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Un dôme est
la partie extérieure d'une voûte
ou d'une coupole dont la forme est
hémisphérique, ovoïde, bulbeuse ou même à
pans coupés, construite de bois, de pierre,
de brique ou de fer, revêtue de matériaux divers et destinée
à couvrir, ainsi qu'à accentuer, à l'extérieur,
une partie importante d'un édifice. Venu du grecdomos,
dont les Latins ont fait le mot domus
(homonyme
de celui qui désigne la maison), avec la même signification,
le mot italien duomo joue de l'homonymie latine et n'a pas
la même signification qu'en France
: il sert à désigner la maison de Dieu (domus), l'église,
que celle-ci porte ou ne porte pas de dôme; mais quand une ville
italienne possède plusieurs églises, il duomo désigne
l'église principale ou la cathédrale.
En français, le mot dôme, même dans sa plus grande extension,
ne s'applique qu'à l'édifice ou même à la partie
d'édifice offrant à l'extérieur cette forme de construction
spéciale.
Les dômes ont fourni de tout temps
d'intéressants partis décoratifs aux architectes
et aux sculpteurs : à Athènes,
le monument de Lysicrates était orné, sur sa surface, de
feuillages
et surmonté d'un fleuron; à
Rome,
le dôme du Panthéon d'Agrippa
était couvert de tables de bronze doré;
l'Architectura numismatica de Donaldson montre des dômes romains
divisés en zones avec caissons et fleurons, et, pour l'architecture
musulmane, en Inde, en Iran et en Egypte, les dômes surhaussés
et bulbeux des mosquées, des tombeaux
ou des pavillons de plaisance, offrent une richesse décorative sculptée
et peinte ou dorée comparable à celle employée à
l'intérieur de ces mêmes édifices.
Les dômes constituent un des caractères
sinon distinctifs, du moins saillants de l'architecture
byzantine. Ils sont excessivement rares dans les monuments
français du Moyen âge
et les quelques exemples qu'on en rencontre datent de la fin du XIe
ou du XIIe siècle; il est même
probable que les architectes du Moyen âge se sont inspirés
du célèbre dôme de Sainte-Sophie de Constantinople.
Un assez grand nombre d'églises'
romanes
possèdent des dômes, et un plus grand nombre des coupoles.
Le dôme roman affecte souvent la forme d'une pyramide curviligne,
ou même, comme à Saint-Front de Périgueux ,
la forme d'un oignon à fleur qui rappelle les dômes des mosquées
de l'Orient. Le dôme peut être un comble à pans surbaissé
ou carré; il peut affecter en outre la forme d'une demi-sphère,
d'un demi-sphéroïde; son plan peut donc être carré,
hexagonal, octogonal, circulaire ou elliptique. Il est rare de trouver
des dômes dont l'intérieur ne soit pas disposé en coupole,
mais celle-ci n'est pas toujours recouverte d'un dôme.
Si, au Moyen
âge ,
l'Occident couvrit ses dômes de moins d'ornements, on peut cependant
citer les crosses végétales qui décorent le dôme
du Baptistère de Pise
et, pendant la Renaissance
et depuis cette époque, la surface des dômes fut ornée
naturellement de nombreuses lucarnes destinées à en assurer
l'éclairage intérieur. Mais la plus riche décoration
architecturale appliquée à la surface d'un dôme est
celle du dôme de l'église des Invalides ,
à Paris , exécutée sous la direction de Crépinet,
architecte. De larges bandes dorées s'élèvent depuis
sa base jusqu'au lanternon qui le surmonte et servent de cadres à
dix trophées d'armes s'enlevant sur fond noir. Au sommet de ces
trophées ont été sculptés des casques qui,
ouverts et évidés, forment autant de lucarnes dissimulées
et donnant de l'air et du jour à l'intérieur de la charpente
du dôme.
Exemples de dômes.
Il existe sur les différents monuments
répartis sur la surface de l'Europe ,
une très grande quantité de dômes; nous parlerons de
quelques-uns des plus renommés. Parmi les quatre-vingts églises
de Milan,
la plus célèbre est sans contredit la cathédrale,
dont le dôme est, d'après les Milanais, la huitième
merveille du monde. C'est en effet, après Saint-Pierre
de Rome
et la cathédrale de Séville,
la plus grande église de l'Europe. Le dôme s'élève
à 68 mètres, et l'extrémité de la tour qui
le surmonte est à 110 mètres au-dessus du sol. La construction
de cet édifice remonte à 1386; il fut fondé par Jean-Galéas
Visconti, premier duc de Milan .
L'architecte fut Marc de Campiglione, près de Lugano. Le dôme
fut terminé à la fin du XVIe
siècle, et la tour par les ordres de Napoléon,
en 1805.
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Dôme
de Sainte-Marie des Fleurs, à Florence.
Le dôme de Saint-Pierre
de Rome,
qui s'élève à 94 mètres au-dessus du toit,
atteint 123,40 m d'élévation jusqu'à l'oeil de la
lanterne, et 132,50 m jusqu'au sommet de la croix. Il mesure 192 mètres
de circonférence, et son diamètre, inférieur pourtant
à celui du Panthéon d'Agrippa ,
a 42 mètres. Huit escaliers de 142
marches conduisent sur le toit; de cette hauteur, d'autres escaliers conduisent
entre la double calotte de la coupole et
du dôme. Un escalier en fer très étroit (par lequel
il ne peut passer qu'une personne à la fois) conduit jusqu'à
la boule de cuivre qui surmonte le faite de l'édifice. Cette boule,
qui à cette hauteur paraît fort petite, peut néanmoins
contenir seize personnes.
Un autre dôme colossal, quoique beaucoup
moins élevé que celui de Saint-Pierre, c'est celui du Panthéon
d'Agrippa. C'est le seul édifice de la Rome
antique qui se soit conservé dans son intégrité. Ses
murs, entièrement construits en briques, mesurent 6,70 m d'épaisseur;
ils étaient revêtus de stucs et de marbres. La hauteur et
le diamètre de la coupole sont à peu de chose près
égaux . 43,50 m environ. L'oeil, au centre de la voûte,
a 9 mètres de diamètre. Cette immense voûte est faite
en blocage ; elle est divisée en caissons qui primitivement étaient
ornées de plaques d'or. Le Panthéon d'Agrippa, la Rotunda,
comme la nomment les Italiens, a été construit en 14
av. J.-C.
Un dôme encore très élevé,
c'est celui de Santa-Maria dei Fiore (Sainte-Maie des Fleurs), de Florence.
Il a été construit de 1421 à 1436 par Fillipo
Brunelleschi; il mesure 91 mètres de hauteur, ou 107 avec sa
lanterne. Il aurait, dit-on, servi de modèle à Michel-Ange,
avec celui du Panthéon, pour la construction du dôme de Saint-Pierre.
Le dôme de Pise
est sur plan elliptique; il s'élève au-dessus du point d'intersection
des transepts à trois nefs
et du vaisseau de l'église.
A côté de ce monument, citons
le dôme conique du Baptistère, commencé en 1153 par
Dioti Salvi, et achevé seulement après 1278. Ce bel édifice,
tout entier de marbre blanc, a 30,50 m de diamètre, et son dôme
atteint 55 mètres de hauteur.
Un autre dôme d'une grande élégance
est celui de l'église des Invalides ,
à Paris;
il a été érigé par Hardouin
Mansart au commencement du XVIIe siècle.
Le dôme du Val-de-Grâce, bâti
de 1645 à 1665 par François Mansart, oncle d'Hardouin Mansart,
n'a que 19 mètres de diamètre, mais il a une très
grande tournure, et a beaucoup plus d'élégance que celui
du Panthéon de Paris. Ce dernier dôme mesure 83 mètres
de hauteur.
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Dôme
des Invalides, à Paris.
Enfin, mentionnons le dôme de Saint-Paul
de Londres,
construit par Christopher Wren, qui mesure 112 mètres
de hauteur et dont le diamètre est de 46 mètres.
Les types de dômes.
On a donné des noms particuliers
à plusieurs sortes de dômes, surtout suivant leur forme, leur
construction ou leur décoration; mais, en dehors du dôme en
cul-de-four, lequel est formé par une demi-coupole, et du dôme
à pans coupés, qui s'élève sur un plan polygonal,
il faut distinguer, parmi les dômes de forme sphérique, deux
grandes divisions : les dômes surbaissés et les dômes
surhaussés.
Dôme
surbaissé.
Le dôme surbaissé n'offre,
comme surface apparente, qu'un segment en calotte et non la totalité
d'une demi-sphère; ainsi, le dôme de l'église Sainte-Sophie,
à Constantinople,
et nombre d'autres dômes romains
ou byzantins antérieurs ou
postérieurs comme construction à cet édifice.
Dôme
surhaussé.
Le dôme surhaussé, au contraire,
offre extérieurement une demi-sphère complète dont
la surface se prolonge à la base, soit suivant un tambour vertical
comme dans beaucoup de dômes de l'Occident (Saint-Pierre de Roule,
des Invalides ,
à Paris,
de Saint-Paul de Londres,
etc.), soit suivant une courbe rentrante donnant au dôme une forme
plus ou moins bulbeuse, forme très usitée dans l'architecture
musulmane : ainsi le dôme de la mosquée
Mesdjid, à Ispahan .
De plus, ces dômes surhaussés
sont fréquemment, dans l'architecture
de l'Orient de l'Europe
et de l'Asie ,
surmontés d'une pointe aiguë prise aux dépens de la
courbe supérieure et raccordée avec cette courbe. Plusieurs
mosquées
ou tombeaux du Caire,
de l'Iran
et de l'Inde
offrent cette variété de dôme qui se propagea en Occident,
dans les provinces danubiennes et en Russie ,
et dont on trouve même des exemples dans les clochers
bulbeux qui surmontent certaines églises et les beffrois
des Flandres ,
des anciens Pays-Bas
espagnols et des contrées du nord de l'Europe.
Dôme
tors.
Une autre variété de dôme
élevé soit sur un plan circulaire, soit sur un plan polygonal,
est le dôme tors, dont les arêtiers ou nervures ont la forme
de spirales plus ou moins contournées. Ce dernier mode, peu monumental,
n'est guère employé que dans des pavillons de petites dimensions;
car, le dôme tors n'appartenant à aucun style, sa construction
n'est soumise à aucune règle et ne relève que du caprice
et de la fantaisie de l'architecte. L'église
de la Curtea d'Argesu, en Valachie ,
montre plusieurs dômes tors.
Dôme
à pans coupés.
Ce dôme qui résulte du plan
même, affectant une forme polygonale, que le dôme est destiné
à couvrir, se trouva employé dès l'Antiquité
romane, et le dôme de la salle dite de Minerva medica, à
Rome,
et celui d'une salle de la villa d'Hadrien ,
à Tivoli, en sont des exemples venus jusqu'à nous. Mais il
est à remarquer que les premiers chrétiens, lorsqu'ils couvrirent
de dômes des surfaces polygonales en plan, employèrent des
dômes de forme hémisphérique en leur donnant pour supports,
afin de racheter le passage du plan polygonal à la circonférence
inscrite servant de base au dôme, des arcatures
placées dans les angles du plan comme le furent toujours les pendentifs.
L'architecture byzantine et l'architecture
chrétienne du Moyen âge offrent plusieurs exemples de
dômes à pans coupés, parmi lesquels, celui, octogonal,
de la Madona del Popolo, à Rome, ou encore celui qui surmonte une
partie de l'ancienne église palatine d'Aix-la-Chapelle
construite par Charlemagne pour lui servir
de sépulture.
Le dôme de l'église Sainte-Marie-des-Fleurs,
à Florence,
construit au XVe siècle, sous la
direction de Brunnelleschi, est un exemple
remarquable de dômes à pans coupés élevés
sous la Renaissance italienne,
et accuse bien, depuis le tambour octogonal percé d'oculi qui lui
sert de base jusqu'aux pans de la couverture du lanternon qui le couronne,
la forme polygonale de la croisée de cette église. A Paris,
la chapelle hexagonale de l'ancien couvent
des Petits-Augustins (aujourd'hui enclavée dans l'Ecole des beaux-arts
où elle sert de musée aux oeuvres de Michel-Ange),
l'église Saint-Paul Saint-Louis
(ancienne église des Jésuites),
rue
Saint Antoine, et le Tribunal de commerce sont surmontés de
ces dômes à pans coupés; mais on donne aussi le nom
de dômes à de hautes couvertures courbes reposant sur un plan
carré, comme les dômes de l'Ecole militaire
et de plusieurs pavillons du Louvre
à Paris et les dômes de l'hôtel de ville de Lyon.
Dans ces dômes comme dans les dômes à pans coupés
proprement dits, les arêtiers formant les divisions de leur surface
ont souvent fourni à l'architecte d'heureux motifs décoratifs
accusant la construction intérieure et se terminant, à leurs
extrémités supérieure et inférieure, par des
amortissements moulurés, sculptés et parfois dorés.
(Ch.
Lucas / E. Bosc).
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Françoise
Theillou, Jean-Pierre Delagarde, Paris,
dômes sacrés du Grand Siècle, Editions
du Patrimoine Centre des monuments nationaux, 2008. -
A la suite du Concile de Trente et de la Contre-Réforme, la France,
après l'Italie, développe
au XVIIe siècle une nouvelle architecture
religieuse. Innovation la plus remarquable, un dôme coiffe ces églises
destinées à réaffirmer la foi
catholique en face du protestantisme.
Il devient l'élément phare d'une élégante architecture
baroque, spécifiquement française. Toute une série
d'édifices fleurissent ainsi à Paris,
toujours plus vastes et plus ambitieux à mesure que grandit le pouvoir
royal, qui les magnifie. La Révolution
s'empare plus tard de ces lieux, fascinée par leur forme antique
qu'elle récupère à son profit tout en vandalisant
leurs richesses. Le dôme perdure jusqu'à la veille de la seconde
guerre mondiale. Etude d'une forme architecturale riche de significations,
ce livre se lit comme un récit, et ses images révèlent
des lieux souvent méconnus. (couv.). |
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