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Chalon-sur-Saône

Chalon, Challon, Chalon-sur-Saône (Cabillo Aeduorum,  Cabellodunum, Cabillonum, Cabillonense castrum) est une ville de France, chef-lieu du département de de la Saône-et-Loire, sur la Saône, à l'embouchure du canal du Centre, à 343 kilomètres au Sud-Est de Paris, à 58 kilomètres au Nord de Mâcon; 47 700 habitants. Lieu de naissance de Denon

Histoire.
Les silex taillés et les débris de poteries que recèlent les berges de la Saône, dans la traversée de Chalon, dénotent la lointaine présence de l'humain sur l'emplacement actuel de la ville. C'était, en tous cas, une des principales places des Aedui (Eduens), lorsque César vint en Gaule; il y mit une garnison, d'abord sous le commandement du tribun Aristius, que les habitants forcèrent peu après à fuir, ensuite sous les ordres de Quintus Cicéron, frère de l'illustre orateur. En 264, les Vandales, sous la conduite de Chroch, incendièrent la ville et massacrèrent les habitants, mais la prospérité ne tarda pas à renaître, grâce, dit la tradition, à la propagation de la culture de la vigne par l'empereur Probus.
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Chalon sur Saone : pont Saint Laurent.
Le pont Saint-Laurent sur une ancienne photographie (début du XXe s.).

 Attila détruisit de nouveau la ville en 451; les murs ne furent pas relevés et les Burgondes n'eurent pas de peine à occuper la région (534). Chalon fut encore saccagé par Chramne vers 555, évasté par les Sarrasins en 732 et par le duc Waïfie en 761, assiégé par l'empereur Lothaire en 834, par les Hongrois en 937 et par Louis le Jeune en 1168. L'affranchissement de la commune date du milieu du XIIIe siècle; en 1254 eut lieu un premier essai d'administration avec six échevins, mais en 1256 on en réduisit le nombre à quatre, et cette année même, Hugue, duc de Bourgogne, consacra définitivement l'organisation nouvelle.

Les siècles suivants amenèrent encore des désastres pour la ville, qui vit à ses portes les tard-venus en 1366, et les écorcheurs en 1449 (La Criminalité au Moyen âge). Les murs avaient été relevés par Philippe le Hardi en 1368 ; aussi, lorsque à la mort de Charles le Téméraire, les habitants ayant pris parti pour la princesse Marie, sa fille, Georges de La Trémouille, sire de Craon, vint les assiéger pour le compte du roi de France, la résistance fut d'assez longue durée : la ville rendue, les principaux habitants furent jetés dans la Saône pieds et poings liés. François Ier, à son tour, fit réparer les fortifications et ordonna que les faubourgs fussent compris dans l'enceinte ; la porte de Beaune fut achevée en 1552 et la citadelle en 1563. 

La Réforme, la Ligue et la Fronde y eurent leur contre-coup ; en 1562, les réformés, sous la conduite de Montbrun, pillèrent Saint-Marcel, Saint-Pierre et Saint-Vincent, puis furent battus par Tavannes; en 1589, les ligueurs, sous les ordres de Mayenne. occupèrent la place, le maréchal d'Aumont vint avec ses troupes en 1591 et les troubles durèrent jusqu'en 1595; en 1652, les frondeurs inquiétèrent la ville, mais, l'année suivante, le duc d'Epernon et le marquis d'Uxelles les réduisirent dans Seurre. Charles IX avait créé, en 1561, un office de maire de ChaIon, lequel resta électif jusqu'en 1692.

Les armes de Chalon étaient anciennement d'azur à trois annelets d'or posés deux et un. Après 1831, en vertu d'une ordonnance royale du 13 mai, confirmant un décret impérial du 22 mai 4845, elles sont devenues, en souvenir de la défense de la ville lors de l'invasion de 1814, d'azur à trois annelets d'or, soutenu d'une champagne cousue de gueules, chargée de la croix de la Légion d'honneur aux couleurs naturelles.
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Chalon sur saône : la maison aux Trois Greniers.
Chalon sur Saône : une rue au début du XXe s.
La maison aux Trois Greniers.
Une rue d'autrefois (rue aux Fèvres?).

Avant la Révolution, Chalon comptait cinq paroisses, Saint-Vincent (cathédrale), Saint-Georges (collégiale), Saint-Jean-de-Maizel, Sainte-Marie et Saint Laurent; une abbaye d'hommes, Saint-Pierre ; une abbaye de femmes, Lancharre; deux commanderies, une de l'ordre du Temple et une de l'ordre de Saint-Antoine; quatre couvents d'hommes, les carmes, les cordeliers, les minimes, les capucins; quatre couvents de femmes, les carmélites, les ursulines, les visitandines et les jacobines; un collège de jésuites ; un séminaire dirigé par des oratoriens; deux hôpitaux. Les prieurés de Saint-Laurent et de Saint-Marcel étaient, en outre, aux portes de la ville.
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Les conciles de Chalon-sur-Saône

Des cinq conciles tenus en cette ville sous les Mérovingiens, l'histoire des quatre premiers ne présente plus guère d'intérêt aujourd'hui. Le premier (470) élit Jean comme évêque de cette ville; le second (579) prononce la déposition définitive de Salonius, évêque d'Embrun, et de Sagittarius, évêque de Gap, déposés précédemment par un concile tenu à Lyon (567), mais que le pape Jean III avait rétablis; le troisième (594) règle une question de psalmodie; le quatrième (603) à l'instigation de la reine Brunehaut, dépose Desiderius, évêque de Vienne

Le cinquième (650 ou, suivant Le Comte, 694) mérite une place dans l'histoire du dogme et de la discipline ecclésiastique en France. Il fut présidé par l'archevêque de Lyon; quatre autres archevêques et trente-quatre évêques y assistèrent ou s'y firent représenter par des délégués. Il décréta vingt canons. Le premier ordonne de suivre la doctrine du concile de Nicée confirmée par le concile de Chalcédoine. Le deuxième renouvelle la défense aux clercs d'avoir chez eux des femmes non parentes. Le dixième déclare nulle l'ordination de l'évêque qui a été choisi sans le consentement des évêques de la province, du clergé et du peuple de la ville. Le dix-huitième renouvelle les anciens canons interdisant tous les travaux des champs le dimanche. Le dix-neuvième veut qu'on excommunie ceux qui ne s'abstiendront pas des chansons obscènes et des danses lascives auxquelles ils ont coutume de se livrer sous le portail ou dans l'enceinte de l'église, les jours des dédicaces ou des fêtes des saints. 

Sous Charlemagne (813), un des cinq conciles ordonnés par ce prince pour la réforme de l'Eglise et surtout du clergé. Soixante-dix canons contenant presque tous des renseignements fort intéressants.  1281, autre concile de moindre importance. (E.- H. Vollet).

Monuments.
Eglise Saint Vincent (mon. hist.), commencée à le fin du XIIIe siècle, consacrée en 1403. La façade et les clochers, qui avaient été détruits en 1794, ont été refaits de 1825 à 1854. Nombreuses pierres tombales à l'intérieur. Eglise Saint-Pierre, construite en 1700, consacrée en 1743. Sous-préfecture, ancien hôtel de Montcoy (commencement du XVIIe siècle). Hôtel de ville, ancien couvent des Carmes. Pont sur la Saône, commencé en 1418 aux frais du duc Jean-Sans-Peur, terminé en 1508, élargi en 1780, détruit en 1944 et ensuite reconstruit dans son ancien style (mais pas à l'identique). Musée Denon : peinture (Bouguereau, Coypel, Géricault, Vanloo, Millet, etc.) , gravure, dessins (Boichot, etc.); sculpture (Bosio, Chinard, Protheau, etc.); archéologie (silex de Volgu, etc.); histoire naturelle. Théâtre (1768-1778). Obélisque commémoratif du percement du canal du Centre (1790). Fontaine de Neptune (1743). Statue de Nicéphore Niepce, l'un des inventeurs de la photographie, par Guillaume. Musée Niepce (histoire de la photographie; anciens appareils, oeuvres de Nadar, Cartier-Bresson, etc). Maison du XIIIe siècle, Grand-rue, n° 39. Hôpital, au faubourg Saint-Laurent, dans une île formée par les bras de la Saône. L'édifice actuel occupe l'emplacement des bâtiments qui avaient été construits en 1598 et de l'hôtel de la monnaie où plusieurs rois ont fait frapper des pièces à leur nom et au nom de la ville. Les vitraux de l'ancienne salle des malades, déposés aujourd'hui au musée, sont classés comme monument historique; dans la chapelle, chaire et porte en bois remarquablement sculptés. (Lex).
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Chalon sur Saône : la tour de l'Evêché.
La tour de l'Evêché (ou du Doyenné), à Chalon-sur-Saône.
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Dictionnaire Villes et monuments
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