 |
Les faux Dimitri.
- Nom de plusieurs imposteurs, qui se sont fait passer en Russie
pour les héritiers du trône. Leur origine remonte à
Dimitri, dernier prince de ce nom, fils cadet d'Ivan
IV, et dernier rejeton de la dynastie de Rurik,
né en 1581, était en bas âge quand son père
mourut : seul frère de Fédor, qui avait succédé
à Ivan sous la tutelle de Boris Godounov,
il était destiné au trône; mais il fut mystérieusement
assassiné en 1591 : on accusa de ce meurtre Godounov, à qui
sa mort assurait le trône.
C'est cette disparition du jeune Dimitri,
qui fournit à plusieurs imposteurs l'occasion de se faire
passer pour l'héritier du trône. Le plus remarquable parut
en Pologne
en 1603 : il disait avoir été soustrait à l'attentat
commis par Godounov, dont un enfant substitué
avait seul été victime. Il se vit promptement entouré
d'une nombreuse armée, battit Godounov, qui mourut peu après
d'apoplexie, et fut universellement reconnu pour tsar en 1605; mais il
indisposa ses sujets par son mépris pour leurs usages et sa prédilection
pour les Polonais, et périt l'année suivante, victime d'une
conspiration ourdie par Chouisky. On l'a identifié, mais à
tort, avec un certain Grégoire Otrepiev, moine apostat, qui à
la même époque avait soulevé les Cosaques contre Boris
Godounov.
Les faux Dimitri ne cessèrent de
paraître qu'après l'établissement définitif
de la maison Romanov (1613). Mérimée
a écrit leur histoire. |
|