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| Rue
Saint-Martin, à Paris
(Ier et IIe
arrondissements). - Cette grande voie publique, l'une des plus anciennes
et des plus importantes de Paris, doit son nom et son origine à
l'abbaye Saint-Martin-des-Champs ( La partie de cette
rue voisine de la Seine, a été détruite au XIXe
siècle et reconstruite jusqu'à l'endroit où elle se
trouve coupée par la rue de Rivoli
créée alors. Cette partie était auparavant étroite,
sale, obscure, et prenait les noms de Planche-Mibray et des Arcis, qui
ont disparu.
Portion Nord de la rue Saint-Martin, à Paris. En arrière-plan, la Porte Saint-Martin et, tout au fond, la gare de l'Est (10e arrondissement). Le premier nom vient des mares boueuses que le fleuve déposait dans ses inondations, et qu'on traversait sur des planches au carrefour des rues de la Vannerie et de la Coutellerie. C'est ce que démontrent les vers suivants du moine René Macé, où il est question de l'entrée de l'empereur Charles IV à Paris : L'empereur vint par la CoutellerieCette ruelle fangeuse et basse datait du XIe siècle, et elle était principalement fréquentée à cause des moulins qui se trouvaient près de là sur la rivière. On commença à l'exhausser et à l'assainir quand le pont Notre-Dame fut construit, c'est-à-dire au commencement du XVe siècle. L'origine du nom de la rue des Arcis ou Arsis, est inconnue : on pourrait croire qu'il vient de la porte de l'enceinte de Louis VI, qui se nommait Archet-Saint-Merry, si un acte de 1136 n'appelait pas cette rue de Arsionibus, qui est peut-être le nom de quelque famille bourgeoise. Près de l'Archet-Saint-Merry, l'abbé Suger avait une maison qui lui avait coûté mille livres. Dans cette rue était
l'église Saint-Jacques-la-Boucherie,
dont la fondation remonte au XIe siècle,
qui tirait son surnom de la grande boucherie de la ville, située
près du Châtelet, qui
a été démolie en 1792 et dont il en reste une tour
très élégante, qui date de 1508.
Bas-relief sur la façade du n°89 de la rue Saint-Martin. La rue Saint-Martin, proprement dite, celle qui commence à la rue des Lombards, a joué dans les temps anciens un grand rôle : dans sa partie inférieure, elle était habitée par les métiers les plus sales et les plus turbulents, dont les noms sont restés aux rues voisines; dans sa partie supérieure, elle renfermait trois églises et le grand prieuré de Saint-Martin, qui était une vraie forteresse; elle a donc dû prendre part à tous les événements de l'histoire de Paris, et l'on trouve son nom dans les luttes des Armagnacs et des Bourguignons, dans les troubles de la Ligue, dans presque toutes les journées révolutionnaires. Dans les temps plus modernes, son importance politique n'a pas été moindre: elle a été le théâtre principal de l'insurrection de 1832; c'est entre les rues Maubuée (aujourd'hui disparue et qui passait par l'actuel parvis de Beaubourg) et du Cloître-Saint-Merri qu'était la place d'armes des républicains. Elle a figuré encore dans l'émeute du 12 mai 1839, dans les journées de février, dans la bataille de juin 1848, enfin c'est là qu'a eu lieu l'échauffourée du 13 juin 1849. Les édifices anciens que conserve la rue Saint-Martin sont : l'église Saint-Merri; L'église Saint-Nicolas-des-Champs; Le Conservatoire des arts et métiers. Mais le plus célèbre, de nos jours, est sans conteste le Centre Georges Pompidou (Beaubourg), inauguré en 1977, et dont la rue longe le parvis. Avant la Révolution,
on voyait encore dans la rue Saint-Martin la chapelle
Saint-Julien-des-Ménétriers, qui appartenait à la
communauté des maîtres de musique
et de danse de la ville de Paris.
Son origine était due à deux compagnons ménétriers
qui l'avaient fondée vers l'an 1328, avec un hôpital destiné
à héberger les ménétriers, jongleurs
et joueurs de vielle qui étaient de passage à Paris. L'architecture
de sa façade était curieuse : on y voyait sculptés
tous les instruments de musique du Moyen âge
La Gerbe d'or, à l'angle de la rue Saint-Martin et de la Rue Notre-Dame-de-Nazareth. La rue Saint-Martin,
rue occupée de tout temps par des marchands et des ouvriers, ne
renferme aucune maison célèbre. Nous citerons seulement:
au nº 107, le théâtre Molière, construit en 1791,
qui devint en 1793 le théâtre des Sans-culottes et qui a été
fermé en 1807; il a essayé plusieurs fois de se rouvrir et
n'est plus aujourd'hui qu'une maison particulière; au nº 151,
l'hôtel Budé ou de Vic, bâti par le savant Guillaume
Budé, prévôt des marchands, et où il mourut
en 1540. Dans cette rue est né Talma, le
15 janvier 1763. Pessard y indique au n° 170 la maison natale
de Gérard Labrunie (Gérard de Nerval).
En tout cas ce dernier est né dans une maison de la rue Saint-Martin
portant le numéro 96 en 1808 : c'est probablement le 168 actuel.
(F. de Rochegude).(Th. Lavallée).
Le Théâtre Molière. (© Photos : Serge Jodra, 2009). |
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