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Musique d'église,
musique spécialement destinée à l'usage du culte chrétien.
Elle comprend les messes, vêpres, motets, psaumes, cantiques, litanies,
chorals, oratorios, ainsi que les pièces d'orgue. On la nomme encore
Musique sacrée ou religieuse. La musique d'église ne fut
d'abord que le plain-chant. Pendant le Moyen âge, on vit s'introduire
dans le chant religieux une foule, de singularités, telles que les
Épîtres
farcies, et la prose de la fête de l'Ane.
Puis on fit sur le plain-chant une harmonie barbare, appelée en
Allemagne diaphonie, triphonie ou tétraphonie, selon qu'elle était
à 2, 3 ou 4 parties, et en France déchant.
Au XVe
siècle, un usage bizarre se répandit parmi les compositeurs:
ce fut de prendre pour thème de leurs messes et de leurs motets
les airs de chansons mondaines, et de donner pour titre aux ouvrages de
musique religieuse les premiers mots de ces chansons. Ainsi, on eut les
messes Amour me bat de Josquin Després, A l'ombre d'un
buissonnet de Brumel, Dites-moi toutes vos pensées de
Jean Mouton, Baisez-moi, ma mie, de Pipelare, etc. La Chanson
de l'Homme armé a fourni le thème de plus de 200 messes
à des musiciens italiens, français et belges.
Le pape Marcel était décidé,
en 1555, pour faire cesser ce scandale, à ne conserver que le plain-chant
pur et simple dans l'office divin, et la bulle de suppression de la musique
était prête, lorsque Palestrina
présenta sa messe à 6 voix, dite Messe du pape Marcel.
Elle parut si belle et si noble, que le pontife abandonna son projet. Palestrina
opéra une révolution complète dans le style musical
: au lieu de faire, avec le style fugué, les espèces de tours
de force et de logogriphes qui avaient discrédité ses prédécesseurs,
il l'employa avec pureté, sans nuire à la gravité
du genre sacré, et, bien que l'harmonie se soit enrichie de combinaisons
nombreuses, bien que l'art du chant et celui de l'accompagnement aient
fait de merveilleux progrès, ses ouvrages, bien exécutés
par des masses chorales, sont encore susceptibles d'émouvoir aujourd'hui,
Jean-Marie Nanini et son neveu Bernard Nanini ne sortirent pas de la voie
que Palestrina avait tracée à l'école romaine.
Dans la seconde moitié du XVIe
siècle, diverses causes amenèrent de nouveaux changements
dans le style de la musique religieuse. D'abord, l'harmonie dissonante,
naturelle et sans préparation, que Claude Monteverde avait trouvée,
s'y introduisit peu à peu. Puis, en Allemagne, Luther, élève
et ami du savant musicien Senfel, substitua dans les prières la
langue vulgaire au latin et la musique rythmée au plain-chant :
abandonnant le style des vieux maîtres de l'école gallo-belge,
Gumpeltzhaimer, Hasler et Erbach créèrent une école
allemande, qui surpassa celle de Palestrina pour la richesse et la variété
de l'harmonie. Zarlino prétend que Willaert fut l'inventeur de la
musique d'église à plusieurs choeurs; mais aucune composition
du musicien belge en ce genre n'a été publiée, et
bien des années s'écoulèrent avant que Benevoli, élève
de Bernard Nanini, s'exerçât à écrire pour 4,
5, 6 et même 9 choeurs.
L'invention de la basse continue et la
naissance du drame musical donnèrent l'idée d'introduire
des accompagnements dans le style religieux. C'est ce que fit Carissimi.
S'il enleva par cette innovation à la musique d'église un
peu de sa gravité, il lui donna une variété plus grande,
et ouvrit la voie à des effets inconnus jusque-là; il eut,
d'ailleurs, le soin de ne pas faire jouer continuellement les instruments
d'orchestre, et de les faire alterner avec l'orgue. Carissimi a aussi essayé,
dans son Stabat, d'appliquer à la musique sacrée les
formes du genre dramatique. Alexandre Scarlatti, son élève,
alla plus loin encore : les instruments ne faisaient que suivre les voix;
il imagina de leur donner des parties distinctes.
Dans cette route s'engagèrent Marcello,
Leo, Pergolèse, Durante, Jommelli, etc., et ce style nouveau prit
le nom de style concerté. Jusque-là les maîtres avaient
cru que le genre de la musique d'église devait être pompeux
ou religieux, mais ils n'avaient point pensé à le rendre
dramatique : Mozart, Haydn, Cherubini
conçurent cette musique d'une manière toute dramatique ce
qui a exigé beaucoup plus de développement, puisqu'il faut
peindre une foule d'oppositions indiquées par les paroles sacrées.
Lesueur alla même jusqu'à vouloir donner à la musique
religieuse un caractère constamment imitatif. Parmi les compositeurs
du XIXe siècle qui ont le mieux
écrit pour l'église, on remarque
Hummel,
Neukomm,
Novello. |
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