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S

La lettre S désigne dans la notation allemande l'altération d'une lettre par le bémol (As =  la bémol; ou après les consonnes : es; Ges = sol bémol). 

la lettre S désigne aussi un passage en solo; dans les livres liturgiques, la partie de la schola, par exemple, dans le chant de la Passion.

Sabot. - Violon grossier et rudimentaire, comme la lire et la gigue des jongleurs du Moyen âge, creusées dans un morceau de bois. Par extension, instrument sans valeur.

Salammbô, opéra en cinq actes et huit tableaux, poème tiré par Camille du Locle du roman de Gustave Flaubert, musique d'Ernest Reyer (théâtre de la Monnaie de Bruxelles, 1890; Opéra de Paris, 1892). Le librettiste a repris les principaux épisodes du récit de Flaubert, qu'il a transportés à la scène non sans habileté. La partition de Salammbô est vivante, animée, mouvementée, pleine de chaleur et de passion. La phrase de Reyer, claire et limpide, se développe d'une façon logique et normale. Si l'on veut faire ressortir les pages importantes de cette partition de Salammbô, il faut signaler : au premier acte, le choeur farouche de la révolte et le bel hymne à la déesse Tanit; au second, le duo superbe de Salammbô et du grand prêtre, et celui qui suit, entre elle et Mathô; au troisième, la scène exquise et si poétique de la terrasse, dont Salammbô fait tous les frais et d'où se détache surtout une mélodie adorable : Qui me donnera, comme à la colombe, des ailes? au quatrième, le serment de Mathô, de Narr' Havas et de leurs guerriers, qui est plein de mouvement et d'énergie; puis, au second tableau, la grande scène si vigoureuse et si pathétique de Salammbô et de Mathô, et plus loin encore la très belle et très noble imprécation de Mathô : Toi qui n'as pas rougi de souiller tant de gloire; enfin, au cinquième, la scène si émouvante du double suicide des deux amants, qui termine avec grandeur cette oeuvre pleine de puissance et d'un rare sentiment pathétique. (NLI).

Salicional, du latin salix = saule. - L'un des plus beaux jeux à bouche de l'orgue. Ses tuyaux se font d'ordinaire en étain, avec un diamètre un peu plus élevé, relativement à leur longueur, que dans les jeux de gambe. Le timbre en est doux. On le construit ordinairement en 8 pieds, mais quelquefois en 4, et, pour le pédalier, en 16 pieds.

Salicus. - Figure de la notation neumatique, confondue parfois avec le scaridicus.

Saltarelle, de l'italien saltarello, danse ancienne à mouvement ternaire. Le manuscrit italien de Guillaume l'Hébreu, en 1416, classe cette danse sous le nom de « saltarelle appelée pas de Brabant », comme 3e pas ou 3e mesure de la basse danse, de 2/6 plus rapide que celle-ci. D'après plusieurs auteurs, le saltarello serait une sorte de gaillarde introduite sous ce nom en France au XVe s., et succédant à la pavane, qui est le nom français, d'après certains auteurs, du passo e mezzo. On trouve déjà ce terme, sous la forme sauterelle, dans le recueil de luth publié par Attaingnant en 1529, et qui ne renferme que des danses. Elles sont mesurées à 3. Un Saltarello du livre de danceries de P. Phalèse, 1583, se compose de petites phrases de 4 mesures à 3/4, commençant en anacrouse sur le 3e temps de la mesure de début, et uniquement sur ce rythme particulier. Au XIXe s., Mendelssohn a donné ce titre au finale de sa Symphonie italienne. On danse une saltarelle au 3e acte de la Muette de Portici, grand opéra de Scribe et G. Delavigne, musique d'Auber.

Saltation. - Chez les Romains, art des mouvements réglés, qui comprenait la danse, la pantomime, l'action théâtrale ou oratoire.

Salut. - Cérémonie du culte catholique, qui a lieu après l'office et dont la destination est de donner aux fidèles une bénédiction solennelle avec le Saint-Sacrement. Le chant du Tantum ergo y est entonné. On le fait ordinairement précéder de quelques chants en l'honneur de la Vierge ou des Saints. Le Salut est « extra-liturgique ». Son usage ne s'est généralisé qu'au XIXe s. Son répertoire est variable et ne se trouve pas réglé, comme celui des autres offices, par des livres spéciaux.Le salut, dès le XVIIe s., a été le prétexte d'exécutions de morceaux de musique importants, grands motets, soli avec orchestre, etc. Les saluts que dirigeait Lorenzani dans l'église des Théatins, à Paris, vers 1685, attiraient de nombreux auditeurs. Dans la même ville, en ce siècle et au suivant, on se portait à l'Oratoire pour y entendre le Rorate aux saluts de l'Avent, ou chez les Jésuites de l'église Saint-Louis (actuellement Saint-Paul-Saint-Louis) pour les O filii en musique aux saluts de Pâques.

Salve regina, c.-à-d. en latin Salut, reine; antienne chantée en l'honneur de la Sainte-Vierge, depuis la Pentecôte jusqu'à l'Avent, et attribuée soit à Hermann Contract, soit à Pierre de Monsoro, évéque de Compostelle, soit à Adhémar de Monteil, évêque du Puy.

Sanctus, mot latin. - Partie de l'Ordinaire de la messe, qui succède à la préface eucharistique et commence par ce mot. Le Sanctus, chanté par le choeur, forme un tout, ponctué par les deux phrases sur Hosanna in excelsis, qui encadrent le Benedictus. Les deux Hosanna sont ordinairement semblables; parfois aussi le second, qui est la coda de toute la pièce, offre une variation plus ou moins développée du premier. Le Sanctus a été traité fréquemment par les maîtres polyphonistes, et forme le quatrième morceau des messes en musique.

Saquebute ou Saqueboute. - Vocable donné aux XVe-XVIe s., à la basse-trompette, appelée depuis trombone. La saquebute fut avec le cornet les premiers instruments qui pénétrèrent dans l'église. Leur participation à une messe est mentionnée en 1503 à Innsbruck. C'étaient les saquebutes du roi des Romains. Au Camp du drap d'or, celles du roi de France, François Ier, se firent entendre avec les chantres pendant la messe en plein air, 1520. La saquebute servait de basse-contre dans les familles de hautbois, de cornets à bouquin et de flûtes.

Sarabande. - Pièce noble, de mouvement lent, à 3/2 ou 3/4 avec le second temps appuyé. La sarabande, dit Mersenne (1636), « a été inventée par les Sarrazins, ou Mores... ». Il la croit venue d'Espagne

« Elle se danse au son de la guiterre, ou des castagnettes, et ce par plusieurs couplets sans nombre. »
L'Orchésographie (1583) ne la mentionne pas. Mais des allusions à cette danse existent chez Shakespeare et chez Cervantès. Celui-ci la distingue de la chacone et de la folie. On trouve chez les Italiens du XVIIe s. des pièces toutes différentes appelées sarabandes qui se jouaient vite, avec le 1er temps appuyé. Praetorius ne connaît que la sarabande courante de forme ternaire simple et gaie. C'est probablement peu à peu qu'elle devint grave et majestueuse, et se rythma à 6 temps, par deux mesures de 3 réunies. La transformation est accomplie lorsque la sarabande s'introduit dans les suites de Haendel, de Bach, dans les Concerts royaux de Couperin. L'air de Rinaldo, de Haendel (1711) est une sarabande de son opéra précédent, Almira (1704). Les plus anciennes sarabandes allemandes paraissent celles du recueil de Praetorius, Terpsichore (1612). Les Allemands du XVIIe s., à partir de 1660 environ, la mettent souvent dans leurs suites. Mattheson distingue les sarabandes à chanter, à jouer et à danser. Le caractère grave et lent s'affirme dès Muffat. (M. B.).

Sarrussophone. - Instrument à vent en cuivre, à tube conique et à anche double, dont le type primitif a été inventé par Sarrus, chef de musique, vers 1863. On construit le sarrussophone en huit dimensions échelonnées, dénommées sopranino en mi bémol, soprano en si bémol, contralto en mi bémol, ténor en si bémol, baryton en mi bémol, basse en si bémol, contrebasse en mi bémol, contrebasson en si bémol. Le sarrussophone se rapproche de près, comme sonorité, des variétés graves de l'ancien hautbois : hautbois de chasse, bombarde, etc. Il fournit une octave et une tierce'chromatique en sons fondamentaux, une octave aiguë par la pression des lèvres sur l'anche et par le secours d'une clef qui fait octavier les sons, et quelques degrés supplémentaires enharmoniques. Le sarrussophone ou plutôt un ou deux instruments de ce type, les graves, se sont acclimatés dans la musique militaire française où ils remplacent le basson et le contrebasson. Les deux types employés sont les sarussophones contrebasse en mi bémol et en ut, ce dernier remplaçant aussi le contrebasson dans l'orchestre symphonique. Le sarrussophone contrebasse en mi bémol est seul employé dans les musiques d'harmonie. On l'écrit en ut, en clef de fa 4e ligne, il sonne une sixte majeure plus bas. Son étendue est avec tous les intervalles chromatiques. Il remplace ou double les contrebasses à cordes dans les musiques d'harmonie. Saint-Saëns a employé le sarrussophone dans l'orchestre,de son opéra Étienne Marcel (1879), Massenet dans Esclarmonde (1889).  (M. B.).

Saut. - Mouvement d'une partie vocale ou instrumentale qui se porte sur un intervalle éloigné ou d'une intonation difficile. La théorie de l'harmonie proscrit, dans l'enchaînement des accords, les sauts de sixte majeure, de septième, de neuvième et au delà, et les mouvements d'une partie vers un intervalle augmenté ou diminué. Ces règles sont constamment enfreintes dans la pratique de la composition en style libre. Le saut est au contraire enployé dans le style dramatique. Saut de 7e en descendant :

Saut de 9e mineure en montant :
Les anciens maîtres tiraient parti du saut pour exprimer les sentiments violents. Doni (1593-1647) parle des « intervalles extraordinaires » qui traduisent les plaintes entrecoupées. Bach place des sauts de neuvième dans des dessins décrivant la douleur du péché, l'angoisse des remords, et aussi la fureur d'Hérode, le repentir de Judas, et, comme il ne craint pas de jouer sur les mots, il place un saut de dixième sur le mot weit (loin), dans cette phrase :
Dans la musique instrumentale, les sauts les plus distants se présentent. Ils sont particulièrement réalisables sur les instruments à archets, où les virtuoses les emploient en effets piquants ou éblouissants d'exécution.  (M. B.).

Sautereau. - Partie essentielle du mécanisme du clavecin, consistant en une petite planchette de bois mince dressée verticalement sous chaque corde et terminée à son extrémité supérieure par une sorte de griffe taillée dans une plume de corbeau. Lorsque l'exécutant presse sur la touche, le sautereau se trouve lancé vers la corde, que le bec de plume pince en dessous.

Sautillé. - Procédé d'exécution consistant à détacher légèrement, sans la marteler, chaque note d'une phrase musicale. Dans le jeu du violon, le sautillé s'obtient en faisant rebondir doucement la partie médiane de l'archet sur la corde. On indique le sautillé par des points placés au-dessus des notes :

Ce  rebondissement s'obtient par l'application du détaché dans une division de l'archet très réduite; on obtient par son moyen des nuances d'une extrême légèreté. Le sautillé diffère par là du détaché, et il diffère du Spiccato en ce que l'archet y est maintenu « à la corde ».

Sauver. -  « Sauver une dissonance » s'emploie, en terme d'école, pour indiquer que la résolution de la dissonance, qui devrait se faire normalement sur le degré inférieur, est dissimulée par un autre artifice harmonique.

Savart. - Unité acoustique correspondant, dans la gamme tempérée, au logarithme d'un trois-centième d'octave.

Saxhorn. - Instrument à vent à embouchure et à pistons, inventé par Adolphe Sax vers 1845. Les saxhorns forment une famille de sept instruments dont les quatre plus aigus sont appelés bugles, et les trois autres saxhorns basse ou tuba, bombardon et tuba contrebasse. Ils sont accordés en descendant par quartes et quintes dans l'ordre suivant : 

I, Petit saxhorn ou bugle à pistons, sopranino en mi bémol;

 II. Saxhorn ou bugle à pistons, soprano en si bémol (une quarte au-dessous. C'est l'instrument type). 

III. Saxhorn ou bugle à pistons alto en mi bémol (une quinte au-dessous de II, une octave au-dessous de I).

 IV. Saxhorn ou bugle à pistons ténor ou baryton en si bémol (une quarte au-dessous de III, une octave au-dessous de II). 

V. Saxhorn basse ou tuba, construit au même diapason que IV, mais avec un tuyau plus large, et pouvant descendre jusqu'à la fondamentale.

VI. Saxhorn basse grave ou bombardon (une quinte audessous de  IV et V, une octave audessous de III). 

VII. Saxhorn tuba contrebasse (une quarte au-dessous de VI, 2 octaves au-dessous de II).

Les quatre premiers ne sont employés que dans les bandes et fanfares. Les 3 derniers, tubas et bombardon, pénètrent dans l'orchestre. (M. B.).

Saxophone. - Instrument à vent, en cuivre et à anche simple, ayant beaucoup d'analogie avec la clarinette. Il y a sept sortes de saxophones : le sopranino en mi bémol, le soprano en si
bémol, l'alto en mi bémol, le ténor en si bémol, le baryton en mi bémol, la basse en si bémol,  la contrebasse en mi bémol. L'étendue du saxophone est de deux octaves et demie.

Saxo-tromba. - Instrument à vent, à embouchure et à pistons, inventé par Adolphe Sax et formant une famille de sept individus échelonnés à la manière des saxhorns, par quartes et quintes descendantes, de si bémol en mi bémol, et ainsi de suite. Les sept individus sont qualifiés : soprano suraigu, sopranino, soprano, alto, baryton, basse et contrebasse. Leur timbre est intermédiaire entre celui du cor et celui du saxhorn. Ces instruments n'ont pas été admis dans l'orchestre. Ils figurent rarement dans les bandes militaires.

Scander. - Diviser une phrase suivant le rythme qui lui convient ou bien marquer fortement les divisions rythmiques.

Scandicus. - Figure de la notation neumatique du chant grégorien pour exprimer la réunion de trois sons ascendants sur une syllabe; elle se forme par la jonction d'un point à un podatus, ou d'un podatus à une virga :

La notation neumatique comprenait en outre 2 formes plus compliquées du même signe, le scandicus flexus et le scandicus subpunctis.

Schéma ou Schème, mot grec, signifiant figure ou forme. - Noyau d'un dessin rythmique ou mélodique, dégagé par l'analyse de son revêtement ornemental.

Scherzando, mot italien signifiant « en badinant-», « en jouant d'une manière piquante-».

Scherzo. - Ce mot désigne ordinairement le troisième morceau d'une sonate ou d'une symphonie, du moins depuis Beethoven, qui a ordinairement remplacé de la sorte le menuet qui figure à cette place dans les oeuvres de ses prédécesseurs immédiats. Le scherzo beethovénien, comme son nom l'indique (en italien : scherzare = badiner), est un morceau léger et spirituel, toujours d'un mouvement vif, très rapide même quelquefois; en tous cas, toujours beaucoup plus animé que le menuet. Il n'a pas de mesure fixe, et on en trouve indifféremment à deux ou trois temps. D'ailleurs, la rapidité de son mouvement est souvent telle que chaque mesure ne peut être considérée que comme un temps d'une mesure plus large et qu'il ne peut être battu autrement. Le rythme en est ordinairement très accusé et persistant pendant la majeure partie du morceau dans la même forme. Le plan du scherzo ne diffère guère de celui du menuet. Deux reprises forment le corps de la pièce. La première, qui est la plus courte, peut finir dans un ton relatif et se répète. La seconde, plus développée, conclut dans le ton principal. Vient ensuite ce que l'on appelle le trio, construit de façon analogue, mais d'expression et de caractère contrastant : plus mélodique généralement et aussi plus retenu. Après le trio on reprend, sans reprise, la première partie. On trouve quelquefois deux trios séparés par une reprise du menuet; quelquefois une coda sert de conclusion à tout le morceau. Des pièces symphoniques isolées, de caractère et de coupe identiques, portent aussi le même nom. La fantaisie des compositeurs, aujourd'hui surtout où les pièces à forme fixe sont volontiers abandonnées, y trouve matière à s'y exercer avec la plus grande liberté. (H. Q.).

Scola cantorum, mot latin signifiant « association des chantres ». -  Association de chantres liturgiques, fondée à Rome par Grégoire le Grand à la fin du VIe s. Le mot scola, dans la langue juridique latine, signifiait une association de personnes ayant mêmes intérêts professionnels. La Scola cantorum romaine, qui fournissait des chantres aux basiliques de Saint-Pierre et de Saint-Jean-de-Latran, était en même temps une école où s'enseignaient et se conservaient les principes du chant liturgique. A l'imitation de la Scola cantorum romaine, les grandes cathédrales et abbayes voulurent avoir la leur. Peu à peu, il s'en fonda dans les principales églises de tout l'Occident : le terme a toujours continué d'être employé dans les livres liturgiques latins pour désigner ce qu'on appelle habituellement en France la maîtrise ou la manécanterie. Au la fin du XIXe s., ce terme a été repris pour désigner des groupements libres ou des associations consacrées principalement à l'étude et à la  pratique du chant religieux. Ce fut là l'origine de la fondation par Ch. Bordes, Al. Guilmant et d'Indy, sur l'initiative de l'abbé Perruchot, en 1896, de l'école devenue justement célèbre.  (M. B.).

Scottish, mot anglais signifiant  écossaise. - On l'écrit aussi avec l'orthographe allemande : schottisch. - Danse à deux temps d'un mouvement modéré, transformation de l'ancienne « écossaise », à quatre temps, et connue aussi sous le nom de « valse écossaise », dans les premiers temps de sa vogue, vers 1830. La scottish a cédé la place à la polka, dont le rythme est à peu près le même, quoique moins modéré.

Sdruccioli. Le 1er livre de Madrigaux à 4 voix de Ruggiero Giovanelli a pour titre dans ses nombreuses éditions, depuis 1587, Gli Sdruccioli di R. G., etc. 

« Ces madrigaux in sdrucciolo, dit-il dans la dédicace, ont plu à tous les virtuoses, puisque le même style a été ensuite employé par Sannazaro,  poiche il Sannazaro hà cosi vagamente spiegato in questo stile i suoi concetti, etc. »


Secco. - Sorte de récitatif simple, s'opposant au récitatif dramatique et expressif.

Seconde. - Intervalle de deux degrés. On distingue la seconde majeure ut-ré, qui contient un ton; la seconde mineure ut-ré-, qui contient un demi-ton diatonique; la seconde diminuée ut-ré  ou ut-# ré-, intervalle enharmonique équivalent, dans la gamme tempérée, à l'unisson; et la seconde augmentée ut-ré-#, qui contient un ton et 1 demi-ton chromatique. Au point de vue contrapontique, la seconde est classée parmi les dissonances.

Segue, de l'italien seguere = suivre. - Locution employée pour indiquer que deux morceaux doivent s'enchaîner sans interruption.

Seguidille, de l'espagnol seguidillas. - Danse populaire espagnole dont le rythme a été adopté dans de nombreuses oeuvres descriptives. Ce rythme se marque par les castagnettes qui exécutent entre les couplets chantés 4 fois cette mesure :

Seizième. - Intervalle, de seconde redoublée, d'une note à la seconde de l'octave voisine. - Seizième de soupir. - Signe de silence équivalent à une quadruple croche.

Semi-, préfixe employé souvent autrefois pour « demi » : semi-comma, semi-croma, semi-ton, etc.

Semi-brève. - Figure de la notation ancienne, valant la moitié de la brève, soit une ronde actuelle en forme d'un carré évidé posé sur un de ses angles.

Semi-fusa. - Figure de la notation ancienne, valant la moitié de la fusa, c'est-à-dire une double croche. On l'appelait aussi semi-chroma.

Sensible. -  Septième degré de la gamme diatonique, séparé de l'octave de la tonique par un demi-ton. Appelé parfois sous-tonique, mais à tort, ce terme convenant aux échelles archaïques ou exotiques dont l'avant-dernier degré est à distance d'un ton de l'octave. Le propre de la note sensible est d'annoncer la tonique. L'usage que les maîtres ont fait de la sensible a été l'une des causes du passage de l'ancien système des modes au système moderne réduit, au mode majeur et à son dérivé le mode mineur. « L'intrusion de la sensible dans les modes qui ne la comportaient pas » a eu lieu graduellement depuis le Moyen âge, par l'emploi des accidents, écrits ou sous-entendus. Il est difficile de préciser lè moment où son usage s'est imposé aux exécutants et où dans les cadences sur la tonique, telles que :

il a fallu certainement diéser le fa. Cet usage paraît avoir existé « dans des cas nombreux » dès le XVe s.; il ne faut, dans l'interprétation ou la réédition des oeuvres anciennes, y recourir qu'avec une, grande prudence, sous peine de fausser le caractère modal du morceau; mais, à mesure qu'on approche de la fin du XVI s., il s'impose davantage. Le Chant des Oiseaux de Jannequin contient dès la première phrase un exemple de cas où, en raison de la marche des autres parties, le fa ne doit pas être diésé dans la cadence sol, fa, sol sur la tonique. Mais après 1550 les éditions suppriment la note du ténor qui contrevient au dièse, de la cadence, et cette retouche indique que, dans l'intervalle entre 1529 et 1550, l'usage de la sensible s'est installé.  (M. B.).

Senza sordini, en italien = sans sourdines. - Dans la musique de piano écrite d'environ 1795 à 1830, ce terme est équivalent à celui de ped., le propre de la pédale étant d'actionner les sourdines ou étouffoirs; les pianos de cette époque ayant eu jusqu'à cinq pédales obtenant des effets différents, il fallait en indiquer le jeu avec précision. Le fameux adagio de Beethoven, surnommé Clair de lune, doit donc être joué avec la pédale de droite abaissée à chaque changement d'accord : il est le plus fameux exemple de cet effet senza sordini.

Séparation. - Ornement conseillé par Geminiani (1749) comme exprimant la tendresse; sa place la plus favorable est dans le cas où la mélodie monte d'une seconde ou d'une tierce, ou descend d'une seconde; on l'associe à un trille ou à un mordent :

Septième. - Intervalle de sept degrés. On distingue la septième majeure ut-si, contenant 5 tons et un demi-ton, diatonique; la septième mineure, ut-si bémol, contenant 4 tons et 2 demi-tons diatoniques; la septième diminuée, ut-si  ou ut  -si , contenant 3 tons et 3 demi-tons diatoniques; la septième augmentée ut-si #, contenant 5 tons, 1 demi-ton diatonique et 1 demi-ton chromatique. Au point de vue harmonique ou contrapontique, la septième est une dissonance. - Septième. - L'un des jeux de mutation de l'orgue, donnant la 7e du son fondamental. (Harmonique).  Il est rarement employé. On le trouve, à Notre-Dame de Paris, employé dès 1865 par Cavaillé-Coll.

Septolet. - Groupe de sept notes d'une valeur déterminées exécutant en place de six ou huit notes de même figure, légèrement accéléré dans le premier cas, ralenti dans le second.

Séquence, du latin sequentia = suite. - Sorte de pièce liturgique des églises latines occidentales, qui était au début (VIIIe-IXe s.) une vocalise et à laquelle des paroles furent ajoutées pour la mieux fixer dans la mémoire des chantres. Le nom de séquence vient de ce que ces pièces étaient une suite ou un développement mélodique joints à une mélodie déjà vocalisée, soit notamment aux alleluias de la messe et aux répons de l'office. La séquence était exécutée par deux choeurs se répondant en forme d'écho, de strophe en strophe, avec une finale chantée par les deux choeurs réunis. Lorsqu'on ajouta des paroles aux séquences, on en fit des proses, dont la forme littéraire était calquée sous la forme mélodique. La séquence est regardée comme d'origine byzantine. C'est un des emprunts que le chant romain, à ses origines, a faits aux usages des églises de Grèce et d'Orient. La séquence consiste musicalement en phrases plus ou moins longues, aux incises de dimensions variées, répétées deux à deux, quelquefois entremêlées, et habituellement encadrées d'une phrase d'entrée et d'une finale. Ce caractère, musical est passé aux paroles adaptées sur les séquences, ou à celles que l'on composa ensuite à l'imitation des premières. Plus tard (XIIe-XIIIe s.), les proses ou séquences, en conservant le même cadre, devinrent rythmiquement analogues aux chansons. Les proses primitives chantées à Jumièges, celles de Notker de Saint-Gall rentrent dans le premier type; les plus remarquables du second sont celles d'Abélard et d'Adam de Saint-Victor. L'école allemande contrapontique indique par le terme Sequenz une suite de notes répétées sur les mêmes degrés ou sur d'autres, ou une série d'accords telle que la marche harmonique des auteurs français.  (M. B.).

Séraphique. - On nomme Voix séraphique un jeu de voix céleste de 4 pieds. (Orgue).

Sérénade, en italien et espagnol, serenata = concert du soir. - Concert de voix et d'instruments, donné, la nuit, en plein air, sous les fenêtres de quelqu'un, pour lui rendre hommage. - On donne aussi le nom de sérénade à la composition musicale écrite pour le concert. Citons par exemple la sérénade de Don Juan, de Mozart; d'Almaviva (Barbier de Séville), de Rossini; et celle de Don Pasquale, de Donizetti ; etc.

Serinette. - Instrument mécanique composé d'une série de petites lames métalliques fixées à une barre fixe par une de leurs extrémités et vibrant comme anches libres, lorsqu'elles sont griffées par les pointes disposées à cet effet et dans l'ordre voulu pour la musique à exécuter, sur un cylindre rotatif que l'on met en mouvement au moyen d'une manivelle ou par le déclenchement d'un mouvement d'horlogerie. Le principe de la serinette s'applique aux boîtes à musique de tous formats, aux orgues de barbarie, aux horloges à musique et aux carillons mécaniques. Engramelle a publié en 1775 un livre sur La Tonotechnie ou l'art de noter les cylindres.  Tous les genres de serinettes furent en grande vogue dons la seconde moitié du XVIIIe s. Entre autres auteurs, Mozart, puis Beethoven, ont écrit des pièces pour boîtes à musique du genre de la serinette : on cite une Fantaisie du premier, un Adagio e un Rondo du second.

Serpent. - Instrument à vent, à embouchure, dont le tube gros et long est recourbé en forme de S ou de S double. Son invention, qui a été attribuée à Edme Guillaume, chanoine d'Auxerre en 1590, est plus ancienne et paraît italienne. Le serpent était en réalité une basse de cornet et doit son nom à sa forme ondulée. Le musée du Conservatoire de Paris possède deux serpents italiens du XVIe s. Lorsque la famille du cornet perdit de sa vogue, le serpent fut retenu pour servir à l'accompagnement à l'unisson des chantres d'église, en France. Il fut remplacé dans cet usage par l'ophicléide. Le serpent a été employé comme basse dans les corps de musique militaires, pendant le XVIIIe s. On l'a construit pour cet usage en cuivre avec trois ou quatre clefs.

Serré. - Qualification de deux ou plusieurs parties harmoniques qui se meuvent à faible distance l'une de l'autre. S'applique aussi à une harmonie où se succèdent des changements fréquents d'accords. Serrer le mouvement = presser.

Service. - Ensemble des principaux morceaux constituant l'Ordinaire du culte anglican, analogue à la messe catholique. Les principaux maîtres anglais de cette confession, depuis quantre cents ans, ont écrit des « services » au même titre que les catholiques (ou les luthériens) ont composé sur les textes de l'Ordinaire de la messe.

Sextolet. - Double triolet, ou groupe de six notes égales substitué à quatre notes semblables et devant s'exécuter dans le même temps. On le fait reconnaître en le surmontant du chiffre 6.

Sextuor. - Composition pour six voix ou six instruments. Comme pour le septuor, le sextuor vocal est toujours accompagné, et le plus généralement par l'orchestre, tandis que le sextuor instrumental ne comporte point d'accompagnement. Le sextuor produit un grand effet dans la musique dramatique, et Mozart en a donné des modèles impérissables dans les Noces de Figaro et dans Don Juan. Citons aussi, comme chef-d'oeuvre du genre, le sextuor que Donizetti a écrit dans Lucie de Lammermoor. Dans le sextuor instrumental, le choix des instruments dépend de la volonté du compositeur.

Si, nom du septième degré de la gamme diatonique. Le système de la solmisation par les muances, pratiqué pendant tout le Moyen âge, et qui divisait l'échelle générale des sons en hexacordes, et non en octaves, avait rendu inutile le choix d'une dénomination pour le 7e degré de l'octave. Lorsque cette méthode fut sur son déclin, divers noms furent proposés. On attribue le choix de la syllabe si tantôt au compositeur flamand Hubert Waelrant (mort en 1595), tantôt à son compatriote Anselme de Flandres (?), tantôt au musicien amateur français Lemaire. Comme les noms des six premières notes de la gamme avaient été empruntés aux paroles, de l'hymne à saint Jean-Baptiste, on forma arbitrairement la syllabe SI des initiales des deux derniers  mots de la même strophe, S (ancte) I (ohannnes). 

Sicilienne, air de danse originaire de Sicile, dont la mesure est à 6/4 ou plus souvent à 6/8, et d'un mouvement modéré. Chaque mesure de cet air commence par trois croches, dont la première est pointée. Bach a placé une sicilienne (Siciliano) dans son Concerto de clavecin en mi majeur (oeuvres compl., t; XVII, p. 59) et a repris ce morceau pour en faire un air de sa cantate' Gott soll allein (n° 169, t. XXXIII, p. 186). La sicilienne du Quatuor de Boccherini (1743-1805) fut longtemps célèbre. Les violonistes français du XVIIIe s., Guignon; Leclair, le flûtiste Naudot, ont placé volontiers dans leurs Sonates ou Concertos des siciliennes lentes à 12/8. Le nom de Sicilienne a été donné aussi à des morceaux de chant; telle est la Sicilienne du 1er acte de Robert le Diable (Ô Fortune, à ton caprice).

Sifflement. - Action de siffler. Dans l'antiquité égyptienne, les prêtres de certains cultes invoquaient la divinité avec des sifflements; on en trouve aussi l'indication dans les papyrus gnostiques contenant des prières chantées.

Siffler. - Produire un son musical en poussant l'air avec force entre les lèvres : le son ainsi obtenu est analogue à celui de la flûte et au chant de certains oiseaux. On peut, en sifflant, reproduire toutes sortes de mélodies. Aux États-Unis, siffler est devenu un véritable art, et des amateurs sont arrivés à concerter des duos, trios, quatuors classiques ainsi sifflés.

Sigle. - Signe d'abrévation de certains mots, dans les anciens manuscrits ou les anciennes éditions. Les sigles  et  sont en usage dans les livres de chant liturgique, comme abréviations des mots Répons et Verset.

Signe. - Toutes les figures de la notation sont comprises sous l'appellation générale de signes. (Voy. entre autres : Note, Silence, Ornement, Point d'orgue, Mesure, Reprise). Signes spéciaux, dans la notation de la musique de violon :

tirez l'archet.
poussez l'archet.
vibrato.
ne pas vibrer.
appuyer profondément l'archet au commencement de chaque note. 
le coup d'archet roulé.
Silence. - Interruption de la musique ou du bruit. Les signes de silence indiquent, dans la notation, la suspension ou la cessation de la phrase musicale. Leurs noms particuliers et leur forme ont changé avec les siècles. Dans les commencements de la notation proportionnelle (début du XIIIe s.), ils étaient tous confondus sous le titre de pause et affectaient la forme d'un trait vertical tiré à travers la portée et affectant l'espace d'un, de deux ou de trois interlignes, selon que la durée du silence à observer devait être celle d'une brève, d'une longue, ou d'une longue oblique (double); un trait réunissant de haut en bas les quatre lignes indiquait la fin du morceau ou de l'une des distinctions de la phrase entraînant un arrêt. Dans le Traité du pseudo-Aristote (fin XIIIe s.), ces signes reçoivent les noms de pausa pour le trait complet exprimant la durée de la longa perfecta, pausula imperfecta, pour la valeur de la brève allera, suspirium breve (deux interlignes) pour la brève recta, semisuspirium majus (un interligne) et minus (un demi-interligne) pour la semi-brève majeure et mineure (impaire et paire). Dans la notation moderne, il y a un signe de silence équivalent de durée à chaque figure de note. La pause  vaut une ronde; elle se place au-dessous d'une ligne de la portée; la demi-pause  vaut une blanche et se pose au-dessus d'une ligne; le soupir vaut une noire, sa tête est tournée à droite; le demi-soupir  vaut une croche, sa tête est tournée à gauche; le quart de soupir, le huitième et le seizième de soupir ont respectivement autant de têtes, tournées à gauche, qu'il y a de crochets aux double, triple et quadruple croches dont ils sont les équivalents . Chaque signe de silence s'augmente de moitié de sa durée par l'addition d'un point : le soupir pointé vaut trois croches. On peut exprimer les silences d'une durée supérieure à celle de la ronde au moyen de bâtons ou traits verticaux tracés d'une ligne à  l'autre de la portée et qui, en cas de silence prolongé, sont surmontés d'un chiffre indiquant le nombre de mesures à compter. (Michel Brenet).

Sillet. - Petite pièce collée au-dessous de la tête, dans le manche des instruments à cordes, pour surélever les cordes avant qu'elles ne passent sur la touche. Très petits filets en saillie, ou fragments de cordes de boyau enroulés autour du manche, de distance en distance, pour marquer sur la touche les cases où doit se poser le doigt de l'exécutant. Ces cases ne sont séparées que dans les instruments du genre guitare, luth, mandoline, et quelques anciens modèles de violes.

Simandre. - Disque de bois tenant lieu de gong ou de cloche dans les monastères byzantins, soumis à la domination des Turcs, qui, interdisaient le son des cloches. On frappe la simandre au moyen d'un maillet.

Sin al fine, en italien = sans arrêt jusqu'à la fin. S'emploie généralement pour la reprise da capo, jusqu'au bout de laquelle on va, sans répéter les phrases comme à la première fois.

Sinfonia, en italien = symphonie. Mais a signifié aussi un morceau majestueux joué comme ouverture par un ensemble d'instruments; de ce chef, a été longtemps synonyme d'ouverture.

Sol, nom du cinquième degré de la gamme d'ut sans accidents.

Soleil. - Roue dentelée en forme de soleil, que les anciens facteurs plaçaient aux façades des buffets d'orgue et qui en tournant faisait sonner plusieurs clochettes.

Solfège (mot formé des noms de notes sol-fa).  - Méthode ou recueil des principes élémentaires de la musique, accompagnés d'exercices gradués de lecture et d'intonation. - On nomme aussi solfège les exercices  de vocalisation et de pose de la voix et les exercices de chant avec et sans paroles. C'est au XVIIIe s., et à l'usage des écoles d'Italie, que furent publiés les premiers solfèges. A leur imitation, le Solfège du Conservatoire fut composé par les premiers professeurs de cette école, vers 1795, et servit de type aux autres méthodes publiées en France depuis lors.

Solmisation. -  Action de chanter un morceau de musique en prononçant seulement le nom des notes.

Solo, au pluriel soli et solos. - Morceau ou partie de morceau destiné à un seul exécutant. Le pluriel soli s'emploie soit pour désigner plusieurs solos, soit pour indiquer une phrase chantée ou jouée par plusieurs exécutants d'une même partie.

Sommier. -  Partie de la caisse du piano et des instruments similaires où sont fichées les chevilles. - On nomme aussi sommier la partie de la charpente ou empoutrerie d'un clocher à laquelle la cloche est suspendue. - Le nom de sommier est encore donné à la partie de l'orgue qui reçoit l'air des soufflets, et sur laquelle sont montés les tuyaux. Le sommier est la partie vitale de l'orgue. C'est une grande caisse de bois de chêne. Il reçoit, dans sa partie inférieure, appelée laye, le vent comprimé que lui envoient les soufflets et qu'il transmet, par les soupapes, aux tuyaux des différents jeux engagés dans sa table supérieure. Il y a plusieurs sommiers, lorsqu'un orgue a plus d'un clavier, et même deux ou, trois sommiers pour les jeux d'un même clavier, lorsqu'on veut assurer une quantité ou une pression d'air d'une certaine importance.

Son. - Le son est le résultat de la vibration d'un corps ; lorsqu'un corps vibre. Les vibrations se propagent dans l'air en ondes comparables aux cercles produits à la surface de l'eau par la chute d'une pierre; elles parviennent a notre oreille, impressionnent la caisse du tympan, et nous donnent la sensation du son. On distingue trois qualités dans un son : son intensité qui dépend de l'étendue des vibrations, son timbre qui varie avec la nature même du corps vibrant et le ton qui est déterminé par la vitesse des vibrations. Les nuances des sons varient à l'infini, comme le nombre des vibrations qui les produisent. On nomme intervalle le rapport d'un son à un autre, ou plutôt le rapport entre les nombres de vibrations qui produisent ces sons. Les intervalles prennent différents noms, relativement au nombre de sons qui se trouvent entre ceux que l'on compare. On les nomme seconde, tierce, quarte, quinte, sixième, septième, octave, quand les sons composés se suivent immédiatement, ou quand l'oreille peut intercaler 1, 2, 3, 4, 5, 6 sons intermédiaires. Le mot bruit, pris quelquefois pour synonyme de son, est spécialement consacré à caractériser, en fait de sons, tous ceux qui ne sont pas ce qu'on nomme musicaux proprement dits.
 

Son générateur. -  Son principal que fait entendre un corps sonore mis en vibration, par opposition aux sons harmoniques.

Sonate (du latin sonare, jouer d'un instrument), toute pièce de musique écrite pour un instrument. Elle se compose ordinairement d'un allegro, d'un adagio , et d'un presto ou rondo; quelquefois on y joint un menuet ou scherzo. Sébastien Bach a fait des sonates à 4 et même à 5 morceaux. Les Italiens distinguaient autrefois la sonate de chambre et la sonate d'église, celle-ci demandant un style et une harmonie plus travaillée que celle-là. Quand la sonate est accompagnée par un ou deux instruments, elle prend le nom de duo ou de trio. La sonate est une étude, un exercice, et presque toujours très difficile : elle demande à être jouée avec précision, sans broderies ni traits brillants. Au XVIIIe siècle, les compositeurs écrivirent un grand nombre de sonates; aujourd'hui c'est un genre abandonné pour les airs variés et les fantaisies. Les meilleures sonates de piano ont été faites par Ch.-Ph.-Em. Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, Clementi, Dussek, Steibelt, Pleyel, Adam, Cramer, Kalkbrenner, Moschelès, Field, Hummel; celles de Sébastien Bach pour clavecin et violon sont des chefs-d'oeuvre. Corelli, Tartini, Locatelli, Nardini, Leclair, Viotti, Baillot, Kreutzer, Rode, en ont composé pour le piano, Francischello et Duport pour le violoncelle, Krumpholtz pour la harpe. On en fait beaucoup moins pour les instruments à vent : on peut citer toutefois celles de Krommer, de Reicha, de Devienne, de Berbiguier, etc.

Sonatine. - Sonate courte ou facile. L'emploi de ce mot se trouve déjà dans le Jugenbuch de Haendel (vers 1704) pour un morceau de mouvement vif, unithématique, mais de plan ternaire. Haydn et Clementi ont écrit des séries  de Sonatines pour les débutants. De celles qui portent le nom de Beethoven, il faut mettre à part les trois petites Sonates, qu'il aurait « composées à l'âge de onze ans »; en réalité, il en avait treize, et l'oeuvre a été fortement retouchée et remaniée par son maître Neefe, à un tel point que Beethoven reniait cette oeuvre, n'y reconnaissant plus assez de lui-même. Les nombreuses sonates écrites depuis lors sont sans intérêt musical. Mais le titre de Sonatine a été relevé par Ravel pour une oeuvre de piano de style très moderne : ce n'est pas qu'elle soit facile, mais elle n'a pas le développement considérable qu'offrent habituellement les sonates modernes.

Sône, ou Sonn. - Genre de chanson populaire bretonne,qui comporte un refrain. Le texte en est le plus souvent sentimental ou satirique. On y compte toujours plusieurs strophes, ou couplets.

Sonnerie. - Collection des cloches qui sont disposées dans une tour ou un clocher de beffroi ou d'église. Termé également employé opour désigner les signaux donnés par les cloches, ou encore les mélodies sonnées par la trompette ou le clairon et servant de signaux militaires.

Sonore. - D'une manière absolue, qualité d'un corps qui émet des bruits musicaux; corde vibrante, tuyau, etc. S'emploie aussi pour qualifier la puissance, l'ampleur d'une voix, ou d'un instrument.

Sopraniste. - Chanteur adulte qui, naturellement ou artificiellement, a conservé la voix de soprano. On s'est servi, au Moyen âge, de préparations spéciales, d'élixirs, qui conservaient ou développaient chez l'homme les degrés les plus aigus qu'il fût possible d'atteindre. (Fausset).

Soprano, en italien = supérieur. La voix la plus élevée de l'enfant et de la femme. Il ne semble pas qu'elle ait été particulièrement cultivée à l'aigu avant l'époque de l'opéra. Tout au moins les anciennes compositions polyphoniques religieuses ou profanes, jusque vers la fin du XVIe s., ne dépassent-elles pas habituellement le  mi et le fa, ce qui les rendait d'ailleurs accessibles à des sopranistes hommes; très rarement y trouve-t-on des notes plus élevées, sol, et au plus la. Mais, dans les soli, il est possible que l'on ait transposé en conséquence les pièces à exécuter lorsqu'on disposait de voix très élevées. Avec le XVIIe s., la culture de la voix de soprano se développe sous l'influence de l'école vénitienne. Non seulement les soli, mais les choeurs gagnent peu à peu en hauteur; plus tard, chez Bach, les parties de soprano des choeurs sont plus élevées qu'elles ne l'étaient dans les choeurs anciens, et ce maître, pour les soli, charge de préférence le soprano des airs brillants, rapides, animés. La voix de soprano la plus élevée dont il ait jamais été fait mention fut celle de la cantatrice Lucrezia Agniari, à laquelle Mozart en 1770, entendit exécuter aisément de longs trilles et roulades montant jusqu'à l'ut situé deux octaves au-dessus du la du diapason. On attribue généralement à la voix moyenne de soprano l'étendue :

Sordini, en italien = sourdine, mais s'applique également à l'étouffoir du piano. (Senza sordini).

Sortie. - Morceau joué à l'orgue à l'issue d'une cérémonie. Mattheson rapporte que les organistes allemands, vers 1740, jouaient parfois à la sortie de l'Office une pièce en forme de chacone, tous jeux tirés.

Sostenuto, en italien = soutenu, pour indiquer la tenue égale d'un son.

Soufflerie. - Local où sont installés les soufflets de l'orgue ou bien ensemble des soufflets posés en leur place. La soufflerie comprend, avec les soufflets, les pompes qui aspirent l'air avant de le comprimer, des réservoirs qui l'emmagasinent, afin que le vent ne manque pas, et des régulateurs ou compensateurs qui distribuent à chaque partie du sommier la pression nécessaire. Dans les anciennes orgues, la soufflerie était manoeuvrée par un nombre d'hommes s'élevant souvent jusqu'à dix, dans les grands instruments. Ils mettaient en action les pompes et les soufflets; soit par le moyen de leviers maniés à bras, soit en se servant de bascules sur lesquelles ils se plaçaient debout. Au XIXe s. furent réalisés des essais de rouages à manivelles mues par un seul homme. L'orgue de Fribourg (Suisse) fut célèbre par sa soufflerie dont le secret n'était pas révélé par le facteur Mooser. L'invention, d'un système de soufflerie à diverses pressions, par Cavaillé-Coll, en 1839, fut regardée comme un pro grès considérable. L'emploi de l'électricité a renouvelé tout le système de soufflerie et progressivement  remplacé le moteur humain.

Soufflet. - Appareil servant à alimenter en air les tuyaux d'orgue de toutes dimensions. Dans l'ancienne facture, jusqu'au début du XIXe s., on n'employait que des soufflets dits cunéiformes, semblables à des soufflets de forge, qui s'élevaient diagonalement et seulement de trois côtés. Ils ont été remplacés, dans la facture moderne, par les soufflets à lan ternes, dont la table s'élève horizontalement et qui débitent d'une façon plus régulière une quantité double de vent. Ils sont chargés d'un poids soigneusement étudié pour maintenir leur équilibre et la fixité de la pression. - Le soufflet est aussi un signe de notation formé de la réunion rapprochée des  signes du crescendo et du decrescendo < >, prescrivant une augmentation et diminution rapide du volume du son. Baini explique un signe appelé pinnosa, sorte d'ornement du chant, consistant en l'exécution de deux notes ascendantes avec augmentation puis subite diminution du volume du son, figuré par le signe moderne dit soufflet <. Nisard assure que le signe était figuré verticalement.

Soupir. - Signe de silence, équivalant à la durée d'une noire.

Sourdeline. - Sorte de musette à sac et à soufflet (XVIe-XVIIe s.). Mersenne en a donné une description.

Sourdine. - Épinette dans laquelle les cordes étaient mises en vibration par des morceaux de bois couverts de drap. - Trompette peu sonore, pour les marches à petit bruit. - Petit morceau de bois en forme de peigne, que l'on fixe sur le chevalet du violon, violoncelle, alto, contrebasse, pour en affaiblir le son jouer en sourdine. - Appareil que l'on met dans le pavillon de certains instruments à vent pour en assourdir le son. 

Sous-basse, ou Soubasse. - Jeu d'orgue en tuyaux bouchés de seize pieds (bourdon), placé à la pédale, et parfois emprunté au bourdon de seize du premier clavier manuel.

Sous-chantre, en latin succentor. Fonctionnaire du choeur, placé immédiatement au-dessous du préchantre, dans la hiérarchie des anciennes églises, et chargé de le suppléer dans la direction du choeur.

Sous-dominante. - Quatrième degré de la gamme diatonique.

Sous-tonique. - Nom donné quelquefois à la note sensible, ou 7e degré de la gamme diatonique.

Soutenu. - Se dit d'un son, ou d'un trille, qui est prolongé sans modification, par une voix ou un instrument.

Spé. - Du latin spes, espérance (?). Nom donné au doyen des enfants de choeur, dans l'ancienne maîtrise de Notre-Dame de Paris. Ce nom faisait allusion, a-t-on dit, à l'espérance (spes)  qu'il avait de bientôt sortir de la maîtrise pour entrer au collège de Fortet, et devenir petit chanoine. Mais on tire aussi son étymologie de spexere, parce que le spé était chargé de la surveillance de ses camarades.

Spiccato. - Dans le jeu du violon, sorte de sautillé consistant à enlever et poser l'archet entre chaque note.

Spirituel. - Épithète exprimant la qualité religieuse d'une genre de composition habituellement profane. Au Moyen âge, Peire d'Alverne (fin du XIIe s.), pour la langue d'oc, et Gauthier de Coincy (mort en 1236), pour la langue d'oïl, ont employé pour ces chants en langue vulgaire le titre de chanson pieuse. Plus, tard, on a dit piteuse. Au XVIe s., a prévalu le terme de spirituel : les musiciens polyphonistes ont ainsi traité à plusieurs voix des chansons spirituelles ou cantiques populaires en France, aux Pays-Bas, en Allemagne. En Italie, les laudi spirituali ont rempli le même rôle lorsqu'il s'agissait simplement d'harmonisations verticales et de forme populaire; la composition la plus développée est conçue en forme de madrigal : d'où les madrigaux spirituels. Les plus fameux sont ceux de Palestrina, parus en 1581 et en 1594; ceux d'Animuccia, qui les avaient précédés, publiés en 1565 et années suivantes de Felice Anerio, à 5 voix, en 1585. On peut aussi ranger parmi les madrigaux spirituels les Lagrime del Peccatore, de Lodovico Agistine (1586), qui forment, d'ailleurs le IVe livre de sa collection de madrigaux spirituels, et les Scherzi sacri, de Cafra, deux livres publiés en 1616. On trouve en France au XVIIe s.; et au suivant, l'expression de Concert spirituel, prise dans le même sens : on sait que ce titre désigna une fondation célèbre de concerts parisiens, qui donna le branle à tout le pays. L'Air spirituel et le Dialogue spirituel, sont pareillement des airs à voix seule, des duos, trios, quatuors vocaux, pris. dans la même acception. (M. B.).

Stabat Mater Dolorosa. - Premier vers d'une prose ou séquence (Hymne), insérée dans le Paroissien romain, comme devant être chantée à la messe de la fête des Sept Douleurs de la sainte Vierge (3e dimanche de septembre) et comme pouvant l'être au salut du dimanche de la Passion. L'abbé Pascal, au contraire, recommandait de ne pas la chanter dès le dimanche de la Passion, ni surtout au salut du Saint-Sacrement. On dit que les Flagellants la chantaient au XIVe siècle (Flagellation). Elle est attribuée par quelques auteurs à Innocent llI (mort en 1216), et par la plupart à Giacomo Benedetti (mort en 1306), plus connu sous le nom de Fra Jacopone da Todi. Elle a été mise en musique, avec plus ou moins de succès, par Palestrina, Astorga, Pergolèse, Haydn, Nanini, Boccherini, Neukomm, Rossini et beaucoup d'autres. En son Histoire de saint François d'Assise (Paris, 1869, in-8, 6e éd.) l'abbé E. Chavin de Malan, qui attribue à Fra Jacopone la prose Stabat Mater dolorosa, plaçant Marie sur le Calvaire au pied de la croix, reproduit, d'après un manuscrit, une composition du même rythme et de la même ordonnance, commençant par les mots Stabat Mater speciosa, plaçant Marie dans l'étable de Bethléem, devant la Crèche, et attribuée au même auteur. (E.-H. Vollet).

Staccato. - Suite de notes très brèves articulées séparément. Au violon, elles se font sous un même coup d'archet. Le staccato était pratiqué sur le violon en 1680. On en trouve des passages notés dans les Sonates de Henri Biber, en 1681. J.-J. Walther les multiplie dans ses Pièces publiées en 1688. Geminiani, en 1749, le marque par l'accent aigu placé verticalement. (Détaché). - Dans le jeu du, violon, on appelle staccato volant une sorte de coup d'archet produit par rebondissement, en passant, pour les notes successives, d'une division de l'archet à la division suivante. Il se fait dans les mouvements rapides et les intensités moyennes et produit un effet analogue à celui du sautillé. Le stacatto sans accents consiste à reprendre les notes suivantes sans faire sentir leur séparation par des différences d'intensité. Le stacatto mordant, qui est le stacatto commun, est un coup d'archet brillant, qui se fait à la corde, en séparant et marquant fortement chaque note, mais d'un seul coup d'archet. (M. B.).

Stance, de l'italien  stanza = chambre, peut être comparé à l'oikos = maison, de la poésie chantée byzantine; désigne un modèle de strophe composé par le poète, et dont toutes les autres suivent étroitement le rythme. Les stances sont originairement faites pour être chantées. La musique de stance de Pétrarque par Dufay est restée fameuse. De nos jours, les stances sont déclamées, mais au théâtre on les accompagne volontiers d'une musique de scène : ex., les stances de Polyeucte.

Stentor. - Nom d'un guerrier grec au siège de Troie, « dont la voix était si éclatante, qu'elle faisait plus de bruit que celle de 50 hommes » (Littré). La locution une voix de Stentor, est restée proverbiale pour une voix retentissante. Un livre publié par D. G. Morhof, de Kiel, en 1672,  en latin, parle d'un homme à la voix de stentor, dont le son brisait le verre. Ce Nicolas Petter avait brisé 25 verres en une demi-heure devant une nombreuse assemblée. Le livre écrit à ce sujet a 250 pages. Bartoli, dans son livre Del Suono (1685), admet le fait et l'explique. L'homme était une sorte de ventriloque. Il brisait les verres à boire, du modèle dit aujourd'hui Romer, verre vert à vin du Rhin, en prolongeant le son de manière à faire vibrer le verre fortement et trembler dans la main qui le tenait, jusqu'à le faire éclater. C'était un jeu de charlatan. - Stentor désigne aussi un jeu d'orgue moderne du type gambe ou diapason, à pression d'air renforcée.

Strambotto. - Genre de poésie italienne, à l'époque de la Renaissance, divisée eh couplets de 8 vers sur 4 paires de rimes pareilles. On les mettait en musique dans le style des frottoles. Les recueils de Petrucci en contiennent un certain nombre.

Strascino. - Ornement de l'ancien chant italien décrit et vanté par Tosi (1723); et qui consistait à « traîner » la voix en descendant de degré en degré et sur un rythme légèrement saccadé. Cet effet vocal n'a pas de signe spécial : 

Tosi, décrivant « la beauté du strascino » dit que « son explication serait plus facile à comprendre par la musique ». Il a lieu « quand, sur un mouvement égal de la basse cheminant lentement de noire en noire, un chanteur, vocalisant, prend le premier son d'en haut en traînant doucement au grave avec forte, puis avec piano, par degré, en déséquilibrant le mouvement, s'arrêtant plutôt sur le son moyen qui commence ou finit le strascino ». 
En résumé, il est formé d'une sorte de « portamento de la voix sur le temps » et c'est un ornement instable « vago ornamento ». Les commentateurs semblent ne pas bien saisir la définition et entrent à ce sujet dans des explications longues et obscures. (Voir Port de voix).

Stretto, du latin strictum =  serré. - Partie finale d'une fugue dans, laquelle les réponses sont plus rapprochées, ou bien partie finale d'un ensemble vocal, dans la musique dramatique, lorsque le mouvement y est accéléré, et les combinaisons de voix plus serrées. Le stretto de la fugue s'établit sur les mêmes entrées de sujet et de réponse que l'exposition, mais à des distances plus rapprochées, et souvent en se bornant à détacher la seule tête du sujet et celle de la réponse, à l'exception toutefois de la dernière entrée, où le thème doit être entendu intégralement. L'emploi de la diminution de valeur est fréquent dans le stretto où il permet de faire des entrées très rapprochées. Le procédé de la pédale est introduit dans la fugue pour préparer le stretto ou pour le conclure.

Strophe. - Suite de périodes poétiques ou mélodiques formant un sens complet dans le discours poétique ou musical. (Ode).

Strophicus. - Figure analogue à une virgule, employée dans la notation neumatique du Moyen âge, à l'état simple, apostropha, double, bistropha, ou triple, tristropha, ou jointe à une autre formule, telle que la clivis, pour indiquer un ornement consistant en la répercussion du son.

Style. - La définition donnée par Littré est la suivante : « Le langage considéré relativement à ce qu'il a de caractéristique ou de particulier pour la syntaxe et même pour le vocabulaire, dans ce qu'une personne dit, et surtout dans ce qu'elle écrit ».  En musique comme en littérature, chaque, époque, chaque genre, chaque grand maître a son style : l'étude en est attachante, et a suscité de nombreux volumes sur chacune de ses particularités. Mais on emploie aussi le mot dans quelques acceptions générales et conventionnelles, dont les plus usitées sont style ancien, style lié, style rigoureux. - Style ancien : se dit des pièces instrumentales composées par des musiciens modernes dans les formes scolastiques rigoureuses ou dans les formes de la suite et des airs à danser qui la constituaient. Ex. : Fugues dans le style ancien, pour le piano, par Alexis de Castillon, op. 2. Cinq pièces dans le style ancien, du même, op. 9. - Style lié : se dit particulièrement du style contrepointique dans la musique d'orgue, alors que les parties s'unissent et s'enchaînent sans interruption, et que leur exécution exige une complète indépendance des doigts et l'usage fréquent du doigté par substitution. Le style lié est également celui de la plupart des oeuvres d'ensemble instrumental du XVIIe s., et d'une partie du XVIIIe s.; on l'applique à la « réalisation »  de la basse continue. - On réunit sous le titre de Style rigoureux (Osservato), la série des « règles » concernant l'enchaînement des intervalles et des accords, qui ne doivent théoriquement pas être enfreintes dans une composition à plusieurs voix. Mais ces règles ont été tournées ou enfreintes par les plus illustres maîtres. On relève des exemples nombreux de quintes et d'octaves consécutives dans les oeuvres instrumentales de Bach. Haydn et Mozart se montrent plus versés que Beethoven dans ce qu'on peut appeler les règles grammaticales de la musique. Beethoven s'appliqua dans ses dernières œuvres au genre de la fugue. Schubert, Schumann, manquent de savoir en contrepoint. Wagner, qui ne s'est jamais piqué d'une grande science, montre une habileté merveilleuse dans son contrepoint libre. Berlioz manque de technique. Les modernes, avec une technique extrêmement avancée, s'affranchissent de plus en plus des règles du style rigoureux, édictées pour une époque et pour l'école, où elles constituent un exercice souverainement salutaire à l'élève compositeur.  (M. B.).

Subductio. - La subduction, dans la langue des théoriciens du Xe au XIIe s., s'entend de ce que nous nommons sensible ou broderie inférieure, d'un demi-ton. Alors que, dans les chants ecclésiastiques de style grégorien, les échelles modales avaient conservé la pureté antique, les chants populaires admettaient déjà, sous la finale du 1er ton et du 2e, cette subduction d'un demi-ton : ré ut # ré ; la sol # la. De même sous celle du 7e et du 8e, sol fa # sol. L'usage s'en établit dans la musique polyphonique dès les XIIe-XIIIe s. et amena l'emploi des feintes (musica ficta), non écrites jusqu'au cours du XVIe s., et qu'il est parfois difficile, et toujours délicat de fixer avec précision.

Substitution. - Dans la théorie de l'harmonie, la substitution du 6e degré à la dominante, dans la résolution de l'accord de 7e, produit un accord dissonant dont le procédé de formation a été indiqué par Rameau sous le nom d'accord par emprunt et enseigné par Fétis sous le nom d'accord de 9e de la dominante obtenu par substitution. - Doigts par substitution dans les instruments à clavier, celui où, sans quitter la touche on effectue un changement de  doigt. (Doigté).

Suite. -  Succession de morceaux, tous, du même ton; ordinairement apparentés aux airs ou aux mouvements de danses.

Suivre, ou Suivez, s'emploie pour indiquer qu'un accompagnement doit suivre exactement le mouvement du soliste, ou que l'exécution d'une partie ne doit pas s'interrompre, si une raison quelconque a dû faire interrompre la copie à l'endroit où l'on rencontre cette indication. (Segue).

Sujet. - Thème principal d'une fugue ou d'une pièce de contrepoint. « Le sujet est un chant qui se fait par la force de l'imagination conformément à quelqu'un des Modes, pour une partie, sur laquelle puis après l'on compose toutes les autres parties. » (Nivers, Traité de la composition, 1667).

Superflu.  - S'est employé autrefois pour qualifier la quinte augmentée, qui est plus grande d'un demi-ton superflu par rapport aux autres quintes.

Superius. - Désigne le soprano, ou la voix la plus élevée d'une composition polyphonique dans les anciennes compositions lorsque les titres sont en latin.

Suppression. - Retranchement d'une des notes constitutives d'un accord. Les règles de l'harmonie scolastique fixent les intervalles à supprimer en divers cas dans l'écriture à 3 parties. Dans le chiffrage des accords, un zéro associé à d'autres chiffres prescrit la suppression de l'intervalle dont il occupe la place. L'accord parfait do-mi-sol étant chiffré par un 5 placé au-dessus de l'ut, si l'on doit omettre la tierce mi, on écrira au-dessus de l'ut  50.

Sus-dominante. - Nom donné au sixième degré de la gamme diatonique, considéré au point de vue tonal.

Sus-tonique. - Nom donné au second degré de la gamme diatonique, considéré au point de vue tonal.

Suspension.  - Agrément figuré dans l'Art de toucher le clavecin, de Couperin (1717) par un zéro posé au-dessus de la note, dont ce signe a pour effet de suspendre ou retarder l'attaque. Idem chez Rameau (1731). - La suspension est aussi un procédé harmonique (Retard).

Syllabique.  - Qui se rapporte à une syllabe : chant syllabique, qui n'offre habituellement qu'une note par syllabe; contrepoint syllabique, accompagnement vocal note contre note d'un chant syllabique.

Symbole; [liturgie] Credo. - Il y a également des chants du symbole en langue vernaculaire; le Credo en vers français, que l'on trouve dès le XIIIe s. ou le XIVe s., a été refait par le jésuite Michel Coyssard à la fin du XVIe s. et est chanté sur une mélodie pleine d'alerte grandeur; celui en vers allemands écrits par Luther, Wir glauben, a inspiré magnifiquement Bach en de superbes chorals d'orgue.

Symphonie. - Morceau de musique, composé pour être exécuté par des instruments concertants. - Composition pour orchestre, dans la formule de la sonate, comprenant : 1° un allégro; 2° un adagio, largo ou andante; 3° un menuet ou scherzo; 4° un finale en rondeau ou allégro vif. C'est Haydn qui, dans ses compositions tendres et gracieuses, a fixé, la symphonie d'une façon formelle. Nous citerons, avec lui, comme symphonistes célèbres : Gossec, Mozart, Beethoven, Mendelssohn, Schumann, Raff, J. Brahms, Gounod, H. Reber, Saint-Saëns, César Franck, A. Rubinstein, Tchaïkovski, Glazounov, etc.

Symphonista. - Sorte d'harmonium inventé vers 1850 par Guichené, curé de Mont-de-Marsan, pour accompagner le chant d'église. Le clavier ordinaire fait résonner un jeu d'anches, mis en mouvement par une soufflerie. Au-dessous est un autre clavier, dont les larges touches en bois portent le nom des notes. En posant le doigt sur la touche de ce second clavier, dont le nom correspond à la note du chant, on fait entendre une harmonie complète et redoublée dans plusieurs octaves convenable au chantre pour entonner le psaume qui suit toujours les antiennes. (F. C.).

Syncope. - Déplacement de l'accentuation rythmique résultant du chevauchement des temps dans la mesure, ou dans deux mesures voisines. Dans la musique moderne notée avec barres de mesures, la syncope se marque au moyen du signe de liaison. Elle diffère du contre-temps en ce que dans celui-ci le son frappé sur le temps faible ne se prolonge pas sur le temps fort, tandis que la prolongation est de règle pour la syncope :

La syncope est dite régulière quand ses  deux parties sont égales :
Elle est brisée ou irrégulière quand elle est formée de deux valeurs différentes. Au XVIIIe, s., la barre de mesure, étant d'usage relativement récent, n'exigeait pas encore que la figuration des valeurs lui fût entièrement soumise : au lieu d'exprimer par deux notes semblables et un signe de liaison le chevauchement de la mesure, on laissait à la note sa véritable forme et on la faisait traverser par la barre de mesure. Exemple :
au lieu de :
Mais I'écrituré A a encore été usitée au milieu du XIXe s., par exemple par Boëly. La syncope est dite boiteuse, quand sa première moitié est plus courte que la seconde-:

Syrinx, nom grec de l'instrument nommé aussi Flûte de Pan.

Système. - Assemblage de plusieurs sons se suivant, dans la musique antique, en formant un tout organisé : une octave est un système formé de deux tétracordes; le grand système parfait comprenait l'ensemble des sons de l'échelle diatonique non transposé, comprenant quinze sons, avec le si bémol éventuel du milieu :

Syzygie. - Terme de métrique ancienne. Couple de deux strophes chantées sur une même mélodie, qui par conséquent se répète deux fois. Ce terme a été employé par les auteurs modernes et notamment par Dorsan van Reyschoot, dans leurs analyses des compositions instrumentales classiques de Beethoven et ses contemporains.

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Dictionnaire Musiques et danses
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