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Le
Khanat du Kiptchak
Les khans de la Horde
d'or ou khans du Kiptchak sont la dynastie mongole qui a régné
pendant plusieurs siècles dans l'Est et le Sud de la Russie et dont
le fondateur était Djoudji ou Tchoutchi, un des fils de Gengis khan.
Djoudji, après la bataille de la Kalka en mai 1223,
reçut de son père tout le pays au Nord de la mer Noire et
de la mer Caspienne. Après sa mort, ce vaste territoire fut divisé
entre ses cinq fils :
Orda,
l'aîné, prit le titre de chef de la Horde blanche (ak orda)
dans le Kiptchak oriental où ses descendants régnèrent
de 1226
à 1428,
et aussi dans le Kiptchak occidental, après la branche de Batou,
de 1378
à 1502.
Ce sont eux que l'on appela plus tard khans d'Astrakhan
(1466-1554).
Touka-Timour,
le deuxième fils, reçut la grande Bulgarie au Nord du Kiptchak
et fut la tige des khans de Kazan
(1438-1552),
de Kazimov (1450-1678)
et de Crimée (1420-1783).
Sheïban
commandait aux tribus des steppes du Nord de la Caspienne où étaient
les Kirghiz-Kazak qui émigrèrent plus tard à Khiva
et à Bokhara.
Teval, enfin,
devint le chef des Petchénègues et le fondateur de la dynastie
des khans de Sibérie.
La Horde d'Or.
Batou (le Baty des
chroniqueurs russes), le vrai successeur de Djoudji, reçut en partage
tout le Kiptchak occidental qui s'appelait la Horde bleue (Keuk orda),
mais en réalité il était le chef suprême de
toutes les tribus mongoles du patrimoine de Djoudji. C'est lui qui, entre
1224
et
1238,
abbattit toute la fureur de l'ouragan mongol sur les peuples slaves, inaugurant
ce qui allait être pendant près de deux siècles une
terrible lutte dans laquelle allait périr la plus grande partie
de la noblesse de Russie et de Pologne. Lorsque, ayant donc étendu
son territoire à l'Ouest, il eut conquis la presque totalité
de la Russie (prise de Moscou ,
pillage de Kiev ),
il fixa sa résidence (orda) à Seraï dans le delta
de la Volga. C'est alors qu'il prit le titre de «-khan
de la Horde d'or », expression mongole (sir orda) qui désignait
primitivement la résidence du grand khan mongol de l'Asie. Mais
nous ne nous occupons ici que de la Horde d'or du Kiptchak; c'est la seule
du reste que connaissent les historiens orientaux, les voyageurs Plan
Carpin, Rubruquis, etc., et les chroniqueurs
russes.
Ls princes russes
dès cette époque ne sont plus que des vassaux du grand khan
soumis à l'investiture (iarlik, décret), ne pouvant
ni battre monnaie ni faire la guerre sans l'autorisation du vainqueur;
en outre, chaque habitant est tenu au kharadj (capitation) et au
service militaire. Béréké (1256-65),
frère et successeur de Batou continuera la même politique.
Le pape Alexandre IV prêche vainement
une croisade contre lui; il y répond
par une invasion en Pologne et s'avance jusqu'à Oppeln en Silésie ,
ramenant des troupeaux d'esclaves chrétiens. C'est un grand prince,
en rapports suivis avec l'empire grec de Constantinople
et avec l'Égypte qui lui envoient des ouvriers d'art pour construire
et orner son palais; il en demande d'autres à l'Égypte. Mais
sa conversion à l'islam prépara la désagrégation
de l'empire national des Mongols; lui-même inaugure les conflits
avec les Houlagides.
Mangou-Timour, petit-fils
et successeur de Béréké, chasse de ses Etats, et notamment
de Crimée, les Vénitiens, réservant ses faveurs aux
Génois; il bataille avec ses voisins d'Europe. L'anarchie s'accentue
sous son successeur Toktou. La communauté de foi maintient l'alliance
avec les sultans d'Égypte; en 1319,
Nasir épouse une princesse mongole. Mais Ouzbeg (1342-40)
en marie une autre à son protégé, le grand-duc Georges
de Moscou ,
et, à partir de remontent, incline vers le christianisme; il épouse
une fille de l'empereur byzantin
-Andronic III.
Sous ce prince habile et tolérant, la Horde d'or est à son
apogée. La décadence vient avec les tragédies de famille;
le fils et successeur d'Ouzbeg, Tinibeg, est assassiné par son frère
Janibeg, personnage juste et pieux, disent les chroniqueurs; il est lui-même
tué par son fils Berdibeg (1357),
qui tombe à son tour sous les coups de son frère Koulpa (1360)
et la sanglante série se prolonge. Ainsi s'éteint la branche
aînée des khans de la Horde d'or issus de Batou (1360).
Surgissent alors les collatéraux auxquels on avait distribué
des apanages. Ils règnent concurremment sans qu'aucun puisse prendre
le dessus; il y a deux khans du Kiptchak, l'un à Seraï, l'autre
sur le Don; en outre, six principautés se rendent indépendantes;
les Mordves au Sud de Riazan, les Bulgares sur la moyenne Volga (khanat
de Kazan); d'autres à Astrakhan ,
en Crimée; les deux derniers sur l'Iaïk (fleuve Oural). Dans
cette anarchie, les descendants de Gengis et de Djoudji conservent la prééminence.
En 26 années
(1352-78)
se succèdent 18 khans. Les princes des tribus de Sheiban, d'Orda
et de Touka-Timour s'emparent du trône et règnent concurremment
de 1359
à 1379
: c'est ce que les historiens appellent « la période des familles
rivales ». Les plus illustres étaient les khans de la
Horde blanche, issus d'un frère de Batou, campés dans les
steppes orientaux, par delà le Volga; puis les descendants de Touka-Timour
qui se perpétueront en Crimée. Ourous, khan de la Horde blanche,
dont la capitale était Sighnak, revendique l'héritage de
Berdibeg; il lui est disputé par Touli Khoja, khan de Crimée,
qu'il fait périr. Le fils de ce dernier, Toktamich, se réfugie
près du fameux Timour (Tamerlan ),
obtient son aide (1375).
Ourous meurt, suivi aussitôt de son fils aîné; le cadet,
Timour-Malik, est défait au Karatal, en Turkestan
(1376),
Toktamich le fait tuer. Le principal chef mongol de Seraï, Mamaï,
vient de perdre contre les Russes du prince Dmitri Donskoï la bataille
de Koulikovo (1380).
Toktamich fait périr Mamaï et se porte à la rencontre
des Russes autour de Moscou ;
la cité est pillée et brûlée (août 1382),
de même que Vladimir et Kolomna; et la Russie tout entière
est ravagée comme aux premiers temps de la fureur mongole, d'abord
par Toktamich, puis par Tamerlan qui venait de franchir le Caucase .
Mais le khan se brouille avec Timour, auquel il réclame Kharezm.
Il engage ainsi une lutte à mort qui entraîna la ruine de
l'empire du Kiptchak et par contre-coup prépara l'affranchissement
des Russes.
L'exaspération
des haines s'explique aussi par la question religieuse. Timour est le champion
de l'islam orthodoxe, n'admettant d'autre loi que celle de Dieu, la chariah
; les Kiptchak, qui ont laissé à leurs sujets d'origines
si variées leur statut personnel, gardent le leur, le vieux droit
turc. C'est la lutte du nationalisme contre l'Église. Toktamich
prit l'offensive, pilla Tabriz
(1387);
Timour rasa Ourghendj, défit les Kiptchak sur l'Amou-daria, puis
prépara une grande expédition pour les forcer chez eux par-delà
le désert. Il le franchit malgré la sécheresse, la
faim, le froid et débouche le 18 juin 1391
à Kandourkha, sur le fleuve Oural, où se livra la bataille
décisive. Elle dura, dit-on, trois jours et se termina par le désastre
total des Kiptchak. Timour les poursuivit, détruisit leurs grandes
cités de Seraï, Seraïchouk, Astrakhan .
Toktamich reparaît
en 1395
sur le Caucase ,
et Timour l'écrase sur le Térek, après une héroïque
résistance; il poursuit les fugitifs jusqu'à la moyenne Volga
et revient détruire le grand entrepôt d'Azak, raser Seraï
et Astrakhan .
Cette fois le Kiptchak est bien ruiné; sa puissance à jamais
brisée. Toktamich va mourir en Sibérie ,
à Tioumen ;
un protégé de Timour s'installe à Séraï
: Timour Koutlough, de la famille d'Ourous, assisté d'une sorte
de maire du palais, Edegou Iédigei, qui est le vrai maître
jusqu'à sa mort (1431).
La Horde d'or va
en se désorganisant et en 1462,
au moment de l'accession d'Ivan III le Grand,
les nomades de l'Est de la Volga se détachent; Oulou Machmet crée
un khanat autonome à Kazan
en s'appuyant sur les Tchouvaches et les Tchérémisses. Les
Tatars de Crimée en font autant sous les descendants de Toktamich,
demeurés les irréconciliables ennemis des descendants d'Ourous
qui règnent à Séraï; ils s'allient aux Russes
contre les khans de la Horde d'or qui n'ont plus qu'un titre sans pouvoir.
C'est par la coopération de Mengli Gheraï, khan de Crimée,
et du grand-duc de Moscou
que fut détruite la Horde d'or. Le dernier khan Ahmed, qui avait
marché sur Moscou, vit son armée décimée par
le froid dans la retraite. En son absence, les Nogaïs et le khan de
la horde de Chéiban (qui nomadisait entre Perm et Tioumen )
avaient détruit Seraï; ils surprirent le khan à son
retour et le tuèrent à l'embouchure du Don (6 janvier 1481).
Ses fils tentèrent vainement de restaurer le khanat; Mengli Gheraï
les refoula au Sud du Don vers le Caucase
et acheva leur ruine en 1502.
Seïd Ahmed II le dernier khan est envoyé en à Kovno,
en Lituanie
où il meurt cette même année. Le khanat de Kazan, soumis
une première fois par Ivan en 1486,
est définitivement réuni à la Russie en 1552.
Le dernier khan, Seid Achmet. Ainsi finit la Horde d'or. Les khanats démembrés
du Kiptchak et gouvernés par des descendants des conquérants
mongols furent successivement annexés à la Russie.
Le khanat d'Astrakhan
prolonge un peu son existence jusqu'en 1554,
deux ans plus tard que ceux de Kazan
et Kazimov. Le khanat de Crimée est celle des principautés
d'origine mongole qui se maintint le plus longtemps. Affranchis au XVe
siècle de la Horde d'or, les Tatars
s'allient aux Russes contre elle et tombent sous le protectorat des Turks
Osmanlis, lorsque ceux-ci occupent les villes de Crimée où
s'étaient établis les commerçants génois (1475).
Le khan Mengli Gheraï restauré par les Osmanlis devient leur
vassal et s'allie aux Russes qui dérivent les razzias de ces infatigables
maraudeurs contre les Lituaniens et les Polonais. Mohammed Gheraï
impose encore un tribut perpétuel au grand-duc Vasili en 1521.
A partir du XIVe siècle;
les Tatars sont combattus et, à partir du XVIes.,
tenus en respect par les Cosaques, les aventuriers slaves de la steppe,
qui leur disputent le terrain. Ils partagent les destinées de l'empire
ottoman; la perte et la restitution d'Azov
(1696-1710),
l'expédition de 1735
où les Russes forcent les lignes de Pérékop et dévastent
la capitale de Bagchi-Seraï, sont les prodromes de l'annexion définitive,
consommée en 1783,
lors de l'occupation de la Crimée par les troupes de Catherine
II. A la même date fut incorporée à l'empire
des tsars la horde des Nogaïs, débris des gens du Kiptchak
refoulés au Sud entre la Caspienne et la mer Noire.
Les Mongols du Kiptchak
se sont ainsi maintenus plus tard qu'aucun autre des Etats nés du
démembrement de l'empire gengiskanide parce qu'ils ont mieux que
les autres demeuré sur la steppe; ils n'ont succombé que
devant les progrès de l'armement moderne. C'était un État
singulièrement, bigarré, englobant la grande Bulgarie de
la Volga, les diverses populations ougro-finnoises de la Russie orientale,
Mechtcheriaks, Tchouvaches, Tchérémisses, Mordves, les Bachkirs,
les Kirghiz, les Russes, les colons génois de la mer Noire, les
Alains et toute la série des populations caucasiennes; sous ses
chefs mongols, l'État était turc de langue
et d'institutions. Le centre était sur la basse Volga, dans les
steppes du Nord de la mer Caspienne; l'empire s'étendait sur la
Russie, sur le Caucase ,
sur les steppes aralo-caspiens jusqu'au Kharezm inclusivement, et vers
le Nord sur la Sibérie occidentale. La carte dressée par
les Mongols de Chine en 1331
distingue dans le royaume d'Ouzbeg (encore, vassal du Khaqan de Pékin ),
la Bulgarie, la Russie, le pays de Soudak (le grand port de Crimée),
le Kiptchak du Kouban, le pays des Alains et la Circassie .
Quand l'exterminateur Timour eut à jamais détruit la puissance
du Kiptchak et de la Horde d'or, les steppes orientales échappent
à celle-ci et leur histoire. Dans la mesure où elles en ont
une, se confond avec celles des Etats démembrés de l'empire
de Djagataï.
Voici
la liste des khans de la Horde d'or :
Famille
de Batou (Horde bleue). Batou, 1224; Sertak, 1256; Bereke, 1256; Mangou-Timour,
1266; Toktou, 1290; Uzbeg, 1342; Tinibeg, 1340; Djanibeg, 1340; Berdibeg,
1357; Koulna, 1359; Nourousbeg, 1359.
Familles
rivales. Khizr, 1359; Merdoud, 1361; Timour, Mourid et Koutlough Khodjah,
1361; Poulad Khodjah, 1363; Aziz et Abdallah, 1363; Hasan, 1367; Touloungbeg,
1370; Ilban, 1373; Khaghan, 1375 ; Mohammed Boulak, 1378.
Famille
de Orda (Horde blanche). Toktamich, 13761391.
Famille
de Orda (branche de Ourous). Beg Poulad, 1391; Koutlough, 1395; Shadibeg,
1400; Poulad, 1407; Timour, 1411; Djelal ed-Dîn, 1419; divers princes,
14121449; Seïd Ahmed, 1419; Ghaïats ed-Din, 1422; Koutchouk,
1424; Devletbardi, 1427; Mahmoud, 1460; Ahmed, 1460; Seïd Ahmed Il,
1481.
Villes
principales mentionnées sur les monnaies de la Horde d'or :
Bakou ,
Seraï (delta de la Volga), Gulistan (id.), Hadji-Terkhan (Astrakhan ),
Boulghar (au S. de Kazan ),
Oukek (Volga), etc.
Les
Mongols du Djagataï
Des quatre parts
de l'empire mongol, celle-ci était celle du milieu, passage obligé
pour aller de l'une à l'autre, passage des marchands et des soldats;
c'étaient les peuples qui s'étaient le plus aisément
soumis, suivant volontiers l' « irrésistible empereur »
à la conquête de la Chine, de la Perse ou de la Russie; mais
aussi les résistances y avaient été moins brisées
qu'ailleurs, les seigneurs turcs avaient gardé avec leurs domaines
leurs habitudes d'indiscipline; quand cessera la conquête, c'est
là que continueront d'affluer les reîtres, sauf à se
battre entre eux pour ces riches vallées et ces belles cités.
L'ancien clergé musulman de la Transoxiane ,
si piétiste, travaille à recouvrer la domination que lui
ont ravie les païens mongols; il s'efforce de les convertir, lutte
contre les chrétiens
nestoriens ( Nestorius)
du Turkestan oriental et contre les bouddhistes
qui ont mis la main sur les Mongols de Chine. Aussi de tous les souverains
mongols, ceux qui le plus vite furent débordés par leurs
vassaux et annihilés furent ceux du Turkestan.
La difficulté
de la tâche apparut bien quand Djagataï fut mort (1241).
Durant la période d'anarchie qui ne prit fin que par l'élection
de Mangou, les fils de Djagataï se mêlent aux intrigues, guerroient
au Sud de leur domaine, mais sans achever à leur profit la conquête
de la Perse que l'empereur attribue à son frère Houlagou.
Un mécontentement persiste, et lorsque Barak, le plus capable des
petits-fils de Djagataï, reçoit de Koubilaï l'investiture
des domaines de son grand-père, il émet la prétention
d'y comprendre tout ou partie de ceux du fils d'Houlagou, Abaga. Il passe
l'Oxus (1269),
envahit le Khoraçan mais est battu (1270).
Il meurt peu après et ses États sont livrés à
l'anarchie; le khan de Perse pénètre à son tour en
Transoxiane
et détruit la grande ville de Boukhara (1273).
Les khans vivent en général dans le pays ouïgour, d'Almalik
ou de Kashgar, abandonnant la Transoxiane aux querelles des seigneurs.
Leur autorité est intermittente; en cent années, on compte
25 souverains. Les vrais maîtres du pays ce sont les chefs des grands
clans mongols d'Arlad, d'Aïberdi, de Djelaïr et de Barlass, qui
imposent aux Djagataïdes des vizirs, lesquels gouvernent sous leur
nom; les ordres religieux peuvent seuls balancer l'influence de cette noblesse.
Le type de ces grands vizirs est Kazgan qui fit et défit cinq khans;
après lui, Timour reprit ce rôle. Dans l'intervalle, un sultan
plus énergique, Touklouk-Timour (mort en 1363),
restaure pour quelques années sa souveraineté. Après
sa mort, son fils Elie succombe contre Timour, un de ces feudataires batailleurs
de la Transoxiane, nominalement Mongol du clan de Barlass, en réalité
un Turk.
Celui-ci est le véritable
destructeur de l'ancien empire mongol, comme de la civilisation musulmane
de l'Asie occidentale. Protégé des moines et du clergé
musulman, il abolit le vieux droit national, le remplaçant par le
droit religieux de la chariah (droit coranique ).
Fanatisés
à son image, les Turks de Transoxiane vont devenir les pires ennemis
des Mongols bouddhistes ou païens de l'Est. Ils ont laissé
expulser sans bouger la dynastie mongole de Chine; Timour détruit
à jamais la puissance de la Horde d'or, déblayant la route
aux Slaves de Russie. La Kashgarie, jadis si florissante, ne se relèvera
plus de ses ravages. Il coupe définitivement les communications
entre les Turks orientaux et les Mongols d'une part, et d'autre part leurs
frères occidentaux engagés dans les affaires d'Europe et
des pays méditerranéens. (E. Blochet / E. Drouin). |
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