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Le
IIIe arrondissement, dit Le Temple,
a un pourtour des plus simples, formé par l'axe du boulevard Sébastopol,
à partir de la rue de Rambuteau, des boulevards Saint-Martin, du
Temple, des Filles-du-Calvaire, la rue du Pas-de-la-Mule, l'axe de cette
rue et de celles des Francs-Bourgeois
et de Rambuteau jusqu'au boulevard
de Sébastopol. C'est là un territoire de petite étendue
: 116 hectares, et seul, le Ile arrondissement
est moins grand encore
Historiquement, cette
partie de la ville ne se bâtit qu'au XIIIe
siècle : elle est, en effet, tout entière comprise dans l'enceinte
de Philippe-Auguste et celle de Charles
V; la première laissait en dehors de Paris
tout ce qui est au delà, vers le nord-est, de la rue
des Francs-Bourgeois; la seconde, représentée
aujourd'hui par la rue de Meslay et
la ligne des boulevards jusqu'à la Bastille,
enferma donc cette région dans les limites de la capitale.
On croira sans peine
qu'elle était alors bien différente de ce qu'elle est devenue.
Les vastes enclos de nombreux monastères
et d'hôtels seigneuriaux, dont quelques-uns très considérables
en occupaient la majeure partie : au centre seulement, des rues étroites
et sans air, où la population s'entassait; à l'est, jusqu'au
XVIIe siècle, des terres en culture
maraîchère que l'on nommait déjà le Marais.
A partir de la seconde moitié du XIXe
siècle et encore au début du XXe
siècle, le secteur a beaucoup perdu de son aspect pittoresque
: d'importants travaux de voirie y ont été faits : le percement
des rues Turbigo, Réaumur, l'élargissement de la rue Beaubourg,
la trouée produite par le prolongement de la rue Etienne-Marcel.
On y retrouve cependant encore bien des traits caractéristiques
du vieux Paris.
Quartier des Arts-et-Métiers.
Le quartier des Arts-et-Métiers,
ainsi appelé à cause du Conservatoire
situé dans sa circonscription, est manufacturier par excellence;
la fabrication y a été traditionnellement spécialisée
à un point extrême. Le théâtre de la Gaîté
avec le square des Arts-et-Métiers, le Lycée Turgot égaye
un peu cette région. Elle a pour églises Saint-Nicolas des
Champs et Sainte-Elisabeth. A l'angle de la rue du Vert-Bois se dresse
une tour restaurée de l'enceinte du prieuré de Saint-Martin
des champs; il y a rue Volta, n° 16, une maison du XVIe
siècle, et boulevard Saint-Martin, nos
31-33, un hôtel Louis XV.
Quartier des Enfants-Rouges.
Dans le quartier des Enfants-Rouges (nom
d'un ancien hôpital), le marché
du Temple est d'abord à signaler, haute construction en fer
qui comprend 2400 boutiques de revendeuses, et, dans sa partie supérieure,
le « carreau ». Plusieurs hôtels sont intéressants
: l'hôtel de Tallard avec son bel escalier du XVIIIe
siècle au n° 78 de la rue
des Archives; les hôtels du XVIIIe
siècle également de la Rue
Portefoin, et surtout ceux de la rue Charlot (formée des anciennes
rue
d'Orléans-au-Marais et de Berry), particulièrement l'hôtel
Bayard (n° 58) et l'hôtel de Mascarani du XVIIIe
siècle et très bien conservé (n° 83). Rue de Saintonge,
n° 45, est à remarquer une construction du XVIIe
siècle.
Quartier des Archives.
Le quartier des Archives, depuis longtemps
donne un peu l'idée d'une ville de province. Trois établissements
scientifiques : les Archives nationales (hôtel
de Soubise); le musée
Carnavalet et la Bibliothèque de la ville de Paris; autrefois
s'y ajoutait l'imprimerie nationale qui était hébergée
dans l'Hôtel de Rohan. Après
ces monuments, il convient de signaler l'ancien cloître
des Minimes de la rue de Béarn (devenu ensuite une caserne) et les
hôtels des XVIIe
et XVIIIe
siècles des rues des Archives,
Charlot, de Saintonge et de Turenne;
la maison de la fin du XVe
siècle, située au n° 54 de la rue
Vieille-du-Temple, dont la jolie tourelle a été faussement
attribuée à l'hôtel Barbette (rue
Barbette); le somptueux hôtel Salé ou de Juigné,
dû à Levau (1656), rue de Thorigny, n° 5 ; l'hôtel
de Choisy, rue Barbette, n° 8; l'hôtel de Brissay, rue Saint-Gilles,
n° 18 ; l'hôtel des Fusées du commencement du XVIIe
siècle, rue du Parc-Royal n° 4. La rue
des Francs-Bourgeois est bordée de maisons anciennes.
Quartier Sainte-Avoye.
Le quartier Sainte-Avoye (nom d'un ancien
couvent) a été le centre de la petite industrie parisienne,
de l'article de Paris. Rue Saint-Martin,
aux nos 147, 160 et 194 se voient de jolies
façades
du XVIIIe
siècle. Rue de Montmorency, n° 5, sont encore des restes du
grand hôtel de Montmorency; au n° 51 de la même rue, subsiste
l'inscription d'une maison de 1407, qui aurait été celle
de Nicolas Flamel. Des constructions anciennes
sont à signaler aussi rue Chapon
et rue du Temple, surtout l'hôtel
de Montholon au n° 79 de cette dernière rue, puis rue
de Braque et rue des Archives.
(F. B.). |
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