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Rue de Turenne (anc. Rue Saint-Louis), à Paris (IIIe arrondissement et IVe arrondissement). - Cette rue résulte de la réunion des anciennes rue saint-Louis et de L'Egout. La portion dans le IVe arrondissement s'appelait au XVIe siècle rue de l'Égout, puis du Nouvel-Égout, de l'Egout-Couvert, puis rue du Val-Sainte-Catherine. En 1865 elle fut réunie à la rue Saint-Louis (tronçon situé dans le IIIe arrondissement) , qui avait déjà porté le nom de Turenne de 1806 à 1824. Nom en l'honneur du maréchal (1611-1675) qui habitait la rue Saint-Louis.
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Fontaine de la rue de Turenne, à Paris (3e arrondissement).
Fontaine de la rue de Turenne, à Paris (3e arrondissement).
Turenne Enfant, par Lucien-Benoît Hercule
(1846-1913).
La Fontaine Boucherat, érigée 
par Jean Beausire, en 1699.

Cette grande et belle rue, l'une des plus régulières de Paris, avait été bâtie sur une partie du jardin des Tournelles; elle date du XVIIe siècle et était jadis remplie de grands hôtels appartenant à la noblesse et à la magistrature :

Du n° 70 au n° 66 de la rue de Turenne se trouvait un hôtel bâti en 1620 pour M. Le Vasseur. Le duc de Bouillon, puis son fils le maréchal de Turenne. Vauban et La Bruyère y logèrent. Après la mort de Turenne l'hôtel fut donné par le cardinal de Bouillon à la duchesse d'Aiguillon. Celle-ci y installa, en 1684, les Bénédictines de l'Adoration perpétuelle du Saint-Sacrement. Le couvent fut supprimé à la Révolution. Un nouvel ordre, celui des Franciscaines, vint s'y installer sous la Restauration. Le couvent fut démoli en 1826  et sur son emplacement on a bâti au XIXe siècle l'église Saint-Denis du Saint Sacrement.

Au n° 64  était l'Hôtel du président de Tanlay (1789). Il en reste une belle porte.

Au n° 62, il y a une maison construite sur l'emplacement de l'hôtel de Brunet de Rancy. Il appartint à Joseph Paris Duverney (1722). Ce fut ensuite l'Hôtel de Heiss (1770) avant de passer entre les mains du marquis de Briqueville (1780). Pierre de Launay posséda l'endroit jusqu'en 1823. Raoul, fabricant de limes, jusqu'en 1844. En 1846 le bâtiment principal fut cédé aux religieuses de Sainte-Elisabeth qui l'annexèrent à leur maison (le n° 60)

Le n° 60 correspond à l'emplacement de l'hôtel de Claude Guénégaud, trésorier de l'épargne. L'incendie de cet hôtel causa une grande frayeur à Mme de Sévigné. Sur ses ruines, le chancelier Boucherat construisit un immense hôtel dont les jardins s'étendaient jusqu'au cours. (Boulevard Beaumarchais) (1686). Vincent Hennequin d'Ecquevilly, capitaine général des chasses du roi (1742). L'hôtel est dit alors hôtel du Grand Veneur. Son fils, époux de Mlle de Joyeuse, le posséda jusqu'en 1792. P. de Vauvineux (1792). Dames franciscaines de Sainte-Elisabeth de 1823 à 1901.  Il est aussi connu sous le nom d'Hôtel du Grand Veneur (Attributs du Grand Veneur sur la façade). Voir la cour, l'escalier, etc.
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Hôtel d'Ecquevilly, à Paris (3e arrondissement).
Portail de l'Hôtel d'Ecquevilly (Hôtel du Grand Veneur).

Au n° 65 se trouvait l'Hôtel dit de Pologne. Il appartenait en 1662 à messire Louis Doublet. Sa veuve en fit donation en 1726 aux dames de Voisenon et d'Artagnan, ses petites-filles. Mme de Voisenon, qui était propriétaire unique depuis 1739, vendit l'hôtel en 1778 au comte Ossolinski, colonel polonais au service de la France. La Révolution affecta l'hôtel au logement gratuit des artistes dans les arts mécaniques. En l'an XI, à la requête de la comtesse Potocka, née Ossolinska, l'hôtel fut mis en vente et adjugé à Pierre Pierson. (Bel escalier en fer forgé. Cet hôtel a conservé une belle décoration intérieure.)

Scarron habita le n°56 avec sa femme (1654 à 1660). Il y mourut et fut enterré à Saint-Gervais. Crébillon père y mourut également (1762). Le Sage y habita. Cette maison dépendait du  n° 54 où vécurent le comte de Montrésor, un des héros de la Fronde, le conseiller Doublet de Crouy (1705), un des masques de Saint-Simon et l'intendant Armand de Gourgues (1707). C'est l'Hôtel dit de Gourgues a été loué par la ville comme école communale en 1880 et acquis par la ville en 1908.

Au n° 36 était l'hôtel du maréchal Catinat qui fut antérieurement hôtel de Vitry. Cet hôtel s'étendait principalement sur la rue des Minimes. Au n°34 étaient les dépendances de l'hôtel de Tresmes (1650) qui s'ouvrait rue du Foin et rue des Minimes.
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Hôtel Colbert de Villacerf, à Paris (3e arrondissement).
14, rue de Turenne, à Paris (3e arrondissement).
L'Hôtel Colbert de Villacerf (n°23).
La cour de l'hôtel des Hameaux (n°14).

Dans la portion qui appartient au IVe arrondissement, on mentionnera l'Hôtel d'Edouard Colbert de Villacerf, intendant des bâtiments du Roi, qui le construisit vers 1660. Il y mourut en 1699, et sa femme, Geneviève Larcher, continua à y habiter jusqu'à sa mort en 1712. L'hôtel fut hôtel Colbert de Villacerf jusqu'en 1755. Mme Taschereau de Bandry y habia. Les héritiers le cèdent, en 1778, à Lesueur Florent, entrepreneur des Ponts et Chaussées. Après avoir passé entre diverses mains, il fut acheté en 1840 par Harmann et Baudon (1875). Les Pères de l'Oratoire y installèrent primitivement leur École Massillon. Les Frères de la Doctrine Chrétienne avant 1905.

D'après une légende, Jeanne d'Albret aurait accouché là d'un fils en 1558 (?). (L'hôtel actuel n'existait pas alors.) La façade Louis XIII est en partie cachée par un affreux bâtiment, construit vers 1790. En entrant dans la cour nous voyons cette façade avec quatre pilastres cannelés à chapiteaux ioniques qui soutiennent une corniche d'où partent quatre nouveaux chapiteaux corinthiens. Les deux ailes sont surmontées d'un fronton demi-circulaire. Dans l'aile droite, escalier en fer forgé, quelques boiseries. Fontaine de pierre dans la première cour. Dans la seconde, perron monumental avec rampe en fer forgé.

Citons encore dans la rue de Turenne deux fontaines : la Fontaine Boucherat, à l'angle de la rue Charlot (Place Olympe de Gouges) et la Fontaine de Joyeuse, face aux rues des Minimes et du Foin. Cette fontaine de Joyeuse (1687) est sur l'emplacement de l'hôtel de Joyeuse qui s'étendait du 43 au 37. Là s'élevait aussi jadis un hôtel de Miron, qui devint hôtel de Caumartin au XVIIe siècle et qui fut possédé par M. de Caumartin, évêque d'Amiens, et par M. de Caumartin de Saint-Port, conseiller d'État. Pajot de Villiers. Pierre Delpech de Cailly, président eu la Cour des Aides, qui maria sa fille au marquis de Joyeuse. Hôtel de Joyeuse. Choux de Bussy, secrétaire du Roi (1761).

Il existe enfin, dans cette rue, une statue de Turenne-Enfant, par L.-B. Hercule, près de l'angle de la rue Debelleyme, une statue de madonne, à l'angle de la rue de Villehardouin (mur de l'ancien Hôtel d'Aiguilly ). (L. / Th. Lavallée / F. de Rochegude).
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Fontaine de la rue de Turenne, à Paris (3e arrondissement).
Fontaine de la rue de Turenne, à Paris (3e arrondissement).
La Fontaine de Joyeuse,  rue de Turenne, à Paris.
 (© Photos : Serge Jodra, 2009).

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Dictionnaire Villes et monuments
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