 |
Philippe II,
le Hardi, duc de Bourgogne, quatrième fils de Jean
II, roi de France, né en 1342, fit des prodiges de valeur à
la bataille de Poitiers ( La Guerre
de Cent Ans ),
ce qui lui valut son surnom, et y fut fait prisonnier (1356). Il reçut
en apanage le duché de Bourgogne
en 1363, peu avant la mort de son père. De plus, son mariage avec
Marguerite, fille du comte de Flandre, le rendit en 1384 héritier
des États de ce seigneur. Il arrêta les progrès des
Anglais et soumit les Gantois révoltés. A la mort du roi
de France Charles V (1380), il s'empara de la
régence, conjointement avec ses frères, les ducs d'Anjou
et de Berry ,
comme oncles et tuteurs du jeune roi Charles VI.
Leurs dissensions et leur mauvaise administration firent le malheur du
pays et amenèrent les excès des Maillotins.
Après avoir réprimé
avec sévérité les mouvements populaires, Philippe
conduisit le jeune prince contre les Flamands, remporta sur eux la victoire
de Rosebecque (1382) et s'empara de Courtray .
Lorsque Charles VI voulut gouverner par lui-même,
Philippe, écarté par la faction des Marmousets, se
retira en Bourgogne et s'occupa activement de l'administration de ses États;
mais il reprit bientôt le gouvernement du royaume pendant la démence
du roi. La régence revenait de droit ou à la reine ou à
Louis, duc d'Orléans, frère de Charles VI, mais Philippe
l'emporta et il gouverna la France jusqu'à sa mort, en 1404. Il
avait ajouté à ses domaines la Flandre, par mariage, et l'Armagna c
par achat, ce qui fit de lui un des princes les plus riches et les plus
puissants de l'Europe; mais il était si prodigue qu'il se trouva
dans de perpétuels embarras d'argent. Il eut pour fils et successeur
en Bourgogne Jean sans Peur. |
|