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O

O. - On désigne dans le chant liturgique, sous le titre les O de L'Avent, les antiennes qui commencent par l'exclamation O, et sont chantées avec un ordre spécial pendant les jours qui précèdent Noël.

O a été vu comme le chiffre du temps parfait, dans la notation proportionnelle; mais la figure qui ordonne ce temps affecte plutôt la forme d'un cercle, considéré comme le signe de la perfection. 

Ocarina. - Instrument de musique en terre cuite, de forme ovoïde, muni d'une tubulure servant de tuyau d'insufflation et dirigeant le courant d'air contre un biseau semblable à celui des flûtes à bec. L'instrument est percé de huit trous dont le diamètre décroissant fournit une gamme diatonique ascendante d'une octave. On fabrique des ocarinas de diverses grandeurs correspondant à divers tons. L'invention de l'ocarina date de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle est due à un Italien, Donati. Ce petit instrument a eu quelque succès dans les  milieux populaires.

Octava, s'emploie pour indiquer une partie instrumentale qu'il faut jouer à l'octave de la note écrite en abrégé 8va. - On donne aussi le nom d'octava à un jeu d'orgue sonnant quatre pieds.

Octave. - Intervalle de huit degrés, redoublement de l'unisson, constitué dans la proportion du simple au double, 1 : 2. En savarts, 301. L'octave contient 5 tons et 2 demi-tons diatoniques. L'octave diminuée, ut-ut , contient 4 tons et 3 demi-tons diatoniques; l'octave augmentée ut-ut #, 5 tons, 2 demi-tons diatoniques et 1 demi-ton chromatique. Les règles du style rigoureux défendent de faire entendre, dans une composition harmonique, plusieurs octaves de suite, surtout par mouvement direct ou parallèle. Elles défendent également d'amener entre la partie haute et la partie grave une consonance parfaite (octave ou quinte) par mouvement direct, quand la partie haute procède par degrés disjoints. Le résultat de cette marche des parties serait de produire une suite d'octaves cachées, c'est-à-dire non écrites, mais que l'on trouverait en ajoutant les notes nécessaires pour que les deux parties marchassent par degrés conjoints. L'expérience a montré qu'un son placé à l'octave supérieure d'un autre exécute, dans le même temps, un nombre de vibrations précisément doubles. Le principe de l'identité des octaves, établi par les div sions de la corde vibrante 1 : 2 : 4 : 8, recueilli par Rameau dans l'Abrégé de Descartes (esquissé déjà par de plus anciens théoriciens) est devenu le fondement du système de la basse fondamentale de Rameau. (Michel Brenet).

Octavier. - Se dit d'un tuyau d'orgue ou d'instrument à vent qui rend, au lieu du son fondamental, comme premier son, l'octave (2e harmonique). Cette propriété s'obtient en perçant le tuyau d'un petit trou à la moitié de sa longueur. Il se forme ainsi un ventre de vibration qui partage le tuyau dans la proportion requise pour la production du 2eharmonique. On applique ce principe à la construction des jeux d'orgue dits flûte harmonique, flûte traversière, flûte octaviante, etc., leurs tuyaux sont plus longs que d'ordinaire, percés d'une petite ouverture au 1er noeud de vibration, et alimentés par un vent de pression plus fort; ils étaient connus, semble-t-il, dès le XVIe siècle, et certainement du temps de Dom Bedos (1766), mais leur emploi suivi date des premiers travaux de Cavaillé-Coll. Dans les instruments du type flûte, soufflés directement par la bouche de l'exécutant, le même effet est produit par la pression plus forte du souffle, qui fait ainsi octavier les trous donnant les sons principaux de l'instrument.

Octavin. - Jeu d'orgue 'octaviant sonnant l'octave du prestant et parlant ainsi en deux pieds.

Octette. - Pièce écrite pour huit voix ou instruments différents. Synonyme de octuor.

Octo-basse. - Instrument à cordes, à manche, à archet, inventé par Vuillaume en 1855 pour sonner une octave au-dessous de la contrebasse. Cet instrument, où un système de pattes en fer actionné par un pédalier remplaçait les doigts de la main gauche, n'a pas été utilisé. C'est une curiosité du musée du Conservatoire de Paris.

Ode. - Une ode est un petit poème à strophes semblables et destiné à être mis en musique.

Offertoire. - Partie du sacrifice de la messe pendant laquelle s'exécute une pièce de musique, vocale ou instrumentale. S'il s'agit de musique vocale, le chant sera une antienne, un motet choisi selon les circonstances et les prescriptions de l'année liturgique. L'oeuvre de Palestrina contient un recueil des Offertoires pour toute l'année, à cinq voix, publié en 1593 et plusieurs fois réimprimé sur le texte même du missel et du graduel romains. Mais César Franck, dans les pièces de même titre, a mis en musique (vers 1860 et suiv.) des textes librement choisis et juxtaposés dans un dessein analogue. S'il s'agit d'une, pièce instrumentale, et spécialement d'une pièce d'orgue, la forme en est libre et le temps que la liturgie laisse au compositeur dans cette partie de la messe lui permet de grands développements. Les oeuvres des anciens organistes français, tels que Lebègué, de Grigny, Fr. Couperin (de Crouilly), contiennent de notables exemples d'offertoires de formes diverses, pour des jours de grande fête. L'offertoire de la Messe des Morts, Domine Jesu Christe, a inspiré tout particulièrement les auteurs de requiem en musique; mais les auteurs modernes de messes avec orchestre ont souvent remplacé le motet facultatif de l'offertoire par un morceau instrumental (voir Ode à sainte Cécile).

Office. - Suite de prières de la liturgie catholique, appelée aussi Heures canoniales, mises dans un certain ordre pour être chantées par les fidèles réunis aux prêtres, ou récitées simplement par ceux-ci. Il se compose principalement de psaumes avec antiennes et répons, d'hymnes et de petits versets, avec lectures de la Bible ou d'un auteur sacré. On divise l'office de la nuit en Matines (Nocturnes) et Laudes; l'office du jour en Prime, Tierce, Sexte, None, Vêpres et Complies. Le Te Deum termine l'office de la nuit, sauf en temps de pénitence. Les Laudes suivent ordinairement les Matines. On y chante le Benedictus. On chante le Magnificat à Vêpres et le Nunc dimittis à Complies.

Oiseaux (chant des). - Imitation par la musique descriptive du chant des oiseaux. 

Olifant. - Petite trompe ou cor, en ivoire, au Moyen âge, taillé habituellement dans, une défense d'éléphant, d'où son nom. C'est le cor que Roland fit retentir à Ronceveaux.

Omnitonique. - Qui fournit tous les tons. S'applique aux instruments à vent qui peuvent jouer dans tous les tons sans employer les corps de rechange. 

Onomatopée. - Assemblage de sons ou de syllabes par lesquelles on essaie, dans le langage parlé, d'imiter les bruits naturels.  On trouve dans toutes les langues des vocables dont l'étymologie repose sur les onomatopées. Quelques onomatopes se rattachent à la musique : ce sont les syllabes sans signification, mélangées au texte d'une chanson, ou formant des séries de sons, symétriques ou non, qui servent de refrain à certaines chansons : tra, la la, traderi dera, landerira, etc. On peut supposer que les onomatopées, dans les chansons, servent à imiter vocalement une ritournelle instrumentale. Il en est de même de celles qui cherchent à rappeler les syllabes caractéristiques du chant de certains oiseaux : cocorico, coucou, etc.

Opéra. - Poème dramatique mis en musique, sans dialogue parlé, et composé de récitatifs et de chants soutenus par un orchestre, quelquefois mêlés de danses. La création de l'opéra fut préparée au XVIe siècle, à Florence, par quelques musiciens qui trouvèrent le chant monodique accompagné par quelques instruments. Puis Monteverdi découvrit la modulation, et détermina la tonalité moderne. La naissance de l'opéra français remonte à 1671, année où Pomone, dont la musique était de Cambert et les paroles de Perrin, fut représentée à Paris. Mais bientôt Lulli obtint le transfert à son nom du privilège de Perrin, et fonda, en 1672, l'Académie royale de musique. Pendant quatorze ans, Lulli (dont le librettiste était Quinault) soutint le succès de son théâtre d'opéra. Tombé en décadence à sa mort ,l'opéra se releva avec Campra. Puis Rameau révolutionna l'art avec une série de chefs-d'oeuvre, Gluck vint d'Allemagne pour compléter la révolution com mencée par Rameau; et l'on joua ensuite les oeuvres de Grétry, Cherubini, Méhul, Lesueur, Gluck. Après avoir subi une éclipse d'une vingtaine d'années, la scène de l'opéra s'illustra de nouveau avec la Muette de Portici d'Auber, et Guillaume Tell de Rossini, qui inaugurèrent la véritable école moderne (Meyerbeer, Berlioz, Halévy, Gounod, A. Thomas, Bizet, Reyer, Massenet, Saint-Saëns). L'école italienne, école de la mélodie et du bel canto, fut représentée à la fin du XVIIIe, siède et au XIXe par Paisiello, Cimarosa, Rossini , Donizetti , Bellini, Mercadante, Pacini et Verdi. L'Allemagne, pendant longtemps, se contenta de l'opéra
italien. Ce n'est qu'après la Flûte,
enchantée de Mozart et Fidelio de Beethoven, que le véritable opéra allemand eut ses représentants, avec Weber, Spohr, Marschner, Nicolai, Lortzing et Richard Wagner. - On nomme aussi opéra le théâtree où l'on joue cette sorte d'ouvrage.

Opérette, c. -à-d. petit opéra, nom donné en Allemagne au XVIIIe siècle à des espèces de drames à couplets, avec quelques duos et trios, mais plus humbles dans leurs prétentions que les plus légers opéras-comiques. II est passé en France ensuite, et a été spécialement appliqué aux pièces du répertoire des Folies-Nouvelles et des Bouffes-Parisiens, à Paris.

Ophicléide. - Instrument à vent, en cuivre, à clefs. Son nom signifie « serpent à clefs », (du grec ophis = serpent, et cleides = clefs).  Il se construit à l'état d'alto et de basse (et même de contrebasse). Son principe est identique à celui du bugle à clefs ou trompette à clefs; mais, grâce à la différence du nombre des clefs, qui est porté à onze, il possède toute une octave grave de plus. L'échelle chromatique obtenue sur l'ophicléide basse en ut s'étend de l'ut au-dessous de la portée en clef de fa jusqu'à l'ut placé trois octaves au-dessus. L'ophicléide alto se construit en mi bémol. Il fut inventé en Angleterre par un facteur français, Frichot, en 1800, sous le nom de Cor-basse (bass-horn) et proposé en 1806 au ministre de la guerre, en France, pour les musiques militaires. L'ophicléide servit de basse à la famille des bugles à clefs; de 1815 à 1848, il fut le principal instrument grave des bandes militaires. Asté (dit Halari) prit en 1821 un brevet pour des ophicléides à huit clefs. Spontini l'introduisit en 1819 dans l'orchestration de son opéra Olympie; Meyerbeer fut un des derniers à s'en servir dans Robert le Diable (1831). Mendelssohn a fait appel dans un but comique au son de l'ophicléide pour exprimer le rugissement burlesque du lion, dans l'ouverture du Songe d'une nuit d'été (1826). Il fut remplacé vers 1848, en Allemagne, puis en Belgique, par le tuba à pistons; mais on l'emploie encore dans quelques maîtrises, pour soutenir les voix des chantres, en remplacement du serpent. La sonorité de l'ophicléide est grossière, «-beuglante », dit Gevaert, et « frisant le grotesque-». On a donné ce nom à un jeu d'orgues, à anches, destiné à imiter le timbre de l'ophicléide. (M. B.).

Orage. - L'imitation musicale de l'orage a, dès longtemps tenté les compositeurs de musique descriptive. Les roulements et grondements du tonnerre, les sifflements du vent, les pizzicati de la pluie, ne pouvaient qu'encourager les musiciens à s'en inspirer. La Symphonie Pastorale de Beethoven en offre l'exemple, classique, bien des fois imité par des compositeurs de moindre valeur.

Oratorio. - Sorte de dramemusical sur un sujet religieux. Carissimi est le premier qui donna toute son importance à l'oratorio, lequel, à l'origine, était une sorte d'hymne en action, accompagnée par un petit orchestre. Il écrivit en ce genre de véritables chefs-d'oeuvre. L'oratorio est le plus beau titre de gloire de Haendel. Pleines d'éclat et de grandeur, ses compositions ne sont qu'une suite de chefs-d'oeuvre. En Italie, nous citerons, parmi ceux qui cultivèrent l'o ratorio : Jomelli, Scarlatti, Salieri, Sacchini, Cimarosa, Perosi;  en Allemagne : Haydn, Bach. Beethoven, Mendelssolm, Spohr; en France : Lesueur, Berlioz, Félicien David, César Franck, Gounod, Paladilhe, Massenet, etc.

Orchestre. Ensemble de musiciens jouant des morceaux de concert. 

Organique. - Les auteurs français du Moyen âge appelaient musique organique celle « qui se fait par souffles et par mesure en instrument » (Corbichon, traducteur français du livre des Propriétés des choses), traduction du terme latin correspondant organica, qui servit aussi, aux XIIe et XIIIe s., à désigner la notation en usage pour les pièces d'organum.

Organiser. - Ajouter un ou plusieurs jeux d'orgues à un piano, ou à d'autres instruments. On construisit ainsi au XVIIIe s. des « vielles organisées », et des « clavecins organisés ».

Organum. -  Forme primitive de l'harmonie, consistant en une succession réglée d'octaves, de quintes et de quartes, exécutée par le choeur des voix d'hommes et d'enfants. - On donnait aussi autrefois le nom d'organum à un instrument de musique qui était une sorte d'accordéon formé d'une flûte de Pan à laquelle on avait adapté un soufflet.

Orgue. - Instrument de musique à vent, de grande dimension, que l'on fait résonner à l'aide d'un clavier, en y introduisant de l'air au moyen d'un soufflet. Un orgue peut avoir jusqu'à cent jeux, c'est-à-dire cent séries de tuyaux accordés chromatiquement et parcourant en totalité ou en partie l'échelle des sons musicaux. Les plus grands tuyaux atteignent une longueur de 10 mètres, les plus courts ne dépassent pas 8 à 10 millimètres. Ces tuyaux se divisent en deux groupes bien tranchés : les jeux de fond et les jeux à anches. Les jeux de fond se divisent en jeux de flûte ou jeux ouverts, d'une sonorité ouverte et franche  (flûte), et en jeux de bourdon, d'une sonorité plus lourde et plus épaisse (bourdon). Les jeux à anches se distinguent en jeux à anches libres (hautbois, clarinette) et en jeux à anches battantes (trompette, clairon). Il y a aussi les jeux de mutation, dans lesquels chaque note se compose de quatre, cinq, six et même dix tuyaux, accordés en tierce, quinte on quarte. Unis à tous les jeux de flûte, les jeux de mutation constituent le plein jeu. Chaque touche du clavier commande à tous les tuyaux du même son, à la condition que la résonance de chaque jeu soit rendue possible par un registre spécial, qui établit une communication entre la soufflerie et le jeu. Ainsi, d'une part, l'orgue ne peut jouer que si un ou plusieurs registres ont été tirés; d'autre part, chaque touche du clavier fait résonner autant de tuyaux de même son qui il y a de registres tirés. Ceci, pour les orgues à un seul clavier. La plupart des orgues ont plusieurs claviers qui se partagent les jeux. Un pédalier ou clavier de pédales commande aux sons les plus graves. 

Orgue à pied. - Petit orgue dont l'exécutant manoeuvre lui-même le soufflet avec le pied.

Orgue de Barbarie ou orgue à cylindre. - Sorte d'orgue portatif dont on joue au moyen d'un cylindre noté, mis en mouvement par une manivelle.  On croit que Barbarie est ici une corruption de Barberi, nom d'un facteur italien.

Orgue expressif. - La recherche de l'expression, ou la manière de passer d'une nuance à une autre avec un même timbre, conduisit à différentes modifications dans la construction de l'orgue, pour arriver à obtenir ces effets. Le procédé trouvé le premier, et qui s'est généralisé, au point de pouvoir être adapté à la plupart des claviers d'orgue, et à la plus grande partie des jeux, est le système de la boîte expressive, appliqué pour la première fois à Londres par Jordan en 1712; commandée d'abord par des glissières faisant évoluer l'une devant l'autre deux parois mobiles, la boîte expressive fut ensuite munie de jalousies mobiles. Mais, tandis que, peu à peu, quoique fort lentement, la facture anglaise et la facture allemande, vers 1780, répandaient ce procédé, les facteurs français de la fin de même siècle cherchèrent à modifier l'intensité du son lui-même, soit par une différence de pression dans la soufflerie, soit par une soufflerie indépendante, soit encore par l'enfoncement progressif des touches. Ce dernier système était dû à Sébastien Érard, vers 1785. Plus tard, Grenié (1810) appliqua en plus grand les autres procédés, et c'est lui qui imagina le vocable d' «-orgue expressif » appliqué à des jeux ainsi nuancés, jeux d'anches libres intercalés dans un grand orgue. Ce fut l'origine, en construisant à part de tels jeux, des instruments pour lesquels a prévalu le nom d'harmonium, vers 1840, employé concurremment avec celui d'orgue expressif pendant un temps assez long.

Orgue hydraulique. -  Ancien orgue dans lequel le vent était comprimé par la pression de l'eau.

Orgue portatif. - On appelait nimfali et régale un petit instrument du genre orgue qui s'attachait au corps par des courroies, la main gauche faisant agir le soufflet, la main droite le clavier. Le musée de Bruxelles en possède un spécimen. Mais il en existait de plus importants. Les orgues portatives étaient recherchées au XVe s. pour le service des princes, qui voyageaient beaucoup à cette époque. Les comptes des ducs de Savoie gardent la trace de paiements faits pour le transport de leurs orgues. Un seul homme avait suffi en 1440 à apporter « sur son cou » des orgues, de Turin à Chambéry; un maître d'orgues de Genève avait été appelé en 1421 pour faire des orgues portatives pour le duc; en 1465, il fallut quatre hommes pour en apporter d'autres de Genève à Chambéry. Ce sont des orgues portatives que touchait Pierre Mouton pendant la messe célébrée en plein air au camp du Drap-d'Or (1520).

Oriscus. - Figure de la notation neumatique du Moyen âge, ressemblant à une cédille, et servant à indiquer un petit ornement vocal du même genre que le strophicus, ou encore une fluctuation de caractère chromatique ou enharmonique, suivant quelques musicologues.

Ornement. - Trait musical improvisé ou écrit dont on orne une mélodie.

Orphéon. - On a conservé l'habitude de désigner sous ce nom les sociétés chorales de voix d'hommes. La première société chorale de ce genre que l'on vit en France fut fondée en 1842 par l'initiative de Bocquillon-Wilhem. Elle s'intitulait « les Enfants de Paris ». De 1852 à 1860, Charles Gounod dirigea l'Orphéon de Paris et lui imprima une signification artistique qui ne s'est pas maintenue.

Orphéoréon. - Instrument ancien à cordes pincées, à manche, qui se distinguait du luth et de la mandoline par un fond presque plat, des contours découpés et des éclisses. Il était monté de 8 doubles cordes. Le Musée du Conservatoire de Paris en possède un spécimen unique par sa belle ornementation, qui est de fabrication italienne et date de 1570 environ.

Osservato, en tialien = observé. - S'emploie pour exprimer l'observation rigoureuse de l'écriture ou des principes contrapointiques, dans l'exécution ou la composition d'une pièce à plusieurs parties.

Ossia, terme italien signifiant « ou bien », et que l'on place devant des passages simplifiés de certaines pièces musicales, où la virtuosité ou le manque de ressources de l'instrument pourrait être un obstacle pour l'exécutant dans l'interprétation de la composition originale.

Ouïes. - Ouvertures en formes de S percées dans la table des instruments à cordes à manche. Les ouïes ont une influence sur la masse d'air contenue dans l'instrument; si on les bouche, le son est abaissé; si leurs dimensions sont exagérées, le son hausse.

Ouverture. - Préface instrumentale qui precede une grande composition lyrique (opéra, oratorio). C'est Rameau qui fixa, en France, la forme de l'ouverture. Elle se composec dans ses oeuvres d'une sorte d'introduction en mouvement lent, que suit un mouvement vif, soit à deux, soit à trois temps. Depuis un peu plus de deux siècles , il semble qu'on puisse classer les ouvertures en trois catégories : 1° l'ouverture se rapprochant de la forme de la sonate (Don Juan, de Mozart; Méhul, Cherubini) ; 2° l'ouverture en forme de pot-pourri, se bornant a enchaîner un certain nombre de thèmes pris dans l'opéra (Rossini, Auber, Boieldieu); 3° l'ouverture qui, tout en se servant de certains fragments de thèmes de l'opéra, garde la forme serrée que doit conserver un morceau véritablement symphonique (Weber, Mozart, Beethoven). Le compositeur a d'ailleurs toute liberté pour construire son ouverture dans la forme qui lui plait. On peut signaler, parmi les plus beaux chefsd'oeuvre, les ouvertures suivantes : Alceste. les Noces de Figaro, Fidelio, Coriolan, le Jeune Henri. Norma, la Dame blanche, le Calife de Bagdad, Si j'étais roi, Freischütz, Obéron, le Pré-aux-Clercs, Zampa, Guillaume Tell, le Barbier de Séville, Sémiramis, la Gazza ladra, la Muette de Portici, le Domino noir, les Diamants de la couronne, Tannhaüser, Mireille, le Trouvère, Patrie, le Roi d'Ys, Hérodiade, etc. - Des oeuvres lyriques portent souvent le nom d'outures, bien qu'elles ne précèdent aucune grande composition musicale; telles sont : les Francs-Juges de Berlioz, le Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn, Poète et paysan, Cavalerie légère de Suppé, etc.

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