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Hymne (du
grec hymnos). - Louange en vers adressée à une divinité .
Les premiers hymnes eurent un caractère exclusivement religieux.
Ceux d'Orphée
étaient célèbres dans l'antiquité, mais on
n'en a rien conservé. Les chants des Saliens
et le Chant arval
( Arvales ),
à Rome, étaient des hymnes. Chez les Hébreux, les
cantiques
de Moïse
et de Débora
sont aussi de véritables hymnes, Les hymnes qui nous sont arrivés
sous le nom d'Homère ne sont déjà
plus exclusivement religieux : on y développe les aventures des
dieux et des déesses de l'Olympe .
Chez Pindare et Callimaque,
ils prennent encore un caractère littéraire plus prononcé.
Le bel hymne attribué au stoïcien
Cléanthe en l'honneur de Jupiter
a plutôt un caractère philosophique que religieux, au sens
que le vulgaire donne à ce dernier mot, sous le nom populaire de
Jupiter, il chante la toute puissance, l'immensité, la providence
de Dieu ,
tel que le conçoit la raison. Citons aussi Mésonide, dont
on a un hymne à Némésis ,
et Aristide, auteur de deux hymnes, l'un à
Jupiter, l'autre à Minerve .
Les hymnes recevaient des noms spéciaux selon le dieu qu'ils célébraient
: c'était le Péan pour Apollon ,
le Dithyrambe pour Bacchus ,
etc.
Les chrétiens
ont donné aussi le nom d'hymne aux petits poèmes consacrés
à la louange de Dieu ou des saints. L'hymne chrétienne (car
un usage bizarre a voulu que les hymnes de l'Église fussent du féminin,
et les hymnes antiques du mascu!in) est exclusivement religieuse et morale
: elle témoigne de la reconnaissance, de l'amour et du respect des
hommes pour les bienfaits de la Divinité. Les hymnes les plus connues
sont : celles de St Ambroise; Aurora coe
coelum purpurat, Conditor alme siderum, Christe redemptor omnium, etc.;
celle de Prudence en l'honneur des Innocents
martyrs, Salvete flores martyrum, inspirée par une foi naïve,
et écrite avec une grâce charmante; celles de St
Grégoire, Lucie Creator optime, Audi bénigne conditor,
Te lucis ante terminum, etc.; le Vexilla régis, de Fortunatus;
le Pange lingua, de Claudien Mamert; le Veni creator, attribué
à Charlemagne, etc. Sedulius, Paul
Diacre, Saint Thomas, ont aussi composé
des hymnes. Dans les temps modernes on a beaucoup vanté celles de
Coffin et de Santeul; elles sont ingénieusement écrites,
mais le style en est trop savant et parfois maniéré.
Dans les premiers siècles, le mètre
affecté généralement à l'hymne était
l'iambique de quatre pieds (Salvete flores martyrum; Vexilla régis
prodeunt, Santeul et Coffin ont employé une plus grande variété
de mètres. Il y a rarement plus de 6 stances de 4 vers dans une
hymne; la dernière est une paraphrase du Gloria patri. Quant
aux hymnes du moyen âge, on y trouve généralement la
numération des syllabes et la rime substituées à la
mesure. (P.).
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En
bibliothèque - Wimfelingius,
De
hymnorum auctoribus, Strasbourg, 1515, in-4°; Kries, De hymnis
veterum, Goettingen, 1748, in-4°; Sneedorf,
De hymnis veterum
Graecorum, Copenhague, 1786, in-8°; Souchay,
Sur les hymnes
des Anciens, dans les Mém. de l'Ac. des Insc. et Belles-Lettres,
t. XVIII et XXIV).
En
librairie - Novalis, Hymnes à
la nuit, Mille et Une Nuits, 2002. - Homère, Hymnes,
épigrammes, la Batrakhomioakhie, Paléo, 2001. -Friedrich
Hölderlin, Odes, Elégies, Hymnes, 1993.
Jacques
Lacarrière, Orphée, Hymnes, discours sacrés,
Imprimerie nationale, 1995.
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