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Harmonium

Harmonium, n. m. - Nom sous lequel on réunit communément en France, les nombreuses variétés d'un instrument à vent, à anches libres, sans tuyaux, à clavier, destiné à suppléer l'orgue dans les locaux de petites dimensions, salons, écoles, ou chapelles. Il est constitué par une ou plusieurs séries de lames vibrantes, ou anches libres, emboîtées dans un nombre égal, de compartiments, où pénètre, selon l'action exercée par l'exécutant sur les touches du clavier, le vent emmagasiné dans une caisse formant réservoir, que remplissent deux soufflets manoeuvrés aux pieds. La faculté toute relative de graduer le volume sonore par le degré de vitesse imprimé au mouvement de la soufflerie fit donner à cet instrument le nom d'orgue expressif, par rapprochement avec l'instrument construit par Grenié, au commencement du XIXe s. 

D'autres dénominations furent successivement proposées par les facteurs de différentes nations qui s'appliquèrent, depuis 1810 environ, à établir des modèles analogues : le Physharmonica, l'Aeoline, l'Aelodicon, l'Aérophone, le Mélophone, le Mélodion, le Poikilorgue, l'Organino, d'autres encore, se rattachaient tous à la même famille, où se distinguèrent en 1840 l'harmonium de Debain, vers 1860 les premiers «  orgues américains », construits à Boston par Mason et Hamlin, d'après le système imaginé à Paris dès 1835 par Alexandre et qui reparut en 1874 sous le titre d'orgue Alexandre. Les plus importants perfectionnements de facture furent produits à partir de 1853 par Mustel dont les instruments devinrent particulièrement renommés en France et en Angleterre, ceux des facteurs américains, Estey et autres, rivalisant avec eux en Amérique et en Allemagne.

Un harmonium perfectionné possède souvent deux claviers manuels et un nombre élevé de jeux, désignés par les noms des jeux d'orgue dont on s'efforce d'imiter le timbre. Mais les partitions de musique pour l'harmonium indiquent ces jeux par des numéros d'ordre : 1, premier jeu, correspondant aux huit pieds; 2, aux seize pieds; 3, aux quatre pieds. La même série se reproduit en plus fort ou plus perçant dans les jeux 4, 5, 6. L'étendue ordinaire du clavier est de 5 à 6 octaves, dont la moitié au grave et la moitié à l'aigu correspondant chacune à un registre séparé, de telle sorte qu'il est nécessaire de toujours tirer à la fois les boutons de deux demi-jeux se complétant l'un par l'autre, comme le cor anglais et la flûte, le basson et le hautbois, etc., pour avoir un jeu entier.

Mais beaucoup d'harmoniums, à registration prétendument artistique, ont une disposition de fantaisie, où se rencontrent uniquement ou principalement des demi-jeux indépendants, ne permettant pas d'obtenir cette unité de sonorité : on doit, malgré leur nom, les considérer comme des instruments de qualité musicale inférieure. Un bouton ou une genouillère de « grand jeu » réunit les principaux jeux. Des effets de tremolo, de « harpe éolienne », de « voix céleste » ou de « voix humaine », sont mis à la disposition des amateurs qui croient atteindre à l'expression par le chevrotement. 

Les différences de sonorité caractérisant les divers registres sont cherchées par les facteurs dans la composition du métal employé pour les lames vibrantes et dans la forme et la position de celles-ci. Les instruments destinés à l'accompagnement du chant liturgique, dans les églises privées des services d'un véritable musicien, sont fréquemment pourvus d'un clavier transpositeur, à glissières. La fixité de son accord a valu à l'harmonium d'être introduit comme instrument comparatif, dans les laboratoires de physique. (Michel Brenet).

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Dictionnaire Musiques et danses
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