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| Les
ordres mendiants
Les Carmes |
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Dominicains | Franciscains |
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| Les Carmes,
Carmelitae,
Carmelitani fratres, Ordo Beatae mariae de monte Carmelo sont un des
quatre grands ordres mendiants des Catholiques.
L'origine de cet ordre ne paraît pas remonter au delà de la
dernière partie du XIIe siècle.
En effet, le premier document qui le concerne est le témoignage
de Phocas, moine grec de Pathmos, cité par Papebroch. Phocas, qui
visitait les Lieux saints en 1185, rapporte qu'on trouvait alors sur le
mont
Carmel L'antiquité de cette fondation,
surtout l'habitation du mont Carmel et l'intervention d'Elie dans l'accomplissement
du voeu de Berthold induisirent les Carmes, lorsqu'ils eurent passé
d'Orient en Europe Evidemment, ce Basilides, qui avait prédit
à Vespasien la réalisation de ses espérances, n'avait
pu être qu'un Carme, Cette prétention, qui irritait les autres
ordres, ayant été réfutée péremptoirement
par Papebroch, jésuite d'Anvers Le nombre des ermites qui venaient se recueillir dans les nombreuses grottes de cette montagne augmenta à mesure que se multiplièrent les dangers auxquels ils étaient exposés ailleurs. On dit que Almeric, patriarche d'Antioche, légat d'Alexandre III, dirigeait vers cette résidence tous ceux qui se trouvaient dans les parties menacées de la contrée. En 1209, Brocard, successeur de Berthold, obtint pour eux d'Albert, évêque de Verceil, alors patriarche de Jérusalem, une règle en seize articles combinant la vie érémitique avec certaines dispositions du régime conventuel (Alberti régula, dans Holstenius, Codex regularum monasticarum et canonicarum, Augsbourg, 1759, t. III, p. 18, 6 vol. in-fol.) Cette règle fort sévère fut confirmée en 1224 par Honoré III, et ainsi fut constitué l'ordre des Frères ermites de la Vierge du mont Carmel. Les victoires des Musulmans
leur enlevèrent le mont Carmel Les Carmes, qui se prétendent les serviteurs privilégiés de la Vierge, affirment qu'elle apparut à Simon Stock et qu'elle lui présenta le Scapulaire, promettant une protection insigne à ceux qui le porteraient, gardant la virginité, la continence et la chasteté conjugale, selon leur état, et qui réciteraient le petit office de Notre-Dame; elle les délivrerait, en outre, des peines du purgatoire, car elle irait tous les samedis les en retirer. Le scapulaire présenté à ce saint pour les Carmes consistait en une bande de laine brune devant être portée sur le dos, les épaules et la poitrine; dans les peintures et dessins figurant l'apparition et pour les laïques qui pratiquent cette dévotion, il consiste en deux petits morceaux d'étoffe réunis par un ruban que l'on passe autour du cou, et il doit être placé par eux sur la poitrine, sous leurs vêtements. Ce culte, qui a été illustré par un nombre infini de miracles et pour lequel une confrérie a été instituée, a été recommandé par Paul V, Pie V, Clément VIII, Clément X et Benoît XIV. Il est même l'objet d'une fête spéciale, célébrée le 16 juillet. La légende du scapulaire a été fortement contestée par des écrivains dont l'attachement à l'Eglise catholique n'est pas douteux. Le plus ardent de ces contradicteurs fut Jean de Launoy, docteur de Sorbonne, surnommé le dénicheur de saints, qui a soutenu dans une Dissertatio de Sim. Stochii visione (Paris, 1623) que la vision de Stock est une imposture, que les bulles citées en sa faveur sont des bulles supposées et que les Carmes n'ont commencé à porter le scapulaire que longtemps après la date de cette prétendue vision. D'autres, aboutissant à une conclusion analogue par une voie différente, affirment que le scapulaire des Carmes date de 1287, adopté alors dans un chapitre général tenu à Montpellier; mais que la légende de l'apparition est du XVe siècle. Dans deux de ses ouvrages (De canonisatione sanctorum, 2e part., ch. IX; De festis beatae Mariae Virginis, I. Il, ch. VI), Benoît XIV a entrepris de réfuter la dissertation de Launoy. La faveur des fidèles était
nécessairement acquise à un ordre qui était né
sur le mont Carmel Pendant le schisme d'Occident, les Carmes se divisèrent en deux partis, chacun reconnaissant un pape différent et ayant son propre général, lequel, tout naturellement, était dans la nécessité de ménager ses partisans. Après l'extinction du schisme, on proposa, dans un chapitre général (1430), de réformer les abus. Mais ce voeu de réforme paraît avoir eu pour objet principal un extrême adoucissement de la règle, destiné vraisemblablement à modérer, en les légitimant en partie, les habitudes prises. En 1431, Eugène IV, sur la demande des Carmes, leur permit de manger de la viande trois fois par semaine et de diminuer le temps du silence; il leur accorda une grande latitude pour leurs promenades aux heures de récréation. En 1459, Pie Il autorisa leur général à régler la question du jeûne selon qu'il le jugerait convenable. Quelques couvents refusèrent ces mitigations, protestant de vouloir rester fidèles à l'observance de la règle ancienne. Beaucoup d'autres, au contraire, semblent avoir dépassé énormément les concessions obtenues et même toutes les tolérances permissibles. Car l'opinion commune sur les moeurs des Carmes nous est parvenue formulée par de fort vilains dictons, par des censures du parlement et par bon nombre d'anecdotes typiques, parmi lesquelles l'emprisonnement au For-l'Evêque (1658) de douze Carmes arrêtés dans un festin, qui fit alors grand scandale. Au XVIIIe
siècle, cet ordre possédait sept mille couvents, comprenant
cent quatre-vingt mille religieux ou religieuses, répartis en trente-huit
provinces, dont sept pour la France. Sa principale maison à Paris,
située près de la place
Maubert, avait été fondée en 1309 sur un emplacement
cédé par Philippe le Bel (cet
emplacement a été converti en marché en 1812). Les
religieux qui y résidaient prétendaient être restés
fidèles à l'ancienne observance; ils se consacraient à
l'instruction des écoliers pauvres et ils étaient agrégés
à l'Université Lorsqu'ils arrivèrent de la Palestine L'institution des Carmélites est due à Jean Soreth, qui avait été nommé général des Carmes en 1451. La fondation de la maison de Vannes pour des religieuses de cet ordre date de l'année suivante. J. Soreth ayant obtenu de Nicolas V pour ses Carmélites les privilèges des Augustines, des Dominicaines et des Franciscaines, leurs couvents se multiplièrent très rapidement, sous le régime et avec les tendances des Carmes mitigés. Sainte Thérèse, qui s'était retirée dans une de ces maisons, les jugeait ainsi, après une longue et intime expérience : « Si les parents voulaient suivre mon conseil, je leur dirais de retenir leurs filles auprès d'eux et de les marier moins avantageusement qu'elles ne le désireraient, plutôt que de les engager dans des monastères où elles sont plus exposées à se perdre que dans le monde. »Elle conçut le projet de fonder un monastère où la règle primitive de l'ordre du Mont-Carmel serait observée dans toute sa rigueur. Après des épreuves diverses, qui seront indiquées en la notice affectée à cette sainte, elle parvint, avec la protection de son provincial, à établir à Avila Le 16 octobre 1604, six de ces Carmélites
réformées furent amenées d'Espagne Sainte Thérèse avait réussi
à faire partager ses voeux de réforme à Jean de Yepes,
Carme sous le nom de Jean de Saint-Mathias, qui prit plus tard le nom de
Jean de la Croix, et à Antoine de Hérédia, qui changea
aussi son nom et s'appela Antoine de Jésus. Jean de la Croix fut
même son confesseur, et c'est pendant qu'elle était sous sa
direction qu'elle eut ses extases les plus merveilleuses. En 1564, ils
formèrent près d'Avila |
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