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Cathédrale Notre-Dame de Paris

Dès le Ier siècle de notre ère existait à la pointe orientale de l'île de la Cité (Paris)une sorte de temple élevé à Jupiter et à d'autres dieux par les bateliers (nautes) parisiens (Hésus). Des fouilles faites en 1711 sous le choeur de Notre-Dame amenèrent la découverte d'une partie des pierres qui avaient formé ce monument; l'une d'elles avait pour inscription:
« Sous Tibère César Auguste, à Jupiter très bon, très grand, les nautes parisiens élevèrent publiquement cet autel. »
Ce monument se composait de pierres cubiques ornées de bas-reliefs représentant des divinités romaines et gauloises, des soldats romains, des animaux; sa hauteur devait être de six à huit pieds; il était probablement surmonté d'une statue de Jupiter et avait autour de lui deux autels et d'autres ornements accessoires.

On ne sait à quelle époque fut détruit ce monument; mais, dès le VIe siècle, sur son emplacement, existait une chapelle dédiée à saint Étienne, à laquelle on adjoignit, au siècle suivant, une autre chapelle dédiée à Notre-Dame. Ces deux petits édifices composaient l'église sacro-sainte des Parisiens ou la cathédrale. Cet état de choses existait encore au VIe siècle. Grégoire de Tours, en parlant de l'incendie qui consuma toutes les maisons de l'île de Paris, vers l'année 586, dit que les seules églises furent exceptées. Ces églises, dans la Cité, ne peuvent être que celles qui formaient depuis peu la cathédrale. Saint-Étienne avait été le premier de ces édifices; ensuite, d'après l'usage où l'on était de bâtir de petites églises autour des basiliques, il est à présumer qu'on en avait élevé une à côté sous l'invocation de la Vierge

On est fondé à croire qu'après les invasions des Vikings, si Sainte-Marie fut incendiée, l'église Saint-Étienne servit pendant longtemps seule de cathédrale. Ce monument, devenu insuffisant par suite de l'accroissement de la population, on l'aura rebâti et agrandi sous le règne de Childebert Ier; alors sans doute la nouvelle basilique est devenue la cathédrale, par une autre coutume de cette époque, de donner aux églises neuves un vocable différent du premier patron. Des fouilles faites en 1847 dans le parvis ont mis à découvert les substructions de cette église qui étaient superposées à des constructions romaines. On croit que c'est dans cette cathédrale que Frédégonde se réfugia après le meurtre de son époux, comme dans un asile inviolable, et que Gontran sollicita le peuple «de ne pas le tuer comme il avait déjà tué ses frères. » Un concile y fut tenu en 829.

Paris, devenu le siège de la monarchie, la cathédrale se trouva encore trop petite. Il fallut songer à sa reconstruction. Vers 1163, l'archevêque de Paris, Maurice de Sully, entreprit cette reconstruction. Sous le roi Louis VIII, le pape Alexandre III, réfugié en France, posa la première pierre, et, en 1182, le grand autel fut consacré par Henri, légat apostolique. En 1185, la construction de l'église était assez avancée pour qu'il fût possible d'y célébrer l'office divin. Héraclius, patriarche de Jérusalem, qui vint à Paris prêcher la Croisade, célébra, le 17 janvier, la messe dans cette église, en présence de Maurice de Sully et de son clergé. Les travaux de Notre-Dame avaient été entrepris sur une si grande échelle, qu'il fut impossible de les terminer en même temps. 
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Notre-Dame de Paris.
La cathédrale Notre-Dame de Paris.

La masse de l'édifice fut achevée en 1223; mais il fallut encore plus d'un siècle pour achever les innombrables détails de sculpture que l'on peut encore y admirer, le triple portail et la triple galerie de sa façade, ses portails latéraux, ses trois grandes fenêtres à vitraux, toutes ces arabesques, ces dentelles, ces colonnettes, ces statues, ces pierres travaillées à jour.  Ainsi, en 1257, Jean de Chelles, maître-maçon, commença le portail méridional, faisant face à la montagne Sainte-Geneviève. En 1312, le portail septentrional fut bâti avec une partie des biens enlevés aux Templiers. Les chapelles du choeur et la délicieuse porte du cloître furent ensuite construites; enfin, en 1447, Charles VII donna des sommes considérables pour l'achèvement de Notre-Dame. Le monument appartient donc aux deux premières périodes du style gothique, le «-lancéolé-» de Philippe Auguste et le « rayonnant » de saint Louis; il en est un des plus remarquables spécimens.

Aux XIIIe, XIVe et XVe siècles, on était dans l'usage de jeter du haut des voûtes de Notre-Dame, des pigeons, des fleurs, des étoupes sous la forme de langues de feu, et des pâtisseries appelées oblayes (oublies). A l'instant où l'on entonnait l'hymne Veni Creator, un pigeon blanc s'échappait du haut des voûtes, pour figurer la descente du Saint-Esprit. Le peuple se plaisait à ces spectacles, qui flattaient son imagination par des images vives et frappantes. 

On pensait autrefois que l'église Notre-Dame, voisine de la rivière, avait été construite sur pilotis. En 1756, on reconnut que les fondations reposaient sur un gravier ferme; ces fondations étaient formées de quatre assises de pierre de taille excessivement dure, faisant retraite les unes sur les autres. Dessous étaient mêlés de gros moellons, du mortier, de la chaux et du sable, formant un corps continu et sans vide, plus solide que la pierre. Sur une plaque scellée dans le mur, à côté de la porte d'entrée, on lisait autrefois l'inscription suivante :

« Si tu veux savoir comme est ample 
De Notre-Dame le grand temple,
Il y a dans oeuvre pour le seur 
Dix-et-sept toises de hauteur; 
Sur la largeur de vingt-quatre
Et soixante-cinq sans rabattre
A de long; aux tours haut montées
Trente-quatre sont bien comptées; 
Le tout fondé sans pilotis 
Aussi vray que je te le dis. »
Majestueusement assise, la cathédrale Notre-Dame a longtemps bravé les siècles qui n'ont pu que noircir ses murailles (que des travaux de restauration ont rendue, ces dernières année, à leur couleur originelle) et dégrader ses sculptures. Autrefois il fallait monter treize marches pour arriver à cette aïeule des églises parisiènnes. Le degré, le temps l'a fait disparaître, en élevant d'un progrès irrésistible et lent le sol de la Cité; mais, tout en faisant dévorer une à une, par cette marée montante du pavé de Paris, les marches qui ajoutaient à la hauteur majestueuse de l'édifice, le temps a rendu à l'église plus peut-être qu'il ne lui a ôté.

Si le monument n'a qu'à peine souffert de l'injure du temps, celle des hommes, en revanche, lui a été fort sensible. Aux XVIIe et XVIIIe siècles on n'aimait plus le gothique, et on le fit bien voir à Notre-Dame : Louis XIV et Louis XV firent les modifications les plus sottes a l'intérieur de l'édifice en suprimant la clôture du choeur, en abattant le jubé, en substituant du verre blanc aux magnifiques vitraux en grisaille du XIIIe siècle, sauf aux roses de la façade. 
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Portail de la Vierge.

Portail du Jugement dernier

Portail de sainte-Anne
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La Révolution, plus aveugle encore, détruisit la flèche centrale et démolit toutes statues des façades, notamment cette suite si curieuse des statues des rois de France. Tant de vandalisme a été réparé autant qu'il était possible. Après des restaurations partielles accomplies par des architectes ignorants des principes de l'art architectural du Moyen âge, et dont chacune entraînait la mutilation d'une partie du monument, la loi de 1845 consacra enfin des fonds considérables à la restauration générale de Notre-Dame. Ce travail, d'une immense difficulté, fut heureusement confié à deux hommes d'une rare compétence. Grâce aux labeurs obstinés, au goût de Viollet-le-Duc et de Lassus, la cathédrale a recouvré son antique splendeur.

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Façade de Notre-Dame de Paris : galerie des rois et rosace.
 Détails de l'ornementation de la façade de Notre-Dame :
La galerie des Rois (de Juda et d'Israël) surmontée de l'étage de la rose;
devant la grande rose se trouvent les statues de la Vierge et de l'Enfant, entourés de deux anges. 

La façade principale, sur la place du Parvis, a un développement de 40 mètres. Elle a un aspect  imposant et sévère; les trois portiques, de formes irrégulières,  sont enrichis d'une foule de petites statues et d'ornements admirablement travaillés. Le portail du centre est dit du «Jugement », celui de droite (Sud) est dit « de Sainte-Anne »; celui de gauche est dit « de la Vierge ». Ce dernier est remarquable par son zodiaque; au 12e signe, à la place de Cérès, a été exécutée la Vierge-Marie. Les ferrures des portes, ouvrages de Biscornet, parurent si extraordinaires, que le peuple voulut absolument reconnaître dans ce merveilleux travail la coopération du Diable

Trois galeries se déploient sur la façade. La galerie des Rois, celle de la Vierge et celle des Colonnes. La galerie des Rois a vingt-huit statues hautes de 4,50 m; elles représentent les rois de France, depuis Childebert jusqu'à Philippe-Auguste. La seconde galerie doit son nom à une statue de la Vierge. Entre la galerie des Rois et celle de la Vierge, se trouve une des trois grandes fenêtres ou roses formées de vitraux éclatants. Le péristyle de la troisième galerie est enrichi de trente-quatre colonnes, remarquables par leur hauteur et leur gracieuse légèreté.

Sur ces galeries reposent les deux tours majestueuses, hautes de 68 mètres. Il existe quelques différences entre elles; cette dissemblance  a été expliquée par le fait que la cathédrale, lorsqu'elle fut construite, n'était que le siège d'un évêché, dépendant de l'archevéché de Sens, et que seules les cathédrale archiépiscopales avaient le privilège d'avoir des tours absolument semblables. Paris ne devint, en effet, le chef-lieu d'un archevêché qu'en 1622.

Au-dessus du choeur s'élève une flèche; l'abside, que l'on voit bien surtout de la rive gauche, est un chef-d'oeuvre d'élégance et de proportions, grâce à la légèreté des arcs-boutants qu'elle supporte.  Ces arcs-boutants partent des bas-côtés de l'église et  viennent aboutir à la voûte. Des gargouille nombreuses et admirablement travaillées en forme d'animaux fantastiques, s'échappent de tous les côtés de l'édifice. 

Empreint de majesté l'intérieur, long de 130 m, de Notre-Dame a la forme d'une croix latine; il se compose d'une nef très large, accompagnée de collatéraux et de chapelles latérales au nombre de trente-sept, et du choeur, séparé par une large galerie des chapelles de l'abside. Le choeur lui-même est en grande partie fermé par une clôture, dont la face extérieure offre toute une série de sujets sculptés en bas-relief, extrêmement curieux. La voûte est supportée par cent-vingt colonnes dans le style roman. Ces colonnes devaient être surmontées d'arcs à plein-cintre; mais la construction de l'édifice, souvent interrompue, il en résulta, suivant l'expression de Victor Hugo

« que l'architecte achevait de dresser les premiers piliers de la nef, quand l'ogive, arrivant de la Croisade, vint se poser en conquérante sur les larges chapiteaux romans qui ne devaient porter que des pleins-cintres; maîtresse dès lors, l'ogive a construit le reste de l'édifice »
Au-dessus des bas-côtés se déploie une fort belle galerie ornée de cent-huit colonnes d'une seule pièce. Cette galerie s'arrête à la croisée. On y monte par trois escaliers deux qui sont à l'entrée de la nef, et l'autre à droite du choeur, du côté de la chapelle de la Vierge. A ces tribunes ou galeries on attachait, en temps de guerre, les drapeaux enlevés à l'ennemi. 
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Notre-Dame de Paris, façade Sud.
la façace Sud de Notre-Dame de Paris.

En 1693, un Te Deum fut chanté dans Notre-Dame, en actions de grâces de la bataille de la Marsaille. Le prince de Conti entrant dans l'église, décorée des drapeaux de Fleurus, de Steinkerque et de Nerwinde , prit le maréchal de Luxembourg par la main, et dit en écartant la foule : 

« Place, messieurs, laissez passer le tapissier de Notre-Dame. » 
La première pierre du grand autel fut posée, en 1699, par le cardinal de Noailles, archevêque de Paris. A cette même époque, le choeur fut commencé sur les dessins d'Hardouin Mansart; il ne fut terminé qu'en 1714, par de Cotte. Chacune des figures qui décorent cette église est un chef-d'oeuvre. Il est à regretter que Soufflot, en restaurant ces figures, en ait abîmé plusieurs.

Il faut monter 389 marches pour arriver au sommet des tours. La vue embrasse alors un des plus merveilleux panoramas. La charpente des voûtes, appelée la forêt, est entièrement construite en bois de chêne. Sa hardiesse et sa solidité sont admirables. Le bourdon, la plus grosse cloche de France, se trouve dans la tour méridionale. Cette énorme cloche fut fondue en 1685, et baptisée en présence de Louis XIV et de la reine. 
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L'histoire de cet édifice populaire et vénéré est liée à l'histoire de Paris et même à l'histoire de France. Que de fêtes y ont été célébrées! que de baptêmes et de mariages royaux, de Te Deum et de De profundis! que de générations ont passé sous ces sombres portails! que de drapeaux conquis par nos armes ont été suspendus sous ces antiques voûtes! Tous les rois de France y sont venus remercier Dieu de leurs victoires, tous n'y sont pas parvenu, mais ont voulu ajouter quelque chose à sa splendeur. Philippe-le-Bel, en mémoire de sa bataille de Mons-en-Puelle, avait fait placer à l'entrée du choeur sa statue équestre élevée sur deux colonnes. Louis XIV, dont a dit les dégâts qu'il fit, prétendit, quant à lui reconstruire tout le sanctuaire avec une grande magnificence : alors fut placée la belle descente de croix, oeuvre de Coustou aîné, qui orne encore le maître-autel, et aux deux côtés de laquelle se trouvaient les figures agenouillées de Louis XIII et de Louis XIV offrant leur couronne à la Vierge.

Dans la cathédrale Notre-Dame se trouvaient les sépultures de la plupart des évêques de Paris, du maréchal de Guébriant, de Gilles Ménage, etc.

Quand la Révolution arriva, les Parisiens associèrent la vieille cathédrale à leur enthousiasme pour la liberté : on y chanta des Te Deum pour la prise de la Bastille, pour la nuit du 4 août, pour la séance du 4 février, pour l'acceptation de la Constitution; Bailly et La Fayette y firent le serment « de consacrer leur vie à la défense de la liberté conquise »; la garde nationale y vint faire bénir ses drapeaux. Mais, en 1793, quand la Commune de Paris tomba sous la stupide domination des hébertistes, Notre-Dame fut dépouillée de ses objets d'art, mutilée dans toutes ses parties, principalement dans sa façade, enfin transformée en un théâtre dédié au culte de la Raison. 

Séance du 20 jour du second mois de l'an II 
de la République Française une et indivisible (23 octobre 1793).

« Le conseil général, informé qu'au mépris de la loi il existe encore dans plusieurs rues de Paris des monuments du fanatisme et de la royauté; considérant que tout acte extérieur d'un culte quelconque, est interdit par la loi; considérant qu'il est de son devoir de faire disparaître tous les monuments qui alimenteraient les préjugés religieux, et ceux qui rappellent la mémoire exécrable des rois, arrête que dans huit jours les gothiques simulacres des rois de France, qui sont placés au portail de l'église, seront renversés et détruits, et que l'administration des travaux publics sera chargée sous sa responsabilité de lui rendre compte de l'exécution du présent arrêté [...]. Arrête de plus, que toutes les autres effigies religieuses qui existent dans les différents quartiers de Paris, seront enlevées; que tous les marbres, bronzes, [...] sur lesquels sont gravés les arrêts des parlements contre les victimes du despotisme et de de la férocité dés prêtres, seront également anéantis. » (Reg. de la commune, t. 21, p. 13145). 
Extrait des registres du Comité du salut public 
de la Convention Nationale du 23 floréal , l'an II 
de la république une et indivisible (12 mai 1791).
« Le Comité du Salut public, arrête : qu'au frontispice des édifices ci-devant consacrés au culte, on substituera à l'inscription Temple de la Raison, ces mots de l'article 1er du décret de la Convention nationale du 18 floréal : Le peuple Français reconnaît l'Etre suprême et l'immortalité de l'âme. Le Comité arrête pareillement que le rapport et le décret du 18 floréal seront lus publiquement les jours de décade, pendant un mois dans ces édifices, etc. Signé au registre; Robespierre, Billaud-Varennes, Couthon, Carnot, C.-A. Prieur, B. Barrère, Robert-Lindet et d'Herbois. »
L'église fut fermée et servit quelquefois aux rassemblements de la section de la Cité, section très révolutionnaire; c'est là que se réfugièrent les meneurs de la journée du 12 germinal. Elle fut rendue au clergé constitutionnel sous le Directoire, mais les théophilanthropes en firent un temple à l'Être suprême; qu'il s'y tint en 1801 un concile où assistèrent cent vingt prêtres ou évoques constitutionnels; que, le 18 avril 1802, une messe et un Te Deum y furent célébrés pour le rétablissement officiel du culte catholique.

L'empereur Napoléon fit restaurer l'église Notre-Dame pour la cérémonie de son sacre. Le nouveau grand autel a été construit en 1803. La grille qui sépare le choeur de la nef a été exécutée en 1809, sur les dessins de Percier et Fontaine. C'est un travail du plus grand mérite.

Notre-Dame de Paris, façade Sud.
Le chevet de Notre-Dame, sa flèche, ses contreforts. (© Photos : Serge Jodra, 2009).

Notre-Dame a eu la meilleure part des déblaiements modernes de la Cité. Autrefois elle avait sur sa gauche l'Archevêché, sur sa droite le Cloître, et  son parvis était encombré par l'Hôtel-Dieu, deux églises et plusieurs maisons. L'Archevêché était le vieux palais construit en 1161 par Maurice de Sully, siège de l'officialité, devant lequel avaient lieu les duels judiciaires; il servit de citadelle au cardinal de Retz pendant les troubles de la Fronde, fut reconstruit en 1697 par le cardinal de Noailles et embelli en 1750 par l'archevêque de Beaumont. L'Assemblée constituante y siégea du 19 octobre au 9 novembre 1789; la Convention nationale en fit un annexe de l'Hôtel-Dieu. Ses bâtiments et ses jardins bordaient la Seine et se prolongeaient jusqu'à la pointe orientale de l'île par une promenade réservée dite le Terrain.

Le Cloître était compris entre l'église, la rivière et une ligne tirée de la rue de la Colombe au Parvis; il renfermait dix rues, les deux églises Saint-Jean-le-Rond et Saint-Denis-du-Pas, l'une appuyée au chevet, l'autre au côté droit de Notre-Dame, et qui lui servirent successivement de baptistère, la chapelle Saint-Aignan, les écoles épiscopales, des maisons, des jardins, etc. C'était le domaine du chapitre de Notre-Dame, qui, sous Charlemagne, était déjà célèbre par ses écoles, et qui a donné à l'église six papes, vingt-neuf cardinaux et une multitude d'évêques. Avec le Cloître et l'Archevêché, la cathédrale ressemblait à une forteresse occupant toute la partie orientale de la Cité, ceinte de grosses murailles et ouverte seulement par trois portes fortifiées. Aujourd'hui, l'Archevêché a disparu; il a été démoli le 14 février 1831 dans un jour de fureur populaire; à sa place est une vaste promenade plantée d'arbres, ornée d'une jolie fontaine, et qui se confond avec le quai. Le Cloître a été ouvert par des quais et des rues; l'église Saint-Jean-le-Rond, sur les marches de laquelle d'Alembert enfant fut exposé, a été détruite en 1748; l'église Saint-Denis-du-Pas, en 1813.

Grâce à ces travaux, la vieille cathédrale, débarrassée de tous ses entours, s'élève aujourd'hui tout isolée à la pointe de la Cité, comme autrefois l'autel de Jupiter, qu'elle a remplacé. Cependant, on ne saurait affirmer que ces changements n'ont pas ôté au monument quelque chose de son caractère imposant et sévère : les vieilles églises gothiques s'accommodent mal des grandes rues modernes, des grandes places, du grand jour; et elles ne sont jamais plus majestueuses que lorsqu'on les voit pressées, serrées par un troupeau d'humbles maisons qui semblent se fourrer sous leurs ailes. (L. / Th. L.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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