Les gens

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Louis XI, fils de Charles VII, né à Bourges en 1423, prit part dès l'âge de 17 ans  à la révolte connue sous le nom de la Praguerie, se révolta de nouveau en 1456, et s'enfuit, pour éviter le châtiment qui le menaçait chez le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, à la cour duquel il resta jusqu'à la mort du roi. En montant sur le trône (1461), il fit de belles promesses, qu'il ne tarda pas à violer en augmentant les impôts, et il effraya par des supplices les villes qui témoignaient leur mécontentement (Reims, Angers, etc.). En même temps il éloigna des hauts emplois les hommes de la plus illustre naissance, et donna toute sa confiance à des gens obscurs, tels qu'Olivier Le Dain, son barbier, le prévôt Tristan, qu'il nommait son compère. 

En 1465, les seigneurs mécontents, ayant à leur tête Charles, duc de Berry, son propre frère, Charles de Charolais (dit le Téméraire), fils du duc de Bourgogne, et le duc de Bretagne, formèrent contre lui une ligue redoutable, la ligue du Bien public : il leur livra la bataille de Monthléry (1465), dont le succès resta douteux; mais il sut dissoudre la ligue en traitant avec chacun de ses ennemis en particulier (traités de Conflans et de Saint-Maur) : il donna la Normandie à son frère, quelques places de la Picardie au duc de Bourgogne, et l'épée de connétable au comte de Saint-Pol, mais, aussitôt la ligue dissoute, il les attaqua chacun séparément. Il reprit à son frère la Normandie, mais il ne fut pas aussi heureux avec le duc de Bourgogne : celui-ci, irrité de la révolte de Liège, que Louis XI avait excitée, le retint prisonnier à Péronne, où il s'était rendu pour une conférence, et Louis fut contraint, pour obtenir sa liberté, d'accompagner le duc de Bourgogne au siège même de la ville révoltée, et de lui céder de nouvelles places en Picardie (1468). 

Se croyant trahi par le cardinal La Balue, son ministre, il le fit emprisonner et le tint, dit-on, pendant 11 ans enfermé dans une cage de fer. On le soupçonne d'avoir fait empoisonner en 1472 le duc de Berry, son frère, qui s'était révolté de nouveau; puis il recommença la guerre avec le duc de Bourgogne qui voulait venger cette mort, et qui se plaignait de l'inexécution du traité de Péronne. Une nouvelle coalition s'était formée contre lui entre le duc de Bourgogne, le duc de Bretagne et le roi d'Angleterre; mais il sut la rompre, et obtint une paix avantageuse par le traité de Picquigny (1475). 

S'étant fait livrer le connétable de St-Pol et le comte d'Armagnac, tous deux rebelles, il leur fit trancher la tête : il ajouta, dit-on, au supplice du dernier d'horribles cruautés. A la mort du duc de Bourgogne (1477), il tenta d'enlever à Marie, fille du duc, la riche succession de ce prince : malgré les efforts de Maximilien d'Autriche, qui avait épousé cette princesse, et qui obtint sur lui un avantage à Gunegatte (1479), il s'empara de la Picardie, de l'Artois, du duché de Bourgogne et de la Franche-Comté comme étant des fiefs masculins, et par conséquent réversibles à la couronne. Peu après, il réunit aussi au domaine la Provence, le Maine, l'Anjou, ainsi que le comté de Bar, comme héritier de René d'Anjou (1480-81). 

Louis XI mourut peu après (1483) au château du Plessis-lès-Tours, où il se tenait depuis longtemps enfermé, livré, dans l'appréhension de la mort, aux pratiques d'une dévotion superstitieuse  : il croyait prolonger ses jours en s'entourant de reliques, et fit venir de Calabre François de Paule, espérant obtenir de lui par un miracle le rétablissement de sa santé. Il laissa le trône à son fils Charles VIII, sous la régence d'Anne de Beaujeu

Louis Xl était perfide, cruel, vindicatif, superstitieux, défiant, et surtout dissimulé; il avait pour maxime : Qui ne sait pas dissimuler ne sait pas régner; on l'a comparé à Tibère. Malgré tous ses vices, on doit reconnaître qu'il agrandit le royaume et fit de grands pas vers l'unité territoriale, affaiblit les grands vassaux et releva l'autorité royale; ce qui a fait dire qu'il avait mis les rois hors de page. Il favorisa les bourgeois, institua la poste aux chevaux (1461), créa plusieurs parlements (Grenoble, Bordeaux , Dijon), et plusieurs universités (Valence, Bourges, Caen, Besançon), fit venir des imprimeurs de Mayence, établit des manufactures de soie et d'étoffes d'or et d'argent (1470). On lui a reproché d'avoir aboli la Pragmatique sanction, regardée comme le boulevard des libertés de l'Église gallicane. On lui attribue à tort les Cent nouvelles Nouvelles et le Rosier des Guerres, qui furent seulement rédigés sous ses yeux. 


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