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Dictionnaire
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| Rue
Saint-Antoine, à Paris C'est à la
porte
Saint-Antoine, au lieu même où l'on éleva la Bastille,
qu'Étienne Marcel fut tué; c'est
par la rue Saint-Antoine que les Parisiens envahirent trois fois l'hôtel
Saint-Paul sous Charles VI; c'est dans
la rue Saint-Antoine que se livra la bataille entre les Bourguignons
et les Armagnacs, après que Perrinet-Leclerc
eut livré aux premiers l'entrée de Paris Plus tard, la rue Saint-Antoine, rue de grands hôtels et de grands seigneurs au XVIIe siècle, rue industrielle et marchande le début du XIXe siècle, a été le théâtre de rassemblements non moins formidables, d'événements non moins sanglants : c'est à la porte Saint-Antoine que tonna, au 14 juillet 1789, le premier coup de canon qui devait ébranler tous les trônes; c'est dans la rue Saint-Antoine que, le 28 juillet 1830, se livra un combat acharné entre le peuple et la garde royale, qui, venant des boulevards, cherchait à gagner l'Hôtel-de-Ville; c'est à la porte Saint-Antoine que commença la grande émeute de 1832. C'est dans la rue Saint-Antoine que l'insurrection de juin 1848 se montra la plus redoutable et la plus furieuse : pendant trois jours, elle fut maîtresse de tout le quartier, cernant l'Hôtel-de-Ville et s'efforçant de l'enlever; et, quand elle se mit en retraite, le canon dut battre en brèche ses maisons, dont quelques-unes portent encore les traces de la lutte. La rue Saint-Antoine doit sa principale illustration aux hôtels Saint-Paul et des Tournelles, séjours des rois de France pendant deux siècles. Outre les hôtels Saint-Paul et des Tournelles, la rue Saint-Antoine renfermait de nombreux hôtels de seigneurs, dont quelques-uns existent encore : l'hôtel de Beauvais, oeuvre de Lepaute, où se plaçait ordinairement la famille royale pour voir les entrées solennelles; l'hôtel de Sully, bâti par Ducerceau pour le ministre de Henri IV, etc. (Th. Lavallée). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.