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| Jacques
Coeur
est un célèbre marchand, financier et ministre, né
à Bourges
vers 1395, mort à Chio Peu après,
accusés d'avoir fabriqué des monnaies d'un poids trop faible,
ils furent condamnés à une amende, mais ils obtinrent, moyennant
1000 livres tournois, des lettres de rémission (6 décembre
1429) et conservèrent leurs fonctions. Ils formèrent aussi
une autre société commerciale avec Barthélemy Godart,
frère de Pierre. Pendant la durée de cette société,
qui prit fin en 1439, Jacques Coeur entreprit, pour son compte personnel,
d'autres opérations plus vastes dans le Levant. Il alla en Syrie
porter et chercher des marchandises. Il était à Damas Jacques Coeur abandonna
la direction de la Monnaie de Paris pour de plus hautes fonctions. Des
documents authentiques prouvent qu'il était « commis au fait
de l'argenterie » en 1438, et argentier du roi en 1440. Il est certain
que Jacques Coeur avait déjà prêté au roi et
qu'il lui prêta encore dans la suite des sommes considérables.
Il prit une part prépondérante à la réorganisation
des finances du royaume, mit fin à l'altération des monnaies
et fut chargé de missions importantes. Anobli en 1441 (avril), il
prit désormais le titre d'écuyer. Déjà conseiller
et argentier de Charles VII, il fut encore
commissaire royal auprès des Etats du Languedoc depuis 1442, «
général visiteur des gabelles à sel » en Languedoc Jacques Coeur avait
fondé une papeterie à Bourges;
il exploitait des mines de cuivre, de plomb et d'argent dans le Beaujolais
Jacques Coeur (ca. 1395 - 1456). Statue érigée à Bourges en 1879. © Photo : Serge. Jodra, 2009. Avec ses richesses
son rôle grandissait. Il va, en 1444, installer à Toulouse
le nouveau parlement du Languedoc En 1448, Jacques
Coeur fait partie d'une autre ambassade chargée de poursuivre les
mêmes négociations auprès du pape Nicolas V. Après
avoir ravitaillé Finale, il se rendit à Rome Agnès Sorel étant morte le 9 février 1450, Jacques Coeur, qu'elle avait choisi comme un de ses exécuteurs testamentaires, fut accusé de l'avoir empoisonnée. Peu après, il vit arrêter (octobre 1450) et condamner (juin 1451) son compatriote et ami, Jean Barillet, ou Saincoins, trésorier général, coupable comme lui, d'être trop riche. Jacques Coeur se sentait menacé, lui aussi, mais il ne croyait pas à l'ingratitude du roi. Le 22 juillet 1451, Charles VII lui donnait encore 762 livres tournois « pour l'aider à entretenir son estat »; quelques jours après, il le faisait arrêter au château de Taillebourg (31 juillet 1451). L'affaire fut instruite par deux ennemis acharnés de Jacques Coeur, Antoine de Chabannes, comte de Daumartin; un de ses principaux débiteurs, et Otto Castellani, trésorier des finances à Toulouse, qui aspirait à le remplacer. Vainement Jacques
Coeur réclama le bénéfice de la juridiction ecclésiastique;
vainement l'évêque de Poitiers,
l'archevêque de Tours
et le pape lui-même soutinrent cette demande; il fut traduit, comme
Saincoins, devant une commission extraordinaire, qui comprenait plusieurs
de ses ennemis. Jeanne de Vendôme et l'Italien J. Colonna, qui l'avaient
accusé d'avoir empoisonné Agnès
Sorel, ne purent rien prouver et furent même
condamnés, plus tard, comme calomniateurs. Bien que le roi eût
promis de renoncer à toute autre poursuite, Jacques Coeur n'en fut
pas moins prévenu d'avoir fait un commerce illicite avec les Musulmans,
fabriqué des monnaies d'un poids trop faible, commis des exactions
dans le Languedoc Il est probable que,
malgré la torture, Jacques Coeur n'avoua rien, quoi qu'en dise l'historiographe
officiel, Jean Chartier. Le 29 mai 1453, Jacques
Coeur fut condamné à restituer 100,000
écus, à payer au roi une amende de 300,000
écus et « à tenir prison jusqu'à complète
satisfaction ». En outre, tous ses biens étaient confisqués.
Le 5 juin, il fit amende honorable au château
de Poitiers.
Ses domaines furent donnés ou vendus à vil prix et passèrent
entre les mains de ses ennemis et de ses débiteurs, malgré
les protestations de ses enfants. Antoine de Chabannes, Guillaume Gouffïer,
Antoinette de Maignelais, la nouvelle favorite, et bien d'autres courtisans
s'enrichirent de ses dépouilles. On poursuivit même ses enfants
et ses agents principaux. L'un d'eux, J. de Village, son neveu et son représentant
à Marseille Après avoir
ravagé les côtes d'Asie Mineure
Th. Basin a dit avec
raison que Jacques Coeur disputa aux Vénitiens,
aux Génois et aux Catalans
le monopole commercial qu'ils avaient conservé jusque-là.
Il aurait pu donner à la France Jacques Coeur laissait une fille, Perrette, et quatre fils : Henri, Jean, Ravaut et Geoffroy. Sa fille était mariée à Jacquelin Trousseau, fils du vicomte de Bourges. Henri et Jean Coeur étaient : le premier, chanoine à la Sainte-Chapelle de Bourges, l'autre archevêque de cette ville. Ravant Coeur ne joua aucun rôle. Quant à Geoffroy, il devint échanson de Louis XI, épousa une fille de J. Bureau et obtint la restitution de la seigneurie de Saint-Fargeau (1463) qu'il dut rendre ensuite à Antoine de Chabannes rentré en grâce. Il mourut en 1488. Après un long procès, J. de Chabannes, fils d'Antoine, garda Saint-Fargeau, à condition de payer 10,000 écus d'or et une rente de 400 livres tournois à la veuve et aux enfants de Geoffroy Coeur. Il existe à Paris, au n° 40 de la rue des Archives (ancienne rue de l'Homme-Armé), une maison qui a appartenu à Marie, petite-fille de Jacques Coeur et épouse d'Eustache Luillier, prévôt des marchands. (E. Cosneau).
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