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| Arrière-plans | ||
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et les khanats ouzbeks |
Le Kharezm ou Khovaresm correspond
à l'ancien pays des Chorasmiens,
région du TurkestanDates clés :994 - Naissance de l'empire Kharezmien. |
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| Le Kharezm, Kharizm, Khowareszm
ou Choarism porte ce nom depuis l'Antiquité. Au IVe
siècle av. J. C., Hérodote cite les Choarismiens
dans la seizième satrapie de l'empire des Perses, avec les Sogdiens,
les Parthes et les Ariens. Ils figuraient dans l'armée de Xerxès
sous les ordres de leur prince. Quand Alexandre
conquit la Sogdiane Les guerres civiles des Seldjoukides permirent
à Aziz et à son fils II-Arslan (mort en 1172)
de s'agrandir et de s'emparer de presque tout l'Iran. Les guerres civiles
des deux fils d'Il-Arslan, Alaeddin Takach et Mohammed Sultanchah enrayèrent
ces progrès. Au bout de vingt ans; le premier l'emporta et reprit
les conquêtes. Il vainquit les atabeks (administrateurs)
qui supplantaient les Seldjoukides, s'empara des provinces de Rei, Aderbaïdjan,
Hamadan, Ispahan Mohammed réunit alors une assemblée
d'ulémas qui proclamèrent commandeur des croyants un descendant
d'Ali, l'imam Ala Almoulk de Tirmed et le fit reconnaître
dans ses Etats. Mohammed s'avança vers l'Ouest, vainquit l'atabek
de Fars et l'Euzbeg d'Azerbaïdjan, défenseurs d'Alnasir (1217).
Vainement ce dernier voulut le fléchir. Il ne fut sauvé que
par un hiver précoce qui fit périr dans les montagnes l'armée
kharezmienne harcelée par les Kurdes et les Turks. Mohammed rassembla
une autre armée dans la Transoxiane Le Kharezm suivit, avec la Perse, la destinée
de l'empire des Mongols. Définitivement
conquises par Houlagou, ces régions
furent soumises jusqu'en 1346 à
ses descendants. Ces Mongols furent bientôt absorbés par l'élément
persan. Mais, en 1372, Hosein Sofi
entra en lutte avec Timour; ce fut une
terrible revanche des Turks. Timour, parti
de Bokhara, prit Ket, capitale de son adversaire, et imposa la paix à
son frère et successeur lousouf dans Ourgendj (1372).
Ce ne fut qu'à la cinquième campagne (1388)
que le Kharezm fut définitivement soumis; le vainqueur procéda
alors à la reconstruction des cités détruites. Sous
ses successeurs, le Kharezm eut un siècle de bien-être tranquille.
En 1484, la Perse l'annexa. Mais les
Khiviens étaient maintenant de fidèles sunnites Au XVIIe siècle, les Kharezmiens entrent en relations avec les Russes, les successeurs des Khazares et des Mongols, au Nord de la mer Noire. Les relations s'établirent par l'intermédiaire des Cosaques et de leurs atamans, Netchaï et Chemaï. Plus tard, le khan de Khiva Chanias pria Pierre le Grand de l'accepter pour vassal. Un ukase du 30 juin (ancien style) 1700 fit droit à ce désir. L'investiture fut donnée à Arab Mohammed, son successeur (1703). Une ambassade khivienne se rendit à Pétersbourg (1714); la prince Bekovitch Tcherkaski se rendit à Khiva, mais un revirement avait eu lieu et son expédition échoua. Son escorte fut massacrée et il fut écorché vif (1717). Au milieu du XVIIIe siècle, des Kirghiz de la Petite Horde se rendirent maîtres de Khiva et le restèrent jusqu'en 1792, où ils furent expulsés par un Ouzbek, Mehemed Emin Inag, fondateur de la dynastie qui restera en place jusqu'à la révolution soviétique. Les successeurs de Mehemed Emin Inag, Isakar-Khan (1800-04), Mehemed Rehim (1804-26), Allahkouli Khan (1826-41), guerroyèrent contre les khans de Boukhara, les Turkomans Iamoudes et les Karakalpaks. Le dernier remporta un grand succès contre les Russes. En 1839, l'expédition du général Pérovski, motivée par les querelles des Kirghiz (sujets russes) et des Ouzbeks, ne put franchir le désert; de ses 4413 hommes (accompagnés de 10 000 chameaux), le quart périrent, et il ne ramena guère que le tiers de ses forces à Orenbourg. Une nouvelle tentative de Pérovsky en 1853-54 échoua également, bien qu'il eût pu pénétrer jusqu'à l'oasis de Khiva. Rehimkouli Khan (1841-43), Mehemed Emin Khan (1843-55), Abdullah Khan (1835-56), Kantlory Mourad Khan (1856), Seid Mehemed Khan (1856-68), régnèrent ensuite, sans que nul incident se détache dans leurs guerres contre Boukhara, la Perse et les Turkomans. Rehim Khan, fils de Seid Mehemed, accentua encore l'hostilité envers la Russie, ne cessant d'exciter contre elle les Kirghiz, refusant de mettre un terme aux razzias de ses nomades en territoire russe et de rendre les sujets du tsar faits prisonniers. Une expédition décisive fut
alors entreprise. Le général Kaufmann, gouverneur du Turkestan
Le Kharezm et les khanats ouzbeks. Les khanats Ouzbeks Le khanat de Khiva.
A cette époque, la population se
divise en deux groupes nettement tranchés, les nomades et les sédentaires,
les Turks et les Iraniens. L'élément sédentaire comprend
les Tadjiks, d'origine iranienne, parlant un dialecte persan; on les désigne
sous le nom de Sartes ou Tat; ils forment la majorité de la classe
agricole et commerçante; depuis la fin du siècle XVIIIe
siècle, ils ont repris le dessus sur les conquérants
et ils occupent les places les plus importantes. Certains ont adopté
la langue turque ( Les Turkmènes forment la grande majorité de la population nomade. Ils ne reconnaissaient que nominalement la souveraineté du khan de Khiva avant la conquête russe. On évalue leur nombre dans les limites actuelles du khanat à 209 000. En été, ils errent dans les steppes de l'Oust-oust; en hiver, ils se cantonnent dans des habitats déterminés selon les tribus : les Iomoudes (Baïram-Ali) entre le Khazabad et le Laoudan; les Alilis, de même; les Tchoudors entre Kounia-Ourgendj et Khodjeili; les Emralis à lhali; les Atas sur la rive droite (russe) de I'Amou-daria. Ce sont les cinq principaux clans; ajoutez quelques milliers de Goklans, qui habitent auprès des Iomoudes; ceux-ci sont les plus nombreux. Les Turkomans vivaient jadis non seulement des produits de leurs troupeaux, mais aussi de brigandage. Les Russes ont mis un terme à leurs rapines. Leurs femmes fabriquent des tapis renommés. Leur régime est patriarcal; l'autorité appartient aux "anciens" (aksakal). Les Karakalpaks (de langue kirghiz), au
nombre d'environ 5000, vivent aux environs de la mer d'Aral Le gouvernement est un despotisme héréditaire;
mais le khan, contrôlé par le résident russe, ne peut
plus en abuser cruellement comme autrefois. Il a dû se reconnaître
« l'humble serviteur de l'empereur de toutes les Russies »,
concéder aux Russes la libre navigation du fleuve, des terrains
pour leurs entrepôts, s'engager à leur payer 2 200 000 roubles,
pour lesquelles ils ont hypothèque sur son pays. En principe, il
est maître du sol. Il gouverne avec l'aide de conseillers ouzbeks,
les ataliks; d'un ministre sarte, le mehter; d'un chef spirituel,
le nakib, etc. Le revenu annuel est d'environ 400 000 roubles. Les
Turkmènes ne payent aucune taxe. Les impôts sont pour un tiers;
l'impôt foncier payé en nature, une capitation payée
par famille et des taxes sur le commerce. La monnaie locale a pour base
le tilla d'or ; il se divise en 14 abassi de 2 tianie (tenga), en argent;
le tenga (démonétisé en 1895)
se divise en 40 puls de cuivre. On emploie aussi les monnaies russes, persanes
et bokhariennes et les ducats hollandais.
Un coin du marché de Boukhara, au début du XXe siècle. Le khanat de Boukhara.
La partie haute du pays, c. -à-d. le bassin supérieur de l'Amou-Daria, est montagneuse et bien arrosée; à mesure qu'on descend vers la mer d'AralLa population du Khanat de Boukhara a des origines bien diverses: les Ouzbeks, composante conquérante à laquelle appartenait le Khan étaient environ 200 000. Si on y rattache les nomades appartenant à d'autres populations turques, ils formaient la moitié de la population totale; les Tadjiks, qui appartiennent au groupe linguistique iranien, étaient cultivateurs et artisans; on évaluait leur nombre à 600 000 au moins; restaient environ 50 000 Kirghiz, 30 000 Turkmènes, des Karalpaks, des Hindous, des Afghans, des Arabes, des Juifs, des Tsiganes. Les progrès de la Russie ont développé le commerce (près de 60 millions par an avec la Russie à la fin du XIXe siècle). Le Khanat de Khokand
et le Ferghana.
Khokand a été jusqu'en 1876
la capitale d'un khanat. Le Ferghana avait suivi les destinées
du Turkestan, soumis aux Mongols, incorporé en 1511,
à l'empire de Tamerlan Au XVIIIe
siècle, la contrée s'est trouvée plus ou
moins tributaire des Chinois jusqu'à ce que, vers 1835,
Mad-Ali, devenu puissant, eût affaire à Nasr-Oullah, émir
de Bokhara, dont les intrigues provoquèrent une série de
révolutions intestines. A partir de 1841,
la guerre fut continuelle et ne finit que par l'intervention des Russes.
Khoudaïar, qui avait transféré sa résidence à
Samarcande En 1871, Khoudaïar, khân de Khokând pour la troisième fois, se montra trop ami des Russes, au juger des Kiptchaks et des Kirghiz, qui à la suite de ses exactions invitèrent son fils Nasr-Eddin à proclamer la guerre sainte et à détrôner son père. La révolution éclata le 25 juillet 1875. Khoudaïar se réfugia sur le territoire russe; son fils fut proclamé khân et la guerre déclarée. Il attaqua les Russes; ceux-ci le battirent à Telian, prirent Machram et Khokand; il fut obligé de leur céder la rive droite du Syr-Daria jusqu'au Naryn. La population continua de résister; Abdur-Rahman, qui avait élevé Nasreddin, fit proclamer khan Poulat Beg; mais tous deux furent pris à Andidjan (20 janvier 1876) et Nasreddin restauré par les Russes. Mais il redevint le jouet du parti national et le 3 mars le tsar en finit en décrétant l'annexion du khanat de Khokand au gouvernement général du Turkestan, dont il forma la province de Ferghana. Le général Skobelev, à la suite d'une campagne contre les Kirghizes récalcitrants de l'Alaï, élargit ensuite la frontière jusqu'aux les Pamirs. Le Ferghanah à partir de cette date est divisé administrativement en 6 districts : Kokân (y compris l'ancien district d'Isfaïram), Marghelan, Andidjan, Och, Namangan et Tchoust. (A.-M. B. / E. Blochet). |
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