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Pont
Saint-Michel, à Paris
(Ier'arrondissement
et VIe'arrondissement).
- Ce pont relie le Boulevard du
Palais entre les quais du Marché-Neuf
et des Orfèvres (Ile
de la Cité), et la Place-Saint-Michel, située les quais
Saint-Michel et des Grands-Augustins.
«
En 1378, dit Sauval, on proposa de faire le pont
Saint-Michel. L'Elu de Sens, et Ferry de Metz, conseillers de la cour,
furent nommés commissaires par le roi, pour avoir l'avis là
dessus, aussi bien du parlement, du chapitre Notre-Dame,
que du prévôt de Paris et des bourgeois. On s'assembla au
palais où se trouvèrent deux présidents, soixante-sept
conseillers, le doyen, le chantre, le pénitencier, avec quatre chanoines,
et de plus cinq bourgeois. »
D'un commun accord il
fut décidé qu'il était utile d'entreprendre ce pont,
et sur-le-champ il fut ordonné au prévôt de Paris d'en
commencer les travaux.On y employa les vagabonds, les joueurs et les escrocs.
Ce pont, construit en pierre, ne fut terminé qu'en 1387, sous Charles
VI. Il fut d'abord appelé Petit-Pont, ensuite Petit-Pont-Neuf,
et simplement Pont-Neuf. Cet édifice, mal construit, fut le 31 janvier
1408 entraîné par les glaces, qu'un hiver rigoureux avait
amoncelés. Les registres du parlement mentionnent ainsi cet accident
:
«
Iceux glaçons par leur impétuosité et heurt ont aujourd'hui
rompu et abattu les deux petits ponts (le Petit-Pont
et le pont Saint-Michel). L'un étoit de bois, joignant le petit
Chastelet, l'autre de pierre appelé
le Pont-Neuf, qui avoit été fait puis 27 ou 28 ans; et aussi
toutes les maisons qui estoient dessus, qui estoient plusieurs et belles
en lesquelles habitoient moult ménagiers de plusieurs états
et mestiers, comme taincturiers, escrivains, barbiers, cousturiers, esperonniers,
fourbisseurs, frippiers, tapissiers, chasubliers, faiseurs de harpes, libraires,
chaussetiers et autres. N'y a eu personnes de périllées,
Dieu merci ! »
Ce pont fut rebâti
en pierre cette même année. En 1424, il prit la dénomination
de pont Saint-Michel, en raison de sa proximité de la chapelle
de ce nom. En 1547 il fut emporté par les glaces et rebâti
en bois; détruit une troisième fois le 30 janvier 1616, une
compagnie se présenta pour le reconstruire; elle s'engageait à
bâtir le pont en pierre, à faire élever de l'un et
de l'autre côté trente-deux maisons, à condition qu'elle
jouirait des revenus de ces propriétés, pendant 60 années.
Cette compagnie promettait en outre de payer un écu d'or de redevance
annuelle. A l'expiration de cette concession, la propriété
devait retourner au roi. En 1657, on modifia les termes de cette convention.
En 1672, le roi abandonna la propriété de ce pont moyennant
une somme de 200.000 livres 12 deniers de cens et 20 sous de rente par
chacune des trente-deux maisons. Un édit du roi, de septembre 1786,
rappelant un autre édit de 1769, porte : que les maisons élevées
sur les ponts de Paris, seront abattues. Une nouveau décret commandant
cette démolition fut publié sous l'empire :
«
Au camp de Tilsit ,
le 7 juillet 1807. Napoléon, empereur
des Français et roi d'Italie. Sur le rapport de notre ministre de
l'intérieur, nous avons décrété et décrétons
:
Article
Ier. Les maisons domaniales et autres qui couvrent le pont Saint-Michel,
celles qui obstruent les abords du petit cours de la Seine, sur les rues
Saint-Louis, du Hurepoix et de la Huchette, ainsi qu'en retour sur le Marché-Neuf,
seront démolies.
Art.
2°. Les démolitions commenceront par les maisons qui couvrent
le pont Saint-Michel, le 1er septembre prochain, et pour les autres maisons
désignées dans l'article ci-dessus, le 1er janvier 1808.
Signé Napoléon » .
Cette amélioration
n'a été exécutée qu'en 1809. Ce pont se compose
de quatre arches à plein cintre. Sa longueur entre les culées
est de 57,60 m; sa largeur entre les têtes est de 25,10 m. (L.). |
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