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Quai
aux Fleurs, à Paris
(IVe'arrondissement).
- Ce quai, qui longe la Seine sur tout le Nord-Est de l'île
de la Cité, et qui s'est d'abord appelé Quai Napoléon,
date de 1802. Auparavant, la Seine était bordée de ce côté
par les jardins du chapitre Notre-Dame,
par le petit port Saint Landry, enfin par de hautes maisons appartenant
à la rue Basse-des-Ursins et qui plongeaient leur pied dans la rivière.
La plus remarquable de ces maisons était l'hôtel des Ursins,
qui avait été bâti par le vertueux Juvénal
des Ursins; il était terminé du côté de
la Seine par deux grosses tourelles surmontées chacune d'une terrasse
et réunies par une arcade à balcon, d'où l'on jouissait
d'une vue magnifique. Cet hôtel fut détruit en 1553, et sur
son emplacement l'on ouvrit la rue Haute-des-Ursins (rue des Ursins).
On remarque aujourd'hui
sur le quai aux Fleurs une jolie maison bâtie au début du
XIXe siècle et qui est ornée
des médaillons d'Héloïse et d'Abélard;
elle a été construite sur l'emplacement de la maison du chanoine
Fulbert, oncle d'Héloïse, laquelle
était située au n° 1 de la rue du Chantre (rue des Chantres).
On montrait dans celle-ci un petit escalier
et un cabinet tombant en ruines et qu'on croyait dater du temps des amants
du XIIe siècle, dont l'histoire
est encore aujourd'hui si fraîche dans les souvenirs populaires.
Paris n'a pourtant pas rendu à la mémoire d'Héloïse,
de cette femme si complète par le coeur et par l'esprit, qui ouvre
la série des illustres Parisiennes, de cette ancêtre, de cette
parente de madame de Sévigné et
de madame Roland, tous les honneurs qu'elle méritait; et l'on s'étonne
que, dans la foule des statues élevées aux célébrités
de la capitale, l'on ait oublié celle de cette glorieuse fille de
Paris, la première de son temps par son intelligence et son savoir,
par son éloquence et ses malheurs. (Th. Lavallée). |
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