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Les
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| Maistre
(Comte Joseph de). - Magistrat, diplomate et littérateur, Joseph
de Maistre est né à Chambéry En 1799, son roi, Charles-Emmanuel IV, le nomma agent de la grande chancellerie en Sardaigne, et trois ans plus tard, le frère de Charles-Emmanuel, Victor-Emmanuel Ier, faisait de Joseph de Maistre un ministre plénipotentiaire à Saint-Pétersbourg. Il en exerça les fonctions jusqu'en 1817, et c'est là qu'il composa sa traduction des Délais de la Justice divine; son Essai sur le principe générateur des constitutions; son livre Du Pape; son livre de l'Église gallicane; ses Soirées de Saint-Pétersbourg et son Examen de la philosophie de Bacon. Il y faut joindre, pour avoir la liste de ses Oeuvres complètes, quelques opuscules de moindre importance; et deux recueils de Lettres : l'un publié par son fils, le comte Rodolphe de Maistre, sous le titre de Lettres et opuscules inédits; et l'autre, publié par Albert Blanc, sous le titre de Mémoires politiques et Correspondance diplomatique de Joseph de Maistre. De retour à Turin, il y fut nommé chef de la grande chancellerie du royaume de Piémont, avec le titre de ministre d'État. Il eut le temps de faire paraître le livre Du Pape en 1819, et de préparer la publication de l'Église gallicane, qui ne parut qu'en 1821. Mais la mort l'empêcha de mettre la dernière main aux Soirées de Saint-Pétersbourg, et son Examen de la philosophie de Bacon n'a vu le jour qu'en 1836. Comme de presque tous ceux qui ont attendu un peu tard pour commencer d'écrire, - il avait quarante-trois ans quand il publia ses Considérations sur la France, - on peut dire de Joseph de Maistre qu'il n'a composé qu'un seul ouvrage et développé qu'une seule idée. Il a été, pour ainsi parler, le théologien laïque de la Providence, et parmi beaucoup de différences, qu'à peine a-t-on besoin de signaler, ce n'est pas le seul trait de ressemblance qu'il y ait entre lui et l'auteur du Discours sur l'Histoire universelle (Bossuet). Évidemment Joseph de Maistre n'a pas le solide bon sens de Bossuet; et son imagination fougueuse l'entraîne trop souvent au delà de la vérité, de la justice et du goût, comme, par exemple, quand il proclame que « la guerre est divine » ou quand il fait encore du bourreau « la pierre angulaire de l'édifice social ». Il y a d'ailleurs en lui du grand seigneur et du « patricien » qui se plaît à penser autrement que tout le monde, qui ne recule pas devant le paradoxe, et, pour user de l'une de ses expressions, qui se ferait volontiers un système de «-l'extravagance méthodique ». Son impertinence est inimitable, et du haut de son ultramontanisme, il faut l'entendre parler de Pascal ou de Bossuet eux-mêmes. N'a-t-il pas écrit quelque part
que l'on « n'avait rien fait contre les opinions tant qu'on n'avait
pas attaqué les personnes »? et aussi bien telle est trop
souvent sa manière. En d'autres endroits, elle consiste à
exaspérer d'abord l'adversaire on plutôt à le démonter
par l'audace de ses affirmations : « Tout Français ami
des jansénistes est un sot ou un janséniste »,
et comme le « jansénisme Dans ses Considérations sur la
France, ce qu'il essaye de découvrir ce sont « les
voies de la Providence dans la Révolution française »;
et ce qu'il y montre, c'est qu'aussitôt que la Révolution
a été déchaînée, puisqu'elle a aussitôt
perdu le gouvernement d'elle-même, il faut donc qu'il y ait eu quelque
chose encore de plus fort qu'elle, et ce quelque chose c'est Dieu « Le principe religieux préside à toutes les créations politiques, et tout disparaît dès qu'il se retire [...]. C'est pour avoir fermé les yeux à cette grande vérité que l'Europe est coupable, et c'est parce qu'elle est coupable qu'elle souffre. »Joseph de Maistre ne traduit le traité de Plutarque sur les Délais de la Justice divine dans la punition des coupables que pour montrer dans la philosophie des Anciens, et en dehors du christianisme On peut lui trouver un autre rapport encore avec Bossuet, s'il y a peu d'écrivains dont le « style », en dépit d'un aphorisme célèbre, - et d'ailleurs aussi faux que célèbre, «-ressemble » moins à son vrai caractère. Ce fut un étonnement, en 1851, quand son fils publia ses Lettres, que d'y trouver autant de liberté d'esprit, d'enjouement, d'aisance et de tendresse, qu'il semblait qu'il y eut d'âpre éloquence et d'ironie provocante dans l'Examen de la philosophie de Bacon ou dans les Soirées de Saint-Pétersbourg. Sans doute, c'est que dans ses Lettres, il a conformé son style à ses sentiments, tandis que dans ses grands ouvrages, il l'a conformé au caractère des idées qu'il y voulait exprimer. On ne parle pas de la papauté comme on peut faire d'une anecdote ou d'un événement de cour; et ce qu'il y a de plus difficile quand on écrit sur « le gouvernement temporel de la Providence », c'est d'égaler son langage à la grandeur du sujet. Joseph de Maistre a eu ce mérite. Son style a de la force, de l'éclat et de l'autorité. Il abonde en alliances neuves, originales et imprévues de mots; en comparaisons brillantes et ingénieuses; en formules expressives dont on ne sait ce qu'il faut le plus admirer : l'ampleur, la plénitude ou la brièveté. Des pages entières de lui se gravent ainsi dans les mémoires, s'y enfoncent pour ainsi dire, et ne s'en effacent plus. Il excelle encore à donner à la vérité quelque chose de l'air du paradoxe, et rien n'est plus capable de piquer l'indifférence. Mais rien ne le serait davantage aussi de nous mettre en défiance et en garde si, dans ses paradoxes eux-mêmes, nous ne reconnaissions l'accent de la sincérité. Nous y reconnaissons aussi l'accent de la passion, mais c'est une passion maîtresse d'elle-même, une passion qui se gouverne, une passion qui se contient; et tout cela forme ensemble un rare et admirable tempérament d'écrivain. Et c'est ainsi, comme dit Sainte-Beuve, que «-tout en choquant, il a été lu » et bientôt pour le « châtier ou le récompenser, continue-t-il, qu'a-t-on fait? On s'est mis tout simplement à l'admirer comme écrivain [...]. Piquante reconnaissance, et qui, appliquée à un prêcheur de doctrine, est bien aussi une vengeance. » Mais Sainte-Beuve se trompe; et ce n'est pas seulement « l'écrivain » qu'on admire dans Joseph de Maistre, et quelques-unes des idées du « prêcheur de doctrine » se sont comme incorporées à la substance de l'esprit du XIXesiècle. Il a certainement entrevu ce qui sera appelé par la suite lors appelé du nom de «-concurrence vitale »; et cela n'a rien d'étonnant s'il y a été conduit, comme Darwin, par la lecture de Malthus. Ce qu'il a encore mieux vu, c'est l'étroite solidarité qui lie entre elles toutes les générations des humains et ne forme ainsi des morts, des vivants, et de ceux qui ne sont pas encore nés une seule humanité. Et que voulait dire le fondateur du positivisme, Auguste Comte lui-même, quand il écrivait à l'un de ses amis : « Condorcet dut être, pour moi, complété par de Maistre, dont je n'appropriai tous les principes-essentiels, qui ne sont plus appréciés maintenant que dans l'école positive-»-?C'est ce qu'il serait un peu long d'expliquer, et peut-être n'en est-ce pas ici le lieu. Mais on trouvera du moins l'aveu d'Auguste Comte assez caractéristique : il a «-laïcisé » les « principes essentiels » de Joseph de Maistre, et ainsi, il les a fait comme entrer dans la circulation de la pensée moderne. Et si l'on voulait qu'en les laïcisant, il les eût dépouillés de leur véritable signification, il resterait encore que la transformation n'en serait pas moins un triomphe de Joseph de Maistre, puisqu'elle serait la preuve à ses yeux de l'identité du christianisme avec ce qu'il appelait lui-même « les lois du monde ». (F. Brunetière). |
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| Maistre (Xavier de),
littérateur né à Chambéry Les autres opuscules de Xavier de Maistre,
publiés beaucoup plus tard et non moins remarquables, sont les suivants
: le Lépreux de la cité d'Aoste |
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| Maistre (Casimir Léon),
voyageur né à Villeneuvette (Hérault) le 24 septembre
1867. Il a pris part, en 1889-90 à une importante exploration de
Madagascar |
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