| . |
| |||||||
| Clovis ler,
roi des Francs, né vers 466, mort
en 511, fils de Childéric ( En 486, il attaqua Syagrius, fils d'Egidius,
maître de la milice, qui était mort en 464. Sans titre officiel
accordé par l'empire, Syagrius s'était constitué comme
le représentant de l'élément romain en Gaule; tandis
que les Burgondes
dominaient dans la vallée du Rhône et les Wisigoths
dans le sud de la Gaule, il avait constitué une sorte d'État
dont il serait difficile de fixer avec certitude les frontières,
et dont le centre était Soissons; les contemporains lui donnaient
le nom de roi des Romains.
Dans les années qui suivent, Clovis
étend son royaume jusqu'à la Seine, puis jusqu'à la
Loire; des vies de saints mentionnent les sièges de Paris
et de Nantes; les soldats romains qui se trouvaient encore en Gaule acceptèrent
son autorité. La conquête n'eut pas d'ailleurs un caractère
violent et brutal; Clovis ne déposséda pas les anciens propriétaires
et il n'est question non plus d'aucun partage des terres entre les Francs
et les Gallo-Romains : les terres du fisc lui suffirent pour assurer des
biens à ses guerriers; du reste, ils ne se fixèrent qu'en
petit nombre dans les pays qui venaient d'être conquis. Les Gallo-Romains
conservèrent l'usage des lois romaines et Clovis, loin de les mépriser
ou de les écarter, prit parmi eux des conseillers, des fonctionnaires.
D'autres circonstances achevèrent de lui concilier la faveur des
anciennes populations. Gondebaud, roi des Burgondes,
Alaric,
roi des Wisigoths, étaient ariens Clovis demanda en mariage à Gondebaud
sa nièce Clotilde, catholique et fille
de Chilpéric que Gondebaud avait fait assassiner. On possède
sur ce mariage, qui dut avoir lieu vers 493, des récits légendaires
où on a reconnu avec raison la trace d'anciens chants germaniques.
Clotilde voulut convertir Clovis au catholicisme ; le roi franc consentit
à faire baptiser le premier enfant qu'il eut de Clotilde, Ingoner
; celui-ci étant mort, Clovis y vit une vengeance de ses dieux,
cependant il laissa encore baptiser son second fils, Chlodomer, qui vécut.
Les guerres qu'il eut à soutenir contre des peuples germaniques
achevèrent de décider sa conversion.
Clovis Ier (ca. 466 - 511). En 491, il combattit les Thuringiens établis sur la rive droite du Rhin; en 496, il lutta contre les Alamans qui avaient envahi la Gaule. Dans cette bataille, qu'on a souvent placée sans raisons suffisantes à Tolbiac (Zülpich), comme les Francs cédaient, Clovis aurait invoqué le dieu de Clotilde et lui aurait promis de se convertir s'il était victorieux. Le roi des Alamans fut tué et son peuple se soumit à Clovis. Cependant une partie des Alamans se réfugièrent sur les terres de Théodoric, roi des Ostrogoths, qui écrivit à Clovis pour le prier de ne pas les poursuivre. Au retour de cette guerre, Clovis aurait reçu les enseignements de saint Remi, évêque de Reims, appelé par Clotilde. Le baptême eut lieu le jour de Noël « Courbe la tête, Sicambre, adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. »La soeur de Clovis, Alboflède, et 3000 Francs reçurent le baptême en même temps que le roi. Cet événement fit grand bruit. On a souvent cité la lettre que le pape Anastase aurait écrite à Clovis pour le féliciter : des recherches des historiens ont montré qu'elle est peut-être l'oeuvre d'un faussaire du XVIIIe siècle, l'oratorien Jérôme Viguier; mais une lettre authentique de saint Avit (Avitus), évêque de Vienne, le personnage le plus considérable de l'église de Gaule à cette époque par sa science et son influence, montre quelle était la portée de la conversion de Clovis. S'adressant au roi franc, il le félicite
longuement, il lui déclare que l'Église s'intéresse
à ses succès et que chaque bataille qu'il livre est une victoire
pour elle. Avitus, évêque dans le royaume arien Quelques années plus tard éclata
la guerre contre les Wisigoths (507). Le puissant Théodoric,
roi des Ostrogoths d'Italie, cherchait à exercer une sorte d'hégémonie
sur tous les rois barbares; il avait marié sa fille Theudigotha
au jeune roi des Wisigoths, Alaric; il avait épousé
une soeur de Clovis, Audoflède; il chercha vainement à empêcher
cette guerre, à intimider Clovis. Clovis et Alaric eurent une entrevue
dans une île de la Loire, près d'Amboise,
mais l'entente était impossible : beaucoup de Gallo-Romains sujets
d'Alaric aspiraient à devenir les sujets de Clovis, le roi catholique;
celui-ci fit appel aux mêmes sentiments quand il déclara à
ses guerriers qu'il ne pouvait se résigner à voir des ariens Accompagné de son fils aîné
Thierri, de Chloderich, fils du roi des Francs Ripuaires, allié
avec Gondebaud, il traversa la Loire, la Vienne
et arriva à Poitiers.
Il avait donné les ordres les plus sévères pour obliger
ses guerriers à respecter les biens des églises et des monastères La bataille eut lieu à Vouillé;
Clovis tua lui-même Alaric dont le fils,
Amalaric,
se réfugia en Espagne. Il envoya son fils Thierri par le territoire
d'Albi
et de Rodez
en Auvergne La guerre cessa en 510, sans qu'on ait
preuve qu'un traité ait été conclu entre Clovis et
Théodoric; Clovis conserva la majeure partie du royaume wisigothique
au Sud de la Loire; Théodoric resta
maître de la Provence et de la Narbonaise
Le Baptême de Clovis. Peinture murale de Joseph Blanc (XIXe s.). Il marcha contre un autre roi franc, Chararic,
et, après l'avoir d'abord fait, tondre et ordonner prêtre
ainsi que son fils, il les fit mettre ensuite à mort. Contre Ragnachaire,
qui régnait à Cambrai Violent et cruel, Clovis semble cependant avoir gouverné avec habileté, bien qu'on ne puisse tracer un tableau complet de son administration. Par ses victoires, il inspira confiance aux Francs et put ainsi développer et fortifier l'autorité royale. Il établit dans les villes des comtes ou grafs chargés de l'administration et de la justice dans le territoire environnant ou pagus. Il paraît avoir traité avec une adroite douceur les anciennes populations et s'être préoccupé de se faire accepter d'elles. En 508, après la guerre wisigothique, comme il était à Tours, il reçut de l'empereur Anastase la nomination de consul, il se montra au peuple vêtu de la tunique de pourpre et de la chlamyde et « à partir de ce jour il fut appelé consul et auguste ». Il ne s'agit ici que d'un titre honorifique, mais, sans discuter en détail la valeur précise des termes qu'emploie Grégoire de Tours à ce sujet, ce fait, dont on ne peut suspecter l'authenticité, donnait à l'autorité de Clovis un caractère légitime aux yeux des Gallo-Romains, il devenait comme le délégué de l'empereur en Gaule. Ce fut surtout grâce à sa
conduite avec l'Église que Clovis put étendre si facilement
son pouvoir sur la Gaule. Même avant sa conversion, on le voit en
rapports avec saint Remi, sainte Geneviève Clovis prit-il part à la rédaction
de la loi salique L'histoire de Clovis contient d'ailleurs encore plus d'un point douteux; divers travaux ont prouvé que l'ordre des événements tel que le suit Grégoire de Tours dans l'histoire de ce règne et les dates même qu'il indique prêtent à des critiques; celles qui ont été données dans cet article ne doivent pas toujours être considérées comme certaines, mais seulement comme probables ou possibles. Le caractère même de Clovis est mal connu, car les récits que nous possédons sur lui sont de date postérieure. Clovis mourut en 511, dans la seconde moitié de l'année, et fut enferré dans la basilique des Saints-Apôtres. Il laissait quatre fils : Thierry qu'il avait eu d'une concubine, antérieurement à son mariage avec Clotilde, Clodomir, Childebert et Clotaire, et une fille, Clotilde, qui épousa Amalaric, roi des Wisigoths. (C. Bayet). |
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||