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Les
Misérables, roman de Victor
Hugo (1862). - La pensée du livre est exprimée dans la
Préface :
«
Tant qu'il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation
sociale [...]; tant que les trois problèmes du siècle : la
dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance
de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront
pas résolus [...] ; tant qu'il y aura ignorance et misère,
les livres de la nature de celui-ci ne seront pas inutiles. »
La donnée essentielle
est l'histoire de Jean Valjean le forçat, de sa chute dans l'enfer
social et de sa rédemption morale, de son ascension vers la lumière,
au prix de quel héroïsme et de quelles souffrances! L'oeuvre,
qui est d'une richesse et d'une ampleur démesurées, est divisée
en cinq parties : Fantine, Cosette, Marius, l'Idylle rue Plumet et l'Epopée
rue Saint Denis, Jean Valjean.
A défaut d'une
analyse impossible, citons les plus fameux épisodes : l'admirable
portrait de Mgr Myriel, évêque de Digne, qui met dans l'âme
obscure du forçat la petite lumière dont elle sera plus tard
illuminée tout entière; la dramatique peinture du plus terrible
cas de conscience qui se soit offert aux scrupules d'un honnête homme
(une Tempête sous un crâne); le séjour du forçat
évadé et de sa fille adoptive au couvent de Picpus; la chasse
féroce à travers les égouts de la capitale; le merveilleux
récit, véritable épopée en prose, de la bataille
de Waterloo;
le tableau de la barricade de la rue
Saint-Denis; etc.
A travers les splendeurs
du récit, semé d'opulentes digressions, se détachent
quelques figures de haut relief : celle de l'évangélique
et sublime évêque Myriel, placée au seuil du livre;
le policier Javert, type immortel de l'obéissance passive au devoir;
Gavroche, le gamin de Paris,
soulffreteux, gouailleur et héroïque; l'affreux ménage
des Thénardier; Fautine, la fille mère; Marius et Cosette,
dont le bonheur sera l'oeuvre de Jean Valjean; etc. Les Misérables
sont une oeuvre admirable d'intérêt, de générosité,
de couleur. (NLI). |
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