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| Ivan
IV, ou le Terrible, tsar de Russie En 1547, il prit
solennellement le titre de tsar ( = césar) qui jusque-là
avait été réservé aux empereurs byzantins En 1547, il convoqua
le Zemsky sobor, c. -à-d. une assemblée générale
de délégués du pays. Sur la place Rouge de Moscou,
il fit pénitence devant tout le peuple assemblé, réunit
une commission chargée d'améliorer les lois russes et un
concile pour réformer l'Eglise A la suite d'une
maladie et de la mort de la tsarine Anastasie, le caractère d'Ivan
changea tout à coup. Ses mauvais comportements reprirent le dessus.
Sylvestre, accusé d'avoir fait périr la princesse par ses
maléfices, fut interné dans un monastère.
Adachev, qui était allé combattre en Livonie
Ivan IV le Terrible, par Victor Vasnetsov (1897). En 1564, Ivan le
Terrible se retira avec un certain nombre de favoris à la Sloboda
Alexandrovskaia (bourg d'Alexandrov, non loin de Vladimir Alexandrov fut transformé
en une redoutable forteresse; l'opritchina fut commandée par des
fanatiques uniquement dévoués au tsar, Maliouta Skouratov,
les Basmanov, Athanase Viazemsky. Ses membres portaient une tête
de chien et un balai suspendu à la tête de leur cheval. Ils
servaient leur maître comme des chiens, et ils balayaient la Russie.
Ils l'exploitaient surtout; ils pillaient sans scrupule et égorgeaient
sans merci. Ils formaient une sorte de communauté tout ensemble
militaire et monastique dont le tsar avait écrit les statuts. Ils
assistaient à de nombreux offices; Ivan sonnait lui-même les
cloches de cet étrange monastère, et lisait les vies des
saints au réfectoire. A ces pieux exercices succédaient des
orgies sans nom, des tortures et des supplices. On ne saura jamais le nombre
des victimes qui périrent à Alexandrov.
L'Opritchna à la cou d'Ivan le Terrible, par Nicolaï Nevrev. . « Je suis chrétien, je ne mange pas de viande un jour de jeûne, dit Ivan. - Tu fais pire, répliqua le mendiant, tu manges de la chair humaine. »Ivan s'éloigna. De retour à Moscou, il eut une idée singulière : il proclama grand-prince de toute la Russie -
Ivan le Terrible face à ses remords, par Mikhaïl Klodt von Jurgensburg. Ce règne si
lamentable fut cependant marqué par d'heureux événements.
En 1550 fut promulgué le nouveau Soudebnik ou code qui remplaça
celui d'Ivan III. Ivan limita le miestnitchestvo,
c.-à-d. les prétentions abusives des boïars aux préséances
et aux commandements militaires. Il organisa un noyau d'armée permanente
en créant le corps des mousquetaires ou Strieltsy (= la milice
des Strelitz). Le concile de 1551 publia le Stoglav ou livre des
cent chapitres qui améliora la condition de l'Eglise Ivan le Terrible,
qui, malgré ses brutalités, était par moments un grand
politique, imagina d'invoquer l'intervention du pape Grégoire
XIII. Le jésuite Antoine Possevin
fut envoyé comme médiateur et fit conclure la trêve
de lam Zapolsky. Ivan savait fort bien se servir des étrangers;
c'est sous son règne que la Russie Ses excès,
ses cruautés s'expliquent en partie par les épreuves de son
enfance et par la barbarie du temps. Certains historiens modernes inclinent
à croire que les contemporains ont exagéré les horreurs
dont la Russie fut alors le théâtre; d'autres plaident les
circonstances atténuantes en alléguant des périodes
de folie furieuse, ou en invoquant le souvenir des services qu'Ivan rendit
à la Russie. L'historien russe
Karamzine
range, quant à lui, le règne d'Ivan le Terrible parmi les
cruelles épreuves accumulées par le destin sur la Russie,
qui conserva cependant, ajoute-t-il, l'amour de l'autocratie, persuadée
que Dieu lui-même envoie parmi les humains la peste, les tremblements
de terre et les tyrans. Son règne a inspiré des poètes
et des romanciers, notamment Alexis Tolstoï
qui a fait du Terrible le héros d'un roman
et d'un drame remarquables. (L. Léger).
Ivan IV le Terrible. |
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