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| Arrière-plans | ||
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| Lorsque
l'attitude menaçante de l'Autriche Les Anglais eussent agréé ce plan, mais ils souhaitaient aussi une descente en Crimée et l'anéantissement de la puissance navale de la Russie dans la mer Noire. En ce cas, l'objectif était l'arsenal maritime de Sébastopol. Le chef français Saint-Arnaud, désireux de frapper un grand coup, appuya ce projet de concert avec le chef anglais lord Raglan; il fut adopté au conseil de guerre de Varna et, après de longs préparatifs, l'expédition appareilla le 7 septembre 1854. C'était le début de Guerre de Crimée, ou guerre d'Orient. Elle sera marquée principalement par le siège de Sébastopol (26 septembre 1854 - 9 septembre 1855), une opération militaire, qui a été l'une des plus considérables du XIXe siècle. Les Russes ignorant
cette décision et craignant pour Odessa, avaient concentré
180 000 hommes en Bessarabie Dates clés : 1854 - Début du siège de Sébastopol (26 septembre). |
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| Le
Siège de Sébastopol
Du côté
de la mer, Sébastopol était formidablement défendu
par 1 forts, 2 batteries, ouvrages casematés à plusieurs
étages, armés de près de 600 canons; mais, du côté
de la terre, une faible enceinte inachevée, disposant seulement
de 145 canons sur 7 kilomètres de périmètre. Mentchikov,
pour gagner du temps, se porta à la rencontre des alliés
débarqués le 14 septembre à Eupatoria et qui s'étaient
mis en route le 19; établi avec 40 000 hommes derrière le
ravin de l'Alma, il en fut débusqué le 20 septembre en laissant
1000 hommes sur le terrain. Il prit aussitôt des mesures très
clairvoyantes : continuant de tenir la campagne, pour maintenir les communications,
il organisa la défense de Sébastopol. Sur son ordre, l'amiral
Kornilof barra l'entrée de la grande rade en y coulant 5 vaisseaux
de lignes et 2 frégates; le reste de la flotte fut ramené
dans le port intérieur qui s'embranche sur la rade; on mit à
terre 18 000 matelots, 3 000 canons, 7 mois de vivres. D'autre part, Sébastopol
était une véritable colonie militaire ne comptant que 7 000
civils sur 42000 habitants.
La Crimée au XIXe siècle. Les forces russes
étaient donc suffisantes pour tenir en échec les assaillants.
La résistance fut prolongée au delà de toute attente
par le génie du lieutenant-colonel Totleben. Il improvisa avec des
fascines et des sacs de terre tout un système de fortifications,
dont la puissance imprévue fut une révélation. Il
ne cessa d'opposer des contre-attaques à l'attaque des alliés,
étendant sans cesse ses retranchements, refaisant la nuit ceux qui
avaient été bouleversés par l'artillerie ennemie.
Ainsi que le définit Pélissier, le siège de Sébastopol
fut la lutte persistante de deux armées marchant l'une contre l'autre
en remuant de la terre, combat continu de onze mois, où chaque parti
ouvrit 80 kilomètres de tranchées; dès que l'un s'arrêtait
l'autre avançait contre lui. Lorsque le 26 septembre, les alliés,
ayant contourné la rade, et franchi la Tchernaia, débouchèrent
sur le plateau. de Chersonèse Saint-Arnaud, mort
du choléra le 29 septembre, fut remplacé par le général
Canrobert, brave, ménager du sang de ses soldats, manquant de fermeté
et de décision. Lord Raglan étant comme lui un temporisateur,
ils perdirent un temps précieux, durant lequel ils eussent encore
pu enlever la place, de l'avis de Totleben. Une attaque, essayée
le 17 octobre, échoua; les Anglais, qui avaient démoli le
Grand Redan, s'y arrêtèrent, puis ne purent s'y maintenir.
Les alliés furent alors réduits à la défensive.
Retranchés à la pointe Sud-Ouest de la Crimée sur
le plateau de Chersonèse Pour reprendre l'offensive,
il fallut attendre des renforts et hiverner en Crimée. L'hiver fut
terrible et infligea aux troupes des souffrances effroyables. Les Anglais
avaient fondu de 53 000 hommes venus d'Angleterre, il en restait à
peine 12 000 à côté des 50 000 français. Lord
Raglan se vit obligé, 13 janvier 1855,
de prier Canrobert de se charger de l'attaque de Karabelnaia en occupant
le plateau d'Inkermann Au printemps, les
alliés disposaient de 140 000 combattants. Niel
avait signalé comme point faible Karabelnaïa, mais Totleben,
gagnant de vitesse les assiégeants, le couvrit du formidable ensemble
d'ouvrages entourant la tour Malakof. Malgré la mort du tsar Nicolas
(2 mars), l'inertie de Raglan et la mollesse de Canrobert éternisaient
la lutte. Canrobert fut remplacé le 16 mai par Pélissier
qui agit résolument. ll fit détruire les ports russes de
Kertch, lenikalé, Anapa, Taganrog, Tariopol, par où se ravitaillait
l'armée ennemie. Le 7 juin, il enleva le Mamelon Vert, défense
extérieure de la place; le 18 juin, anniversaire de Waterloo On reprit lés
travaux d'approche avec méthode; le 16 août, Gortchakov, commandant
l'armée russe de Crimée, attaqua les Franco-Piémontais
au pont de Traktir sur la Tchernaïa; il fut repoussé avec perte
de 8000 hommes. L'assaut final fut préparé par un effroyable
bombardement qui écrasa les ouvrages de Sébastopol, tuant
près de 800 hommes par jour, du 17 août au 5 septembre; puis,
800 canons redoublèrent leurs coups les 5, 6 et 7 septembre, faisant
périr 7500 Russes; les parallèles étaient à
25 mètres de Malakof. La lutte finale eut lieu le 8 septembre :
d'un côté, 50 000 Russes; de l'autre, 20 000 Franco-Piémontais
attaquant la ville, 11 000 Anglais le Grand Redan, 25 000 Français
Malakof et Karabelnaïa.
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