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Moscou (en
russe : Moskva). - Capitale de la Russie ,
sur la Moskva, Moscova ou Moskova ;
altitude 142 m; à 600 kilomètres au Sud-Est de Saint-Pétersbourg ;
à 3000 kilomètres au Nord-Est de Paris ;
10,5 millions d'habitants environ (2007).
Par sa position à l'Est de l'Europe ,
Moscou participe au climat essentiellement continental, froid, sec et,
par conséquent, très sain. Les froids comme les chaleurs
y confinent à l'extrême. 71 années d'observations ont
fourni pour la ville : Janvier - 27 à + 10; mars - 19 à +
6,8; mai + 25 à + 30; octobre -6 à + 16. Les moyennes extrêmes
observées sont + 31,4 et - 30,5. Des froids bien plus intenses ont
également lieu dans Moscou de temps à autre. Les Moscovites
se plaignent également des fortes chaleurs qu'on subit parfois durant
les mois d'été. La hauteur moyenne du baromètre est
de 747,6 mmm. Les variations constatées, 711,3 à 777,6. De
mai à octobre, Moscou reçoit environ 340 mm de pluie. La
neige, en hiver, se maintient compacte, à une épaisseur considérable.
L'histoire.
Située au centre même de
l'ancien empire des tsars, Moscou a été le point initial
de la formation de l'immense Etat russe et a toujours
conservé, à ce titre, aux yeux des orthodoxes, le prestige
de l'originalité, même lorsque la capitale russe était
Saint-Pétersbourg .
Longtemps, d'ailleurs, le nom de Moscovie désignait, pour les étrangers,
le pays de Russie .
L'histoire de cette ville est assez obscure. La plupart des documents se
rapportant aux premières années de la cité nous ont
été transmis par des voyageurs étrangers, les annalistes
russes ayant été fort sobres à cette époque
lointaine. D'autre part, les fréquents incendies dont Moscou a été
le théâtre ont dévoré les rares documents qu'on
pouvait posséder sur cette ville. On attribue généralement
à un prince, Dolgorouki, la fondation
du premier bourg portant le nom de Moskova ,
du nom de la rivière sur laquelle le village était édifié
(1150), sur l'emplacement du domaine du boïar Koutchka. exécuté
par ordre de Jouro (ou Youri) Dolgorouki. Le nom de Koutchkovo continua
de désigner quelque temps la ville, concurremment avec celui de
Moscou adopté par le fondateur pour la cité qu'il bâtit
sur l'une des sept collines des rives de la Moskova, celle qui porte le
Kreml (Kremlin ).
Elle fut dévastée en 1476 par le prince de Riazan, en 1237
par les Mongols .
Michel le Brave, frère cadet d'Alexandre
Nevski, était prince de Moscou en 1248. Puis la région
du Moscou actuel fut adjugée comme fief à Daniel Nevski,
fils d'Alexandre Nevski (1261-1303), qui semble être le véritable
fondateur de la puissance moscovite. A sa mort, le domaine de Moscou fut
déjà assez étendu pour entrer en lutte avec sa rivale,
Tver. Au commencement du XIVe siècle,
Moscou devint l'apanage du prince Ivan Kalita, fils de Daniel et neveu
d'Alexandre Nevski (1328-1340). Sous le règne de ce prince, la ville,
qui remplace Vladimir comme résidence du grand-duc et reçoit
un métropolite, prend une importance particulière et son
histoire se trouve intimement liée au développement normal
de l'Empire. Elle comprenait alors le Kremlin palissadé, le Possad,
quartier environnant, le Sagorodjé, groupant les faubourgs, enfin
le Saretchié (auj. Somot Kvoretchié), sur la rive droite
de la rivière. En 1367, Dmitri Ivanovitch fit entourer le Kremlin
d'un mur de pierres. Il repoussa les Lituaniens
(1368), mais ne put arrêter les Mongols (1382).
La fortune de Moscou semble être
due, d'abord à sa position relativement éloignée des
frontières extrêmes de la Russie
et par suite mieux protégée contre les fréquentes
incursions des Tatars ( Le monde turco-mongol );
elle est due aussi à la politique adoptée par ses princes
qui, tout en simulant une obéissance passive aux khans
Tatars, prenaient peu à peu un certain ascendant sur les principautés
environnantes. Chargés de recueillir les tributs, que les Russes
payaient aux Mongols ,
Kalita et ses successeurs réussirent à accumuler des richesses
considérables dont ils firent bénéficier largement
le clergé. Kalita eut l'heureuse inspiration d'obtenir le transfert
dans sa capitale du métropolite qui siégeait alors à
Vladimir et nombre d'églises furent
édifiées sous son règne, entre autres celles de la
Dormition (improprement appelée parfois de l'Assomption) et du Sauveur,
au Kremlin .
A la fin du XIVe siècle, la supériorité
de Moscou fut implicitement reconnue par les villes voisines qui se rangeaient
sous son drapeau pour combattre les Tatars (bataille de Koulikovo, 1380).
Ivan
III (1462-1505) prit le premier le titre de tsar avec Moscou comme
capitale de l'empire. La ville devint le siège de la principale
noblesse du pays et celui des différents conseils. Sa renommée
attire les étrangers. A cette époque furent aménagés
les trois quartiers de la vieille ville : Kitaï Gorod, le long du
Kremlin, entouré comme lui d'un mur (1534); Bjelgorod, l'enveloppant
en demi-cercle et, à son tour, protégé par une enceinte
de pierres (1586) percée de neuf portes et par des boulevards en
terre que Catherine II fit raser et remplacer
par les boulevards (rues) actuels (Tverskoï, Strastnoï, Pietchistenski,
etc.). Enfin, de 1588 à 1592, on construisit plus loin une troisième
enceinte de palissades, remplacée en 1638 par un mur en terre et
qui, englobant les anciens faubourgs, en forma le quartier de Zemliani
Gorod, où résidèrent les gens du peuple, tandis que
les bourgeois et la petite noblesse habitaient Bjelgorod, la haute noblesse
et les Gosti (hôtes tels qu'ambassadeurs) le Kitaï Gorod, et
les princes le Kremlin. Nous trouvons une curieuse description de Moscou
dans un petit livre, paru pour la première fois en 1607, par le
capitaine Margeret, qui visita la capitale russe en 1600.
«
La ville de Mosco qui est vne grande ville, par laquelle passe vue riuière
plus grande que la Seine. La ville est enclose d'vne muraille de bois qui
a de circuit, comme i'estime, plus que Paris. Après elle a vne grande
muraille qui a de circuit autant que la moitié de celle de bois,
mais non au delà de la rivière. Puis il y a la troisièsme
qui est de brique, qui enclost toutes les boutiques de pierre des marchands.
Puis il y a le Chasteau qui est grand, et fut basty, au temps de Basilius
Johannes, père de Johannes Basilius, par un Italien. Dans le Chasteau
il y a diuerses Eglises de pierre, entre lesquelles il y en a quatre toutes
couvertes de cuiure doré. La ville est pleine de bastimens de bois,
chaque bastiment n'a que deux estages, mais vne grande place en leur logis
à cause du feu auquel ils sont fort suiets depuis peu de temps;
ils ont basty beaucoup d'Eglises de pierre. Il y en a aussi vn nombre infiny
de bois et mesmes les ruës sont panées ou planchées
de bois. »
Le feu, le coq rouge, comme disent
les Russes, contribua pour une large part à l'embellissement et
à l'agrandissement de Moscou, car après chaque désastre
les constructions s'élevaient plus spacieuses, souvent en pierre.
De 1463 à 1500, plusieurs incendies dévastèrent complètement
la ville. L'incendie de 1493 ne laissa debout que l'église
de la Dormition
Sous le règne d'Ivan
IV le Terrible, des sinistres multipliés détruisirent
la presque totalité de Moscou. Le 12 avril 1547 un quartier entier
fut la proie des flammes; le 20 du même mois, une seconde partie
de la ville, occupée par les tanneurs et les potiers, fut réduite
en cendres. Le 21 janvier suivant, un incendie plus violent encore détruisit
tout ce qui restait debout des sinistres précédents : le
palais du tsar, le trésor, les archives, les images et les reliques
des saints
furent la proie des flammes. La célèbre image de la vierge
de Vladimir fut épargnée par le fléau, qui avait coûté
la vie à 1700 personnes. La fréquence des désastres
engageait les souverains à édicter des règlements
particuliers pour la défense contre les incendiaires (car, même
jusqu'à l'époque contemporaine, nombre de ces incendies sont
dus à la malveillance). Ils ordonnèrent particulièrement
la construction sur des points désignés de maisons en brique.
Les incendies ne furent pas les seules
calamités que subit la vieille cité russe. Il y eut d'abord
des disettes dont la plus terrible nous est rapportée de l'année
1602, sous le règne de Boris
Godounov et que la tradition relate avoir fait près de
130 000 victimes, chiffre probablement fort exagéré, la population
de la ville n'étant à cette époque que de peu supérieure
à ce nombre; durant le règne de
Catherine
II, la peste, qui dura deux mois et fit en moyenne près de 1000
victimes par jour. Pendant cette épidémie, l'archevêque
Ambroise fut massacré dans une émeute pour avoir voulu faire
enlever l'image miraculeuse de la « Mère
de Dieu » de Bogolioubovo, que le peuple désespéré
allait implorer en foule.
-
Plan
de Moscou en 1900 (cliquez sur l'image pour l'agrandir).
Nous ne citerons que pour mémoire
les guerres soutenues par Moscou contre les Tatars, le pillage de la ville
par le khan de Crimée
Devletgeraï en 1571, par les Polonais
après la mort de Boris
Godounov (1610), la défense héroïque organisée
par le prince Pajarsky et le boucher Minine dont la statue
fut ensuite dressée sur l'une des principales places de la ville;
le couronnement du tsar Michel Fedorovitch, fondateur de la dynastie des
Romanov (1613), enfin le transfert de la capitale à Saint-Pétersbourg
(1703), où durent émigrer les sénateurs (1712). Ces
événements appartiennent plutôt à l'histoire
de la Russie ,
tout comme l'important traité qui fut signé à Moscou
le 6 mai 1696 entre la Russie et la Pologne :
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Le Traité
de Moscou (1686)
La
Pologne ,
désireuse de se garantir des invasions des Turcs
et des Tartares, signa, le 6 mai 1686, avec le tsar de Russie
un traité d'alliance par lequel, en échange de son assistance
éventuelle contre ces dangereux voisins, elle lui cédait
une partie de la Russie Blanche, avec Smolensk, Staradoub, Tchernigov ,
etc., et toute la Petite-Russie, et replaçait sous la domination
du tsar les Cosaques Zaporogues. Les limites établies par le traité
de Moscou entre la Russie et la Pologne subsistèrent jusqu'au premier
partage de ce dernier pays en 1772. |
.
L'année 1812 compte, par contre,
comme l'une des époques les plus marquantes dans l'histoire de Moscou.
A l'arrivée de Napoléon ( La
Campagne de Russie ),
la ville mesurait déjà 50 kilomètres de tour renfermant
plus de 300 édifices religieux. Sa population était de 400
000 habitants en hiver, 250 000 en été, répartis dans
9257 maisons dont un sixième en pierre. L'empereur Napoléon
entra à Moscou à la tête de la grande armée
quelques jours après la bataille de Borodino .
Thiers,
dans son Histoire de l'Empire, décrit ainsi la ville et l'enthousiasme
qui s'est emparé des soldats du conquérant à la vue
de la cité sainte :
«
Le temps était beau; on hâtait le pas malgré la chaleur
pour gravir ces hauteurs d'où l'on jouirait enfin de la vue de cette
capitale tant annoncée et tant promise. Arrivée au sommet
d'un coteau, l'armée découvrit tout à coup au-dessous
d'elle une ville immense, brillante de mille couleurs, surmontée
d'une foule de dômes dorés resplendissants de lumière,
mélange
singulier de bois, de lacs, de palais, d'églises,
de clochers, ville à la fois gothique
et byzantine ,
réalisant tout ce que les contes orientaux
racontent des merveilles de l'Asie. Tandis que des monastères flanqués
de tours formaient la ceinture de cette grande cité, au centre s'élevait
sur une éminence une forte citadelle, espèce de capitole
où se voyaient à la fois les temples de la divinité
et les palais des empereurs, où au-dessus de murailles crénelées
surgissaient des dômes majestueux portant l'emblème
qui représente toute l'histoire de la Russie
et toute son ambition, la croix sur le croissant renversé. Cette
citadelle, c'était le Kremlin ,
ancien séjour des tsars. A cet aspect magique, l'imagination, le
sentiment de la gloire, s'exaltant à la fois, les soldats s'écrièrent
tous ensemble :
Moscou! Moscou! Ceux qui étaient restés
au pied de la colline se hâtèrent d'accourir; pour un moment,
tous les rangs furent confondus et tout le monde voulait contempler la
grande capitale où nous avait conduits une marche si aventureuse.
On ne pouvait se rassasier de ce spectacle éblouissant et fait pour
éveiller tant de sentiments divers. »
La ville paraissait complètement abandonnée
de ses habitants. A peine en demeurait-il 12000 à 15000. Mais le
soir même de l'arrivée de Napoléon
au Kremlin
le 2/14 septembre plusieurs incendies éclatèrent sur différents
points de la ville; le lendemain, le vent propagea l'incendie et le 16
septembre Napoléon fut contraint d'abandonner, non sans péril,
l'antique palais des tsars. L'incendie se prolongea jusqu'au 20 septembre.
Bien que le comte Rastopchine, gouverneur de la ville, s'en soit défendu
(la Vérité sur l'incendie de Moscou, Paris, 1823),
il paraît certain que c'est lui qui prépara et ordonna, sans
en aviser Koutousov ni le tsar, la destruction de la capitale, afin de
priver l'ennemi de ses ressources. Quand Koutousov fut parti, Rastopchine
fit supprimer les pompes, amasser les matériaux combustibles, ouvrit
les prisons et fit allumer les incendies par les criminels, en premier
lieu son propre palais. De 2600 maisons de pierre 525 échappèrent,
et de 6600 de bois, 1797. Les pertes furent évaluées à
321 millions de roubles. Le but fut atteint et Napoléon, obligé
à la retraite, vit périr son armée. Le retard d'un
mois qu'il apporta à ordonner le retour lui fut aussi fatal que
l'incendie de Moscou. C'est le 7/19 octobre qu'il donna l'ordre de la retraite.
En quittant la ville, les Français mirent le feu aux mines placées
sous le Kremlin. Le palais Elisabeth, la porte du Sauveur, de la Trinité,
la tour d'Ivan furent lézardées par les explosions.
Les tsars s'occupèrent de relever
la ville, les églises furent reconstruites et Moscou reprit la place
prépondérante qu'elle avait dans l'empire. Bien que détrônée
par Pierre le Grand qui transporta en 1703 le
siège du gouvernement à Saint-Pétersbourg ,
Moscou conserva encore son prestige comme mère de la Russie
(Matouchka Moskva), tant par les manifestations de la vie religieuse
et intellectuelle du pays que par l'extension de son activité matérielle,
par son mouvement commercial et par sa grande industrie. Même si
la ville connut tout au long du XIXe siècle
un certain développement lié à celui de l'industrie,
la ville n'est redevenue la capitale du pays qu'au début du siècle
suivant. Dans un premier temps, lors du déclenchement de la Première
guerre mondiale, le gouvernement de Saint-Pétersbourg choisit de
se retirer à Moscou, dont la position loin des frontières
était jugée moins exposée. Après la victoire
de la révolution soviétique, en 1917, le statut de capitale
fut de nouveau conféré officiellement à la ville
(12 mars 1918). Le gouvernement central de l'URSS
prit ses quartiers dans le Kremlin ,
qui est resté, après la disparition de l'Union soviétique
en 1991, le siège de la présidence russe.
Moscou
et la Moscova sur une ancienne photographie.
Les monuments.
Si le grand Moscou a aujourd'hui une superficie
qui dépasse de peu les 1000 km², sa partie historique est concentrée
sur une surface de 73 km²; un tiers environ est occupé par
les jardins tant privés que publics et une série de boulevards
circulaires, centrés sur le Kremlin ,
à partir duquel rayonne par ailleurs un système de grandes
avenues, témoins d'une structuration radiale déjà
existante à l'époque des tsars, mais amplifiée à
partir des années 1950 en vue de créer en périphérie
de nouveaux noyaux urbains disposés «
en pétales de marguerite ».
Historiquement, Moscou s'est formée
de six accroissements successifs : Kremlin, Kitaï Gorod (la ville
chinoise), Biely Gorod (la ville blanche), Zemlianny Gorod, Slobody et
enfin, à l'époque soviétique, le périmètre
circonscrit par le Koltsevaya auvtodoroga, grande autoroute périphérique
de 109 kilomètres de long, ouverte en 1962 (quelques agglomérations
au-delà de ce périmètre ont été incorporées
à la ville en 1984). Semblable en cela à Paris ,
la plus grande partie de la ville est disposée sur l'une des rives
(rive gauche) de la Moskova
qui forme, dans sa traversée, deux grandes boucles d'une longueur
totale de près de 20 km, et qui est enjambée par une cinquantaine
de ponts.
Le
Kremlin.
Le Kremlin (ou Kreml )
en vieux russe :
enceinte fortifiée, est le noyau de Moscou,
comme Moscou est le noyau de la Russie .
C'est sur l'emplacement occupé par le Kremlin sur le bord de la
rivière que Dolgorouki et ses successeurs
édifièrent, peu à peu, les demeures princières,
les premières églises et d'où s'étendirent
progressivement les voies de l'ancienne capitale russe. Le Kremlin n'est
pas proprement dit un quartier de la ville, c'est l'acropole
de l'antique Athènes ,
c'est le Louvre
de Paris ,
démesurément agrandi et dont les diverses constructions seront
autant de pièces historiques aux dimensions colossales. Le Kremlin
n'a jamais été habité par les profanes. Comme l'Alhambra
de Grenade ,
il ne renferme que des palais, des églises,
des casernes (y compris, de nos jours, le quartier général
de l'Armée) et des places. Ancienne citadelle, située sur
une éminence, le Kremlin est entouré d'une muraille de 12
m d'élévation, très épaisse, et contournant
une surface d'environ 4 km² de superficie; la muraille, jadis en bois,
depuis 1367 en pierre, maintes fois détruite et maintes fois restaurée,
est percée de 5 portes et flanquée de 18 tours, de hauteur
inégale. Sur cet espace relativement restreint se trouvent réunis
des monuments et des édifices de toutes les époques, ne se
rapportant à aucun style connu, qui tiennent à la fois du
byzantin ,
du gothique, de l'arabe et même des styles hindou
et chinois .
Des cinq portes
qui donnent accès au Kremlin ,
la plus vénérée était celle connue sous le
nom de porte Spassky (du Sauveur), à l'Est. On se découvrait
en la traversant (coutume qu'on observe d'ailleurs dans beaucoup d'autres
villes russes, devant les églises orthodoxes et même catholiques
romaines). C'est par cette porte que les tsars entraient autrefois au Kremlin,
après chaque événement important. C'est par là
que passèrent : Ivan III, après
la pacification de Novgorod ;
Ivan
le Terrible, après la prise de Kazan ;
Vassili Chouïsky, après avoir chassé l'usurpateur et
les Polonais
de Moscou. C'est à cette porte que le peuple se rendit à
la rencontre du jeune Michel Romanov qu'il venait d'élire comme
souverain. Enfin c'est par là qu'à partir de XVIIIe
siècle entrent les tsars le jour de leur couronnement. |
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