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Rue Vieille-du-Temple (anc : Vieille rue du Temple), à Paris. - Cette rue, qui appartient au IIIe arrondissement et au IVe arrondissement,  commence à la rue de Rivoli (face à la mairie du IVe arrondissement) et finit rue de Turenne (en se prolongeant jusqu'au boulevard du Temple sous le nom de rue des Filles-du-Calvaire). C'est une rue étroite dans sa partie inférieure, large et belle dans sa partie supérieure. La partie inférieure est très ancienne, car elle était déjà dite vieille au XIIIe siècle; la partie supérieure n'a été bâtie que dans le XVIe : ce n'était, avant cette époque, qu'un chemin à travers champs et appelé de la Coulture-du-Temple ou de la Coulture-Barbette; les noms des rues voisines de l'Oseille et du Pont-aux-Choux indiquent quelle était la nature de ces champs. 

Comme la Rue Vieille-du-Temple ne menait à aucun monument religieux, comme elle n'avait pas de porte sur le rempart de Charles VI, comme elle ne se prolongeait par aucun faubourg, elle n'a joué qu'un rôle très médiocre dans l'histoire de Paris, excepté dans sa partie inférieure, où il y avait une porte de l'enceinte de Philippe-Auguste, dite porte Barbette, située près de la rue des Francs-Bourgeois. C'est en sortant de cet hôtel voisin de cette porte, appartenant à Isabelle de Bavière, et qui lui avait donné son nom, que Louis, duc d'Orléans, en 1407, fut assassiné par les satellites de Jean-Sans-Peur.
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Rue Vieille-du-Temple, à Paris (3e arrondissement).
La rue Vieille-du-Temple, à la hauteur de la rue Debelleyme.

Aujourd'hui, la Rue Vieille-du-Temple est la principale artère du Marais. Ce quartier, le premier qui ait été régulièrement bâti, était sous Henri IV, Louis XIII et le commencement du règne de Louis XIV, le quartier de la noblesse; il devint plus tard celui de la magistrature, de la bourgeoisie retirée du commerce, et il prit de cette population paisible une renommée de calme et de placidité, mais aussi de sottise et d'ennui, dont il a eu beaucoup de mal à se défaire. 

« Là règne, disait Mercier en 1784, l'amas complet de tous les vieux préjugés.-» 
Cependant, à partir des années 1820, le Marais a changé d'aspect; c'est toujours un quartier bien aéré et bien bâti; mais il a été envahi par les fabriques soit du faubourg Saint-Antoine, soit du quartier Saint-Martin, qui se trouvaient trop pressées dans ces deux grands centres de l'industrie parisienne, et, de jour en jour, son ancienne population s'en est éloigné.

On trouve dans la Rue Vieille-du-Temple : 

L'hôtel de Rohan (au n° 87, à l'angle de la rue des Quatre Fils), et auquel Napoléon a fait abriter l'imprimerie impériale;

La maison de Jean Hérouet (au n° 54, à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois), qui date de 1510, et doit son nom au trésorier de Louis XII;
Maison de Jean Hérouet, à Paris (3e arrondissement).
La Maison de Jean Hérouet, avec sa tourelle en encorbellement. 
L'hôtel Amelot de Bisseuil (au n° 47), aussi appelé Hôtel de Hollande ou Hôtel des Ambassadeurs de Hollande, près du débouché de la rue des Rosiers

L'hôtel Amelot de Bisseuil.
(© Photos : Serge Jodra, 2009).
 
Le Marché des Blancs-Manteaux, au débouché de la rue des Blancs-Manteaux.
Dans cette rue se trouvaient autrefois :
L'hôtel d'Argenson, qui fut habité par le fameux garde des sceaux;

L'hôtel Le Pelletier, qui fut habité par le prévôt des marchands, ministre sous Louis XIV. (Th. Lavallée).

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Dictionnaire Villes et monuments
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