| . |
| |||||||
| Grand Châtelet,
à Paris
(Ier'arrondissement).
- Les plus anciens historiens de Paris ont voulu faire remonter à
Jules
César la fondation de cet édifice ( On sait que le régime féodal
avait formé dans la capitale un grand nombre de seigneuries ayant
chacune leurs officiers pour rendre la justice; de très bonne heure,
celle du Châtelet eut à sa tête un prévôt,
qui s'appela toujours le prévôt de Paris,
dont les charges et les prérogatives ne cessèrent de s'accroître
jusqu'au règne de Louis XIV qui, en 1674,
réunit au Châtelet toutes les anciennes justices seigneuriales
de la ville. Dès le XIVe siècle,
le prévôt s'adjoignit un lieutenant civil, et plus tard un
lieutenant criminel; dans un intérêt fiscal, leurs fonctions
furent converties en office et finirent par absorber presque complètement
celles du prévôt, surtout lorsque fut créé le
nouvel office de lieutenant général de police, en 1677. Désormais,
le prévôt n'a guère plus qu'un titre honorifique, auquel
il doit de marcher à la tête de la noblesse et d'assister,
en une place éminente, à toutes les cérémonies |
Voici quelle était
la composition du Châtelet, peu de temps avant la Révolution
:
Le procureur général du parlement, comme garde de la prévôté; le prévôt, 1 lieutenant civil, 1 lieutenant criminel de robe courte, 2 lieutenants particuliers, 64 conseillers, 1 juge auditeur, 4 avocats du roi, 1 procureur du roi, 8 substituts, 1 chevalier, 1 greffier en chef, 60 commis greffiers, 2 certificateurs des criées, 1 scelleur des sentences et décrets, 1 garde des décrets et immatricules, 1 commissaire aux saisies réelles, 1 receveur des consignations, 1 receveur des amendes, 2 médecins, 4 chirurgiens, 4 matrones ou sages-femmes, 1 concierge-buvetier-garde-clefs; 143 notaires, gardes-notes et garde-scel, 48 commissaires, inspecteurs, examinateurs, 236 procureurs, 28 huissiers-audienciers, 120 huissiers, commissaires-priseurs vendeurs de meubles, un grand nombre d'huissiers à verges, 1 juré crieur pour les annonces et crieurs publics, 4 trompettes.Par cette énumération, l'on voit que la juridiction du Châtelet réunissait, ou à peu près, aux attributions de la préfecture de police la compétence des tribunaux de première instance et, impartie, du tribunal de commerce et de la chambre des notaires. Les bâtiments du Châtelet comprirent,
pendant toute la durée de leur existence, une série de prisons
où étaient détenus tant les inculpés que les
condamnés. On n'y gardait que des criminels de droit commun, la
Bastille
Le Grand Châtelet et le Pont aux Meuniers. Tableau de Theodor Hoffbauer. En 1780, la suppression des prisons du Châtelet fut ordonnée par Louis XVI, mais diverses circonstances retardèrent l'exécution de cette mesure, et pendant la Révolution, elles reçurent un grand nombre de prisonniers. L'ensemble des bâtiments ne disparut qu'à partir de l'année 1802; sur leur emplacement fut tracée la place du Châtelet, fixée par arrêté du 11 octobre 1806 à une largeur de 62,50 m, mais que le percement du boulevard Sébastopol a considérablement agrandie et embellie. Une plaque de marbre, apposée sur la façade de la chambre des notaires, consacra, par un plan et une inscription, le souvenir du «-grand Châtelet, ancienne entrée fortifiée de la cité, siège de la prévôté de Paris et de la chambre des notaires-». Les archives du Châtelet ont passé tout entières aux Archives nationales; elles y forment un fonds considérable dont les principales séries sont d'abord la collection des anciens registres de couleur (livre blanc, livre vert, livre rouge, etc.), tous les papiers de procédure, les minutes des commissaires, classées sous le nom de chacun de ces magistrats; elles archives des corporations d'arts et métiers de Paris, placées sous l'autorité directe du procureur du roi au Châtelet. (F. Bournon). |
||
| Petit Châtelet,
à Paris.
- On a vu dans l'article précédent que Charles
le Chauve avait ordonné, en 877, la construction de forteresses
en tête de deux des ponts de Paris; celle de la rive droite s'appela
par la suite grand Châtelet celle de la rive gauche, située
à l'extrémité Sud du Petit-Pont Le petit Châtelet dut être
reconstruit vers la même époque que le grand, c.-à-d.
au XIIe siècle. Une violente inondation
le détruisit complètement, ainsi que le pont qui lui
était attenant, le 20 décembre 1296. Réédifié
par Hugues Aubriot, prévôt de Paris,
il fut affecté au logement des prévôts ; c'était
aussi une prison, et au XVIIIe siècle,
on y envoyait surtout les détenus pour dettes. L'édifice
en était lourd et massif; il barrait l'entrée de la rue Saint-Jacques
Le Petit Châtelet et le Petit Pont en 1717. |
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||