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H

La lettre H représente dans la notation le septième degré ou le si naturel dans l'échelle dite de Guy d'Arezzo; c'est cette note qu'elle désigne encore dans l'alphabet musical usité en Allemagne. Le si bémol étant figuré au Moyen âge par le b rond ou mou (b rotundum, b molle), l'H représenta le si naturel, puis, s'altérant de plus en plus, devint le b quadratum ou b durum. De là la désignation de bécarre opposé à bémol.

Dans la notation moderne, l'H ainsi transformé est resté le bécarre, communément employé, tandis que la lettre elle-même indique la note ou la tonalité de ce si naturel.

Habanera  = havanaise. - Danse originaire de l'île de Cuba, importée en Espagne où elle est devenue populaire. Dans sa forme complète, elle comprend une courte introduction, plusieurs couplets de 8 ou 16 mesures, chantés avec une mimique appropriée, et un finale. Le rythme binaire caractéristique qui se maintient d'un bout à l'autre de ses couplets a été emprunté plusieurs fois par des compositeurs modernes et rendu en particulier célèbre par un morceau de la Carmen de Bizet (1875). Chabrier a écrit pour le piano une habanera, qu'il a ensuite orchestrée (1885). La Habanera fait le titre et le thème principal d'un opéra de Laparra (1908).

Hallali, fanfare sonnée par la trompe de chasse pour rassembler les chasseurs au moment où le cerf aux abois va devenir la curée des chiens. Cette fanfare, dont l'auteur est inconnu, a été placée par Philidor dans la chasse de Tom Jones, par Méhul a la fin de son ouverture du Jeune Henri, et par Haydn dans la chasse de son oratorio des Saisons.

Halling, nom d'une danse populaire norvégienne, originaire de la province de Hallingdal; elle se danse généralement en solo ou par 2 ou 3 personnes, aux sons d'un violon de type local, à 4 cordes frottées et 4 cordes sympathiques. Son rythme est binaire et son mouvement celui d'un allegro moderato. On trouve des pièces qui portent ce titre dans les oeuvres, de piano de Grieg.

Harmonica. -  Instrument de musique composé de lames de verre, métal, buis, etc., d'une longueur inégale, donnant des sonorités différentes. Le premier harmonica, inventé, dit-on, en Allemagne, consistait en une série de gobelets de verre inégalement remplis d'eau, ce qui modifiait leur sonorité, et sur le bord desquels on promenait les doigts après les avoir mouillés, ce qui produisait la résonance. Plus tard, on remplaça les gobelets par des lames de verre, et on eut l'harmonica actuel, dont certains facilitèrent le jeu à l'aide d'un clavier. - Petit instrument composé de tuyaux à anche juxtaposés que l'on fait vibrer par le souffle.

Harmonicor. - Instrument de musique à
vent, formé d'une sorte de trompette munie de pistons dont le nombre varie de 3 à 25.

Harmonicorde. - Nom de deux anciens
instruments de musique, analogues l'un à un piano vertical en forme de pyramide, l'autre à un harmonium.

Harmonie. - Tout groupe de notes peut se faire entendre de deux façons : soit successivement, soit simultanément. S'il se fait entendre successivenient, il y a mélodie; s'il se fait entendre simultanément, il y a harmonie. Pour qu'il y ait forme d'accord, il faut au moins la présence de trois notes, parce que deux notes seulement ne peuvent indiquer une tonalité. Les seuls véritables accords sont ceux de trois, quatre et cinq sons, qui, tous, à l'état fondamental, sont composes de tierces superposées. Ils se divisent en accords consonants et en accords dissonants. Sont seuls consonants les accords de trois sons, parce qu'ils ne comprennent que des consonances. Dans les accords consonants, l'accord type est l'accord parfait majeur, qui comprend une tierce majeure et une quinte juste. Avec les accords de quatre sons, on entre dans la série des accords dissonants (accords de septième). Il y a cinq espèces d'accords de septième (majeure, mineur, sensible, dominante, diminuée). Les accords parfaits et les accords de septième ont des renversements, c'est-à-dire qu'une de leurs notes consécutives pent se faire entendre à l'octave supérieure. Les accords parfaits ont deux renversements, les accords de septième trois. Les accords de neuvième, accords de cinq sons, renferment deux dissonances, la septième et la neuvième. La basse chiffrée est l'indication, à l'aide de chiffres, des accords supportés par chacune des notes d'une basse donnée. Ainsi, l'accord parfait se chiffre par 3, 5 ou 8 (tierce, quinte, octave). A la simple lecture d'une basse chiffrée, un accompagnateur exercé fait entendre les accords qu'elle indique avec la correction qu'implique leur succession. L'élève qui apprend l'harmonie commence par réaliser des basses qu'on lui a préalablement chiffrées. On lui donne enfin des chants, placés à la partie supérieure, dont il lui faut trouver a la fois, avec la basse la plus naturelle, l'harmonie la plus rationnelle et la plus élégante. Chaque accord étant généralement lié à celui qui précède et à celui qui suit, et des règles précises résultant de cette dépendance, la science de harmonie ne peut s'acquérir que par une étude assidue et assez longue.

Harmoniflûte. - Instrument de musique à anche battante et à soufflerie, intermédiaire entre l'harnnonium et l'accordéon.

Harmonino. - Sorte d'harmonica.

Harmonipan. - Espèce d'orgue de Barbarie.

Harmoniphon ou harmoniphone. - Petit instrument a clavier, inventé par J.-R. Paris, et dont la sonorité était analogue à celle du hautbois.

Harmonique. - Qui dépend, de l'harmonie. Division ou proportion harmonique, division de l'octave en quinte et quarte, opposée par les anciens théoriciens à la division arithmétique, et dans laquelle la quarte précède la quinte. - Une marche harmonique est la répétition d'une même formule d'harmonie à un intervalle supérieur ou inférieur.

Harmoniques. - Parties contrepointiques, parties harmoniques, mélodies, secondaires ou successions d'intervalles associées ou superposées dans une composition pour en constituer l'ensemble. - Sons harmoniques, appelés aussi sons concomitants, résultants, partiels, série de sons accessoires produits à l'aigu et au grave du son principal par la résonance du corps sonore. Dans l'usage qui en est fait pour la construction et le jeu des. instruments, on les désigne sous le nom d'harmoniques, avec un numéro d'ordre, le mot son étant sous-entendu. 

Harmonium. - Petit orgue portatif, dans lequel les tuyaux sont remplacés par des anches libres répondant à un clavier. L'anche libre, qui est le principe sonore de l'harmonium, est connue de temps immémorial enChine et en Inde, mais son introduction et son usage en Europe sont de date relativement récente. L'étendue de l'harmonium est de cinq octaves pleines. Comme dans l'orgue, chaque touche, au moyen de registres, commande non seulement à des jeux faisant entendre la note écrite, mais aussi à d'autres jeux plus graves ou plus aigus d'une octave, Les jeux de l'harmonium sont moins nombreux que ceux de l'orgue. L'harmonium possède, comme l'orgue, une certaine quantitéde jeux (hautbois, fifre, clarinette, expression, grand jeu, cor anglais, bourdon, tremblant, etc.); tous sont divisés en
deux demi-jeux. Chaque demi-jeu est commandé par un registre spécial. On fabrique des harmoniums à plusieurs claviers, et même avec pédalier.

Harpe. - Instrument de musique triangulaire, muni de cordes inégales, que l'on pince des deux mains. On trouve la harpe chez les anciens Egyptiens, chez les Hébreux, etc., mais dans un état très imparfait. Ce n'est qu'au commencement du XVIIIe siècle que l'invention de la pédale vint transformer l'instrument. La harpe moderne d'Erard est munie de quarante-six cordes; les sept pédales placées à la hase de l'instrument peuvent être abaissées et fixées chacune à deux crans différents. Chaque pédale, baissée d'un cran, augmente d'un demi-ton une corde dans toutes les gammes,
par exemple les fa bémol deviennent des fa naturels. L'instrument est construit en ut bémol majeur (gamme diatonique), et les quatorze modifications qu'apportent à l'instrument les pédales permettent de jouer dans tous les tons, diatoniquement, car le jeu chromatique est très malaisé. On a essayé de remédier à cet inconvénient, en joignant à la harpe un second jeu de cordes donnant les demi-tons chromatiques. Mais cet essai semble plutôt nuire à la qualité du son de l'instrument.

Hausse. - Petite pièce de bois qui se place à la poignée de l'archet, sous l'attache des crins, pour les séparer de la baguette. Son adoption, antérieure au temps de Mersenne (1636), permit de redresser la baguette précédemment courbée en forme d'arc. On la rendit mobile, sous le nom de demi-roue, par l'addition d'une crémaillère qui permettait de tendre la mèche à volonté, et qui fut remplacée avant le temps de Marin Marais (1728) par une vis à écrou.

Haut. - Synonyme d'élevé : les notes hautes, le haut du clavier, etc. se disent pour les notés aiguës,  la région aiguë du clavier. - Haut est aussi synonyme de fort : parler haut, donner beaucoup d'intensité aux sons de la parole. Lorsque les auteurs du Moyen âge parlaient des instruments « tant hauts que bas », ils entendaient désigner la réunion de toutes les sortes d'instruments, aussi bien ceux qui étaient sonores et bruyants, comme la trompette, que ceux qui  étaient doux et modérés; comme la flûte.

Hautbois. -  Instrument de musique à vent, en bois et â anche double, percé de trous et muni de clefs. Le hautbois, ordinairement en palissandre, en ébène ou en grenadille, est un des instrun:ents les plus anciens, il possède un timbre doux et mélancolique, quoique un peu nasillard. Les parties de hautbois s'écrivent sur la clef de sol. L'étendue de l'instrument est de
deux octaves et une quinte, du si bémol grave au contre-fa aigu, avec tous les degrés chromatiques intermédiaires. Dans un orchestre complet, il y a toujours deux parties distinctes de hautbois. -  Jeu d'orgues à anches, qui a pour basse le jeu du basson.

Haute. - Nom donné par quelques musiciens français du XVIIe s. à la partie supérieure d'une composition à plusieurs voix.

Haute-contre. - Voix de ténor élevé. Dans l'ancien répertoire vocal polyphonique, des femmes, chantant en voix de contralto, ont quelquefois remplacé et remplacent souvent aujourd'hui les hommes pour l'interprétation de la partie de haute-contre.

Haute-taille. - Ancien nom de la voix de ténor. On distinguait autrefois, d'après leur étendue et leur situation dans la composition polyphonique, les voix de haute-taille, taille et basse-taille; aujourd'hui dénommées communément ténor, baryton et basse

Hauteur. - Situation relative d'un son dans l'échelle musicale. La hauteur du son dépend du nombre de vibrations, qui s'accroît en progressant de bas en haut, ou du grave à l'aigu. Les procédés acoustiques employés pour mesurer la hauteur absolue d'un son consistent soit à produire à l'aide d'une sirène l'unisson exact du son à déterminer, soit à utiliser la stroboscopie. Le procédé musical usuel consiste à se référer au son fixe d'un diapason, dit « normal », qui sonne le la de 435 vibrations doubles et d'après lequel on évalue d'oreille les distances sonores.

Hemiola, figure de l'ancienne notation proportionnelle, exprimant la division de l'unité rythmique en trois parties égales. Chez quelques théoriciens du Moyen âge, nom de la quinte juste, qui représente le rapport 3 : 2.

Hennissement. - Cri du cheval. C'est une sorte de trille bruyant et rauque. Les musiciens descriptifs qui se sont plu souvent à imiter le rythme des différentes allures du cheval, ont reculé devant la traduction du hennissement.

Heptacorde. - Système composé des 7 degrés diatoniques, renfermés dans l'octave.

Herculanum est un opéra en quatre actes, paroles de Méry et Hadot, musique de Félicien David, représenté à l'Opéra le 4 mars 1859. David avait écrit une partition considérable, destinée à un grand drame mêlé de chants : la Fin du monde. Cet ouvrage n'ayant pu être joué, il demanda à Méry un livret d'opéra dans lequel il pourrait utiliser les morceaux de sa partition. Méry écrivit un poème : le Dernier Amour; cette oeuvre ne fut pas jouée non plus. De nouveaux remaniements furent alors opérés, et l'ouvrage fut représenté sous le titre d'Herculanum. Le poème d'Herculanum ne pouvait offrir qu'une valeur médiocre. Il est bizarre en effet, sans conduite et sans plan, avec un certain caractère fantastique. La partition, qui manque un peu trop d'unité, n'en contient pas moins des pages remarquables. On y retrouve un style d'une grande beauté, une inspiration généreuse. On peut signaler des morceaux d'une belle venue : au premier acte, la jolie romance: Dans une retraite profonde, et l'air de l'extase; au second, la prière sans accompagnement et le duo de Lilia et de Nicanor; au troisième, les airs de ballet et la belle mélodie du Credo; enfin, au quatrième, le duo d'Helios et d'Olympia et le finale. (NLI).

Hétérophonie.  - Nom par lequel on désignait, dans l'Antiquité, l'adjonction d'une consonance à la note d'un chant donné, comme dans la tibia double. - Le terme d'hétérophonie désigne aussi un assemblage de sons étrangers les uns aux autres.

Heures.  - Série des offices du culte catholique, contenus au bréviaire et divisés en parties distinctes qui se récitent ou se chantent aux diverses heures du jour et de la nuit. On appelle « Petites heures » les offices de prime, tierce, sexte, none et complies, par opposition aux matines, laudes, vêpres. Chacune de ces divisions comporte la récitation ou la psalmodie de plusieurs psaumes et d'antiennes appropriées. Les antiennes de l'office des heures constituent une des plus importantes et des plus belles collections de mélodies du répertoire grégorien. Psaumes et antiennes sont, à chaque heure, sauf exception, accompagnés du chant d'une hymne, et, suivant le cas, d'un ou plusieurs repons.

Hexacorde. - Système de six degrés diatoniques, sur lequel reposait toute la solmisation guidonienne, en usage pendant plus de six siècles pour l'enseignement et la pratique de la musique. Le principe de ce système consistait à extraire de l'échelle des séries de six sons, dont chacune ne contînt qu'une fois l'intervalle de demi-ton toujours placé entré le 3e et le 4e degrés. Ces séries étaient classées en trois genres, l'hexacorde dur, prenant son point de départ sur le G de la notation alphabétique, notre sol grave actuel; l'hexacorde naturel, partant du C, qui est notre ut (do); l'hexacorde mou, commençant sur le F, notre fa mo; derne, avec le si bémol. L'emboîtement des trois hexacordes pour la formation d'une gamme complète, se faisait par le moyen des muances. Plusieurs oeuvres des maîtres du XVIe s. ont pour thème l'hexacorde et ses diverses transformations. Telles sont les messes sur ut, ré, mi, fa, sol, la, de Josquin Després et de Brumel, de Palestrina, une giustiniane d'A. Gabrieli, à trois voix, des madrigaux divers, d'auteurs italiens, la Fantaisie instrumentale à 5 parties, de Du Caurroy; une pièce pour orgue de Frescobaldi, la Fantaisie, du 5e ton de Peter Cornet (vers 1625), etc. (Michel Brenet).

Hiérodrame. - Titre donné par quelques musiciens français de la fin du XVIIIe s. à des compositions de concert, ressortissant au genre de l'oratorio.

Hirmos. - Pièce de chant liturgique d'origine orientale, en prose quasi rythmée, où le nombre des accents et des divisions de la phrase détermine le choix du timbre. Ce type est abondamment représenté dans l'ensemble des antiennes et des répons du répertoire grégorien.

Histoire sacrée, titre porté au XVIIe siècle par ceux des oratorios de Carissimi et de ses contemporains dont les textes avaient un caractère narratif. 

Homophonie. - État d'une musique que plusieurs voix ou plusieurs instruments exécutent à l'unisson ou à l'octave. La musique de l'Antiquité, le chant liturgique des cultes chrétiens, et généralement le chant populaire, appartiennent à l'homophonie. On y fait rentrer, dans la théorie de l'harmonie, les accords qui se composent des mêmes sons, mais qui ont une origine différente; dans le système de la gamme tempérée, il y a homophonie entre des accords; qui s'écrivent différemment et appartiennent à des tons différents, mais qui sonnent de façon semblable. Ces variantes de l'orthographe musicale ont une origine et un effet semblables à ceux des variantes orthographiques du langage, où, par exemple, les syllabes finales des mots « demain, dessein, dessin, examen », se prononcent de même et se figurent de quatre manières différentes.

Hoquet, en latin du Moyen âge, Hochetus, forme de composition mentionnée au XIIe s. et expliquée au XIIIe sous le nom de Hoccitatio ou Resecata musica comme une combinaison de rythmes tronqués alternant entre 2 voix sans que jamais les pauses correspondent et viennent à produire un silence. Cet artifice était en vogue au XIVe s. et comportait plusieurs variétés, quant au partage des valeurs. Chez les modernes, les souvenirs du hoquet se retrouvent dans les pauses suspensives, les syncopes, les rythmes à contre-temps, qui sont devenus un moyen d'expression chez les musiciens dramatiques. Voir, dès le XVIIe s., la Plainte des Damnés, de Carissimi (V. Gémissement); comparer, au XIXe s, le rôle de Loge dans L'Or du Rhin.

Horizontal. - Qui est parallèle à l'horizon ou à une ligne conventionnelle. On se sert aujourd'hui volontiers de ce mot pour caractériser un style de composition où les parties contrepointiques, se meuvent individuellement, par opposition à l'écriture verticale où les parties se superposent par accords et sont subordonnées à une mélodie ou à une basse dont elles épousent les mouvements.

Hornpipe. - Air à danser populaire dans les Iles Britanniques, où il est mentionné depuis le XIIIe s. Il se classe parmi les country dances, ou danses campagnardes, empruntées par les classes élevées de la société aux divertissements du peuple. On ne connaît plus que les titres de quelques recueils de hornpipes publiés vers 1700. Les plus anciennes mélodies qui en aient été conservées sont disposées dans le rythme ternaire. Vers 1760, plusieurs danseuses en vogue sur les théâtres de Londres y introduisirent une variété nouvelle et toute factice de hornpipe, dont les airs se mesuraient à 4 temps, et qui étaient exécutés comme intermèdes entre deux actes de comédie. Des pièces intitulées Hornpipe se rencontrent dans les oeuvres de quelques compositeurs du XVIIIe s., où elles semblent tenir le rôle des «  Musettes », dans les pièces de clavecin des maîtres français du même temps. Un hornpipe est ainsi contenu dans la 4e suite des Componimenti de Teofilo Muffat (1735), un autre dans le 7e des Concerti grossi de Haendel (1739). Un choeur de l'oratorios' Semele, du même maître, est intitulé alla hornpipe. (M. B.).

Hosanna, mot hébraïque, employé dans un sens de triomphe et de glorification par saint Mathieu (XXI, 9), et introduit avec la même acception dans la liturgie catholique, où il termine le Sanctus et le Benedictus de la messe. Il est presque de tradition, chez les compositeurs de musique religieuse, d'en faire le sujet d'une sorte de coda brillamment développée. On trouve déjà cette forme en germe dans les chants liturgiques de l'ordinaire de la messe.

Hymne. -  Cantique en l'honneur des divinités ou des héros, ou des gloires nationales. C'est la première forme qu'ait revêtue la poésie. Ces divers aspects de l'hymne se présentent déjà dans les Védas et les grandes épopées de l'Inde, dans le Zend-Avesta, et dans la Bible. En Grèce, on finit par réserver le nom d'hymne au chant religieux par excellence, composé spécialement pour le culte. L'hymne grec S'exécutait avec accompagnement de cithare, et d'évolutions cadencées. Les chants des saliens, les chants des arvales étaient des hymnes religieux. Dans les temps modernes apparaissent les hymnes nationaux : Marseillaise, Chant du départ, God save the Queen, etc. - Poème religieux, divisé en strophes, que l'on chante à l'Eglise. Les plus anciennes des hymnes chantées dans les églises catholiques ne sont pas antérieures au IVe siècle ; le plus grand nombre ont été composées entre le IXe et le XIIIe siècle. Citons, parmi les principaux auteurs d'hymnes : saint Hilaire de Poitiers, saint Ambroise, les papes saint Damase et saint Grégoire le Grand, Prudence, Fortunat, saint Bernard, saint Thomas d'Aquin (hymnes du Saint-Sacrement), Thomas de Celano, Jacopone da Todi. La valeur littéraire des hymnes liturgiques a été, suivant les époques, diversement appréciée, et les humanistes du XVIe siècle leur firent les plus sévères reproches. En 1629, le pape Urbain VIII chargea quatre jésuites, les PP. Strada, Galluzzi, Sarbiewski et Petrucci d'effacer des anciennes hymnes les fautes de quantité et de style. La liturgie parisienne, même depuis l'adoption en France du rite romain (1840), a conservé quelques hymnes dues à Santeul et à Coffin, notamment celles des offices de saint Louis et de saint Denis.

Hyperéolien, nom d'un mode, formé du préfixe grec hyper (lat. super = au-dessus) ajouté à son nom, pour désigner à la fois sa relation avec un des modes principaux et sa situation dans le système modal. On forme de la même manière les noms des modes hyperionien, hypermixolydien et hyperphrygien, qui ne représentent pas les mêmes séries sonores, chez les théoriciens de l'Antiquité et chez ceux du Moyen âge.

Hypodorien. - Nom d'un mode, formé par le préfixe grec hypo = au-dessous, ajouté à son nom, de la même manière que pour les modes en hyper, mais en un sens opposé. On forme de cette façon les noms des modes hypoéolien, hypoionien, hypolydien et hypophrygien, dont l'application diffère chez les auteurs anciens et chez ceux du Moyen âge.

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Dictionnaire Musiques et danses
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