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Aigle -
Cet oiseau, emblème de la force et de la majesté, intervient
dans de nombreux mythes à divers titres. Symbole céleste
qui le fait opposer couramment au serpent, symbole
chtonien,
il est couramment l'attribut de divinités ouraniennes - et de préférence
du dieu suprême, et le plus souvent l'accompagnateur de ces dieux,
et le complice.
Plusieurs évocations de cet oiseau
apparaissent ainsi dans la Bible .
Dans le Deutéronome ,
par exemple, c'est Yahveh qui est comparé
à un aigle. Quant aux anges, tels que les décrits Ezéchiel,
et selon une tradition qui persistera longtemps encore, ils sont imaginés
avec une face d'aigle. Plus tard l'évangéliste
Jean sera lui aussi associé à l'aigle, et ce sera parfois
même le cas de Jésus au Moyen-Age.
En Orient, où il est entre autres la monture de Vishnu,
et chez les Amérindiens, et spécialement en Méso-Amérique
(Aztèques, Zuñi, etc.), l'aigle est couramment associé
au Soleil ou encore au feu. Presque partout,
on lui attribue le pouvoir de contempler la lumière la plus vive
sans se brûler les yeux : il est l'oiseau des devins.
Il est aussi l'Oiseau-tonnerre des Indiens
des Plaines… et des Grecs. Qui en ont fait le porteur de la foudre
de Zeus et l'ont célébré sous
la forme d'une constellation ,
qui figure toujours sur nos atlas .
Eratosthène
dans ses Catastérismes*
résume ainsi le mythe :
"C'est l'oiseau
qui a transporté Ganymède au
ciel, et l'a donné à Zeus pour lui
verser à boire. Mais on dit que les dieux s'étant partagé
les oiseaux, Zeus prit l'aigle pour lui, et le mit par là au ciel.
Il est le seul qui vole contre le Soleil, sans en être ébloui
et il est le roi des oiseaux. Il est représenté volant, et
les ailes étendues. Aglaosthène dit dans ses Naxiaques, que
Zeus, que l'on cherchait pendant qu'il était élevé
dans l'île de Crète, en fut enlevé par l'aigle, qui
le porta à Naxos .
Zeus, devenu grand, devint aussi roi, étant parti de Naxos avec
son aigle, pour faire la guerre aux Titans, et
l'aigle lui ayant été ainsi de bon augure, il se le consacra
et le plaça parmi les astres. Telle est la cause de l'honneur qu'il
lui fit."
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Cet
oiseau se trouve souvent sur les chapiteaux
antiques et dans les frises ,
ainsi que sur les médailles (par exemple, celles d'Agrigente ).
II est l'attribut de Zeus / Jupiter, l'emblème
de la toute-puissance; on place la foudre entre ses serres. Dans le langage
hiéroglyphique ,
l'aigle désigne les villes d'Émèse, d'Antioche ,
de Tyr, d'Héliopolis .
Les graveurs en pierres fines ont exécuté des ailles sur
de grandes sardoines, dont la couche enfumée
semble ombrer les plumes; on voit deux beaux camées antiques de
ce genre, au cabinet de Vienne (Autriche), et au cabinet parisien des antiques.
L'image
de l'aigle a été adoptée également comme enseigne
militaire par différents peuples ou comme armoiries par plusieurs
familles. Le mot est au féminin, lorsqu'on parle de la figure héraldique
qui représente alors cet oiseau. Celui-ci se voyait sur les étendards
des rois de Perse et des Ptolémées
d'Égypte. Sous la république romaine (depuis Marius)
et sous l'empire, l'aigle surmontait les enseignes des légions.
Charlemagne adopta le même signe, et après lui les empereurs
d'Allemagne.
Napoléon I le reprit en
1804; il fut rétabli sur les drapeaux français en 1852. Il
avait été aussi adopté par l'ordre teutonique
et la Pologne; l'aigle impériale figure (ou a figuré) aussi,
sous différentes formes, dans les armes d'Autriche ,
de Russie ,
de Prusse ,
de Pologne ,
de Sicile, d'Espagne ,
de Sardaigne, etc.; l'Autriche, la Russie et la Prusse portaient l'aigle
à deux têtes.
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L'aigle héraldique
Dans
le Blason, l'aigle est dite becquée, languée, membrée,
couronnée, diadémée, quand son bec, sa langue, ses
membrés, la couronne ou le diadème qu'elle porte, sont d'une
autre couleur que son corps; naissante ou issante, quand on ne voit que
la tête et une partie de son corps; contournée, quand elle
regarde la gauche de l'écusson; onglée, quand les serres
sont d'un émail différent. |
Deux
ordres de ce nom ont été fondés en Prusse ,
l'un de l'Aigle-Noir, l'autre de l'Aigle-Rouge. Le 1er, fondé en
1701, sera porté par les membres de la famille royale et les grands
du royaume. On ne pouvait l'obtenir qu'après avoir été
en possession du second. Celui-ci, fondé en 1705 par le prince de
Bayreuth
pour les sujets de son margraviat, ne devint ordre prussien qu'après
la cession du margraviat à la Prusse, en 1790. L'ordre de l'Aigle-Blanc,
en Pologne, fut institué en 1705 par Auguste II. Il a été
ensuite réuni aux ordres impériaux de Russie. Le Wurtemberg
a aussi possédé à partir 1702 un ordre de l'Aigle,
et le duché de Modène eut, à partir de 1856, un ordre
de l'Aigle-d'Este. |
Ajoutons qu' on donne le nom d'Aigle au
pupitre ou lutrin des églises, quand il représente un aigle
dont les ailes étendues servent à supporter les livres de
chant, et on choisit primitivement cette forme de pupitre pour le livre
des Évangiles, parce que, dans l'iconographie chrétienne,
l'aigle est l'attribut de St Jean l'Évangéliste. L'aigle
buvant dans un calice est, sur les monuments, l'emblème de la force
qu'on puise dans l'eucharistie. On a en
fait aussi le symbole de la Résurrection et de l'Ascension, et celui
d'une âme élevée au-dessus des choses terrestres.
(B.). |
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