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Robert II,
dit le Pieux, roi de France ,
né à Orléans
vers 970 de Hugues Capet et d'Adélaïde,
mort à Melun, le 20 juillet 1031. Il fut instruit à l'école
de Reims où il reçut les leçons de Gerbert.
Son père l'associa au trône et le fit couronner à Sainte-Croix
d'Orléans en 987, le 25 décembre, selon les uns, le 30 décembre,
selon d'autres. Il épousa Rozala ou Suzanne, d'origine italienne,
veuve du comte de Flandre, Arnoul II. Celle-ci reçut en dot le château
de Montreuil. Cette union dura à peine un an. Robert la répudia
et s'éprit de Berthe, fille de Conrad le
Pacifique, et femme d'Eude, comte de Chartres ,
de Tours et de Blois .
Eude étant en lutte avec le comte d'Anjou ,
Foulque Nerra, les rois Hugues et Robert prirent parti pour Foulque.
Eude mourut à Marmoutier en 995,
et Berthe se mit sous la protection de Robert. Celui-ci résolut
de l'épouser; mais la parenté spirituelle de Robert avec
Berthe était un empêchement canonique; en effet, Robert avait
tenu sur les fonts baptismaux, l'un des enfants de Berthe. Malgré
l'opposition de l'Eglise, et immédiatement après la mort
de Hugues Capet, en 996, Robert fit consacrer son
mariage par Archambaud, archevêque de Tours.
Dès lors, Robert passa du parti
de Foulque dans celui de la maison de Chartres .
Le pape Grégoire V convoqua un concile
à Pavie
en 997 et fit prononcer l'excommunication contre le roi. Celui-ci entama
avec le Saint-Siège des négociations. Il se montrait prêt
à rétablir sur le siège de Reims l'archevêque
Arnoul que Hugues Capet avait fait déposer
sans l'intervention de Borne, Abbon, abbé
de Fleury, fut député auprès du pape. Arnoul fut remis
en possession de son siège, mais le roi n'ayant pas répudié
sa femme comme il l'avait promis, un concile général réuni
à Rome lança l'anathème contre Robert et l'excommunication
contre le prélat qui avait béni l'union et ceux qui l'avaient
assisté.
Entre 999 et 1001 Robert se décida
à se séparer de Berthe. Il prit pour femme Constance,
fille d'un comte Guillaume, probablement Guillaume d'Arles ;
le mariage eut lieu entre 1001 et 1003. Constance amena à sa suite
à la cour de France beaucoup d'hommes du Midi à qui les hommes
du Nord reprochèrent leurs moeurs efféminées.
«
C'étaient, dit Raoul Glaber, des hommes
légers et vains, aussi bizarres dans leurs moeurs que dans leurs
vêtements, négligents des armes et des chevaux, la chevelure
coupée à mi-tête, rasés à la manière
des histrions, portant des chaussures indécentes, ne tenant pas
leur parole et ennemis de la paix. Toute la nation des Francs, naguère
la plus honnête de toutes, et celle des Bourguignons, suivirent leurs
exemples détestables.-»
On reprochait aussi à la nouvelle reine
son avarice et son caractère acariâtre. Deux partis se formèrent
à la cour, celui de l'ancienne reine, Berthe, ayant à sa
tête son fils Eude, comte de Blois ,
et celui de Constance, dirigé par
Foulque
d'Anjou. Le roi avait élevé à la dignité
de comte palatin Hugues de Beauvais ,
l'un de ses plus chers compagnons et partisan de Berthe; Constance le fit
mettre à mort. Robert se rendit à Rome pour obtenir du pape
l'annulation de son mariage; il n'y put réussir.
Il eut de son mariage avec Constance,
quatre fils et une fille : Hugues, né en 1007, puis Henri; en 1010,
Robert, mort en 1075, Eude, et Adèle, laquelle épousa en
1027 Richard III, duc de Normandie.
En 1002, le duc de Bourgogne ,
Henri, fils de Hugues le Grand, étant mort, son beau-fils Otte-Guillaume,
comte de Mâcon, mit la main sur son héritage. Mais Robert
intervint pour faire valoir ses droits à la succession, car il était
le plus proche parent du feu duc. Au printemps de 1003 le roi descendit
en Bourgogne avec une armée considérable. Il échoua
au siège d'Auxerre ,
ville dans laquelle s'était enfermé Landry, comte de Nevers ;
puis il poussa jusqu'à la Saône, ravageant tout sur son passage.
Il regagna Paris ,
mais il fit de nouvelles campagnes en Bourgogne. En 1005, il s'empara d'Avallon
et d'Auxerre. Le comte Landry reconnut le roi de France comme duc de Bourgogne ;
et celui-ci accorda à Renaud, fils de Landry, la main de sa soeur
Adèle, avec le comté d'Auxerre, comme dot.
Quelques années plus tard, le roi,
profitant de l'impopularité de Renaud, comte de Sens, et s'appuyant
sur l'archevêque Liétry, s'empara de la ville de Sens le 22
avril 1015. Renaud, aidé du comte Eude, à qui il avait cédé
le château de Montereau, voulut reprendre sa ville. Un compromis
intervint entre les belligérants. Renaud garderait son comté
sa vie durant; après quoi il serait partagé entre l'archevêque
de Sens et le roi. Robert vint assiéger Dijon
en 1015. Grâce à l'appui de Lambert, qu'il avait fait élire
évêque de Langres en 1016, le roi fut reconnu par les Bourguignons
comme duc, puis il donna ce titre à son fils Henri.
La reine Constance
voulut faire associer son fils aîné Hugues à la couronne.
Les grands consultés se montrèrent défavorables à
ce projet. Robert passa outre et fit sacrer roi son fils, le 9 juin 1017,
dans l'église de Saint-Corneille de Compiègne, par Arnoul,
archevêque de Reims. Mais quand Hugues voulut exercer son autorité
et réclama une part dans le domaine royal, sa mère s'emporta
contre lui. Hugues s'éloigna de la cour et, se mettant à
la tête d'une troupe de jeunes gens, pilla les biens de son père.
C'est alors, en 1025, que le roi Robert
tenta de s'emparer de la Lorraine. Mais le jeune roi Hugues mourut le 17
septembre 1025 après être rentré en grâce auprès
de son père, grâce à l'intervention de Fulbert,
évêque de Chartres .
Il fut enterré à Saint-Corneille de Compiègne. Le
roi accablé de douleur renonça à ses projets contre
la Lorraine. Il fit sacrer roi à Reims, à la Pentecôte
de 1027, son fils Henri, duc de Bourgogne, malgré l'opposition des
grands et celle de Constance qui aurait
voulut que son troisième fils Robert reçût la couronne.
De nouvelles dissensions s'élevèrent entre le roi Robert
et ses fils. Le nouveau roi associé prétendait obtenir le
duché de Bourgogne que son père avait gardé. Les deux
fils se coalisèrent contre leur père en 1030 ; le plus jeune
se jeta sur la Bourgogne, tandis que l'aîné Henri marchait
contre Dreux .
Le roi fui vaincu et se réfugia à Beaugency ,
d'où il gagna la Bourgogne .
La paix fut conclue et peu après Robert mourut. (M.
Prou). |
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