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Tournus

Tournus  (Tinurtium, Trenorchium) est une ville de France, dans le département de la Saône-et-Loire, à 28 km au Nord de Mâcon sur la Saône. Population : 6295 habitants (en 2011).

Histoire.
L'emplacement de Tournus a été, si l'on s'en rapporte aux découvertes qui y ont eu lieu, habité dès les temps les plus reculés : de nombreux vestiges de l'époque romaine en particulier y ont été signalés. Mais ce sont surtout le martyre de saint Valérien, la fondation d'une abbaye sur le lieu où se serait passé cet événement, l'apport du corps de saint Philibert par les moines de Noirmoutier, et finalement les concessions faites par Charles le Chauve à l'ordre de Saint-Benoît, qui donnèrent à cette petite ville l'importance dont elle a joui durant tout le Moyen âge. Il s'y tint, d'ailleurs, deux conciles, l'un en 949, l'autre en 1115, et les abbés y frappèrent monnaie de 889 à 1316. Ajoutons, pour en finir avec l'histoire de l'abbaye, qu'elle fut donnée en commende à partir de 1498, sécularisée en 1627 et supprimée dès 1785. 

Quant à la ville, elle fut de bonne heure, comme l'abbaye elle-même, fortifiée. Les Armagnacs s'en emparèrent, par surprise, dans la nuit du 22 au 23 septembre 1422. On lui fit une nouvelle ceinture de murailles à la fin du XVe siècle, en 1475 et 1476. Le 31 mars 1562, Montbrun, à la tête des huguenots, y entra et la livra à ses troupes; peu après, et la même année, Brissoles la reprit pour le compte des catholiques, puis Poncenac y rentra, et finalement Tavannes. En 1589, la garnison de la ville, qui tenait pour le roi, et celle de l'abbaye, qui était pour la Ligue, se battirent dans les rues : le duc de Nemours, ligueur, en profita pour piller les habitants pendant plusieurs jours (11-18 juin). En 1594 encore, Tournus, s'étant déclarée pour le roi, fut assiégée par le vicomte de Tavannes, un des chefs de la Ligue (28 mai). 

Dernier fait de guerre : au mois de janvier 1814, la garde nationale organisa la résistance à l'invasion des Autrichiens, qui furent repoussés au delà de Mâcon : depuis lors, les armes de la ville ont été chargées, soit de l'aigle, soit de la croix de la Légion d'honneur. 

Monuments.
Les principaux monuments de Tournus sont : 

Une colonne romaine monolithique;  plusieurs maisons anciennes (XIIIe-XVIe); les bâtiments de l'hôpital (XVIIe) et de l'hospice de la Charité (XVIIIe); la statue de Greuze, par B. Rougelet, de Tournus (1868). 

L'église, aujourd'hui paroissiale, de Saint-Philibert (mon. hist.), des XIe et XIIe siècles, avec chapelles latérales des XIVe et XVe (importante restauration de 1845 à 1850).
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Tournus : l'église Saint Philobert (ancienne abbatiale).
L'église Saint-Philibert de Tournus,
avec ses deux flèches pyramidales.

Cette église, ancienne abbatiale de Bénédictins, fut commencée vers 960, et consacrée en 1019; les tours doivent avoir été terminées au cours du XIIe siècle, et les chapelles latérales de la nef aux XIIIe et XIVe; le portail est une mauvaise construction du XVIIe ou du XVIIIe. La tour de gauche de ce portail a quatre étages : le premier, sans ouvertures, est couronné par un cordon à dents de scie; le deuxième et le troisième présentent chacun quatre fenêtres inscrites dans deux autres plus grandes et à plein cintre; le quatrième est percé de trois fenêtres dont les archivoltes découpées de contre-arcatures reposent sur des colonnes très ornées, quelquefois torses. 

A chaque angle de la tour sont des figures de saints grossièrement sculptées. La tour de droite est semblable, sauf qu'elle n'a que trois étages. Entre les deux tours et au-dessus du portail, on remarque un assommoir en saillie, porté sur des mâchicoulis, et servant autrefois à défendre l'entrée de l'église. Un troisième clocher, également carré, s'élève au point d'intersection de la nef et du transept : il est à deux étages, dont le premier offre, sur chaque face, une arcature composée de six cintres égaux, et le second est percé de trois fenêtres polylobées. A l'extérieur du choeur, une rangée de losanges, surmontés de triangles rouges incrustés dans la pierre, règne au-dessus des fenêtres. 

L'église est précédée d'un vestibule ou narthex, long de 18,70 m, large de 13,65 m, divisé en trois nefs par deux rangs de piliers très bas, d'un diamètre de 2,60 m, terminés, au lieu de chapiteau, par un gros tore, et qui soutiennent une voûte d'arêtes cintrée au-dessus de ce vestibule est une vaste salle, dont la voûte, également soutenue sur de gros piliers ronds, atteint la hauteur de celle de la nef. Le vestibule donne accès par trois portes dans l'intérieur de l'église, qui a la forme d'une croix latine, et 75 m de long (y compris le vestibule) sur 18,50 m de large, et 17,85 m de hauteur. 

La nef est accompagnée de deux collatéraux; on y voit huit piliers analogues à ceux du narthex, mais plus élevés (9,30 m au lieu de 7 m) et d'un moindre diamètre De leurs chapiteaux, espèces de pyramides tronquées dont les angles sont abattus, s'élèvent des colonnes engagées, qui reçoivent les arcs-doubleaux de la maîtresse voûte. Celle-ci se compose d'une série de voûtes en berceau transversales; les bas -côtés ont des voûtes d'arêtes, et tournent autour du choeur

Toutes les fenêtres sont étroites, petites, cintrées et sans aucune décoration. Les piliers des transepts sont renforcés d'un massif carré. Le collatéral de gauche a été élargi pour recevoir une rangée de chapelles ogivales; le transept du même côté est terminé par une grande chapelle avec son abside. Un mur sépare du transept les collatéraux : il est percé, à droite, d'une porte cintrée, et, à gauche, d'une porte ogivale. 

La coupole ovoïde qui s'élève au centre de la croisée est une des plus élégantes qu'on ait faites en France durant le Moyen âge : à sa base elle est décorée d'arcades bouchées retombant sur des colonnes à chapiteaux historiés. Les arcades du choeur, qui ont été bouchées, étaient fermées autrefois au moyen d'un grille en fer ouvragé. L'abside se termine par trois chapelles à pans qui ne servent plus au culte. Sous le choeur règne une crypte accompagnée de cinq chapelles, et divisée en trois nefs par deux rangs de petites colonnes cylindriques.

Autres édifices religieux : l'église de la Madeleine, du XIIe siècle, remaniée aux XIVe et XVe; l'église de Saint-Valérien, désaffectée (portail du XIe); la porte d'entrée de l'abbaye (XIVe), le cloître et le parloir (XIe), la salle du chapitre (XIIIe), et le palais de l'abbé (XVe).

Armes.
Les armes de Tournus sont : De gueules au château de trois tours d'argent maçonnées de sable, celle du milieu ouverte et ajourée du champ, le tout surmonté de trois fleurs de lis d'or rangées en fasce, celle du milieu chargeant l'aigle de la Légion d'honneur (la croix de la Légion d'honneur depuis 1870), au franc quartier et dextre cousu d'azur à l'N d'or (supprimé depuis 1870). Sur l'origine de cette Légion d'honneur, voyez cet article du Journal de Saône et Loire. (Lex / B.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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