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Charles V,
dit Charles-Quint. - Empereur d'Allemagne ,
roi
d'Espagne
(Sous le nom de Charles Ier) et
des Deux-Siciles ,
né en 1500 à Gand, était fils de
Philippe
le Beau, archiduc d'Autriche ,
et de Jeanne la Folle, fille de Ferdinand
et d'Isabelle et héritière
de Castille .
Déclaré roi d'Espagne en 1516, du vivant de sa mère,
il fut élu empereur trois ans après, et succéda à
l'empereur Maximilien, son aïeul; il avait eu pour compétiteur
François
Ier, roi
de France .
Les deux rivaux se firent longtemps la guerre. Après différents
succès, Charles l'emporta, et François
Ier, fait prisonnier à la
bataille de Pavie
(1525), fut conduit en Espagne et contraint de signer à Madrid
un traité désastreux. Ce traité ne put être
exécuté : de là une nouvelle guerre (1526), que signalèrent
la prise de Rome par le connétable
de Bourbon (1527), et l'expédition de Lautrec dans le royaume
de Naples (1528); la paix de Cambrai
(1529) mit fin à cette guerre. En 1536, Charles-Quint reprit les
armes, pour secourir son allié, le duc de Savoie, attaqué
par François Ier, et vint assiéger
Marseille; il fut obligé de se retirer, et conclut à Nice
en 1538 une trêve de 10 ans.
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Sculpture
en albâtre de Charles-Quint,
au
cabinet des Antiques, à Vienne.
Dessin
de Féart.
En 1539, Charles-Quint obtint du trop confiant
François
Ier la
permission de traverser la France
pour aller réprimer la révolte des Gantois et fut reçu
à Paris avec magnificence. Il n'en recommença pas moins la
guerre trois ans après mais son armée fut défaite
à Cérisoles ,
ce qui amena la paix de Crespy ( = Crépy-en-Laonnais ,
1544). En Allemagne ,
Charles fit tous ses efforts pour s'opposer à la Réforme,
et défit à Mühlberg les Protestants
confédérés; il fut contraint néanmoins de signer
en 1552 la paix de Passaw, qui assurait aux Réformés la liberté
de conscience. La même année, il tourna de nouveau ses armes
contre la France, mais il assiégea inutilement Metz ,
que défendait le duc de Guise (1552). Charles-Quint fit aussi plusieurs
expéditions en Afrique
: il défit Barberousse en 1535 et
prit Tunis, mais il échoua contre Alger
(1541). Affaibli par la vieillesse et les maladies, aigri par les revers,
cet empereur abdiqua en 1556 et céda l'empire à Ferdinand
son frère.
Déjà depuis plusieurs mois
il avait placé la couronne d'Espagne
sur la tête de Philippe II, son
fils. Il se retira dans le monastère
de St-Just ou Yuste en Estramadure et y mourut en 1558. On a dit, mais
à tort, qu'il regretta le pouvoir dont il s'était démis.
Ce prince était du caractère le plus dissimulé; il
était ferme, mais impitoyable et sans générosté.
On a plusieurs fois écrit sa Vie; l'ouvrage le plus connu
est l'Histoire de Charles V de Robertson, trad. par Suard. M. Mignet
a donné l'histoire de son abdication et de son séjour au
monastère de Yuste. Lanz a pub. ses Lettr., Leipzig, 1845
(en français.). |
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