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La langue russe
Le russe est une langue indo-européenne du groupe balto-slave. C'est la plus répandue des langues slaves, celle qui a le plus fidèlement conservé les éléments empruntés au vieux slavon ou slavenski. Le vieux slavon fut longtemps la seule langue littéraire de la Russie, et l'on ne jugea pas que le russe vulgaire employé dans les relations ordinaires de la vie, fût digne d'être écrit. Mais, à partir de Pierre le Grand, le slavon ne fut plus qu'une langue liturgique ou ecclésiastique, désormais invariable : le russe, qui s'est élevé au rang de langue cultivée, contient, outre son vocabulaire spécial, certains mots tirés du slavon des livres, quelques termes grecs que la communauté de religion entre la Russie et l'Empire byzantin a naturellement introduits et qui expriment principalement des idées religieuses, enfin des mots altaïques apportés par l'invasion des Mongols, et des mots latins, allemands, hollandais, anglais et français, provenant du développement des relations politiques et commerciales. 

Caractérisation.
La langue russe possède une grande abondance de racines, et une singulière facilité pour faire des mots composés, des augmentatifs et des diminutifs. Elle a trois genres, que distinguent des flexions très caractéristiques, mais seulement deux nombres, parce qu'elle n'a pas conservé le duel du slavon. Comme dans les autres langues slaves, il n'y a pas d'article défini. La déclinaison a lieu au moyen de désinences, et offre une grande complication de règles et d'exceptions : il y a 7 cas; certains grammairiens réduisent à 4 les paradigmes de déclinaison, tandis que d'autres en comptent 90 pour les substantifs et 40 pour les adjectifs. On a compté aussi 13 paradigmes de conjugaison, sans compter les verbes irréguliers et les verbes défectifs. Le russe ne peut, comme les autres langues slaves, employer partout le verbe sans pronom personnel; dans la plupart des cas, il est obligé d'y ajouter ce pronom. 

On peut, à l'aide de flexions particulières, ajouter à l'idée qu'exprime la racine du verbe certaines circonstances de l'action : par exemple, l'infinitif est susceptible d'être indéfini ou défini, simple ou fréquentatif. Des auxiliaires, signifiant être et devenir, entrent dans la composition du futur indéfini et de la voix passive; mais les temps passés ne se forment pas de cette manière. Le conditionnel et le subjonctif n'existent pas; on y supplée par des particules. Les conjonctions sont peu nombreuses. 

La syntaxe de la langue russe est simple et naturelle; bien que les cas de déclinaison permettent de prendre beaucoup de liberté pour l'ordre des mots, on remarque dans les écrivains une tendance de plus en plus prononcée à éviter les inversions. La prononciation, qui n'est pas toujours conforme à l'orthographe, a de la grâce et de l'harmonie, et le russe est incontestablement la plus douce des langues du Nord. 

L'écriture.
Pour écrire le russe, on emploie actuellement un alphabet cyrillique, dérivé de l'écriture cyrillique originelle (alphabet slavon), et dont les caractères ont reçu une forme plus cursive. Il a été fixé au temps de Pierre le Grand et en partie par ce tsar II comprend 36 caractères ou groupes de caractères, dont le dernier, l'Igitsa, est aujourd'hui à peu près inusité. 

Les dialectes.
La langue russe (rouski) est parlée en plusieurs dialectes; citons : 

Le veliki-rouski ou russe de la Grande-Russie (russe standard), la langue littéraire, est le dialecte de Moscou, avec des emprunts au slave ecclésiastique, qui, comme on l'a noté plus haut, était la langue écrite avant Pierre le Grand. La première grammaire où le russe proprement dit est distingué du slave ecclésiastique est celle du célèbre érudit Lomonosov (1711-1766). Elle fit date (Saint-Pétersbourg, 1755) et exerça une grande influence sur le développement de la langue littéraire.

Le malo-rouski, appelé aussi russniaque et petit russien (ukrainien) s'éloigne du précédent pour l'acception de beaucoup de mots, pour la grammaire, et pour la prononciation;

Le biélorusse, en usage en Biélorussie (Belarus), et autrefois en Volhynie et en Podolie, dans une partie de la Pologne et de la Galicie qui était sous occupation russe, présente par rapport au russe standard des différences analogues à celle dites pour l'ukrainien.

Le souzdalien, parlé dans la région de Vladimir, contient un certain nombre de mots étrangers aux langues slaves

Le dialecte d'Olonetz est mêlé de mots finnois. (B). 

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