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Fugue (du
latin fuga, fuite), composition musicale dans laquelle un motif
de quelques mesures, appelé sujet ou thème, est reproduit
à la quarte, à la quinte ou à un autre intervalle,
par une autre partie qui semble poursuivre la première. Cette transposition
du sujet se nomme la réponse. L'accompagnement de la réponse
ou du sujet porte le nom de contre-sujet. La fugue est dite réelle,
lorsque la réponse est exactement semblable au sujet transposé,
et tonale, quand la réponse en diffère quelque peu. Pour
donner aux fugues une étendue convenable, en module, et on reproduit
le sujet et la réponse dans plusieurs tons. Les phrases qui servent
à séparer et à relier les reprises du sujet s'appellent
épisodes ou divertissements : ces imitations doivent avoir quelques
rapports avec le sujet et le contre-sujet. La strelle est la partie de
la fugue où les imitations se succèdent plus serrées
et plus vives. Enfin la fugue est terminée par quelques mesures
auxquelles on donne pour base la dominante suivie de la tonique
ou simplement la tonique elle-même : cette basse est appelée
pédale.
On nomme contre-fugue, fugue à l'inverse
ou par mouvement contraire, celle dans laquelle les mouvements qu'opèrent
les intervalles dans la marche du sujet primitif s'imitent en sens contraire,
c.-à-d. qu'à une seconde, une quarte ou une quinte descendante
on fait imitation en montant par de semblables intervalles et de même
valeur. Dans la fugue par aggravation, on reproduit le sujet en doublant
de valeur chacune de ses notes, c.-à-d. que d'une blanche on fait
une ronde, d'une noire une blanche, etc. La fugue par diminution dédouble
les valeurs du sujet, c.-à-d. qu'on répond à une ronde
par une blanche, à une blanche par une noire, etc. La fugue par
syncopation ne fait entendre tous les intervalles du sujet qu'à
contre-temps, c.-à-d. chacun une demi-mesure plus tard : comme on
place au temps faible de la mesure les intervalles qui, dans le sujet donné,
étaient placés au temps fort, et réciproquement, les
résolutions de l'harmonie sont déplacées, et deviennent
souvent vicieuses, impraticables même.
La fugue ne peut guère être
employée avec succès dans la musique dramatique, parce qu'il
faudrait la faire chanter par des personnages animés du même
sentiment: sa marche très développée nuirait, d'ailleurs,
a l'intérêt de la scène. Mais, dans la musique d'église,
elle produit de beaux effets, d'un ordre tout particulier. On doit convenir,
toutefois, que les beautés de la fugue sont de celles qu'on ne peut
goûter qu'après s'y être accoutumé, parce que
la complication de leurs éléments demande une oreille attentive
et exercée.
La fugue a été cultivée
depuis le XVIe siècle, principalement
par les organistes. Les maîtres qui ont composé les plus belles
fugues, tant vocales qu'instrumentales, sont : Palestrina,
Vittoria, Scarlatti, Porpora, Clementi, Sébastien
Bach, Handel, Haydn, Mozart, Eberlin, Albrechstberger,
Schneider, Rinck, Séjan,
Cherubini.
On entend par morceau fugué une
pièce de musique dans laquelle on remarque le style de la fugue,
sans que les règles soient rigoureusement observées. Les
phrases mélodiques y sont soumises à des imitations et passent
successivement dans chacune des parties. Les compositions de ce genre sont
dites alla Palestrina, du nom de ce maître qui y excellait.
(F. C.).
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En
bibliothèque - Les meilleurs
traités classiques de fugue sont ceux de Marpurg, Berlin, 1756;
de Langlé, Paris, 1805; de Reicha (Traité de haute composition
musicale, Paris, 1824, 1826); de Fétis (Traité de
la fugue et du contrepoint, Paris, 1825); de Cherubini (Méthode
de contrepoint et de fugue, Paris, 1835); de Moncouteau (Traité
de la fugue, Paris, 1858). |
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