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| Arrière-plans | ||
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| Sur l'histoire primitive de
la Péninsule scandinave, on n'a d'autres renseignements que quelques
textes obscurs des géographes de l'Antiquité classique et
les résultats des fouilles archéologiques. Pline
l'Ancien parle des « îles » de Scandia et de Nerigon
(Norvège?), d'où l'on s'embarquait pour Thulé (Islande?).
Tacite
nomme les Suiones (Suédois) et Ptolémée
les Goths (Gutaï). Il n'est pas douteux que la civilisation des pays
scandinaves ait été pendant des siècles très
analogue à celle que César et Tacite
ont décrite, en parlant des Germains de Germanie qui se trouvèrent
en contact avec les armées de Rome.
L'Europe Médiévale fera surtout connaissance avec les peuples du Nord au travers des raids et des invasions des Vikings. Alors même que les campagnes des Vikings continue, à cette première époque succède une période d'organisation politique de la péninsule Scandinave. Plusieurs royaumes se forment en Suède et en Norvège. La Suède, fut primitivement habitée
par des Finnois, puis conquise par les Goths, qui en occupèrent
surtout la partie méridionale, à laquelle leur nom est resté.
Elle fut longtemps partagée en plusieurs États indépendants,
qui au Xe siècle
se réduisirent à deux : Suède propre et Gothie En 1389,
l'élection au trône de Suède de Marguerite de Waldemar,
déjà reine de Danemark
et de Norvège, amena la réunion de la Norvège, de
la Suède et du Danemark, qui fut confirmée par le traité
de Kalmar (ou Calmar |
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| L'époque
des Vikings
Les Anciens regardaient la Scandinavie comme formant, avec les îles de Danemark, un archipel de l'océan Glacial ou mare Pigrum. Cet archipel comprenait, selon Pline et Ptolémée, quatre îles principales, car la profondeur des golfes ou fjords qui découpent les côtes les faisait prendre pour, des détroits. Ces îles étaient Nérigon, la Norvège méridionale; Bergi, la Norvège septentrionale, où se trouve Bergen; Scandia, la partie de la Suède nommée Scanie, et Dumnos, où l'on croit voir le Danemark; dont l'ancien nom était Daun-Maere. Toujours au dire des auteurs de l'Antiquité, quatre peuples principaux habitaient ces îles : 1° les Hillevions, nation nombreuse, comprenant 500 tribus et la seule connue des Romains au temps de Pline;Si l'on excepte le Goths (et à supposer, qu'ils partirent bien du Sud de la Suède, plutôt que des rives méridionales de la Baltique), les Germains de la péninsule scandinave ne prirent pas part aux premières attaques des autres Germains contre l'Empire romain; mais, à partir du VIe siècle, lorsque le flot principal des populations germaniques et slaves se fût définitivement écoulé au Sud et à l'Ouest, ils s'ébranlèrent à leur tour. Ils ont ainsi, seuls, prolongé pendant quatre cents ans (de VIe au Xe siècle) la période historique de ce que l'on trouve classiquement désigné sous le nom d'invasions barbares. Depuis des temps immémoriaux, les
habitants du Nord s'étaient livrés à des courses maritimes
Tacite
dit déjà que les Suiones ont de nombreux vaisseaux. C'est
par la voie de mer que s'effectua l'exode des populations scandinaves,
déterminé, sans doute, tant par le surpeuplement de territoires
médiocrement fertiles que par les querelles intestines (qui forçaient
les vaincus à s'expatrier). Le goût des aventures fut aussi,
à l'origine, un mobile décisif, ainsi que, plus tard, l'influence
de l'exemple. Il n'y eut jamais, du reste, d'émigration en masse.
Les invasions « normandes », des « Hommes du Nord »
ou Vikings (= ceux des baies ou des fjords), ont été faites
par des bandes, non par des peuples. Ces bandes étaient même,
pour la plupart, composées d'hommes qui appartenaient à différentes
populations vivant en Scandinavie : il y avait souvent, dans les mêmes
bandes,
des Suédois, des Norvégiens, des Danois. Il ne faudrait pas
croire, comme cela paraît imaginable a priori, que les Suédois
se soient répandus exclusivement à l'Est, les Danois et les
Norvégiens à l'Ouest; toutes les tentatives faites, de nos
jours, pour rattacher à l'une des trois grandes familles scandinaves
en particulier les invasions en Grande-Bretagne L'aire géographique des invasions
scandinaves du VIe
au Xe siècle
est immense. On a vu, dès le VIIIe
siècle, les Vikings en Irlande; du IXe
datent les royaumes « norois-»
de Dublin Pendant ces quatre cents ans de prodigieuse expansion, la civilisation des Scandinaves se modifia. Ils cessèrent d'être en relations avec les autres Germains et furent mis en contact (sauf dans leurs colonies océaniques, où les vieux usages se conservèrent) avec des populations très diverses : Lapons, Finnois, dans leur péninsule même; Celtes, Gallo-Romains, Byzantins, Sarrasins. On a retrouvé, dans les tombes scandinaves du VIe au Xe siècle, des quantités énormes d'objets et de monnaies de provenance lointaine, apportés soit par le commerce, soit comme butin de guerre. La christianisation du pays fut aussi un effet indirect des invasions. Le premier apôtre de la Suède fut un moine de Corvey, Anskar (saint Ansgaire) au temps de l'empereur carolingien-Louis le Pieux. Mais l'oeuvre entreprise par Anskar ne fut menée à bonne fin que près de trois siècles après sa mort. La formation des deux royaumes du Nord Le premier État
scandinave.
L'événement le plus célèbre
de ces temps, dans la tradition populaire suédoise, est la bataille
de Lena en Vestrogothie L'émancipation
de la Norvège.
Beaucoup d'hommes des districts annexés
par Harald s'exilèrent: c'est de ces événements que
datent les grandes colonisations norvégiennes dans les îles
de l'Océan; mais Harald poursuivit ses ennemis jusqu'aux Orcades
où il installa des comtes (jarler) en 875.
Après la mort du fondateur (vers 933),
son héritage fut disputé entre ses descendants et les descendants
de ses descendants, soutenus soit par le Danemark,
soit par la Suède, pendant un siècle. Haakon, fils d'Harald,
qui avait été élevé à la cour des rois
anglo-saxons d'Angleterre, détrôna son frère Erik Blodoeks
(à la hache sanglante) avec l'appui des gens de Trondheim. C'est
aussi chez les Traender que puisèrent successivement la force de
dominer tout le pays le jarl Haakon, vainqueur des Vikings de Jom, et Olav
Trigvessoen, arrière petit-fils de Haarfagr. Olav avait visité,
dit-on, dans sa jeunesse, les principaux établissements norois d'outre-mer,
l'Angleterre et Novgorod Erik, qui se reconnut vassal du Danemark
et de la Suède, participa à la conquête de l'Angleterre
par le roi danois Knud (Canut). Mais, en 1015,
Olav Haraldssoen, parent d'Olav Trigvessoen, parvint à renverser
le gouvernement des jarls et la domination étrangère; il
se fit couronner roi de Norvège à Trondheim, « où
la force du pays était concentrée ». Son oeuvre consista
à mâter les petits chefs, notamment ceux des Oplandene (au
Nord d'Oslo Les rois de Norvège, successeurs
de Magnus, ont fait de grandes expéditions à la manière
des Vikings : Harald Haardraade périt à York (1066)
en essayant de conquérir l'Angleterre; Magnus Barfod (1103)
dans une descende en Irlande; Sigurd Jorsalfar fit une expédition
de trois ans en Galice, en Portugal (où il prit Lisbonne Alors furent fondées les nouvelles
villes d'Hamar, d'Oslo Les Folkungar Les Folkungar étaient une famille
puissante et turbulente de l'Ostrogothie L'époque des Folkungar fut marquée,
en Norvège, par un affaiblissement sensible : au XIVe
siècle, les Allemands de la Ligue hanséatique
ont été les maîtres absolus du commerce dans ce pays
et n'ont pas laissé d'y avoir, en outre, une influence politique;
la population diminua d'un tiers pendant la Grande
Peste; la plupart des familles nobles s'éteignirent. En Suède,
au contraire, quoique l'exploitation commerciale et industrielle (mines)
du pays fût aussi monopolisée par les Allemands de la Hanse,
et quoique la «-grande mort »
ait fait aussi des ravages épouvantables, le siècle des Folkungar
est celui où s'organisèrent les ordres de la nation (ständ)
. L'Église, qui formait un État dans l'État; la noblesse,
avec ses diètes (herredagar) qui ont accaparé l'ancien
droit de vote populaire, toute-puissante à la cour des rois (rikets
räd), et dont la position fut encore consolidée, sous Magnus
Ladulas, par l'introduction de certaines institutions féodales,
grossièrement imitées de celles du continent. A la fin du
XIIIe
siècle, les Suédois affluaient à l'Université
de Paris L'Union de Kalmar En 1363,
Marguerite de Danemark épousa
le roi de Norvège: Haakon. Après la mort de Haakon (1387),
Marguerite, reine en Norvège, régente en Danemark, fut appelée
par les Suédois hostiles à Albert de Mecklembourg; Albert
fut battu à Falköping le 24 février 1389,
et, quelques années après, Marguerite parut maîtresse
de la Suède. L'Union dite de Kalmar Elle était si peu solide, cette
Union, que le premier roi des trois royaumes unis, Erik de Poméranie Des Sture ont été, le plus souvent, choisis comme « administrateurs du royaume » par le parti national, au cours du XVe siècle. Les Sture ont été, en quelque sorte, au XVe siècle, les « rois non couronnés » des paysans et des hobereaux de Suède. Ils commencèrent à émanciper la contrée de la lourde suprématie commerciale de la Hanse. |
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