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Aix-la-Chapelle

Aix-la-Chapelle (Aachen en allemand), Aquis Granum ou Aquae Grani en latin, ville d'Allemagne. Ancien évêché, cour d'appel, Hôtel de ville magnifique, cathédrale célèbre, plusieurs monuments modernes; tombeaux de Charlemagne et de l'empereur Othon ll. On y conserve les reliques de Charlemagne; dites les Grandes Reliques. Auprès de la ville sont des eaux thermales sulfureuses et ferrugineuses longtemps fort en vogue

Monuments.
La cathédrale.
La cathédrale d'Aix-la-Chapelle est une superbe église bâtie par Charlemagne de 796 à 804, et beaucoup augmentée depuis, avec un mélange de tous les styles. Le portail principal, ouvrage du XVIIIe siècle, en granit gris bleu, avec des portes de bronze du VIIIe siècle, est adossé à une muraille carolingienne, que surmonte un étage de pleins cintres romans. Au-dessus de ces cintres règne un étage en style gothique du XIVe siècle, couronné enfin par une laide maçonnerie à toit d'ardoise qui ne date que du XIXe siècle. Un pilier de granit s'élève de chaque côté de la façade; celui de droite supporte une pomme de pin en bronze; celui de gauche, une louve d'airain. Mais, vue de l'extrémité opposée, la cathédrale d'Aix-la-Chapelle offre une magnifique abside gothique du XIVe siècle, à laquelle sont adossées des maisons bâties dans l'intervalle des contre-forts. Entre l'abside et le portail s'élève un dôme octogonal entouré d'une galerie à deux étages et à frontons triangulaires, que l'empereur Othon III fit construire à la fin du Xe siècle au-dessus du tombeau de Charlemagne, et qu'un joli pont sculpté, du XIVe siècle, relie à la façade. 

Ce qu'il y a de plus intéressant, ce sont les curiosités de l'intérieur : on y voit, entre huit piliers qui soutiennent la dôme byzantin, 32 colonnes de marbre, de granit et de porphyre que Charlemagne fit apporter de Ravenne et de l'Orient, et qui, enlevées par les Français en 1794, furent rendues en 1815, et replacées en 1846. Sous le dôme, qui laisse pénétrer par le haut un jour blafard, et qu'on a décoré dans le goût Pompadour, est suspendue, par une chaîne de fer de 30 m de long, une lampe à 48 becs, en cuivre et en argent doré, rappelant par sa forme une couronne impériale, et ayant environ 3 m de diamètre; c'est un don de Frédéric Barberousse

Le pavé présente au même endroit une lame de marbre noir, longue de 3 m large de 2 m, et portant cette inscription en lettres de cuivre : Carolo magno (A Charlemagne). Ce marbre ne recouvre plus le tombeau de l'empereur franc, qui fut deux fois ouvert, par Othon III en 997, et par Frédéric Barberousse en 1165. On trouva Charlemagne assis sur un trône, revêtu des ornements impériaux, et ayant un livre d'Évangiles sur les genoux et un sceptre et un bouclier aux pieds. Sa croix d'or, la couronne, le sceptre, l'épée, le globe et le livre d'Évangiles, après avoir servi au sacre des empereurs d'Allemagne, sont depuis 1795 déposés à Vienne.

Le trône est déposé dans le Hochmünster, galerie qui forme le premier étage du dôme : c'est un fauteuil bas, large, à dossier arrondi, en marbre blanc sans sculptures, avec un siège en bois de chêne recouvert d'un coussin de velours rouge, et exhaussé sur six degrés, dont deux en granit et quatre en marbre blanc. A partir de Frédéric Barberousse, tous les empereurs s'y sont assis pour être couronnés. Quant aux restes de Charlemagne, sauf le crâne et un os du bras ou de la jambe que l'on fait voir dans la sacristie avec un cor formé d'une dent d'éléphant évidée, ils ont été placés dans un très beau sarcophage romain en marbre blanc de Paros, enfermé dans une armoire, et dont la face antérieure est ornée d'un bas-relief représentant l'enlèvement de Proserpine.
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Cathédrale d'Aix la Chapelle.
Intérieur de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle.

Le choeur de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, bâti de 1353 à 1413, est éclairé par 13 fenêtres, et a 38 m de haut, 26,66 m de long, 13,33 m de large; les vitraux peints n'existent plus, et il en est de même d'un riche tombeau d'Othon III, qui fut détruit en 1794. A un angle de ce choeur, une boiserie roussâtre recouvre et protège une chaire donnée par l'empereur Henri II, merveille de la ciselure et de l'orfèvrerie du XIe siècle, incrustée d'ivoires' byzantins

On remarque enfin une armoire, dont les battants sont couverts à l'intérieur de peintures sur fond d'or, et qui contient des reliquaires en et et en argent, ornés de pierres précieuses. Là sont conservées les petites reliques, exposées à la vénération des fidèles le jour de la Fête-Dieu, mais que les voyageurs peuvent voir en tout temps (fragments supposés de la verge d'Aaron, morceaux prétendus de la manne du désert, ceintures attrivuées à Jésus et à Marie, cordes dont Jésus aurait été fut lié, morceaux décrits comme de l'éponge qui l'aurait désaltéré et de la verge dont il aurait été frappé, cheveux et portrait de la  Vierge attribué à Saint Luc, fragment du bois et d'un clou dit de la vraie croix, cheveux donné pour ceux de Saint Jean-Baptiste et de Saint Barthélemy, ossements présentés comme ceux du grand-prêtre Siméon, de Saint Étienne et de Saint Anastase et les grandes reliques (robe dite la Vierge, langes dits deJésus, toile qui aurait ceint ses reins sur la croix, drap sur lequel Saint Jean-Baptiste aurait été décapité), enfermées dans une châsse particulière, et qu'on expose tous les sept ans à la galerie du dôme

L'Hôtel de Ville (Rathhaus). 
La façade de ce monument, toute garnie de fenêtres longues, étroites et rapprochées, date du XVIe siècle. De chaque côté est un beffroi : l'un, bas, rond, large et écrasé, n'est autre chose que la tour de Granus, général romain qui passe pour le fondateur de la ville (ci-dessous); on l'a coiffé d'un étrange clocher; l'autre, svelte et élevé, de forme quadrangulaire , est une belle construction du XIVe siècle. Cette façade est précédée d'une place, sur laquelle s'élèvent trois fontaines, dont l'une supporte une statue prétendant représenter Charlemagne en bronze, et les autres des aigles noirs.

A l'étage inférieur de l'édifice, on remarque la grande salle des délibérations du conseil municipal, où se trouvent les portraits des ambassadeurs qui assistèrent au congrès de 1748, et ceux de Charlemagne, de Napoléon Ier, et de Joséphine. A l'étage supérieur, la salle impériale a 55 m de long sur 20 m de large; on y voit les statues en pierre des 37 empereurs couronnés à Aix-la-Chapelle; les murs portent leurs armoiries, et sont couverts de grandes fresques exécutées par Rethel (mort en 1859). La restauration et l'entretien de cet hôtel de ville se faisaient, jusque vers le milieu du XIXe siècle, avec le produit des jeux de hasard, que le gouvernement prussien tenait dans la ville. 

Histoire.
Aix-la-Chapelle fut fondée, selon la tradition, par le Romain Granus, sous Hadrien, vers 124 de notre ère, et agrandie par Charlemagne, qui, à en croire la légende, vers 773, en découvrit les eaux dans une partie de chasse et y fit construire une chapelle : d'où son nom. Cet empereur en fit sa résidence habituelle et la capitale de  tout son empire; les empereurs s'y firent couronner de 813 à 1531. Elle resta ville libre et impériale jusqu'en 1792, que Dumouriez s'en empara; prise et reprise depuis, elle resta aux Français de 1794 à 1814 et devint sous l'Empire le chef-lieu du département de la Roër (Rhur).  En 1814, elle fut donnée à la Prusse
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Deux traités célèbres furent signés à Aix-la-Chapelle : la paix de 1668 entre l'Espagne et Louis XIV, qui assura à la France la possession de la Flandre; la paix de 1748, qui termina la guerre de la succession d'Autriche : la France restituait ses conquêtes dans les Pays-Bas et la Savoie et obtenait pour l'infant don Philippe, gendre de Louis XV, les duchés de Parme et de Plaisance. C'est aussi là qu'eut lieu en 1818 le congrès où la Sainte-Alliance abrégea le temps de l'occupation de la France. Il s'y tint également plusieurs conciles. (B.).

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Dictionnaire Villes et monuments
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