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| Nîmes |
| La ville de Nîmes
est le chef-lieu du département du Gard; elle se situe à
environ 700 km au Sud-Sud-Est de Paris;
population : 133 500 habitants. Construite dans la vaste plaine du Vistre,
au pied des Garrigues qui l'enveloppent au Nord et à l'Ouest, près
de la source célèbre de la Fontaine, gouffre d'eau pure au
pied du mont Cavalier, Nîmes doit certainement son origine à
cette fontaine, vénérée déjà des Gaulois,
et qui paraît avoir donné soin nom à la ville qui s'était
formée sur ses bords. Avant l'arrivée des Romains,
Nemausus était la capitale des Volcae Arecomici, clients des Massaliotes.
En 120 av. J.-C., elle conclut un traité
d'alliance avec les Romains; après la conquête de César,
elle reçut d'Auguste une colonie Sa plus grande splendeur correspond au
règne des Antonins (96-180) : ce fut
alors que furent construits la plupart des monuments qui subsistent encore
ou dont on a conservé des ruines ou des débris. Les Volces
furent convertis au christianisme à
la fin du IIIe siècle, et au IVe
la ville devint le chef-lieu de la cité des Nemausenses comprise
dans la Narbonnaise Ravagée en 407 par les Vandales,
elle passa ensuite successivement sous la domination des Wisigoths,
des
Francs, des Goths,
puis au VIIIe siècle sous celle
des Sarrasins, qui en furent chassés
par Charles Martel. Sous le règne
des souverains carolingiens, elle
fut gouvernée par des comtes et des vicomtes particuliers, devenus
plus tard héréditaires, jusqu'à ce que, en 1185, elle
fut incorporée au puissant comté de Toulouse
Les doctrines albigeoises
y avaient fait de nombreux adeptes. Prise en 1226, par Louis
VIII, lors de la croisade contre les Albigeois En 1569, ils furent pendant quelque temps
maîtres de la ville et du château.
En 1572, la Saint-Barthélemy faillit donner aux catholiques l'occasion
de représailles, mais grâce aux mesures du gouverneur, Guillaume
de Villars, elles purent être évitées. Le 8 novembre
1578 fut signé à Nîmes un traité destiné
à mettre fin aux hostilités qui, en dépit de la paix
de Bergerac Malgré les luttes religieuses, Nîmes
avait conservé une situation commerciale et industrielle prospère.
Le départ de la colonie lombarde La guerre des Camisards l'agita profondément, et elles ont certainement pris parti pour l'insurrection si Louis XIV n'avait fait élever, en 1687, une citadelle pour contenir les habitants. Le gouvernement du maréchal de Villars réussit cependant à donner à la ville pendant quelques années un calme relatif. Les passions religieuses s'y déchaînèrent de nouveau au début de la Révolution et surtout au second retour des Bourbons, en 1815; la « Terreur blanche » y fut organisée par Trestaillons et Truphémy, véritables chefs de brigands. Le général Lagarde fut tué en voulant rétablir l'ordre; la présence du duc d'Angoulême réussit à calmer un peu les passions. Les monuments de Nîmes. Nîmes est de toutes les villes de France -
Le temple de Diane. Non loin de la Promenade de la Fontaine
ou des bassins romains, s'élèvent les ruines de l'édifice
connu sous le nom de Temple de Diane; cette dénomination vient d'une
inscription qui mentionne à la fois Diane
Les Arènes de Nîmes. Les arènes, nom sous lequel on désigne l'amphithéâtre, sont le monument le plus célèbre de Nîmes. Il est de beaucoup le mieux conservé des constructions de ce genre qui se trouvent en France. Ses dimensions sont : hors oeuvre, 103,38 m sur 101,40 m, dans oeuvre 69,40 m sur 38,34 m; il pouvait contenir 24.000 spectateurs. Il est construit en blocs de 2 à 3 m² superposés sans mortier. En hauteur, il mesure à l'extérieur 22,32 m, formant deux étages d'arcades, celles du rez-de-chaussée encadrées de pilastres' doriques, celles de l'étage de colonnes du même ordre. Au-dessus règne un attique qui supporte une série de consoles, qui devaient être au nombre de 120, percées de trous destinés à recevoir les poteaux auxquels s'attachait le velum qui devait recouvrir l'édifice. Les arcades du rez-de-chaussée, répondant aux deux axes, servaient l'une de porte d'honneur (elle est surmontée d'un fronton où sont sculptés deux taureaux à mi-corps), les autres de vomitoria. On présume que cet amphithéâtre
date de l'époque des Antonins. Fortifié
au Moyen âge
La Maison Carrée, à Nîmes, par Hubert Robert (en arrière plan, la tour Magne et les Arènes). La Maison Carrée est un temple corinthien hexastyle, c.-à-d. ayant six colonnes au pronaos, dont l'inscription dédicatoire, reconstituée au XVIIIe siècle par l'archéologue Séguier, grâce aux trous laissés dans l'entablement par les clous qui en retenaient les lettres de bronze, fixe la date de construction de l'an II av. à l'an Il ap. J.-C. Il était dédié aux princes de la jeunesse, Caïus César, consul, et Lucius César, consul désigné, fils d'Auguste. En arrière du pronaos, un porche soutenu par 6 colonnes de face et 2 colonnes de chacun des côtés, se trouve une cella non voûtée, à peu près quadrangulaire, d'où le nom de Maison Carrée, dont les murailles sont ornées, à l'extérieur, de 8 colonnes engagées continuant l'ordonnance de celles du pronaos. Au-dessus de l'entablement supporté par les colonnes court une frise ornée de rinceaux. Le fronton n'a conservé aucun vestige de sculptures. Dans son ensemble, la Maison Carrée
forme un parallélogramme de 25,13 m de long sur 12,29 m de large,
et d'une hauteur de 12 m depuis le pied du stylobate jusqu'au sommet de
la corniche. Au Moyen âge, la Maison
Carrée fut successivement une église, puis l'hôtel
de ville de Nîmes, plus tard une écurie, un entrepot, de nouveau
une église d'augustins, puis, encore,
derniers temps un musée lapidaire. Elle a été restaurée
au XVIIIe siècle et en 1824.
La Porte de France et la Porte d'Auguste
faisaient partie de l'enceinte de la ville élevée par Auguste
en l'an 16 ap. J.-C. La Porte d'Auguste, encastrée jusqu'à
la fin du XVIIIe siècle dans les
constructions d'une maison forte du Moyen âge
La Tour Magne. La Tour Magne (turris magna), haute
encore de 30 m, s'élève au sommet du mont Cavalier qui domine
la promenade de la Fontaine; elle fut vraisemblablement à l'origine
un tombeau ou mausolée; reliée lors des invasions à
un prolongement des remparts d'Auguste, elle
servit alors de tour de défense, et conserva ce caractère
pendant tout le Moyen âge. Des additions de maçonnerie empêchent
de discerner exactement la forme de la base élevée sur un
plan octogonal; l'étage qui le surmonte est décoré
de pilastres. On accède au sommet
par un escalier de fer appuyé à
un pilier central élevé en 1843 pour consolider l'édifice
qui menaçait ruine. Des restes des remparts romains se voient en
divers endroits de la ville et notamment près de la promenade de
la Fontaine. En 1844, on a découvert au pied du mont Cavalier le
château d'eau antique (castellum divisorium), bassin circulaire
percé d'ouvertures qui répartissaient les eaux dans les divers
quartiers.
La cathédrale
Notre-Dame et Saint-Castor, est une étrange construction de diverses
époques, élevée sur un édifice
romain; les parties les plus anciennes remontent au XIe
siècle; la façade est particulièrement curieuse à
cause des débris antiques qui y sont encastrés. A l'intérieur
sont les tombeaux du cardinal de Bernis et de Fléchier.
L'église Saint Baudile a été
élevée de 1870 à 1875 en style gothique L'église Saint-Paul a été
construite de 1810 à 1830 en style roman L'église de Sainte-Perpétue et Sainte-Félicité date de la même époque et est également de style gothique. Deux autres églises,
Saint-Charles et la chapelle du lycée,
sont du XVIIe siècle, Les deux temples
protestants sont de la même époque. Dans la partie ancienne
de la ville avoisinant la cathédrale,
on remarque des maisons en partie romanes,
gothiques
et de la Renaissance
Les jardins de la Fontaine. Les cimetières possèdent
un certain nombre de monuments intéressants; il faut citer le mausolée
de l'évêque Cast, mort en 1835, exécuté sur
les dessins de Revoil, le tombeau byzantin
de l'abbé Rondil, le tombeau du poète, Behoul; au cimetière
protestant, le tombeau d'Amanlier avec une statue de Pradier. Derrière
ce cimetière, la Grotte des fées La citadelle, construite en 1687 par Louis XIV, est devenue par la suite une maison centrale de détention. La promenade de l'Esplanade est ornée d'une fontaine monumentale, construite en 1848 sur les plans de Questel, avec cinq statues de Pradier : la ville de Nîmes au centre entourée de la Fontaine de Nîmes, de la Fontaine d'Eure (dont l'eau alimentait la ville par le pont du Gard), du Gardon et du Rhône. Le square de l'empereur Antonin est orné d'une statue de cet empereur par Bosc, élevée en 1874; aux abords de l'Esplanade s'élève le buste de l'explorateur Soleillet par Amy; sur la promenade de la Fontaine la statue du poète Reboul par Bose (1874) et enfin, dans le préau du collège de l'Assomption, celle du P. d'Alzon, missionnaire, par Falguière. Sur les garrigues au Nord de la ville,
dans une grotte creusée de main d'homme, se trouvent une fontaine
vénérée et un sarcophage gallo-romain qui passe pour
le tombeau de saint Baudile. Non loin de là, des ruines nommées
la Tour Magnotte seraient les restes d'une église mérovingienne Les musées de Nîmes sont réunis
depuis 1894, ainsi que la bibliothèque,
dans les bâtiments de l'ancien lycée. Le musée des
antiques renferme entre autres la Vénus de Nîmes, trouvée
brisée en menus morceaux en 1878 et reconstituée presque
entièrement, des fragments de sculptures statuaire et ornementale,
de nombreuses inscriptions, des mosaïques,
beaucoup de moulages et des reproductions des monuments antiques de la
région. Le musée de sculpture moderne conserve, de belles
oeuvres de Pradier. Le musée de peinture occupe un local spécial;
il contient des toiles de Titien, du Guide,
de Rubens, de Van Dyck,
de Ruysdaël, de Mignard, de Ripaud, de Vanloo,
de Jos. Vernet, de Paul Delaroche, etc.
(E.-H. V.).
Une vieille rue de Nîmes. |
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