 |
Rue
d'Arcole, à Paris
(IVe'arrondissement).
- La rue d'Arcole, qui traverse l'île
de la Cité depuis le pont d'Arcole qu'elle prolonge, jusqu'au
Parvis Notre-Dame et au Pont au Double est une grande et large voie qui
a été formée au début du XIXe
siècle des anciennes rues du Chevet Saint-Landry et de Saint-Pierre-aux-Boeufs.
La première
tirait son nom d'une église dont la
fondation se perd dans la nuit des temps et où les reliques
de saint Landry, évêque de Paris, furent transportées,
lorsque la ville fut assiégée par les Vikings.
L'entrée de cette église, qui fut reconstruite en 1477, était
dans la rue Saint-Landry, et son chevet dans la rue qui en prenait le nom.
On y remarquait le beau monument sculpté par Girardon
pour la sépulture de sa femme, le tombeau de la famille Boucherat
et celui de Pierre Broussel, ce père du peuple au temps de la Fronde.
Broussel demeurait rue Saint-Landry, nº 7, et sa maison existe encore;
c'est là qu'il fut arrêté le 26 août 1648; c'est
là que commença l'émeute qui ébranla le trône
du jeune Louis XIV. L'église Saint-Landry
a été démolie en 1790; on a trouvé dans ses
fondations un amas d'ossements humains, qui semble le reste d'une bataille
livrée en cet endroit, ainsi que les ruines du monument triomphal
élevé en 383 par le tyran Maxime
pour sa victoire sur Gratien : ces ruines ont
été retrouvées dans une grande muraille qui enveloppait
toute la Cité et qui datait probablement de la domination franque.
Dans la rue Saint-Pierre-aux-Boeufs
était une église aussi ancienne que Saint-Landry, et dont
le surnom venait d'un marché de boucherie établi, dès
les premiers siècles de notre histoire, dans son voisinage, marché
qui fut transféré au XIIe
siècle près du Châtelet.
Cette église, qui occupait l'emplacement de la maison nº 15,
a été démolie; mais son élégant portail
a été transporté à l'église Saint-Séverin,
dont il forme la porte latérale. (Th. Lavallée). |
|