Arrière-plans

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L'histoire de la Russie
Les plus anciens habitants de la Russie dont les noms nous aient été transmis par les auteurs de l'Antiquité sont  les Sarmates et les Scythes. Au IIe siècle, les Goths occupèrent les contrées entre le Don et le Danube, qui furent ensuite envahies successivement par les Huns, par les Avare et par les Bulgares (Les Turks). Quant aux Slaves, une population de langue indo-européenne, dont le nom n'apparaît dans l'histoire qu'au VIe siècle, ils habitaient le long du Dniepr. Ils furent en partie soumis par les Khazares (Les Turkmènes) au VIIIe siècle. Les incursions des Varègues (La Scandinavie médiévale) chez les Slaves datent vraisemblablement du commencement du IXe siècle. Appelée par les Slovènes, peuple slave, et conduite par trois chefs, qui étaient trois frères, et dont l'un, Rurik, survécut aux deux autres, une tribu de ce peuple scandinave s'établit aux environs des lacs Bielo-Uzero, Ladoga et Ilmen. Rurik régna à Novgorod de 862 à 879, comme premier grand-prince ou grand-duc de Russie. Car les Slaves, dit Nestor, leur plus ancien historien, ont reçu des Varègues, appelés Ross ou Rouss, le nom de Russes.

A l'ombre de Byzance.
Oleg, oncle d'Igor I, fils de Rurik, avait été chargé de la tutelle de son neveu; mais il exerça le pouvoir en son propre nom, 879-913. Il transporta le siège de l'État de Novgorod à Kiev, capitale d'une principauté dont il fit la conquête, assiégea Constantinople et rançonna l'empereur Léon le Philosophe. Igor, son neveu, lui ayant succédé, fit contre Constantinople deux expéditions dont le pillage des côtes grecques fut le seul résultat, et périt en combattant les Drevliens, en 945. Sviatoslav Ier, son fils, 945-972, lui succéda, d'abord sous la tutelle de sa mère Olga, qui se fit chrétienne à Constantinople, sous le non d'Hélène, mais qui ne put convertir son fils. Il avait partagé ses États, avant de mourir, entre ses trois fils, dont l'aîné, laropolk ler, fut grand prince de 972 à 980. Cette division de l'héritage paternel entre tous les fils du grand-prince fut la cause de l'affaiblissement de la Russie naissante. 

Les princes appelés au partage de l'État avec celui qui héritait du titre de grand-prince étaient nommés princes apanagés. Vladimir ler, dit le Grand et le Saint, troisième fils de Sviatoslav Ier, 980-1015, se convertit au christianisme en 988(La Religion slave). Il fut baptisé à Constantinople, alors en communion avec le saint-siège. Le partage qu'il fit de ses États entre ses nombreux enfants, et son neveu, Sviatopolk Ier, grand-prince de 1015 à 1019, amena encore une fois le démembrement. de l'État. laroslav Ier, 1019-1055, l'un des fils de Vladimir Ier, releva la puissance de la Russie, dont il fut le législateur. Mais la division de ses États entre ses 5 fils fut suivie de trois siècles d'anarchie. Isiaslav ler, grand-prince de 1055 à 1078, fut deux fois détrôné. Il fit porter ses hommages par son fils au pape Grégoire VII, en 1075. Vsévolod ler, frère d'Isiaslav Ier, régna de 1078 à 1093, et Sviatopolk II, fils d'Isiaslav ler, de 1093 à 1114.

Les règnes de Vladimir II, dit Monomaque, 1114-1125, et de Mstislav ler, dit le Grand, 1125-1132, arrêtèrent les dissensions intérieures. Mais elles recommencèrent après la mort de ce dernier, et la grande-principauté passa d'une branche à l'autre de la famille de Rurik. André, dit de Bogolioubof, 1157-1175, petit-fils de Vladimir Monomaque par son père George Ier Dolgorouki, c.-à-d. Longue-Main, qui avait fondé Moscou en 1147, fit rentrer la grande-principauté dans la maison de Monomaque , qui était la branche cadette. Elle y resta jusqu'en 1598; mais elle s'était partagée en 1246 en branche de Souzdal, branche de Moscou et branche de Tver. André, ne pouvant se rendre maître. de Kiev, où régnait Isiaslav III, fixa sa résidence à Vladimir, sur la Kliazma, qui resta la capitale de la grande-principauté jusqu'en 1205. Kiev, dite la Mère des villes russes, et siège métropolitain de toute la Russie, commença à déchoir. Elle fut saccagée en 1169, lorsque onze princes apanages, rivaux du grand-prince Mstislav Il, s'en rendirent maîtres, et sa ruine fut consommée lorsque Roman Mstislavitch s'en empara en 1204, avec l'aide des barbares Polovtses. 

Roman était prince de la Russie de Haliez ou Galitch, ou Russie-Rouge. Cette principauté, qui éclipsa passagèrement ses deux soeurs de Kiev et de Vladimir, fut fondée par Vladimirko Volodarovitch, issu d'Iaroslav le Grand, qui la gouverna de 1124 à 1155. Elle fut réunie à la Pologne en 1340, et la Russie de Kiev avait été réunie à la Lituanie en 1320. Le fondateur de la Russie de Haliez eut pour successeur son fils Iaroslav, 1153-1188, dont le règne fut très glorieux. Vladimir, fils d'Iaroslav, 1188-1198, étant mort sans postérité, Roman Mstislacitch, descendant de Vladimir Monomaque, grand-prince de Vladimir en Volynie, et dévastateur de Kiev, devint grand-prince de Haliez, en 1198, et mourut en 1206. Son fils, Daniel Romanovitch, posséda son héritage de 1228 à 1264; il reconnut l'autorité du pape Innocent IV, qui le qualifia du titre de roi de Russie en 1255. Mais il, rompit ensuite, avec le saint-siège. La Russie-Rouge, ou Russie occidentale, ne fit plus que déchoir, et fut absorbée par la Pologne, comme il vient d'être dit, avant le milieu du XIVe siècle

L'invasion des Mongols.
Affaiblis par leurs divisions intestines, les Russes étaient incapables de résister à l'invasion des Mongols, contre lesquels les Polovtses implorèrent leur secours. Malgré la bravoure de Mstislav Mstislavitch, prince de Haliez, ils furent exterminés à la bataille de la Kalka, en 1223 (L'empire gengiskhanide). Quelques années après, une nouvelle armée de Mongols prit et brûla Moscou et Vladimir, et battit en 1238 George Il, grand-prince de Vladimir, 1213-1258, qui périt dans ce désastre. Les Mongols détruisirent entièrement Kiev en 1240. et ravagèrent tout le pays. Batou, leur chef, acheva de fonder l'empire du Kaptschak, qu'il avait hérité de son père, fils de Gengis-Khan, établit son camp, appelé la Horde d'Or, à Seraï, dans une île de l'Akhtouba, branche de la Volga, et les Russes demeurèrent tributaires et dépendants des vainqueurs. laroslav II, frère de George II, et grand-prince de la Russie orientale de 1258 à 1246, eut pour successeur Alexandre, surnommé Nevski, 1246-1262, qui, n'étant encore que prince apanagé de Novgorod, défit les Suédois et les chevaliers Porte-Glaives (Les Chevaliers Teutoniques). Les discordes des fils d'Alexandre Nevski permirent aux Mongols d'appesantir leur joug sur toute la nation russe. Daniel, le plus jeune, se déclara indépendant de son frère André, grand-prince de 1294 à 1304, prit le titre de grand-prince et, fixa, en 1295, sa résidence à Moscou, qui devint dès lors le centre national de la puissance russe. 

Pendant que, la Russie était asservie par les Mongols, Novgorod prospérait sous la forme d'une république libre. La maison de Tver disputa la grande-principauté à la descendance d'Alexandre Nevski, dont Ivan Ier, dit Kalita, c.-à-d. la Bourse, grand-prince de 1328 à 1340, assura la prépondérance, avec l'appui des Mongols. Siméon le Superbe, fils d'Ivan, 1340-1353, soumit peu à peu les princes apanagés, et prit le titre de grand-prince de toute la Russie. Son fils Ivan II, 1353-1360, eut pour successeur le prince de Souzdal, Dmitri, 1360-1362, descendant d'un frère d'Alexandre Nevski. Mais la maison de Moscou, protégée par les Mongols, reconquit la grande-principauté, et, Dmitri IV, petit-fils d'Ivan la Bourse, régna de 1362 à 1389. C'était un guerrier courageux qui conquit le surnom de Donskoï, en battant les Mongols sur le Don, en 1380. Mais les Mongols lui dictèrent la paix en 1352 dans Moscou incendié. Il eut pour successeurs son fils Vassili ou Basile ll, 1389-1425, et son petit-fils, Vassili III, surnommé l'Aveugle, 1425-1462. Sous le règne de ce dernier, Isidore; métropolitain de Moscou, assista au concile de Florence et fut fait cardinal. Mais à son retour eu Russie, en 1439, il ne put l'aire accepter la réunion de l'Église grâce à la communion romaine.

Ivan llI, fils de Vassili III, dit le Grand ou le Superbe, 1462-1505,soumit Novgorod, annexa la principauté de Tver et anéantit la domination mongole, en s'alliant avec le khan de Crimée contre le khan de la Horde-d'Or (1450). La Russie, délivrée du joug mongol, allait pouvoir rentrer en rapport avec l'Europe. Mais, à ce moment même, Constantinople venait de tomber aux mains des Ottomans. La principauté moscovite reprit dans ses armoiries l'aigle de Byzance. Ivan épousa la nièce du dernier empereur grec. Ivan III  Il rendit la grande-principauté indivisible, supprima les apanages et fit prévaloir le choit de primogéniture. 

Au total, la domination mongole, si pénible qu'elle ait pu être, avait été pour la Russie moscovite une bonne école d'administration et de gouvernement; par ailleurs, la religion chrétienne s'était propagée chez les Finnois, l'Eglise russe avait pris un caractère autocéphale. Vasili Ivanovitch (1505-1553) complèta l'œuvre de son père : il soumit Riazan, Pskov, Viatka, Tver, Rostov, Iaroslav et enlèva aux Lituaniens une partie des pays russes.

Le premier âge des tsars.
Ivan IV, fils de Vassili IV, plus connu sous le nom d'Ivan le Terrible (1533-1584), en échangeant le titre de grand prince contre celui de tsar (un mot dérivé du latin caesar), affirma une fois de plus la suprématie et les ambitions de la Russie moscovite. La première guerre entre les Russes et les Turcs date de son règne. En 1552, il s'empara du khanat tatar de Kazan, et en 1554 de celui d'Astrakhan. La Russie avait désormais un débouché sur la mer Caspienne. En 1584, la Sibérie, conquise par le cosaque Ermak, agrandit encore le domaine du tsarat moscovite. Mais ce qu'il fallait à cet Etat, c'était un débouché sur la mer Baltique. Ivan essaya vainement de s'en assurer un. Il fut repoussé par les Suédois et les Polonais

Son fils Fédor ou Foedor, 1584-1598, prince faible, fut le dernier souverain de Russie de la dynastie de Rurik. Sous son règne, un patriarcat russe indépendant fut créé à Moscou en 1588, par un patriarche schismatique, fugitif de Constantinople, et la servitude perpétuelle de la glèbe fut établie par des ukases de 1592, 1593 et 1597. Boris Godounov, qui avait gouverné sous le nom de Fédor, son beau-frère, s'empara du pouvoir à sa mort. A la mort de Fédor, en 1598, et jusqu'en  1613, la Russie traversa une période d'anarchie, au milieu de laquelle les Polonais, maîtres de Moscou, et les Suédois de Novgorod, ne cessairent de se disputer la Russie. 

Un aventurier, Dmitri, dit le faux Dmitri, entreprit avec le concours des Polonais de se faire passer pour l'héritier des Rurikovitch, de soumettre la Russie à l'influence catholique et polonaise. Il mourut. Un autre faux Dmitri lui succèda. Les Polonais pénètrèrent jusqu'à Moscou (1612); le fils du roi de Pologne, Sigismond III, se fit proclamer tsar par les boïars. La Russie semblait à la veille de devenir un Etat annexe de la Pologne. Mais les Polonais étaient catholiques, les Russes orthodoxes. Une réaction tout ensemble religieuse et nationale se produisit. Le prince Pojarsky et le boucher Minine soulevèrent le peuple de Nijni-Novgorod et délivrent Moscou. Les Polonais partis, l'assemblée du pays (sobor) élit pour tsar le boïar Michel Fedorovitch Romanov (1613). 

Michel ou Mikhaïl Romanov fut le fondateur d'une dynastie qui a fait définitivement entrer la Russie dans le système européen. Avec lui finit la période dite des troubles. Il réorganisa l'armée et fortifia les frontières. Son fils, Alexis Mikhaïlovitch (1645-1676), donna à la Russie un Code de lois (l'Oulojénie) et réunit à l'empire la Petite-Russie qui en avait été détachée depuis des siècles. Sous son règne, la Russie s'ouvrit définitivement aux influences de l'étranger. Les Anglais par Arkhangel pénétrèrent à Moscou; les Allemands et les Suédois eurent des colonies à Novgorod, à Pskov, à Moscou. Des ingénieurs allemands ou italiens vinrent s'établir à Moscou. Les moeurs étaeint encore tout orientales. La femme ne jouait aucun rôle dans la vie sociale. Les paysans, depuis la fin du XVIe siècle restaient attachés à la terre.

La Russie au XVIIIe siècle.
Pierre le Grand, fils et successeur du tsar Alexis, détruisit la puissance de la Suède au profit de celle de la Russie, qu'il étendit de la Baltique à la mer Caspienne. Il fonda Saint-Pétersbourg et en fit la capitale de son empire, où il implanta par la violence une civilisation improvisée. Il laissa éteindre en 1700 le patriarcat de Moscou et le remplaça en 1721 par un conseil permanent, qu'il appela le Très-Saint-Synode. Il fit ainsi de l'Église russe un instrument du despotisme impérial, et la transformation par laquelle il introduisit la Russie dans le mouvement social européen pèche par la base. Le testament politique qu'on lui attribue n'est vraisemblablement pas authentique; mais il a légué à ses successeurs une pensée ambitieuse dont ils ont poursuivi avec habileté la réalisation menaçante pour la sécurité de l'Europe.

La tsarine Anne rétablit l'autocratie, à laquelle Catherine Ire, et Pierre II avaient renoncé, et accrut l'influence extérieure de l'empire Élisabeth, 1741-1762, favorisa la naissance de la littérature russe, qui date de son règne (Le printemps des tsarines). Avec Pierre III, neveu d'Élisabeth, de la maison de Holstein-Gottorp, une ligne féminine de la branche cadette de la dynastie de Ronanov monta sur le trône en 1762 Catherine II, 1762-1796, agrandit la Russie par la part qu'elle obtint dans les trois partages de la Pologne, et par la conquête de la Crimée et de la Nouvelle-Russie. Maîtresse de la mer Noire, la tsarine s'arrogea sur ses coreligionnaires grecs et slaves, soumis à la Turquie, un droit de protection qui devint le chemin tortueux par où la politique du cabinet de Saint-Pétersbourg n'a plus cessé de marcher pour arriver à Istanbul. Son fils, Paul Ier, (1796-1801) fixa la succession au trône par ordre de primogéniture en ligne directe, en attribuant à la ligne masculine la préférence sur la ligne féminine. En matière de politique étrangère, il s'associa à la coalition austro-anglaise. Souvarov alla jusqu'en Italie se mesurer avec les généraux français. Sous le règne très court de ce prince, la Russie acquit au Sud-Est la Géorgie.

Le XIXe siècle.
Alexandre I.
Alexandre Ier(1801-1825) organisa les ministères, créa un conseil de l'empire, fonda les universités de Kharkov, de Saint-Pétersbourg et de Kazan. Il réunit à son empire le royaume de Pologne, formé du duché de Varsovie, créé par Napoléon Ier en 1807. Impressionné par l'empereur, il signe avec lui le traité de Tilsit (1807) et devient son ami. Mais il refuse d'adhérer au blocus continental; Napoléon envahit la Russie, pénètre à Moscou; il en est chassé par l'incendie et par le froid. A la voix du tsar, les Russes firent de leur pays un désert où, comme l'a dit Joseph de Maistre, qui résidait alors à Saint-Pétersbourg,

On ne voyait que de la neige, des corbeaux, des loups et des cadavres, depuis Moscou jusqu'à la frontière.
Les Russes poursuivirent la Grande Armée jusque sous les murs de Paris; le traité de Vienne (1815) donna une sanction européenne aux partages de la Pologne. D'autre part, l'empire acquit la Finlande sur la Suède (1809) et la Bessarabie sur les Turcs (1812). Victorieuse de Napoléon, la Russie fut l'âme de la Sainte-Alliance et soutient dans toute l'Europe la contre-révolution. Mais elle était minée à l'intérieur par ces mêmes doctrines qu'elle prétendait combattre à l'étranger. Des sociétés secrètes se multiplièrent au lendemain de la mort du tsar Alexandre Ier. Une révolution éclata (décembre 1825). 

Nicolas I.
L'empereur Nicolas  Ier  (1825-1855) la réprima durement et se posa en représentant du droit divin et de la légitimité. Il élargit les frontières de la Russie du côté du Caucase, protègea contre la Turquie les Roumains, les Serbes et les Grecs, poussa les troupes russes jusqu'à Andrinople (Edirne), obtint de la Porte des rectifications de frontières et le libre passage des Dardanelles et du Bosphore. Il triompha de l'insurrection polonaise (1830), et forma avec la Prusse et l'Autriche une sorte de triple alliance inspirée par l'esprit réactionnaire. La Russie de Nicolas Ier aida l'Autriche à étouffer la révolution hongroise de 1848 et s'efforça de se faire reconnaître comme la protectrice suprême des chrétiens d'Orient contre les Turcs. Les prétentions russes amènent la France et de l'Angleterre, en 1855,à intervenir pour le maintien de l'empire ottoman(La Guerre de Crimée). La Russie, vaincue devant Sébastopol, dut, par le traité de Paris, restituer une partie de la Bessarabie et sacrifier sa puissance navale dans la mer Noire. 

Alexandre II.
Le tsar Alexandre II (1855-1881) Alexandre II, fils et successeur de Nicolas Ier inaugura son règne par la conclusion d'une paix qui rendit le repos à l'Europe en 1856. Il décréta par un manifeste impérial, en 1861, l'émancipation des serfs, dont le nombre s'élevait à 23 millions dans l'empire en 1859. Il développa en Russie les voies de communication (chemins de fer), améliora les finances, réorganisa les tribunaux, supprima le servage et les peines corporelles (1861).

En revanche, il ne changea pas grand chose à la politique européenne de son prédécesseur. Ainsi, sa première parole aux Polonais fut-elle :

Tout ce que mon père a fait est bien fait, et mon règne sera la continuation du sien. 
Il l'a effectivement été, et a prouvé qu'en détruisant Sébastopol, la France et l'Angleterre n'avaient pas détruit l'ambition de la Russie, qui a persisté dans la pensée d'étendre sa domination, son panslavisme, sur l'Europe entière. La politique russe a déployé ses rigueurs contre la Pologne en 1861 et 1862. En janvier 1863, elle a poussé elle-même les Polonais à un soulèvement armé par la déportation en masse, sous le nom de recrutement, de la partie virile de la population. En exterminant, les Polonais, la Russie protestait par sa diplomatie de ses bonnes intentions à l'égard de la Pologne, et elle répondit, dans cette même année 1863, aux protestations de la France, de l'Autriche et de l'Angleterre, qu'elle ne pouvait pas admettre leur intervention. La Pologne écrasée et la Circassie soumise, en 1862, par le grand-duc Michel, ouvrirent une double voie à la Russie pour s'acheminer vers l'accomplissement de ses vues sur l'Occident commene  en Orient. La Russie continua ainsi son expansion en Asie. La conquête du Caucase fut achevée, le territoire de l'Amour annexé à la Sibérie. Les Russes s'établirent à Tachkent, à Samarcande, annexèrent le Khokand, le khanat de Khiva, et réduisent le khan de Boukhara à accepter leur protectorat (Le Kharezm et les khanats ouzbeks). 

A partir de 1865, le tsar revint à la pratique de l'absolutisme et à la politique de russification, sous l'impression de l'insurrection polonaise et l'influence du parti panslaviste; l'écrivain Katkov, dans son journal la Gazette de Moscou, opposait les peuples slaves aux  peuples de l'Europe occidentale, préconisait leur «-rassemblement-» sous la direction des Russes, et affirmait la nécessité d'un pouvoir fort pour la réalisation de ce programme. Une série de mesures de détail restreignirent la partie des réformes précédemment accomplies; il fut interdit aux zemstvos de rendre publiques leurs délibérations; des tribunaux extraordinaires furent institués, les suspects déportés sans jugement, les jeunes gens écartés arbitrairement des Universités.

L'application de la loi qui avait affranchi les serfs leur apparaissait comme une aggravation de leur condition. Ils avaient gagné à la réforme la liberté de leur personne; mais, obligés de racheter les terres laissées aux communautés de village (mir), ils ne se rendaient pas compte que le prix du rachat, payable à long terme par annuités, était très faible. Pour se libérer immédiatement, ils avaient accepté de restituer aux seigneurs les deux tiers de la part attribuée au mir, et les pays « tertiaires -» se trouvaient amoindris. La question agraire était loin d'être résolue; les paysans étaient mécontents et, de son côté, la noblesse se plaignait d'une réforme qui avait réduit ses domaines en même temps que leur produit, car elle n'avait pas su remplacer le système des corvées par un nouveau mode d'exploitation.

Ces embarras ne suffisaient pas à détourner le tsar de ses préoccupations de politique étrangère. En 1871, Alexandre II profita des embarras de la Francepour faire réviser le traité de Paris et s'assurer le droit d'entretenir une marine de guerre dans la mer Noire. La guerre déclarée par la Serbie et le Monténégro à la Turquie en 1876 fournit à Alexandre II l'occasion de venger les échecs de 1855. Les troupes russes franchirent le Danube, poussèrent jusqu'à Istanbul, Le traité de San Stefano, qui termina cette guerre victorieuse, assura l'autonomie de la Bulgarie, l'indépendance de la Roumanie et du Monténégro. II fut modifié dans quelques-unes de ses clauses par le traité de Berlin (1878). L'acquisition de Kars, de Batoum, la restitution de la Bessarabie l'indemnisaient des sacrifices qu'elle s'était imposés pour mener à bonne fin cette grandiose expédition.

Cela étant accomplit, un autre problème surgit. La doctrine de l'individualisme absolu - le nihilisme - avait cessé d'être purement spéculative. Ses adeptes s'efforçaient de la répandre dans les campagnes. Un centre révolutionnaire s'était formé à Zurich, d'où un grand nombre de jeunes filles, revenues en Russie, y devinrent d'actifs agents de propagande. Les attentats se multiplièrent, et le gouvernement essaya de réagir par un régime de dictature politique et de justice expéditive; mais le terrorisme nihiliste brava le terrorisme gouvernemental, au moyen d'une organisation secrète très serrée : le 26 août 1879, un « comité exécutif -» condamna le tsar, qui, ayant échappé à trois tentatives, fut blessé à mort le 1er mars 1881, au moment où, sur les avis du général Loris Melikov, il paraissait disposé à donner quelques satisfactions aux idées libérales, peut-être même allait-il maintenant accorder une constitution, malgré l'opposition du parti « vieux russe-».

Alexandre III.
La mort tragique d'Allexandre II devait provoquer un mouvement de réaction sous le règne de son fils Alexandre III (1881-1894). Celui-ci abandonna tous les projets de réforme pour revenir à la pure tradition nationale : réorganisation de l'administration rurale et des zemstvos; intensité de la politique de russification; ukase obligeant l'héritier présomptif à épouser une princesse de foi orthodoxe. Conseillé par le publiciste Katkov, par le procureur général du Saint-Synode, Pobiédonotsef, par le général Ignatiev, Alexandre III fut, dans toute la force du terme, un souverain national. Les universités et la presse furent étroitement contrôlées; les journaux et les livres venus du dehors, soumis à l'appréciation de la censure, qui faisait « passer au caviar » les passages jugés dangereux; une étroite surveillance mit les terroristes hors d'état d'agir et, s'il y eut des complots contre la vie du tsar, ils furent tous découverts. 

L'antisémitisme se développa. Les Juifs étaient détestés des paysans russes, qui, à plusieurs reprises, les avaient pillés : le gouvernement leur interdit de devenir propriétaires, leur défendit d'envoyer dans les universités ou dans les gymnases un nombre d'étudiants supérieur à une proportion déterminée, et finalement, en 1891, les concentra tous dans les provinces de l'Ouest, où ils étaient particulièrement nombreux. Les mesures de dénationalisation se succédèrent au Caucase, en Pologne et dans les provinces baltiques, où l'on imposa le russe comme langue officielle, où l'on fit la guerre à la religion luthérienne au profit de la religion orthodoxe. L'autonomie du grand-duché de Finlande fut cependant ménagée. A l'extérieur, l'événement capital du règne d'Alexandre III fut la nouvelle orientation de la politique russe en direction des puissances occidentales. Depuis la guerre de 1870, elle avait été inféodée à celle de la Prusse et de l'Autriche. Alexandre III rompit avec les alliances antérieures et se rapprocha nettement de la France

Le temps des révolutions.
Nicolas II, qui succéda à son père Alexandre III en 1894, déclara qu'il maintiendrait le principe autocratique et l'appliquerait avec la même fermeté. Les visites échangées à deux reprises, en 1896 et en 1901, avec les présidents français Faure et Loubet ont attesté de la poursuite des bonnes relations de la France et de la Russie. Forte de cette alliance, la Russie a pu continuer son expansion dans l'extrême Orient. Le chemin de fer transsibérien relia la Baltique au Pacifique. L'intérêt majeur de la Russie était à ce moment de voir la paix maintenue en Europe pour exploiter sans inquiétude son domaine asiatique.

La révolution de 1905.
Malgré les exécutions, les déportations en Sibérie, les bannissements forcés et volontaires, les idées marxistes (Karl Marx) avec Lénine et le parti des Sociaux-démocrates, les doctrines anarchistes des disciples de Bakounine et du parti Socialiste-Révolutionnaire, héritier des nihilistes du siècle précédent, gagnèrent du terrain et se manifestèrent par des attentats retentissants qui, de 1901 à 1905, coûtèrent la vie à plusieurs ministres, au gouverneur de la Finlande, au grand-duc Serge. Les milieux intellectuels, influencés par les idées occidentales, réclamaient des institutions représentatives; les groupements ouvriers devenus plus importants depuis le développement de la grande industrie en Pologne, Saint-Pétersbourg, à Moscou, revendiquaient sans cesse une amélioration de leur condition; les paysans, de plus en plus misérables du fait de l'accroissement de la population, commençaient de s'agiter. En 1902, un mouvement ayant pour but le partage des terres entre paysans et l'attribution des usines aux ouvriers s'étendit à douze provinces.

C'est sous l'impression des désastres de Mandchourie que Nicolas II se décida à octroyer une ébauche de régime parlementaire pour prévenir une révolution qu'il sentait se préparer. Réclamée dès le mois de novembre 1904, c'est-à-dire au lendemain des journée Liao-Hang et du Cha-Hok, par le congrès des zemstvos, tenu dans la capitale avec l'autorisation du tsar, cette réforme fut admise par l'ukase du 25 décembre 1904. De nouveaux revers en Extrême Orient, la capitulation de Port-Arthur, des collisions entre ouvriers et soldats à Saint-Pétersbourg (janvier 1905), le soulèvement de la flotte de la mer Noire (mutinerie du cuirassé Potemkine), déterminèrent Nicolas, malgré l'assassinat du grand-duc Serge à Moscou, à faire un nouveau pas en avant. Par un rescrit en date du 3 mars, il chargea le ministre de l'Intérieur, Bouliguine, d'élaborer un projet tendant à  « appeler au travail législatif préparatoire des hommes choisis par la population parmi les plus dignes », et la loi organique du 19 août créa une Assemblée représentative qui participerait à l'exercice du pouvoir législatif avec le Conseil de l'Empire, la sanction appartenant à l'empereur; cette Assemblée reçut le nom de Douma, qui désignait au Moyen âge le conseil du souverain.

La loi électorale élaborée par Bouliguine fut modifiée à la suite du célèbre manifeste impérial du 30 octobre 1905, de manière à élargir le corps électoral, divisé en curies, le vote ayant lieu à deux et à trois degrés. Le 5 mars 1906 un manifeste précisa les pouvoirs de Douma en conformité avec celui du 30 octobre; mais, le 6 mai le tsar promulgua les « lois fondamentales », qui restreignaient sensiblement les droits de l'Assemblée.

La valse des Douma.
La première Douma, élue en mars-avril 1906, dans une période d'effervescence, ne comprenait guère que des partis extrêmes : les uns jugeant les concessions du gouvernement insuffisantes au point de vue constitutionnel, les autres les considérant comme dangereuses au point de vue social. Dans le premier groupe se classaient les cadets ou constitutionnels démocrates (K. D.), qui formaient une imposante
fraction (185 membres sur 442 députés élus); les radicaux de gauche, les socialistes, etc. Dans le second figuraient les monarchistes purs, partisans du maintien de l'autocratie, les modérés - à peine une vingtaine - et une petite minorité d'octobristes. Ces partisans de la déclaration du 30 octobre se contentaient de l'extension du droit de suffrages, de la transformation du Conseil de l'Empire en Chambre haute (recrutée moitié par élection, formant avec la Douma un véritable Parlement), de réformes administratives réalisées de concert par les députés et le gouvernement. En somme, l'Assemblée, dont les ministres n'avaient pas la confiance, n'avait pas davantage la confiance des ministres.

A la suite de l'adoption par l'Assemblée d'une motion d'appel au pays (21 juillet 1906), le ministère Stolypine, qui avait succédé au cabinet Goremykine, dissolvait la Douma, tandis que les cadets, par le manifeste de Viborg, exhortaient le pays à refuser l'impôt et le service militaire, et que les révoltes, les séditions, les attentats, se multipliaient. Des élections de mars 1907 sortit une Assemblée où figuraient seulement 85 cadets, un nombre à peine supérieur de monarchistes, 46 modérés et octobristes, mais en même temps une forte extrême-gauche socialiste (77) et travailliste (98).

A défaut d'une majorité gouvernementale, la seconde Douma, où les cadets l'emportaient sur les octobristes, fut également dissoute après quelques mois de débats impuissants. Mais la troisième, élue après modification de la loi électorale et réduction du nombre des députés urbains, fut de composition à peu près inverse de celle des deux premières : les partis de droite l'emportèrent démesurément sur
les éléments d'opposition : 289 voix sur un total de 442; les progressistes ne comptèrent plus que pour 53 voix, les cadets pour 40. Le Parti Polonais se trouva réduit à 18 députés.

L'Assemblée témoigna de son respect pour la personne du tsar et de son désir de collaborer avec le gouvernement. Si, lors de la discussion de l'adresse, elle écarta l'amendement des monarchistes qui voulaient y introduire le mot « autocratie », la formule suivante fut votée Par une majorité où entraient les octobristes, les cadets, la droite modérée : 

« Nous emploierons toutes nos forces, toute notre expérience, toutes nos connaissances, pour fortifier le nouvel ordre de choses régénéré par la Volonté de Sa Majesté dans le manifeste du 30 octobre; pour pacifier la patrie, consolider l'ordre légal, développer l'éducation du peuple, augmenter le bien-être général et fortifier la puissance de la Russie indivisible. »
Cette troisième Douma, qui siégea de 1907 à 1912 s'efforça de remédier à la crise agraire; elle travailla à la réorganisation de l'armée et à la reconstitution de la marine que la guerre japonaise avait réduite à néant; elle délibéra sur nombre de questions administratives et aussi, mais moins utilement, sur le statut des peuples allogènes. La situation politique se trouvant rétablie au profit du tsar, la condition des paysans ayant été améliorée, les manifestations révolutionnaires ou simplement libérales étant réprimées impitoyablement, la Russie paraissait tranquille. Mais l'assassinat de Stolypine à Kiev, en mars 1911, rendit le régime à sa fragilité. La quatrième Douma formée en 1912, fut, comme la précédente, animée de sentiments loyalistes, et n'apporta , comme elle que des améliorations de façade. A la cour, un charlatan, Raspoutine, avait pris de l'ascendant sur la famille royale, qui se trouvait ainsi chaque jour  un peu plus déconsidérée. A la veille des événements de 1914, sous le relatif calme d'une population terrorisée, on sentait déjà gronder l'orage qui allait jeter bas le tsarisme.

La première Guerre mondiale et la Révolution d'octobre.
L'entrée dans la guerre de la Russie, à partir du 1er août 1914, a attisé le mécontentements, que les défaites militaires n'ont fait qu'accroître, la Lituanie et la Pologne sont perdues en 1915. Le 8  mars 1917 (23 février, selon le calendrier julien en usage en Russie), une grève générale est déclenchée à Pétrograd (= nouveau nom donné à Saint-Pétersbourg depuis le début de la guerre, pour retirer la consonance germanique de l'ancien nom). Le 13 mars (27 février), une insurrection générale fait tomber le gouvernement. Un comité provisoire issu de la Douma se forme dans la capitale, ainsi qu'une instance suprême, d'obédience marxiste, réunissant les conseils (soviets) de soldats, d'ouvriers et de paysans. Trois jours plus tard, le tsar Nicolas II abdique, et un gouvernement provisoire est formé. Dirigé par le prince Lvov, il comprend essentiellement des Libéraux. 

Le 11 avril 1917 (29 mars), les soviets se réunissent pour constater leurs divergences quant à la marche à suivre : les mencheviks (= minoritaires) et les bolcheviks (= majoritaires). Les premiers sont dirigés par Alexandre Kerenski (le seul socialiste, membre du gouvernement Lvov) et parmi lesquels figure Léon Trotski (Lev Davidovitch Bronstein), revenu d'exil après une récente amnistie. Ils sont partisans d'une collaboration, au moins provisoire, avec le régime qui commence à se mettre en place; les seconds, à la tête desquels se trouve Lénine (Vladimir IIitch Oulianov, de son vrai nom), lui aussi de retour d'exil, en appellent à une prise du pouvoir immédiate. Dans un premier temps les modérés obtiennent gain de cause. Kerenski prendra même la tête d'un deuxième gouvernement de coalition, le 18 mai (5 mai), puis d'un troisième gouvernement, le 6 août (24 juillet), après que la répression d'un soulèvement bolchevik opposé à la poursuite de la guerre ait conduit Lénine à se réfugier en Finlande. 

Bien que désormais poussés à la clandestinité, les bolcheviks se renforcèrent. Lénine revint à Pétrograd, le 20 octobre (7 octobre). Il organisa, la nuit du 5 au 6 novembre 1917 (23-24 octobre, selon le calendrier julien, d'où le nom de «-Révolution d'octobre-» donné à ces événements), un coup d'Etat inauguré par les coups de canon du croiseur Aurore devant Pétrograd. Kerenski prit la fuite. Alors que la révolution de Février avait correspondu à un grand soulèment populaire, ce coup de force fut l'oeuvre des seuls bolcheviks. Le 7 novembre, ils mirent officiellement fin au gouvernement provisoire. Lénine, auquel s'étaient ralliés Trotski et Staline (Joseph Vissarionovitch Djougachvili), présida un Conseil des commissaires du peuple, désormais seul détenteur du pouvoir. Le lendemain, le Palais d'hiver fut pris d'assaut, le 10 novembre (28 octobre) les soviets, dans lesquels les idées de démocratie et de liberté avaient germé, furent placés sous le contrôle des bolcheviks. 

La guerre civile.
Enfin aux mains du parti bolchevik (qui prendra le nom de parti communiste de Russie, le 7 mars 1918), le nouveau pouvoir dut alors se battre sur deux fronts : à l'extérieur, la guerre contre les empires centraux et, à l'intérieur, la guerre contre les « Blancs », c'est-à-dire les partisans de l'ancien régime. La paix avec l'Allemagne fut conclue au plus vite et déboucha, le 3 mars 1918, sur le Traité de Brest-Litovsk, au terme duquel la Russie renonçait aux Pays Baltes et à la Pologne et reconnaissait l'indépendance de la Finlande et de l'Ukraine. (Malgré cette paix, le gouvernement préfèra par sécurité quitter Pétrograd et installa la nouvelle capitale à Moscou, au Kremlin, l'ancienne citadelle des tsars). L'écrasement des « Blancs » et la prise de contrôle de tout le territoire russe prendront, eux, plusieurs années. Bien que le tsar et sa famille aient été exécutés le 16-17 juillet 1918, à Ekaterinburg où on les avait assignés à résidence, les contre-révolutionnaires, aidés par plusieurs puissances étrangères (États-Unis, Royaume-Uni, Japon, France), qui avaient envoyé des troupes sur place, résistèrent  jusqu'en 1921 à « l'Armée rouge » dirigée par Trotski, commissaire à la guerre. Les Japonais occuperont même Vladivostok jusqu'en octobre 1922

Cette guerre aura été à la fois une guerre civile et une occasion de réduire les oppositions au sein même des « Rouges ». Une police politique, la Tchéka, avait déjà été créée à cet effet dès le 7 décembre 1917. Puis, quand les marins de Cronstadt (Kronstadt), une base navale près de Pétrograd, qui avaient été parmi les premiers à former des soviets, et qui avaient été utilisés comme troupes de choc contre les «-Blancs », se comprirent trahis par les bolcheviks qui imposaient leur dictature, ils se révoltèrent, le 17 mars 1921. Trotski et le général Toukhatchevski noieront dans le sang ce dernier sursaut des aspirations démocratiques, qui pourtant avaient été à l'origine de la Révolution. Cette guerre aura aussi été une guerre de conquête : une guerre fut déclenchée contre la Pologne en 1920 et 1921 pour une question de tracé de frontière; dans le même temps l'Ukraine, la Biélorussie et la Transcaucasie (Azerbaïdjan, Géorgie et Arménie), furent reconquises. On en fit des républiques soviétiques au même titre que la Russie, qui avait été rebaptisée en juillet 1918 (à l'occasion de la proclamation de la nouvelle constitution) : République socialiste fédérative des soviets de Russie (RSFSR). En décembre 1922, le 10e Congrès soviétique panrusse réunit toutes ces républiques (plus tard transformées en républiques fédérées) au sein d'une nouvelle structure : l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS ou Union soviétique). 

L'URSS.
La Russie, devenue la principale des républiques qui composaient l'URSS, inscrivit à partir de 1922 son histoire dans celle de cette dernière. A la mort de Lénine, en 1924, le pouvoir passa entre les mains de Joseph Staline, qui imposa dans les années qui suivirent un pouvoir personnel, caractérisé par une répression brutale. 

L'ère Stalinienne.
Sur le plan économique, Staline introduisit à partir de 1928  des plans quinquennaux, qui permirent au pays de devenir en quelques décennies la seconde puissance industrielle du monde, mais en provoquant une grande misère dans les campagnes. Dans les années 1930, Staline initia une grande campagne de terreur, au cours de laquelle des purges eurent lieu au sein du Parti communiste. Il y eut des emprisonnements sommaires et des procès truqués, « les Procès de Moscou », qui débouchèrent sur de nombreuses condamnations à mort. 

Malgré une tentative de conciliation, ou du moins de temporisation avec l'Allemagne nazie (Pacte germano-soviétique, en 1939), la Russie fur attaquée en 1941 par les troupes allemandes. D'abord pris de court, les Soviétiques parvinrent à bloquer l'armée d'Hitler à Stalingrad, en 1942-1943,  puis commencèrent à reconquérir de terrain perdu, puis à participer, avec les troupes américaines, à la libération de l'Allemagne du joug nazi, en 1945. Très vite, cependant, l'opposition des deux superpuissances qui avaient émergé du conflit mondial, les États-Unis et l'URSS s'opposèrent dans un conflit que l'on appela la Guerre Froide, qui, par le jeu des alliances qui furent imposées au reste du monde, divisa la planète en deux camps. Basée sur une politique de dissuasion mutuelle, la Guerre froide induit une course aux armements, qui à l'heure où chacun des deux adversaires maîtrisaient l'arme nucléaire, commença à faire peser une menace sans précédant sur le monde.

Kroutchchev, Brejnev, Gorbatchev.
Staline mourut en 1953. Une direction collective lui succéda, mais bientôt l'homme fort du pays fut Nikita Krouchtchev. Il dénonça les crimes de l'époque stalinienne et amorça un processus de déstalinisation. L'installation par l'URSS de rampes de lancement de missiles nucléaires à Cuba en 1962 fut à l'origine d'une des principales crises de la Guerre froide. Celle-ci rapidement réglée, eut cependant le mérite de déboucher sur une période dite de Détente entre les deux superpuissances, qui commencèrent à envisager des discussions sur la réduction de leurs armements. Krouchtchev, qui avait entrepris une réforme de l'agriculture et de l'administration échoua dans cette tâche et fut écarté en 1964. Leonid Brejnev lui succéda. 

Sous la conduite de Brejnev, l'URSS resta un pays totalitaire soumis à un étroit contrôle policier, mais ne connut plus les excès de l'ère Stalinienne. Pendant quelques années, la politique de Détente initiée par Krouchtchev fut poursuivies; ce qui n'empêcha pas des crises comme celle suscité par l'écrasement du «-Printemps de Prague-», en 1968 . La Guerre froide ne reprit réellement qu'avec l'installation de nouveaux missiles en Europe de l'Est dans la deuxième moitié des années 1970 et de l'intervention soviétique en Afghanistan en décembre 1979. Quand Brejnev mourut, en 1982, les tensions avec le camp occidental étaient très vives, et, à l'intérieur, le système était grippé, miné par la corruption des administrations et la démoralisation de la population. Les successeurs immédiats de Brejnev, Youri Andropov (1982-1984), puis Constantin Tchernenko (1984-1985) firent bien le constat d'une nécessité de changement, mais, très âgés et malades, n'eurent pas le temps de mettre en oeuvre de véritables réformes. Mikhaïl Gorbatchev, qui accéda au pouvoir en 1985, allait, lui, pouvoir s'atteler à la tâche.

A la tête du Parti communiste, Gorbatchev tenta de sauver le système soviétique par de profondes réformes économiques (perestroïka) et une ouverture démocratique (glasnost). Mais cette politique échoua. Elle aboutit à la dislocation de l'Empire soviétique, la plupart des républiques qui le composaient prirent ou revendiquèrent leur indépendance. La Russie, qui était la principale de ces républiques, dirigée par Boris Eltsine, ne fit pas exception. Elle se déclara indépendante de l'URSS. Après un putsch manqué contre Gorbatchev, mené par des éléments conservateurs du régime en août 1991, Eltsine s'imposa comme l'homme fort du pays. 

La nouvelle Russie.
En décembre 1991 Gorbatchev démissionna. La fédération de Russie, dirigée par Eltsine, devint la continuatrice d'une URSS qui avait cessé d'exister.

Boris Eltsine.
Dès le début de 1992, la Russie s'engagea dans de profondes réformes économiques, tandis qu'Eltsine se voyait confirmé dans sa politique par un référendum tenu en avril 1993. Une nouvelle constitution fut élaborée dans les mois qui suivirent. En septembre, Eltsine provoqua la dissolution des assemblées issues de l'époque soviétique et convoqua de nouvelles élections, ce qui provoqua un conflit ouvert avec son opposition au parlement. Le 3 octobre, un groupe de parlementaires dirigés par le vice-président Ruskoï se barricada dans la Maison-Blanche (l'immeuble du parlement). L'Armée intervint pour maîtriser les insurgés. Après un siège sanglant, Ruskoï  et les parlementaires qui l'avaient suivi furent arrêtés.  Le 12 décembre, se tinrent les élections destinées à former une nouvelle assemblée, composée d'une douma d'État et d'un Conseil de la fédération, en remplacement de celle qui correspondait encore au Congrès du peuple, hérité de l'âge soviétique. La nouvelle constitution fut également adoptée par référendum ce même jour. 

En 1994, la douma vota l'amnistie des putschistes de 1991 et des auteurs de la récente rébellion parlementaire. Quant à Eltsine, il dut faire face à un autre problème. Djokhar. Doudaev, le président de la Tchétchénie, une république autonome considérée par Moscou comme constituante de la fédération de Russie, cherchait à consolider une indépendance proclamée dès 1991, mais sans susciter jusque là de grande réaction. En décembre 1994, Eltsine envoya la troupe et déclencha la Première guerre de Tchétchénie. L'Armée russe se trouva confrontée à une solide résistance et était menacée d'enlisement quand l'approche de nouvelles élections présidentielle, prévues pour juin 1996, motiva la recherche d'un cessez-le-feu peu avant le scrutin. Eltsine fut réélu et, en août 1997, un accord fut signé à Khassaviourt, entre Russes et Tchéchènes, mettant fin à la guerre. A défaut d'indépendance, une large autonomie fut accordée à la petite république, à la tête de laquelle on fit élire un président pro-Russe, Aslan Maskhadov. La Russie, cette même année, intégra le G7 (groupe des 7 pays les plus industrialisés).

Malade, Eltsine s'était retiré pendant huit mois. Il ne revint sur le devant de la scène qu'en mars 1997. Il remania son Cabinet et amplifia le train de réformes, tout en essayant d'imposer un contrôle sur les dérives de plus en plus patentes que connaissait alors la toute jeune économie de marché. En mars 1998, le gouvernement, jugé inefficace, fut renvoyé. Le premier ministre, Victor Tchernomyrdine fut remplacé par Sergueï Kiriyenko. Mais rien n'y fit. Le rouble s'effondra, la crise financière fut à son comble. Eltsine limogea donc Kiriyenko et rappela Tchernomyrdine. Mais, le 11 septembre, la Douma récusa celui-ci, et lui préféra l'ancien ministre des affaires étrangères Evguéni Primakov, qui accueillit deux ministres communistes dans son gouvernement. Le désordre dans lequel était alors tombé le pays incita aussi la Douma (mai 1999), à essayer de renverser Eltsine en se fondant sur une série de reproches :  avoir provoqué la fin de l'URSS en 1991, avoir utilisé la force contre le parlement en 1993, avoir mené entre 1994 et 1996 une guerre désastreuse en Tchétchénie, avoir appauvri le pays. La tentative échoua. 

Eltsine restait arrimé au pouvoir. Mais une autre menace commençait à peser sur lui : celle de la Justice. La politique économique qu'il avait mené depuis son arrivée au pouvoir avait été accompagnée d'un immense chaos. Une grande partie de la population avait sombré dans la misère, tandis qu'une poignée d'individus, que l'on allait appeler les oligarques, s'étaient enrichis au-delà de toute mesure, souvent par les procédés les plus malhonnêtes. La crise financière de 1998 avait mis au jour les agissements de ces oligarques et le haut de degré de corruption qui s'était installé dans le pays. Le terme de  « mafia russe » commença a être utilisé pour désigner les organisations criminelles qui avaient entrepris d'étendre leur emprise sur le pays. Or, l'entourage proche d'Eltsine, connu sous le nom (assez révélateur) de « famille », avait lui aussi bénéficié d'un enrichissement d'origine douteuse. On avait bien essayé de déstabiliser le procureur général de Moscou, en montant contre lui une affaire de moeurs, l'étau ne s'en resserrait pas moins sur la « famille ». Il devenait urgent de se mettre à l'abri, en cherchant à Eltsine, trop malade désormais pour faire rempart, un successeur compréhensif. Le premier ministre Evguéni Primakov fut écarté pour le remplacer par Sergueï Stépachine, qui fut confirmé par la Douma le 19 mai. Mais visiblement, il ne convenait pas non plus à la « famille ». On le remplaça, le 8 août, par un fonctionnaire qui ne payait pas de mine, mais qui avait su faire preuve de toute la docilité requise lorsqu'il avait été à la tête du KGB : Vladimir Poutine. Le 31 décembre1999, Boris Eltsine démissionna. Son nouveau premier ministre devint président  de la Russie par intérim.

Vladimir  Poutine.
Vladimir Poutine se fit aisément confirmer dans ses fonctions par le suffrage universel lors d'un scrutin tenu le 26 mars 2000. Le nouveau maître du Kremlin tint ses promesses, autant qu'on puisse le comprendre,  envers la « famille », qui ne fut plus inquiétée, mais pour le reste, il se révéla beaucoup moins effacé que ce qui était attendu. Comme premier ministre, il avait déjà montré sa fermeté envers la rébellion tchétchène qui avait repris les armes dès le mois d'août 1999. La popularité acquise ainsi par Poutine ne fut pas même érodée lors de l'accident du Koursk, un sous-marin nucléaire perdu en Mer de Barents  en août 2000, et à l'occasion duquel les autorités furent accusées de ne pas avoir épuisé toutes les possibilités (en particulier en acceptant l'aide de secours étrangers) pour sauver l'équipage qui avait tout entier péri.

Depuis cette date, la politique de Poutine s'est caractérisée, à l'intérieur du pays par la poursuite de la guerre en Tchétchénie (avec une brutalité régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits des Humains), et par de mesures prises pour combattre la puissance de certains oligarques (les ennuis faits à Mikhaïl Khodorkovski, patron de la société Youkos, étant l'emblème de cette politique qui ressemble davantage à la bataille d'un clan pour conserver le pouvoir qu'à une véritable lutte contre les enrichissements abusifs), des mesures qui sont aussi passée par une reprise en main des grands médias d'opposition, réduisant par là la liberté d'expression dans le pays, tout en renforçant le pouvoir personnel de Poutine. A l'extérieur, la Russie à cherché à maintenir une forme de droit de regard sur les anciennes républiques de l'URSS devenues indépendantes, en particulier sur l'Ukraine, qui est le berceau historique de la Russie, mais qui regarde aussi de plus en plus vers l'Ouest. La Russie de Poutine a aussi cherché, après les années d'effacement qui avaient suivi l'effondrement de l'URSS, a retrouver une place parmi les grandes puissances internationales. Non plus désormais en jouant de son importance militaire, mais grâce à ses ressources énergétiques (gaz, pétrole).

La guerre de Tchétchénie
La deuxième guerre de Tchétchénie qui a débuté en 1999 a eu pour causes le fait que Moscou n'ait pas rempli les engagements pris lors de l'accord  de Khassaviourt (investissements dans la reconstruction), ce qui avait affaibli la position du président Alslan Maskhadov (élu en 1997), impuissant  face aux agissements des seigneurs de la guerre locaux et des bandes organisées qui vivaient du kidnapping. Le seul pouvoir organisé en Tchétchénie semblait désormais n'être que celui des groupes islamistes salafistes (wahhabisme), dont la principale figure a été Shamil Bassaïev,  et qui avaient trouvé dans le chaos ambiant un terrain favorable à leur implantation. On a rangé ici les principaux événements de cette guerre en trois rubriques : la Tchéchénie même, les petites républiques du Caucase du Nord, voisines, et le reste de la Russie.

Tchétchénie

2002. - Un hélicoptère russe s'écrase en août : au moins 115 tués. En décembre, à Grozny, le quartier général du gouvernement Tchétchène soutenu par Moscou est victime d'un attentat suicide à  la bombe : 50 tués.

2003. - En mars, la population tchétchène se prononce, lors d'un référendum tenu dans des conditions discutables pour le maintien de la Tchétchénie dans la Fédération de Russie. En mai un attentat suicide tue plus de 50 personnes au nord de la république. Deux jours plus tard, un nouvel attentat vise le nouveau président tchétchène (homme de paille de Moscou), Akhmad Kadyrov, qui y échappe, mais une dizaine de personnes sont tuées.

2004. - Kadyrov est tué par  l'explosion d'une bombe en mai.

2005. - En février, l'ancien président Aslan Maskhadov demande un cessez-le feu. Mashkadov est tué par les Russes en mars.

Le chef de guerre islamiste, Shamil Basaïev,  se déclare le chef de toutes les forces rebelles.


Caucase du Nord

2003. - En juin, un attentat suicide à la bombe contre un bus de militaires stationnés à Mozdok en Ossétie du Nord fait une vingtaine de morts.

2004 -Siège de Beslan. - en septembre, plus de 330 personnes, dont de nombreux enfants, meurent lors de l'assaut russe, lors  de la prise d'otage d'une école par les Tchétchènes à Beslan, en Ossétie du Nord. Aslan Maskhadov, condamne cette prise d'otages, orchestrée par son rival Shamil Bassaïev.

2005. - En janvier, une vingtaine de personnes sont tuées dans des affrontements en Ingoutchie, au Daghestan, en Kabardino-Balkarie. Répression brutale par les forces russes.

2006. - Shamil Bassaïev est tué le 10 juillet en Ingoutchie.

En juin, au moins dix tués dans une explosion au Daghestan. En octobre, encore une dizaine de morts dans des affrontements entre la police et militants à Nalchik, la capitale de la Kabardino- Balkarie. 

Russie

2002. - En octobre, prise d'otages à l'Opéra de Moscou par des Tchétchènes. Environ  800 personnes retenues. La plupart des rebelles et environ 120 otages sont tués lors de l'assaut par les forces russes. 

2003. - En juillet, attentat suicide à la bombe lors d'un festival rock près de Moscou : 15 tués. En décembre, 40 tués dans l'attaque d'un train de passager au sud de la Russie. 

2004. -  En février attentat suicide dans le métro de Moscou, attribuée aux Tchétchènes : environ 40 morts. En août, deux avions de passagers s'écrasent à quelques minutes d'intervalle après leur décollage de Moscou : 89 tués. Cette fois encore, les rebelles  tchétchènes sont accusés par les autorités.

. Le contrôle intérieur Les relations internationales
Les Institutions

Décembre 2003. - Les élections accordent à Poutine une solide majorité au Parlement. 

Février 2004. Le premier ministre Mikhaïl Kassianov est limogé, puis remplacé, en mars, par Mikhaïl Fradkov, tandis que Poutine sort vainqueur des élections présidentielles.
 

Le pétrole et le gaz

Youkos. - En octobre 2003,  le milliardaire Mikhaïl Khodorkovski, patron de la société pétrolière Youkos, accusé de fraude fiscale et d'évasion de capitaux est arrêté. (Khodorkovski s'opposait aussi sur le plan politique à Poutine, en soutenant l'opposition libérale). Les autorités russes prennent le contrôle, en août 2004, de Youganskneftegaz, l'unité de production principale de Youkos à titre de compensation des dettes dues à l'État. En décembre, la firme nationale Rosneft rachète Youganskneftegaz. L'essentiel de l'industrie pétrolière russe ainsi renationalisée de fait. En mai 2005, Khodorkovski est condamné à neuf ans (huit après appel) de prison. Il est transféré dans une colonie pénitentiaire, en Sibérie. En juillet 2006, la Justice a mis fin à l'existence du groupe Youkos.

Gazprom. - En juin 2005, l'État prend le contrôle de Gazprom, la première société gazière du pays. En septembre, Gazprom achète la société concurrente Sibneft. 
 

Les libertés

En janvier 2002, la dernière télévision indépendante (TV-6) est contrainte à cesser d'émettre. Son autorisation lui sera rendue en juin, après un accord avec le Kremlin, qui un an plus tard contrôlera complètement le média (rebaptisé TVS).

Janvier 2006. - Poutine signe une nouvelle loi visant à limiter les activités des organisations non-gouvernementales lorsqu'il est considéré qu'elles représentent une menace.

Octobre 2006. - Assassinat de Anna Politkovskaïa, une journaliste connue pour ses critiques envers le régime. Douze journalistes ont été assassinés en Russie depuis 2000.

L'étranger proche

Ukraine. - En octobre 2003, un conflit frontalier se déclare entre l'Ukraine et la Russie, à propos de la construction d'une route sur le détroit de Kerch entre la côte russe et l'île ukrainienne de Tuzla. Vladimir Poutine et son homologue ukrainien, Léonid Kuchma, finissent par s'entendre sur l'utilisation conjointe du détroit et sur le statut de la mer d'Azov. (L'île de Tuzla n'est pas concernée par cet accord). Les relations avec l'Ukraine deviennent plus tendues après la Révolution orange (novembre 2004). En janvier 2006, Moscou coupe pendant quelques jours l'approvisionnement en gaz de l'Ukraine, en prétextant des raisons techniques, mais rappelant ainsi implicitement la dépendance de l'Ukraine vis-à-vis de la Russie. 

Chine. - En juillet 2001,  un traité d'amitié est signé entre la Russie et la Chine. En mars 2006, ce sont des accords économiques avec la Chine (concernant notamment l'exportation future de gaz russe vers ce pays) qui sont conclus.

Kirghizistan. - En septembre 2003, le Kirghizistan donne son accord pour l'installation sur son sol d'une base militaire russe, qui doit accueillier une nouvelle force d'interventions rapide, dans le cadre de la lutte anti terroriste.

Iran. - En février 2005, un accord énergétique (nucléaire) est conclu avec l'Iran.

Géorgie - La détention, en septembre 2006, de quatre officiers russes accusés d'espionnage et l'expulsion, en représailles de centaines de ressortissants géorgiens de Russie accentuent les tensions qui existent entre Moscou et Tbilissi depuis 2003

L'Ouest

États-Unis, OTAN. - En mai 2002, accord est signé avec les États-Unis sur la réduction des armes nucléaires stratégiques. Il est suivi d'un accord de sécurité avec l'OTAN  concernant nottamment la coopération dans la lutte contre le terrorisme.

Allemagne. - Un accord est conclu en septembre 2005 pour la construction d'un gazoduc sous la mer Baltique pour approvisionner l'Allemagne en gaz russe. 


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