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Église Saint-Gervais et Saint-Protais, à Paris (IVe'arrondissement). -  L'église Saint-Gervais est la plus ancienne du nord de Paris, car elle existait au VIe siècle sous l'épiscopat de saint Germain, qui, suivant Fortunat, venait y faire ses prières. A cette époque, cette basilique, ainsi que l'appelle le même poète, avec le grand orme qui ombrageait sa face, s'élevait sur une éminence battue par les vagues de la Seine dans ses inondations qui souvent couvraient toute la place de Grève; elle avait une enceinte qui la protégea contre les Vikings, et autour d'elle était un bourg de pêcheurs et de bateliers dont la voie dite de la Mortellerie formait la grande rue. 
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Eglise Saint-Gervais et Saint-Protais, à Paris (4e arrondissement).
La façade de l'église Saint-Gervais et Saint-Protais, à Paris. (© Photo : S. Jodra, 2009).

Elle fut reconstruite en 1212, en 1420 et en 1581. Ses voûtes gothiques très élevées sont aussi hardies qu'élégantes; son portail d'un caractère tout différent, élevé en 1616 sur les plans et sous la direction de Jacques Debrosses réunit les ordres antiques superposés; sa masse imposante, mais lourde et sans grâce, forme contraste avec les proportions délicates du gothique. On y a placé au XIXe siècle les statues de Saint Gervais et de Saint Protais, dues au ciseau de Préault et de Moyne. L'église Saint-Gervais possédait des vitraux de Jean Cousin et de Pinaigrier qui existent encore en partie, des tableaux d'Albrecht Dürer (si on peut  lui attribuer celui représentant en neuf compartiments neuf scènes de la Passion) de Champaigne, de Lesueur, de Sébastien Bourdon, (aujourd'hui au Louvre), etc. La chapelle de la Sainte Vierge a été richement peinte et ornementée; on y voit une curieuse clef pendante, exécutée par Jacquet au XVe siècle. Préault a exécuté pour la chapelle des fonts baptismaux un Christ d'un effet saisissant.

Cette église est encore célèbre, lors des les troubles de la Ligue, par son curé Wincestre, l'un des ennemis acharnés de Henri III, et par sa confrérie du Cordon, qui 

« dressait des rôles de soupçonnés politiques» et dominait le conseil de l'Union. Bossuet, le 25 janvier 1686, prononça dans cette église l'oraison funèbre du chancelier Le Tellier. On y voit le tombeau somptueux de ce ministre, «qui mourut, dit son épitaphe, huit jours après qu'il eut scellé la révocation de l'édit de Nantes, content d'avoir vu consommer ce grand ouvrage. »
On y trouvait aussi les sépultures du poète Scarron, né et mort à Paris, de Philippe de Champaigne, du savant  Ducange, des chanceliers Boucherat et Voisin, du ministre et prévôt des marchands Claude Lepelletier, de Crébillon, etc. 

En face de Saint-Gervais demeurait Voltaire, en 1733; la marquise du Châtelet et la duchesse de Saint-Pierre allaient souvent l'y surprendre et lui demander à souper. ( B. / Th. L.).
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Paris : église Saint-Gervais.
L'église Saint-Gervais et Saint-Protais, par Victor Nicolle (XIXe s.).
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Dictionnaire Villes et monuments
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