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Encyclopédie
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| Les jongleurs |
| On
désigne sous le nom de jongleurs les chanteurs ambulants du Moyen
âge |
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| Les
jongleurs du Moyen âge.
Nous n'envisageons d'abord l'appellation de jongleur que comme un terme de l'histoire littéraire du Moyen âge Le répertoire
du jongleur est des plus variés : chansons
de geste, chansons d'amour, chansons de piété, il doit
tout savoir pour satisfaire les goûts de ses auditoires sans cesse
renouvelés. On s'est demandé s'il n'y avait pas des jongleurs
spéciaux pour les chansons de geste et l'on s'est appuyé,
pour rendre vraisemblable cette opinion, sur la distinction établie
par d'anciens pénitentiels entre les jongleurs que l'Eglise Il y a, dit Thomas de Cabham à la fin du XIIIe siècle, des jongleurs qui chantent les vies des saints et les gestes des princes [...] Ceux-là on peut les tolérer, et c'était l'avis du pape Alexandre.Il est évident que chaque jongleur était maître d'organiser son répertoire comme il l'entendait, et de cultiver telle ou telle spécialité; mais c'était une question de goût personnel qui ne correspondait pas à une distinction sociale de classe. Quoi qu'il chantât, le jongleur s'accompagnait ordinairement de la vielle, instrument très différent de la vielle actuelle et qui se rapproche beaucoup du violon. Le jongleur chante ordinairement l'oeuvre d'un autre, du trouvère ou du troubadour : il sert d'intermédiaire entre l'auteur et le public et fait l'office de notre éditeur moderne, mais rien ne l'empêche d'être auteur à son tour et d'exploiter son propre fonds, s'il a de quoi. Raimbert de Paris, l'auteur de la belle chanson de geste d'Ogier le Danois C'est surtout dans
le midi de la France Les jongleurs
modernes.
Disons maintenant quelques mots du métier lui-même. Le jongleur doit chercher la difficulté et la vaincre. C'est pour cela qu'il entremêle aux objets ronds, comme des boules, des objets longs qui peuvent heurter les premiers, des objets qui doivent être saisis par une extrémité désignée, comme des poignards, des objets fragiles, comme des assiettes, des verres ou des bouteilles ou même des lampes allumées ou des torches enflammées; c'est aussi pour cela que non seulement il arrive à jeter derrière lui les objets et les reprendre par devant ou inversement, mais encore qu'il cherche à faire courir ces mêmes objets le long de ses bras, autour de son cou, etc. Une des grandes difficultés de l'art du jongleur est d'entremêler les objets lourds et légers, de jongler par exemple avec un petit boulet de canon et une houlette de papier un encore avec un chapeau et une cigarette. Tous ces résultats sont l'oeuvre d'un travail constant et suivi sans relâche. Ceux qui voudront s'en rendre compte n'auront qu'à faire quelques essais préliminaires. Presque tout le monde étant enfant s'est amusé à jongler des deux mains avec deux oranges. Qu'on en prenne seulement trois, on bien encore qu'on essaye avec une seule main, on verra que la réussite est bien plus difficile à obtenir. Maintenant si au lieu d'oranges on emploie des objets de poids différents tels qu'une orange et un journal chiffonné ou si, au lieu d'objets ronds, on se sert d'une assiette et d'un objet long qui doit être rattrapé par un bout fixé, on verra quelle sûreté de main il faut avoir et qu'il semble presque impossible d'arriver jamais à réussir. L'élève jongleur fait tous ces exercices préliminaires pendant des mois entiers et plusieurs heures par jour avec deux boules, trois boules, en employant d'abord les deux mains, puis une seule. Il passe ensuite aux objets longs tels que deux morceaux de bois, ensuite aux objets ayant un poids plus lourd à l'une des extrémités et c'est seulement lorsqu'il est absolument maître de tous ces préliminaires qu'il entremêle les objets de forme et de poids différents. Il doit ensuite augmenter le nombre des objets et arriver au moins à huit. L'étude des objets fragiles vient seulement après et naturellement est commencée avec des formes en bois représentant l'objet lui-même, car sans cela les fabriques de verrerie et de porcelaine ne sufliraient pas à remplacer la « casse ». L'art du jongleur, parmi tous ceux qui dépendent exclusivement de l'adresse et de l'agilité des doigts, est celui qui exige le plus de pratique et d'exercices suivis sans interruption. Pour ne rien omettre, il nous faut ajouter que certains exercices sont aidés par les lois de l'équilibre : ainsi la rotation d'une assiette ou d'un saladier fait tenir la canne qui sert de support; une plume de paon tient facilement en équilibre sur le nez si on a soin de marcher du côté où elle penche et de la redresser ainsi par la résistance de l'air; un cornet de papier qu'on enflamme par son ouverture tient assez facilement sur sa pointe; une pile de briques en bois reste intacte par la force d'inertie si on chasse violemment de la pile l'une de ces briques. Malgré ces petits moyens qui peuvent aider l'artiste, il n'en est pas moins établi que le jongleur présente le résultat d'un travail véritablement sérieux et digne d'attirer l'attention. (Ant. T. /Alber). |
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© Serge Jodra, 2008. - Reproduction interdite.