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Eglise
Saint-Merri, à Paris
(IVe'arrondissement).
- On présume que, sur l'emplacement de cette église,
deux saints solitaires, Médéric
et Frodulphe (saint Merry ou saint Merri et saint Frou), occupaient vers
la fin du VIIe siècle, un ermitage,
auprès duquel ils élevèrent un oratoire.
Vers la fin du IXe siècle, cet oratoire
fut reconstruit par Odon le Faulconier, l'un des capitaines qui défendirent
Paris contre les Vikings, et il y eut son
tombeau. A cette chapelle succéda,
au XIIe siècle, une église
qui fut reconstruite en 1530 et achevée seulement en 1612: bien
qu'elle ait été faite en pleine Renaissance ,
elle porte tous les caractères des édifices du Moyen âge ,
et son portail est rempli de détails élégants. A l'époque
de cette reconstruction, on retrouva le tombeau de Odon avec cette modeste
inscription :
Hic
jacet vir bonae memoriae, odo l'alconarius, fundator hujus ecclesiae.
L'église
Saint-Merri était autrefois une collégiale, c'est-à-dire
qu'elle avait un chapitre de chanoines, lequel
dépendait de Notre-Dame. Elle
est remarquable par ses ornements de sculpture,
ses vitraux peints par Pinaigrier, ses tableaux
sur bois du XVIe siècle, etc. On
y a enterré : Jourdain de l'Isle, seigneur gascon, qui, en 1325,
« fut exécuté au commun patibulaire », pour meurtres
et brigandages; Raoul de Presles, savant de la
cour de Charles V; Chapelain,
« le bel esprit de son temps, dit Piganiol, le plus loué,
le mieux renté, le plus critiqué »; Arnauld de Pomponne,
ministre des affaires étrangères sous Louis
XIV, le signataire du traité de Nimègue, l'un des membres
de cette grande famille parisienne des Arnauld.
Enfin, on y célèbre la fête
d'une sainte moderne, d'une Parisienne née
près de cette église en 1565 et qui y fut enterrée,
Barbe Avrillot, femme du ligueur Accarie, connue en religion sous le nom
de Marie de l'Incarnation, et béatifiée en 1792. (Th.
Lavallée). |
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