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M

M. - Abréviation représentant le mot métronome dans l'indication du mouvement d'un morceau.

M. D. - Abréviation signifiant Main droite, dans la notation de la musique de piano, ou Moyenne difficulté, dans les catalogues des éditeurs.

M. F. Abréviation pour Mezzo forte.

M. G. Abréviation pour Main gauche, dans la musique destinée aux instruments à clavier.

Machicotage - Manière de chanter le plain-chant, avec une seconde partie improvisée, pratiquée autrefois, spécialement dans l'église Notre-Dame de Paris et l'ornementant en intercalations de notes de passage et de sauts mélodiques de tierce. Certains livres de chant gallican du XVIIIe s. en prescrivent l'exécution par des chantres solistes, alternant avec les versets interprétés sans ornementation par le choeur. Cet usage a été aboli au XIXe s.

Madame l'Archiduc, opéra bouffe en trois actes, par Albert Millaud, musique d'Offenbach (Bouffes-Parisiens, 2 novembre 1874). - Une servante d'auberge, Marietta, qui vient de se marier, est prise, par suite d'un quiproquo, pour une comtesse qu'on veut arrêter. Elle inspire une subite passion à un archiduc extravagant et fantoche, et celui-ci, après avoir voulu l'épouser, la dote et la rend à son mari. Sur cette donnée fantaisiste, Offenbach a écrit une partition alerte et, spirituelle, dont les morceaux les plus applaudis sont le choeur des conspirateurs, la chanson du P'tit bonhomme et les couplets de Marietta. (NLI). 

Madame Favart, opéra-comique en trois actes, paroles de Chivot et Duru, musique de Jacques Offenbach (Folies-Dramatiques, 1878). - Une intrigue secondaire, greffée sur les relations intimes plus ou moins authentiques de Mme Favart et du maréchal de Saxe, sert de fond au livret. La partition est l'une des meilleures du compositeur, et quelques pages en sont bien venues. 

Madrigal. - En musique, un madrigal est une composition qui a été  fort à la mode en Italie aux XVIe et XVIIe siècles, et ainsi nommée parce qu'elle était faite sur un madrigal poétique. Les madrigaux, où les compositeurs s'appliquaient à rattacher l'expression de la musique au sens des paroles, étaient écrits le plus souvent à 4, 5 ou 6 voix, dans un style fugué assez sévère, dit style madrigalesque, et étaient exécutés dans les réunions d'amateurs. On en a réclamé l'invention pour Arcadelt, qui en publia un recueil en 1572; mais ils étaient connus antérieurement. Les musiciens qui ont le mieux réussi dans ce genre de composition sont Luca Marenzio, Palestrina, Pomponio Nenna, Monteverdi, Gesualdo, prince de Venouse, Tommaso Pecci, Mazzochi, et Scarlatti. Le madrigal fut remplacé dans la musique de chambre par la cantate; ou bien, comme Lotti, Marcello, Durante, Steffani, on fit des madrigaux accompagnés, qui comportent plus de liberté, mais qui exigent plus d'expression. On a appelé madrigaux spirituels ceux qui étaient composés sur des paroles pieuses : les Psaumes de Marcello sont de ce genre. (B.).

Magnificat. - Cantique de la Vierge (Évangile selon saint Luc, ch. I), dont le chant est placé dans l'office des vêpres. Une formule spéciale de psalmodie lui est affectée. La coutume s'établit dès la fin du Moyen âge d'en exécuter .les versets alternativement à deux choeurs, dont l'un chantait la mélodie liturgique à l'unisson, et dont l'autre y ajoutait une harmonisation en faux-bourdon. A partir du XVe s., un grand nombre de compositeurs ont traité le texte du Magnificat, soit, pour l'usage du culte, par versets, à plusieurs voix et dans les huit tons, comme l'ont fait, entre autres, Orlando de Lassus, Palestrina (1591), et Artus Auxcousteaux, soit, à une époque plus récente, en forme de grande cantate religieuse, avec soli, choeur et orchestre; on doit citer en ce genre les magnificats de Lalande, de Bach, comprenant autant de morceaux que le texte sacré offre de versets, de Lotti, de Durante. Une tradition déjà fort ancienne permet de faire alterner avec les versets chantés en plain-chant une série de pièces d'orgues spécialement composées ou improvisées dans ce dessein. Les magnificats pour orgue de Titelouze (1621) sont célèbres. Établis sur les thèmes des tons liturgiques de la psalmodie, leur auteur les composa en cherchant à les traiter à l'instar d'un motet polyphonique vocal, comme si les diverses parties prononçaient les paroles et exprimaient le sens des versets ainsi suppléés par l'orgue. Ses successeurs, malgré les prescriptions de l'Église, n'eurent pas toujours ce goût et cet art. Les magnificats de Dandrieu par exemple (1740) sont des sortes de suites ouvertes et closes par un grand-choeur ou un plein jeu majestueux ou brillant, et dont les différents morceaux sont destinés à mettre en lumière les diverses ressources de l'orgue, sans égard au sens des versets du cantique. Les magnificats de César Franck, publiés comme oeuvre posthume sous le titre erroné L'Organiste constituent un mélange singulier où des pièces remarquables en côtoient de moins intéressantes. (Michel Brenet).

Maillet. - Petit marteau de bois ou d'ivoire formé d'une baguette que termine une boule. Il sert à frapper les touches du claquebois, du cymbaIon, et en plus grandes dimensions, servait autrefois à frapper celles des carillons. Les maillets du tambour et des timbales sont appelés baguettes, celui de la grosse caisse, mailloche.

Main. - Partie du corps humain qui sert à la préhension. - Main musicale ou main harmonique : c'est le nom que donna Guido à la gamme qu'il inventa, pour montrer le rapport de ses hexacordes, de ses six lettres et de ses six syllabes avec les cinq tétracordes des Grecs. Il représente cette gamme sous la figure d'une main gauche, sur les doigts de laquelle étaient marqués tous les sons de la gamme, tant par lettres correspondantes, que parles syllabes qu'il y avait jointes, en passant, par la règle des nuances, d'un tétracorde ou d'un doigt à l'autre, selon le lieu où se trouvaient les deux demi-tons de l'octave par le bécarre ou par le bémol, c'est-à-dire selon que les tétracordes étaient conjoints ou disjoints.

Maître, maîtresse. - Celui ou celle qui enseigne la musique, ou une partie quelconque de sa pratique ou de sa théorie. Aux locutions anciennement en usage, maître à chanter, maître pour jouer du clavecin, se sont substituées celles, de maître ou plutôt de professeur de chant, de piano, etc. - On donne aussi le nom de maître à celui qui dirige un choeur religieux. Il exerce les fonctions de maître de choeur, ou de maître de chapelle. Les chapelles souveraines et les choeurs des églises cathédrales ou collégiales comptaient autrefois parmi leurs membres toute une hiérarchie de maîtres et sous-maîtres de chapelle et de maîtres. des enfants. - Un maître est également celui qui a atteint, soit comme professeur, ou compositeur, soit comme exécutant, un rang éminent dans son art, et dont on dit qu'il « en possède la maîtrise ».

Maîtres chanteurs de Nuremberg (les). - Comédie musicale en trois actes par Richard Wagner (1868), dont le héros est le cordonnier-poète Hans Sachs. C'est le récit d'un tournoi entre poètes, dont le prix est la main de la séduisante Eva, fille de l'orfèvre Pogner. Hans Sachs aide un jeune gentilhomme. Walther de Stolzing, à gagner le prix contre le greffier Beckmesser. Parmi les plus beaux morceaux, citons au 1er acte les deux airs de WaIther : Au coin du feu, dans l'âtre clair et Voilà ce qu'avril dit aux bois; au 2e acte, la sérénade comique de Beckmesser : au 3e acte, la cantilène de Walther-: l'Aube pleurait ses perles dans les roses.

Maîtrise. - Initialement, école établie auprès de certaines cathédrales et de certaines églises, puis auprès de certains établissements laïcs, pour l'enseignement de la musique.

Majeur = qui est plus grand. - Appliqué aux intervalles, il désigne entre deux intervalles de même nom, celui qui est formé des sons les plus distants : la seconde majeure, ut-ré, la tierce majeure ut-mi, la sixte majeure, ut-la, la septième majeure, ut-si, et leurs redoublements, par. comparaison à la seconde mineure, ut-ré bémol, la tierce mineure, ut-mi bémol, etc. Appliqué aux modes, il distingue le mode majeur du mode mineur de même nom : ut majeur, caractérisé par la tierce majeure ut-mi, ut mineur, caractérisé par la tierce mineure, ut-mi bémol, etc.

Manche. - Partie des instruments à cordes frottées et de plusieurs familles d'instruments à cordes pincées, qui prolonge la table et sur laquelle sont tendues les cordes. Le manche est fixé par son talon dans le haut de la caisse. Il supporte la touche, qui est ou non partagée en cases par des sillets et il se termine par la tête, qui est souvent ornée d'une volute ou d'une figurine sculptée et qui, étant traversée par les chevilles, porte le nom de cheviller.

Mandoline. - Instrument à cordes pincées, à manche, diminutif de la mandore, ou mandola, à laquelle elle succéda dans le XVIIIe. On en distingue deux genres principaux, la mandoline napolitaine, qui est la plus répandue, surnommée quelquefois mandoline violon à cause de l'accord de ses 4 cordes doubles, dont la plus grave est filée, et la mandoline milanaise, dite aussi mandoline guitare, montée de 6 cordes doubles. De jolies mandolines anciennes ornées d'incrustations figurent dans quelques musées. Les cordes de la mandoline se griffent à l'aide d'un petit plectre en écaille, ou en ivoire, ou en bec de plume, appelé médiator. On enseigne deux manières d'attaquer, le détaché et le tremolo, celui-ci étant destiné à remplacer les notes tenues et s'obtenant par un va-et-vient rapide du médiator. Grétry a composé pour deux mandolines, jouées à l'unisson, avec deux violons, et un violoncelle, l'accompagnement de la sérénade de L'Amant jaloux (1778), qui se chante dans la coulisse. Paisiello, dans Le Barbier de Séville (1780) et Mozart, dans Don Giovanni (1787), ont pareillement destiné à la mandoline les accompagnements de deux sérénades. Le sculpteur Paul Dubois a mis aux mains de son célèbre Chanteur florentin, qui porte le costume du XVIe s., une mandoline copiée sur un instrument napolitain de la fin du XVIIIe s. (M. B.).

Mandore. - Instrument à cordes pincées, à manche, appelé en italien mandola, rattaché par son origine orientale et par sa forme générale, à la famille du luth. La table ovale, le dos, fortement bombé, et à côtes, le manche court, la touche divisée en cases par des sillets, lui étaient en effet communs avec le luth et lui faisaient donner quelquefois, au rapport de Mersenne (1636), le surnom de luthée. Mais ses dimensions étaient moindres que celles de cet instrument dont elle est, dit le même auteur, le « raccourcy », et son cheviller n'offrait pas le renversement spécial au cheviller du luth. Elle portait d'ordinaire 4 cordes doubles, quelquefois six. La mandoline, répandue depuis, le XVIIIe s., est une mandola réduite. Une grande confusion règne chez certains auteurs entre les dénominations des instruments de cette famille. Il ne faut assimiler à la mandore ni la bandore (bandurria) espagnole, qui est une variété de guitare, ni la pandore allemande ou anglaise, qui est une plus grande mandore.

Manécanterie. - Nom qui a été donné en quelques églises et notamment à la cathédrale de Lyon, à la maîtrise des enfants de choeur et à l'édifice qui la contenait. Cette dénomination tire son origine de l'organisation médiévale des chanteurs de matines bien que quelques-uns aient voulu  y voir une allusion à la coutume d'enseigner le chant au moyen de la Main guidonienne; elle a été choisie récemment par les fondateurs d'une école libre d'enfants chanteurs, faisant fonction dé maîtrise ambulante pour des exécutions de musique grégorienne et polyphonique dans les églises et les concerts. Cette institution, établie dans un faubourg de Paris en 1906, est devenue promptement célèbre sous le nom de la Manécanterie des petits chanteurs à la croix de bois. On doit remarquer que Littré, malgré l'usage courant, écrit Manicanterie et donne à ce mot pour étymologie le bas latin manicare, aller de bon matin.

Manicordion. - Instrument à cordes, fort ancien, joué avec des marteaux, et muni ensuite d'un clavier, l'un des ancêtres du clavicorde, connu dès le XIVe s. Il consistait en une caisse rectangulaire à l'intérieur de laquelle les cordes étaient tendues perpendiculairement aux touches celles-ci, formant levier, se terminaient par de petites lames de bois ou de métal, sans articulation ni ressort, qui frappaient les cordes en dessous et y restaient appuyées tant que le doigt n'avait pas quitté la touche. Cellier (1585) distingue le manicordion, de l'épinette en ce que le premier « se touche par tipanes à descouvert et l'espinette par petites plumes et sautereaux à couvert ». Le nombre des cordes étant inférieur à celui des touches, chacune correspondait, à deux ou plusieurs de celles-ci, qui l'attaquaient à la distance voulue pour produire un son déterminé.

Marche, pièce de musique composée pour des instruments à vent et de percussion, et destinée à régler la marche ou le pas d'une troupe militaire, d'un cortège, d'une procession, etc. Les marches militaires, dont l'usage date de la guerre de Trente Ans, sont ordinairement à deux reprises, avec un alternatif ou trio; quelquefois elles forment un seul morceau, qui se joue de suite, mais qui doit être assez étendu et rappeler plusieurs fois le motif principal. Elles sort à 4 temps, ce qui les distingue du Pas redoublé, écrit à 2 temps, et d'ailleurs plus vif. II y a en elles un mouvement modéré, quelque chose de cérémonieux et de solennel. Ce caractère est surtout frappant dans les marches religieuses et dans les marches funèbres : nous citerons, parmi les premières, la Marche de la communion, que Cherubini a écrite pour sa Messe du Sacre; la Marche des pèlerins de la symphonie d'Harold par Berlioz; et, parmi les seconds, la marche de la Symphonie héroïque de Beethoven. Certains opéras contiennent des marches : telles sont celles d'Alceste (Gluck), de la Flûte enchantée (Mozart), de Lodoïska (Kreutzer), de la Juive et de la Reine de Chypre (Halévy), de Dom Sébastien (Donizetti), du Prophète (Meyerbeer). La marche se réunit souvent aux choeurs, et beaucoup de choeurs sont dessinés en marche.

Mariage aux lanternes (Le). - Opérette en un acte, paroles de Michel Carré et Léon Battu, musique de Offenbach, représentée le 10 octobre 1857, sur le théâtre des Bouffes-Parisiens. - Le fermier Guillot aime sa cousine Denise sans oser le lui dire; Denise n'aime pas moins Guillot. mais le croit occupé par les agaceries de deux veuves délurées : Fanchette et Catherine. Un oncle de Paris, Mathurin, écrit à Guillot qu'il découvrira un trésor sous le gros arbre du village, à l'heure de l'angélus; il écrit à Denise qu'elle trouvera un mari au même endroit. Les deux jeunes gens se rencontrent, et tout finit par une promesse de mariage à la lumière des lanternes que portent les villageois attirés par la nouvelle d'un trésor à découvrir. La partition d'Offenbach est fine et charmante; citons l'introduction, les couplets : Que dirait l'oncle Mathurin et Mon cher mari quelquefois s'emportait; le trio de Guillot et des deux veuves, la chanson à boire, le duo de Fanchette et Catherine en querelle le joli quatuor de l'angélus.

Marquer.  - Mettre en relief, dans l'exécution, par une intensité spéciale de sonorité, les notes d'une mélodie ou d'un fragment mélodique essentiel. On les désigne dans la notation par des signes d'accentuation /\ ou > ou par le mot italien marcato.

Marseillaise (La). - Chant patriotique devenu le chant national de la France. Composé en 1792 pour l'armée du Rhin, cet hymne, dû, paroles et musique, à un officier du génie, Rouget de l'lsle, en garnison à Strasbourg, fut chanté pour la première fois à un banquet chez le maire de Dietrich, et reçut le titre de Chant de guerre de l'armée du Rhin; mais des voyageurs de commerce l'ayant fait, connaître à Marseille, le bataillon du 10-Août ou des Marseillais l'adopta, et le chanta lorsqu'il vint à Paris, et l'hymne de Rouget de l'Isle prit le nom de Marseillaise, qui lui est resté. La dernière strophe, qui n'est pas de Rouget de l'Isle est attribuée par erreur a M.-J. Chénier. Le journaliste Louis Du Bois et l'abbé Antoine Pessonneaux en ont revendiqué la paternité.

Masque. - Spectacle de cour, mêlé de poésie, de danse et de musique vocale et instrumentale, en usage en Angleterre à partir des premières années du XVIe s. et qui correspondait au ballet de cour français. Comme dans celui-ci, les acteurs du masque étaient souvent de très hauts personnages. Un orchestre nombreux, où se rencontraient toutes les sortes d'instruments connues, y prenait part. Un grand luxe de décors et de machines s'y déployait. Les masques, qui avaient ouvert la voie à l'opéra dans la Grande-Bretagne, ne disparurent pas totalement après le triomphe de celui-ci. On en vit paraître quelques-uns pendant le XVIIIe s. Les mariages où les anniversaires princiers furent l'occasion de quelques reconstitutions de masques anciens, tels que The Mask of Flowers, joué en l'honneur de la reine Victoria, lors des jubilés de 1887 et 1897.

Matassins (Ballet des). - Sorte de danse, imitée de la danse armée des Anciens, et qui était encore en usage au XVIIIe siècle. Elle était ordinairement exécutée par 24 soldats, qui s'escrimaient l'épée à la main. Il en est parlé dans l'entrée de ballet du premier acte du de Pourceaugnac de Molière. La danse et son nom sont d'origines espagnoles.

 Matines. - Partie de l'office liturgique, qui, commencée autrefois au milieu de la nuit, s'achevait seulement aux premières lueurs de l'aurore. Les matines sont divisées en trois parties nommées nocturnes, composés chacun de psaumes avec antiennes, et de leçons entrecoupées de répons; elles débutent par l'invitatoire, et sont suivies des laudes, appelées primitivement « laudes matutinales », d'où le nom de matines. La liturgie romaine clôt habituellement le dernier nocturne des matines par la célèbre hymne Te Deum. Les matines des trois derniers jours de la semaine sainte portent le nom de Ténèbres et sont marquées d'une empreinte spéciale par le chant des Lamentations.

Maxime. - La plus longue des valeurs de notes, dans la notation ancienne, figurée par un rectangle évidé avec queue à droite, valant, sous le signe de l'imperfection, 2 carrées ou 8 rondes et sous le signe de la perfection, 3 carrées ou 12 rondes. 

Mazurka ou Mazurek, air de danse de la Mazovie (Pologne), dont la première partie est toujours mineure, et la seconde majeure. Cet air s'écrit à 3 temps, comme la polonaise, mais d'un mouvement plus vif. Il possède un rythme particulier qui consiste à marquer souvent le 2e temps de la mesure; la période se termine sur le 2e temps. La danse de la mazurka tient à la fois de la valse et de la polka.

Mèche. - Faisceau de 80 à 100 crins de cheval enduits d'une pâte résineuse et tendus selon la longueur du bois de l'archet, pour mettre en vibration, par frottement, les cordes du violon et les instruments de la même famille. Dans l'archet primitif en forme d'arc, la mèche était simplement liée à chaque bout. Lorsqu'on redressa la baguette, on disposa, pour isoler la mèche, une petite cale en bois, la hausse, qui, en se perfectionnant, fut munie d'une crémaillère, puis d'une vis à écrou permettant de régler la tension des crins.

Médiante. - Troisième degré de la gamme diatonique ainsi nommé d'après sa position entre la tonique et la dominante. - Dans le chant liturgique le mot médiante désigne : 

1. la tierce au-dessus de la finale; 

2. une pause précédée d'une inflexion de la voix et pratiquée à la moitié de chaque verset dans la récitation chantée des psaumes, ou psalmodie. On distingue la médiante d'un accent, où l'on élève la voix d'un ton avant la pause, et la médiante à deux accents, où l'on élève d'abord la voix sur l'avant-dernier accent, pour ensuite l'abaisser. 

Les médiantes à un accent sont celles des 2e, 5e et 8e tons, celles à 2 accents appartiennent aux 1er, 3e et 7e tons. Dans le 4e ton, l'abaissement se fait deux syllabes avant l'accent de la médiante, et dans le 6e ton. sur la syllabe qui précède l'accent.

Meistersaenger ou Meistersinger,  en allemand : maître chanteur. Au lyrisme savant cultivé au XIIe et au XIIIe siècles par les chevaliers (minnesaenger ou chantres d'amour) succèda un lyrisme de bourgeois et d'artisans; celui des maîtres chanteurs (meistersaenger), organisés en corporations et soumis à une discipline minutieuse, qui brillèrent du XVe au XVIIe siècle. Le plus célèbre fut le cordonnier Hans Sachs.

Mélisme. - Groupe de notes de passage faisant partie obligée de la mélodie. On applique particulièrement ce nom aux dessins liés et souples qui ornent de façon si riche et si délicate un grand nombre de pièces de chant grégorien ainsi que d'oeuvres des anciennes écoles, et qui, trop développés pour pouvoir se réduire en formules et s'exprimer par signes abréviatifs, inaugurent l'art fécond de la grande variation mélodique. Les répons alleluiatiques et les graduels en offrent, dans le répertoire liturgique, les spécimens les plus frappants. Les pièces polyphoniques des anciens contrepointistes s'en inspirent directement. Pendant l'âge d'or de l'opéra italien, la part des mélismes dans le chant dramatique s'élargit jusqu'à l'abus; mais ce qui n'est, pour les virtuoses, qu'une occasion de faire briller la beauté de leur organe et la perfection de leur technique vocale, devient parfois, pour le compositeur, un puissant moyen d'expression. Mais c'est dans la musique instrumentale, surtout, que se maintiennent constamment et librement les traditions lointaines, sans cesse à nouveau vivifiées, de la mélodie mélismatique. Chez Bach, chez Beethoven, chez César Franck, leur chaîne se continue. Entre les notes radicales se glissent et s'enroulent les courbes sonores qui en achèvent le sens et la beauté. Notes de passage, mélismes, variations, la définition absolue en reste malaisée, et d'ailleurs, superflue. Leur amalgame est si fondu, leur cohésion si parfaite, qu'on voit donner, dans la langue anglaise, le nom même de mélisme à « toute espèce d'air ou de mélodie qui ne consiste pas en une pure déclamation ».  (M. B.).

Mélodie. - Succession de sons qui, aidés par le rythme, dont la mélodie ne saurait en aucune manière se passer, forment un sens musical plus ou moins agréable à l'oreille. La mélodie est l'art musical même, et la science musicale n'y entre pour rien. Aussi a-t-on vu des musiciens très médiocres, comme Jean-Jacques Rousseau, inventer de jolies mélodies. Toutefois, de telles mélodies sont courtes, sans développement. Une oeuvre, en effet, quand elle prend certains développements, doit être conduite avec art, pour qu'elle ne soit pas gauche et lâche. De plus, la musique, même au seul point de vue mélodique, ne se borne pas à des manifestations si rudimentaires. Elle prend souvent des proportions plus ou moins considérables, et atteint à certaines complications. Il faut alors envisager l'enchaînement mélodique, c'est-à-dire la succession de plusieurs mélodies ayant entre elles une étroite affinité en ce qui concerne le dessin et le rythme.

Mélodrame. - Autrefois, drame accompagné de musique instrumentale. Aujourd'hui. drame d un caractère populaire, où sont accumulées les situations violentes et les péripéties imprévues.   - Court morceau symphonique qui, dans une pièce, souligne certaines situations.

Mélopée. - Sorte de déclamation musicalisée en usage chez les Grecs et dont le nom a été quelquefois appliqué à des récitatifs mélodiques de formes libres ou vagues. Le même mot, par catachrèse, désigne quelquefois la mélodie elle-même. Mais les applications en dehors de l'art de l'antiquité sont tellement incertaines, qu'on entend d'autre part les amateurs l'appliquer aux chants qu'ils accusent de « manquer de mélodie ».

Méloplaste. - Procédé d'enseignement inventé, a-t-on dit, par Galin (mort en 1822), et vulgarisé par son élève Geslin en 1825. Il consiste à rendre sensible à l'oeil de l'élève les distances des tons et demi-tons qui séparent chaque degré de la gamme. par le moyen de lignes, horizontales comme celles de la portée, mais distantes entre elles comme le sont les divers intervalles. En réalité, ce système d'enseignement, moins le nom, se trouve dans nombre de méthodes de chant du Moyen âge et est encore préconisé en 1749 par Lebeuf. La méthode du méloplaste, depuis longtemps oubliée, obtint un succès de vogue pendant quelques années et se répandit surtout en Angleterre.

Ménestrandie. - Ancien nom français par lequel les écrivains des XIVe-XVe s. désignent l'exercice de la profession musicale. Froissart parle entre autres plusieurs fois de « grand-foison de ménestrels » faisant « leur devoir de leur ménestrandie » dans les fêtes publiques. Au XVIIe s., Couperin intitule « les Fastes de l'ancienne Ménestrandise » une composition descriptive et à demi satirique pour le clavecin.

Ménestrel. - Au Moyen âge, poète ou musicien qui composait des vers et allait les chanter dans les châteaux. Le mot ménestrel signifiait à l'origine « serviteur attaché à la personne du maître » : peu à peu il en vint à désigner le serviteur, spécialement chargé des divertissements. Dans ce dernier sens, jongleur et ménestrel' furent, longtemps synonymes. Vers le XIVe siècle cle, le mot ménestrel commença à être réservé aux chanteurs ou musiciens engagés, par un grand seigneur. En 1397, les ménestriers - ainsi s'appelèrent dès lors les ménestrels - fournirent une corporation qui avait à sa tête un roi nommé par le roi de France lui-même. Cette corporation fut assez bruyante, par suite de ses démêlés avec les autres musiciens, qu'elle voulait ranger sous sa bannière. Réorganisée par Louis XIV en 1707, elle disparut à la Révolution.

Menuet. - Sorte de danse élégante et grave à évolutions et à révérences. Le menuet est l'une des plus anciennes et des plus jolies danses françaises. Il tire son nom des petits pas menus et serrés dont elle se compose. Le menuet est écrit à trois temps, dans un mouvement modéré, avec des motifs de quatre ou huit mesures. Les anciens opéras de Lulli, de Campra, de Rameau, de Gluck, sont fertiles en menuets, dont plusieurs sont de véritables bijoux. Dans la musique instrumentale, citons les menuets des suites de Bach et de Haendel, ainsi que ceux, si gracieux, des symphonies de Haydn et le célèbre menuet d'Exaudet.

Merula, en latin = merle. - Nom donné quelquefois à un jeu d'orgue destiné à imiter le chant des oiseaux et qui est appelé également Avicinium.

Messe. - Execution en musique de certaines parties de la messe : le Kyrie, le Gloria, le Credo, le Sanctus et l'Agnus Dei. C'est à Palestrina que l'on doit le maintien de la musique figurée pour traiter ces textes liturgiques. Il écrivit un grand nombre de messes, notamment la Messe du pape Marcel. Depuis, le nombre des messes en musique, est incalculable. Il suffit de citer celles de Bach, Haydn, Mozart, Beethoven, le P. Martini, Scarlatti, Paesiello, Cherubini, Le Sueur, Gounod, etc.

Méthode. - Ouvrage d'enseignement, rassemblant dans un ordre logique les connaissances nécessaires à la pratique d'une branche de la théorie ou de l'exécution musicales. Dans les années qui suivirent la fondation du Conservatoire de Paris, ses professeurs rédigèrent une série de méthodes pour le chant et les instruments. Elles sont restées le type sur lequel ont été composées la plupart des méthodes publiées en France au XIXe s. 

Mètre. - En poésie, c'est le nombre et disposition des pieds composant le vers. Les analogies du mètre poétique et de la mesure musicale ont conduit  à chercher rendre plus étroites par la composition d'oeuvres vocales spécialement adaptées aux formules métriques,  ou bien à découvrir l'influence de celles-ci dans les productions instrumentales. 

Métronome. - Instrument employé pour indiquer les divers degrés de vitesse du mouvement musical. Le métronome, dû à Maelzel, consiste essentiellement en un mouvement d'horlogerie muni d'un balancier, recouvert d'une enveloppe en bois, de forme pyramidale. Lorsqu'on veut sen servir, on enlève d'abord un fragment de la face antérieure de l'enveloppe; on remonte l'instrument à l'aide d'une clef, et l'on donne la liberté à une petite tige graduée, qui est la partie visible du balancier. Un contre-poids, mobile sur cette tige, permet de modifier la vitesse de ces oscillations. L'indication métronomique en tête d'un morceau de musique se fait à l'aide d'un note (ou d'une mesure) et d'un numéro.

Mettre en partition. - Noter les parties simultanées d'une composition musicale en les superposant dans un ordre régulier et qui permette à la vue d'en embrasser l'ensemble. Les oeuvres anciennes, vocales ou instrumentales, étaient, de la fin du XIIIe s. jusqu'au commencement du XVIIe s., copiées ou gravées en parties séparées. Leur mise en partition est une opération indispensable pour le jugement et l'usage modernes, mais délicate et qui exige une connaissance approfondie de la notation et des procédés de composition des anciennes écoles.

Mezzo, en italien = moyen. 

Mezzo forte = modérément fort. 

Mezzo soprano, et souvent, par abréviation, mezzo, voix de femme, intermédiaire entre le soprano et le contralto

A mezza voce = à voix moyenne, à demi-voix.

Mi. - Nom de la troisième note de la gamme diatonique, dans la terminologie guidonienne.
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Notation de la note Mi.
Mi.

La corde du violon que l'on appelle la chanterelle donne à vide la note mi.

Miaulement. - Cri du chat, que l'on traduit par l'onomatopée miaou. Par dérision, le chant ridicule d'une cantatrice inexpérimentée. Au XVIIe s., agrément usité dans le jeu de la guitare et consistant en un effet de tremblement obtenu par un tremblement de la main droite sur la corde. Robert de Visée le marque dans ses Pièces (1682) sous le nom de Miolement.

Militaire (musique). - De tout temps les armées ont marché au combat aux sons d'une musique guerrière; mais il serait impossible de déterminer comment les corps de musique étaient composés avant l'âge moderne. Les peuples de l'antiquité avaient des tambours, des trompettes, des clairons, des buccines, des cors, des cornets, des flûtes, et les voix se joignaient même aux instruments, puisque l'on exécutait des chants en l'honneur de Mars, de Castor et de Pollux. Nous savons que les tambours, au lieu d'être placés en tête des corps, se trouvaient par derrière. La même incertitude existe au sujet des musiques militaires du moyen âge. A partir du XVIe siècle, les généraux en France ont entretenu pour leurs armées un certain nombre de musiciens. Dans la musique du grand Condé se trouvaient des violons, et l'on en vit 24 accompagner le régiment de Champagne pour ouvrir les travaux de tranchée au siége de Lérida : les violons eurent longtemps leur rôle, puisqu'il en existait encore dans quelques régiments pendant les premières années de la République. Mais, en général, c'étaient les tambours qui marquaient la marche et battaient la charge, avec accompagnement de fifres et de hautbois. Le hautbois fut admis dans les régiments français à la fin du règne de Louis XIII; les timbales parurent sous Louis XIV, en 1692, dans les musiques de cavalerie; l'introduction du basson, du cor et de la clarinette date des premières années du XVIIIe siècle, et celle des instruments de cuivre à clefs, de 1770 environ. Puis vinrent successivement les trombones, les ophicléides, les cornets à pistons, et enfin, au XIXe siècle, les saxhorn et les saxophones.

Minerve (chant de), en latin Canticum ou Nomus Minervae, chant grec, composé par Olympe, qui vivait sous le règne de Midas. II fut conservé, avec sa musique, pendant plusieurs siècles.

Mineur. - Qualificatif de l'un des deux modes de la musique moderne, caractérisé par la situation des demi-tons entre le 2e et le 3e et entre le 5e et le 6e degrés; des intervalles moindres d'un demi-ton que ceux de même nom dans le mode majeur, à savoir la tierce, lorsqu'elle se compose d'un ton et demi, au lieu de 2 tons et la sixte. 

Minime. - Figure de note évidée, à queue, en forme carrée, posée sur l'un de ses angles, qui exprimait la plus petite de toutes les valeurs employées dans la notation proportionnelle. On en lit dériver au XVIIe s. la minime crochue, dont la queue était munie d'un crochet. 

Minnesaenger - ou Minnesinger. - Trouvère allemand du Moyen âge. Walter de la Vogelweide est un des plus fameux minnesaenger.

Mirliton. - Instrument popuaire ou enfantin, dit Flûte à l'oignon, fait d'un tube de roseau fermé aux deux bouts par une pellicule de baudruche, ou une peau d'oignon, ou une rondelle de papier huilé, et percé latéralement, près des deux extrémités, de deux ouvertures opposées, sur l'une desquelles on appuie les lèvres en chantant sans paroles. Le son est caricatural. L'habitude des fabricants d'enjoliver le tube de roseau en le recouvrant de bandelettes imprimées portant des sentences a provoqué l'expression : « vers de mirliton ».

Mirologue (du grec moïra, destin, mort, et logos, discours), nom qu'on donne, chez les Grecs modernes, a un chant funèbre par lequel on déplore la mort d'un parent. Ce sont les femmes qui composent et chantent les mirologues. Ce genre d'élégie est une tradition de l'Antiquité : dans l'Iliade d'Homère, la famille de Priam exprime ses lamentations sur le corps d'Hector; le monologue que Sophocle prête à Électre, pleurant sur l'urne qu'elle croit renfermer les cendres d'Oreste, est un véritable mirologue.

Miserere. - Musique composée sur les paroles du 50e psaume de David, qui commence en latin par ce mot. 

Missel. - Livre liturgique, contenant le texte et les chants de Ia messe. Le Missel plénier fut formé au XIe s. par la réunion du Lectionnaire, de l'Ordo et du Graduel, ou Antiphonaire des messes. Mais le missel à l'usage du célébrant ne porte d'autre notation musicale que celle des intonations, de la préface, du Pater et de quelques versets.

 Mixte. - Qui est composé d'éléments différents. Choeur à voix mixte, celui qui réunit des voix d'hommes et de femmes. Mode mixte, dans le chant liturgique, celui qui mélange le mode authente et son plagal dans le cours d'une même mélodie. Le Mode mixte, proposé par Blainville en 1751, était une gamme de mi sans accidents, avec le demi-ton entre le 1er et le 2e degrés. 

Mixture. emprunté à l'allemand mixtur. - Terme de la facture d'orgue allemande, employé par quelques organistes et organiers français, pour désigner diverses fournitures . Les mixtures, jeux de mutation composés, produisent ordinairement, au-dessus du son fondamental, la double octave, la double quinte et la triple octave.

Modal. - Qui appartient au mode. Dans la tonalité moderne, on nomme notes modales celles qui distinguent le mode majeur du mode mineur, soit la tierce et la sixte.

Modalité. - Système de classement des sons de l'échelle diatonique créant, dans l'étendue d'une octave, autant de modes différents qu'il y a de combinaisons dans l'emplacement des demi-tons. La musique homophone de l'Antiquité et du haut Moyen âge se mouvait dans l'intérieur de chaque mode, sans passer de l'un à l'autre. L'éclosion de l'art harmonique remplaça ce système par celui de la tonalité moderne, fondé sur un mode unique, le mode majeur, et son dérivé, le mode mineur, avec faculté de moduler d'un mode à l'autre et d'un ton à l'autre de chacun.

Mode. -Façon dont le ton est constitué d'après la disposition des intervalles dont la gamme est formée, disposition qui le caractérise d'une façon souveraine et immuable. Il y a deux modes : le mode majeur et le mode mineur. Voici comment on reconnaît la modalité d'un morceau, c'est-à-dire le mode dans lequel il est écrit. Lorsque la première tierce de la gamme est majeure et, par conséquent, composée de deux tons, la gamme est majeure, le mode majeur. Quand la première tierce de la gamme est mineure et que, par conséquent, elle ne comprend qu'un ton et demi, la gamme est mineure, le mode est mineur. Le mode est donc caractérisé par la position du premier demi-ton de la gamme.

Modinhas, nom que l'on donne au Portugal à des chansonnettes qui s'exécutent à une ou deux voix, avec accompagnement de guitare ou de piano.

Modulation. - Passage d'un ton dans un autre, à l'aide des procédés et des artifices qu'enseigne la science de l'harmonie. Les modulations les plus simples et qui peuvent se faire à l'aide d'un seul accord de transition sont celles qui se produisent dans les cinq tons voisins, c'est-à-dire au ton relatif (majeur ou mineur) du ton principal, et aux tons majeurs ou mineurs, qui ont, dans l'armature, un dièse ou un bémol de plus ou de moins que ce ton principal. Ainsi, de do majeur à la mineur, de do majeur à sol majeur ou mi mineur, un seul accident (fa dièse), de do majeur à fa majeur ou ré mineur, un accident, (si bémol). La, modulation la plus naturelle a lieu par quintes ascendantes ou descendantes. Le premier cas amène un dièse de plus à la clef; le second, un bémol de plus. Quand les tons sont dits éloignés les uns par rapport aux autres, c'est-à-dire lorsqu'ils différent par plus d'un accident dans l'armature, les modulations présentent certaines complications d'autant plus grandes que la parenté est plus éloignée entre les tonalités que l'on veut rapprocher. Parmi les nombreuses modulations aux tons éloignés, la plus simple est la modulation par le changement de mode de do majeur en do mineur ; de sol mineur en sol majeur, etc.). Pour qu'il y ait changement de ton avec modulatiou, il faut que l'accord parfait du ton que l'on quitte conserve, dans celui où l'on entre, au moins une note commune aux deux accords. Mais il est utile aussi qu'une ou deux notes caractéristiques du nouveau ton soient entendues dans l'accord ou les accords de transition note sensible et altérations inhérentes au ton dans lequel on entre).

Monférine ou Montferrine. - Danse populaire de la Lombardie et du Piémont. La musique en est gaie, d'un mouvement très vif, et mesurée à 6/8. Elle se divise en deux reprises composées chacune de 8 mesures, et de ces reprises au répète seulement la dernière. Muzio Clementi a écrit des monférines pour le piano.  Sa mélodie fut introduite en Angleterre, dans les premières années du XIXe s. pour servir de contredanse

Monocorde. - Instrument composé d'une corde unique tendue sur une caisse de résonance, employé depuis le temps de Pythagore pour la mesure des intervalles musicaux. On le construit aujourd'hui, sous le nom de monocorde ou sous celui de sonomètre, avec l'addition d'une deuxième corde parallèle à la première, pour laquelle elle fournit un moyen de contrôle. Au Moyen âge, un monocorde de grandes dimensions, se jouant avec un archet, servait de basse aux instruments prédécesseurs du violon, la rota, la gigue, la rubèbe, la vièle à archet. On le voit assez souvent figuré dans les concerts angéliques des peintres du XVe s. Il a été plus tard appelé trompette marine.

Monodie. - Nom adopté, par opposition à celui de polyphonie, pour désigner le style de composition à voix seule avec accompagnement instrumental dont Caccini fit les premiers essais à Florence, en 1575 et dont les plus anciens et les plus intéressants monuments sont réunis dans son recueil de Nuove Musiche (1602). Ce style, en se substituant peu à peu à celui du madrigal à plusieurs voix, donna naissance aux formes du récitatif et de l'air de la cantate et de l'opéra.

Monstre. - Couplet formé de syllabes quelconques, souvent dépourvues de sens, qu'un musicien donne au librettiste afin de lui indiquer la mesure qu'il doit donner à ses vers pour les adapter à une mélodie préconçue, On raconte que Meyerbeer fournissait des monstres à Scribe.

Montre. - Rangée de tuyaux formant façade dans un buffet d'orgue. Les tuyaux de montre appartiennent au Principal. On les fait en étain poli. Dans quelques buffets anciens, ils recevaient une ornementation de couleurs et d'ors. Leur dimension sert à dénommer l'importance de l'instrument. Un orgue de 32 pieds en montre est un instrument des plus grandes proportions, dont les plus grands tuyaux, souvent disposés en forme de tourelles, mesurent environ 32 pieds de longueur, non comprise la partie conique qui en forme le pied, ou, au total, environ 12 mètres sont les plus généralement répandus dans les grandes églises de France. Les chapelles et petites églises ont des montres de 8 ou de 4 pieds. Les nécessités de la symétrie conduisent parfois les architectes à placer dans la façade d'un buffet quelques tuyaux muets. On signale, dans quelques églises d'Espagne, des montres tout entières fictives, simulant un second orgue placé en face de l'orgue véritable, aux deux bras du transept. Une particularité du buffet d'orgue de Lunéville, construit par Dupont (1749), est de n'avoir aucun tuyau en montre

Morceau. - Partie, complète en elle-même, d'un ouvrage de musique : le premier morceau d'une symphonie, un morceau d'opéra.  - Un morceau est aussi une pièce quelconque de musique : un morceau de piano, un morceau de chant, etc.

Mordant. - Signe d'ornement (), qui, placé sur une note, indique une sorte de trille brisé et non terminé.

Morisque. - Danse fameuse au Moyen âge, importée d'Espagne et tirant son nom des Maures, dont le souvenir se conservait dans les traditions de son exécution. Thoinot Arbeau, dans son Orchésograpthie (1588), parle de morisques dansées, à l'époque de sa jeunesse, par « un garçonnet machuré et noircy  », ayant des grelottières aux jambes et marquant le rythme par des « tapements de pieds », sur un motif de la plus extrême simplicité, en mesure binaire. Déjà en 1410 et 1430, des morisques étaient dansées à la cour de Bourgogne, en costumes « d'estrange fachon  ». La moresca était en usage en Italie, aux XVIe et XVIIe s., pour finir une fête ou une comédie; elle formait alors une sorte de ballet, sur un plan développé, avec plusieurs thèmes se succédant ou se reprenant. Sa mesure, toujours binaire, mais rythmée en deux triolets, passe pour avoir une relation avec la sicilienne, d'origine plus récente. Monteverdi a placé une .morisque à la fin de son Orfeo (1607). Mersenne donne un thème de morisque. Parmi les danses populaires en Angleterre, subsiste une Morris dance liée aux coutumes des fêtes de mai, dont l'usage remonte, assure-t-on, au XIVe s. et qui, s'exécute sur des airs de flûte ou de fifre avec tambour, différents selon les provinces.

Motet. - Morceau de musique religieuse vocale, composé sur des paroles liturgiques latines. La forme du motet est indéterminée. Il il est à une ou plusieurs voix, avec ou sans accompagnement d'orgue ou d'orchestre. Parmi les principaux compositeurs de motets, il faut cite r: Lulli. Moreau, Cherubini, Martini, Gounod, Vincent d'lndy. etc.

Motif. - Phrase ou fragment de phrase musicale sur lequel le compositeur établit les développements de son oeuvre. Par l'emploi ingénieux d'un terme de biologie, V. d'Indy a qualifié de « cellule » le motif réduit à sa formule essentielle. Le nom de Leit-motiv, littéralement « motif conducteur » a été créé par R. Wagner pour désigner les thèmes par lesquels il a personnifié les acteurs ou symbolisé les principes ou les situations de ses drames. Plus généralement, le langage commun nomme motif tout dessin mélodique prenant un certain relief dans une oeuvre musicale. C'est en ce sens que ce mot a été souvent employé au titre de morceaux intitulés fantaisie ou variations sur un motif, ou sur des motifs, de tel ou tel opéra.

Mouvement. - Degré de vitesse ou de lenteur de la mesure.

Muance. - Procédé employé dans la pratique de la Solmisation, qui gouverna l'enseignement musical au Moyen âge, pour substituer un hexacorde à l'autre. La muance s'opérait par le moyen du demi-ton, auquel étaient constamment affectés les noms de mi-fa. Ainsi, de l'hexacorde naturel, les notes sol la si devenaient, en passant dans l'hexacorde mou, sol mi fa (= sol la si bémol). Une suite de notes que nous lisons fa si bémol sol la, était solfiée fa fa (sic) sol la, avec une quarte entre les deux muances de fa. On a dit aussi : mutation.

Musette. - Instrument de musique champêtre, composé d'un ou de deux tuyaux appelés chalumeaux, d'un ou de deux autres,
les plus grands nommés bourdons, d'une outre en peau qui contient l'air et le communique aux chalumeaux, enfin d'un petit tuyau qui sert introduire l'air dans l'outre.  - Musette ou hautbois pastoral : sorte de petit hautbois, avec ou sans clef, percé de six trous d'un côté et d'un seul de l'autre.  - On appelle aussi musette une composition musicale d'allure modérée, écrite a deux ou trois temps et d'un caractère simple et naïf. - Bal musette, bal où l'on danse au son de la musette. 

Music-hall. - Etablissement pourvu d'orchestre, où les spectacles se composent de chants, danses, exercices d'acrobatie, etc.

Musicien. - Qui sait l'art de la musique. - Personne dont la profession est de composer ou d'exécuter de la musique.

Musicographie. -  Art d'écrire sur la musique.

Musicologie. - Science de la musique.

Musique. - Art de combiner les sons d'une manière agréable à l'oreille. - Genre de compositions musicales. - Ensemble des caractères au moyen desquels on traduit les conceptions musicales.

Mutation. Changement que subit la réponse d'une fugue, par rapport au sujet, toutes les fois qu'elle.module au ton de la dominante ou de celui-ci au ton principal. (Jeux d'orgue et muances).

Mystère. - A la fin du Moyen âge, on désigne sous ce nom une vaste composition dramatique à caractère plus ou moins religieux, et qui étaient l'occasion d'exécutions de morceaux musique à l'orgue ou à d'autres instruments


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Dictionnaire Musiques et danses
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