, Sartre, etc.) en relation avec cette période. 
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Ile de la Cité, à Paris (4e arrondissement).
L'île de la Cité vue depuis l'île Saint-Louis : la cathédrale Notre-Dame et le quai aux Fleurs.

L'île Saint-Louis.
Autant la Cité a perdu sa physionomie d'antan, autant l'île Saint-Louis a conservé la sienne, celle qu'elle eut lorsqu'elle se couvrit de maisons, dans la première moitié du XVIIe siècle. Jusque-là, elle se composait de deux îles, dont la plus grande s'appelait île Notre-Dame, et l'autre île aux Vaches. Toutes deux appartenaient aux chanoines de la cathédrale, qui les donnaient à bail aux blanchisseurs et aux tisserands. Au commencement du règne de Louis XIII, des traités furent passés avec trois entrepreneurs, Marie, Le Regrattier et Poulletier, qui s'engagèrent à réunir les deux îlots, à y bâtir et à les relier à la rive droite par un pont, le pont Marie, construit dans l'axe du pont de la Tournelle, qui existait depuis le XIVe siècle, entre l'île et la rive gauche. Tous ces travaux furent exécutés avec promptitude; L'île Saint-Louis bénéficia de la vogue dont jouissait alors la région de l'Est, et de nombreux hôtels s'y élevèrent. Deux d'entre eux méritent une mention : L'hôtel Lambert, à  la pointe orientale de l'île, et
l'hôtel de Lauzun, quai d'Anjou, 17, remarquables par la beauté de leur construction et la richesse de leur aménagement, que leurs propriétaires successifs ont su respecter.
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Rue des Deux-Ponts, île saint-Louis, à paris (4e arrondissement).
Boutiques de la rue des Deux Ponts, qui relie le pont Marie au pont de la Tournelle.
(© Photos : S. Jodra, 2009).

Des maisons moins somptueuses, mais de très bon air encore, bordent le quai d'Orléans, le quai de Bourbon (particulièrement les nos 29 et 31) et  le quai de Béthune, (hôtels des nos 20 et 24), qui porta au XIXe siècle le surnom de quai des Balcons. L'église Saint-Louis-en-l'Île fut construite de 1661 à 1679 et n'a pas changé depuis. Ces dates en disent assez sur son slyle. Il faut toutefois lui faire un mérite de sa flèche ajourée, mais elle ne date que de 1765. Rue Saint-Louis-en-l'Île (n° 51), on remarque la façade de l'hôtel Cheniseau (XVIIIe siècle). On peut noter aussi l'arcade du pavillon qui reste de l'ancien de l'Hôtel de Bretonvillers, dans la rue du même nom (XVIIe siècle). (F. B.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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